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Remarques d’Abderrahmân Bâcha au sujet des critiques émises par Al Djahni concernant Raf3 Al-Lâima de Cheykh Ad-Dawssari.

 

Dans cette citation d’Ibn Taymiyya (ndt : as-sârim al masloûl), le cheykh rahimahou Allah parle de la signification de l’istihlâl d’une façon différente de ce qui est connu dans le livre des juristes et ce qui est répandu dans leurs écrits qui est de « croire en la licéité de ce qui est interdit ». Il y ajoute un deuxième sens qu’il évoque dans certains endroits de ses écrits et qui est : « le refus d’adhérer (iltizâm) à une interdiction tout en croyant que cette interdiction est vraie »


Ainsi, le refus d’adhérer à une interdiction tout en ayant la conviction qu’elle est vraie est considéré pour Ibn taymiyya comme du koufr à l’unanimité et il appelle cela de l’istihlâl (…)

 

Ce que reprochait Ad-Dawssari à Al Halabi est de ne pas avoir fait cette distinction entre les deux sens donnés à l’Istihlâl chez Ibn Taymiyya.

 

Un exemple de cela cité par le cheykh Abderrahmân :

 

Quelle est l’obligation d’un individu vis à vis du zina wa al 3iyâdou billah ?


1- croire avec certitude qu’Allah a interdit le zina, ceci a pour origine la parole du cœur qui est de croire en la véracité, d’avoir la connaissance et la conviction.


2- Adhérer à cette interdiction dans le sens de l’accepter et de se soumettre et ceci a pour origine l’action du cœur qui est son amour, sa soumission, sa satisfaction et son assujettissement. 


3- délaisser le zina et de ne pas tomber dedans et ceci a pour origine les actes des membres.

 

Les deux premières exigences rentrent dans asl ed-dine et leur disparition conduit au koufr qui fait sortir de la religion et elle englobe les deux points mentionnés par la parole d’Ibn Taymiyya qu’on vient d’exposer concernant les deux significations de l’istihlâl.

 

Quant à la troisième exigence, qui fait partie des actions des membres, le fait de commettre l’interdit alors qu’il croit en l’interdiction et que son cœur s’y soumet revient à commettre un grand péché, mais ce péché ne fait pas sortir de l’islam.

Remarque : ce que nous avons cité concernant le statut de l’interdiction est également valable pour le statut de la permission en tenant compte du fait que l’istihlâl concerne l’interdiction et que le djhoûd concerne l’obligation.

 

Revenons maintenant à la première parole d’Ibn Taymiyya celle évoquée par Al Halabi :

 

« Il ne fait aucun doute que celui qui ne croit pas en l’obligation de juger par ce qu’Allah a révélé sur Son prophète est mécréant car celui qui a rendu licite (istahalla) le fait de juger des différends des gens par ce qu’il pense être juste sans se référer à ce qu’Allah a révélé est mécréant. Il n’y pas de peuple qui n’ordonne pas de juger selon la justice mais la justice dans la religion de ce peuple peut être ce que leurs chefs considèrent être juste. Beaucoup parmi ceux qui s’affilent à l’islam jugent selon leurs coutumes qu’Allah n’a pas fait descendre telles que les coutumes héritées des gens du désert et les ordres dictés par leurs chefs et ils voient que c’est avec cela qu’ils doivent juger en dehors du Coran et de la sounna et ceci est du koufr. Car ces gens, s’ils savent qu’ils ne leur est pas permis de juger que selon ce qu’Allah a révélé mais n’y ont pas adhéré etau contraire, ont rendu licite le fait de juger avec ce qui contredit ce qu’Allah a révélé, ils sont mécréants, sinon ils sont ignorants » Minhâj As-sounna 5/130.

 

Ce texte donc est souvent utilisé pour évoquer la condition de l’istihlâl afin de rendre mécréants ceux qui jugent et ceux qui ont recourt au jugement par autre que la Charî3a parmi les lois forgées etc. 


Parmi ces gens Al Halabî. Ce dernier a bâti ses propos sur la connaissance, la conviction et l’istihlâl et que la non présence de cela accompagnée de ces deux conditions (ndt,la connaissance de l’interdiction et l’istihlâl) n’implique pas le koufr, mais que leur auteur est ignorant et pas mécréant.

 

Je dis : il est clair qu’Al Halabi a donné à la parole de cheykh Al islâm la signification première de l’istihlâl qui est le fait de croire qu’il est licite de juger par autre que ce qu’Allah a révélé.

Et c’est pour cela qu’il affirma que cheykh Al Islam ne rend pas mécréant ceux qui modifient la législation et qui jugent selon les lois forgées sans la condition de l’isltihlâl et c’est d’ailleurs pour cela que le commentaire de la lajna fut qu’Al Halabi a donné aux paroles d’Ibn Taymiyya un sens qu’il n’a pas voulu et que ceci est la doctrine des mourdji’a.

 

Et ce qu’a mentionné Al Halabi dans son commentaire sur la parole d’Ibn Taymiyya ne laisse aucun doute quant à son erreur.


Car les facteurs indicatifs apparents indiquent dans cette citation, que cheykh al Islam visait la deuxième signification de l’istihlâl, ceci est clair à travers sa parole : « Ces gens, s’ils savent qu’il n’est permis de juger que selon ce qu’Allah a révélé mais qu’ils n’adhèrent pas à cette interdiction et au contraire, ont rendu licite (istahalloû) de juger par ce qui est contraire à ce qu’Allah a révélé ils sont mécréant, sinon ils sont ignorants »


-Donc sa parole « ces gens s’ils savent » infirme la volonté de viser la première signification de l’istihlâl.


-Et sa parole « mais n’adhèrent pas » confirme la volonté de viser la deuxième signification de l’istihlâl qui est le refus d’adhérer au jugement tout en ayant la conviction qu’il est vrai et en reconnaissant qu’Allah l’a interdit. Et c’est de cela dont on parle.
« Car ces gens savent qu’il ne leur est pas permis de juger que selon ce qu’Allah a révélé» Dans cela, il y a la preuve qu’ils ont la conviction de l’interdiction mais que malgré cela, ils ont refusé d’adhérer à cette interdiction et ceci ne fait l’objet d’aucun doute quant au fait d’être une mécréance pour cheykh al islam selon l’accord des savants.

 

Et c’est ce qu’a mentionné cheykh Ad-Dawsari à ce stade, il a démontré que cheykh al islam ne donne pas un seul sens à l’istihlâl puisqu’il dit page 52 de raf3 Al –Lâima :


« Et d’autres fois, il sait qu’Allah l’a interdite et que le prophète n’interdit que ce qu’Allah a interdit mais ensuite refuse d’adhérer à l’interdiction et s’obstine vis à vis de Celui qui les a interdites et celui-là est plus mécréant encore … »

 

Mais le cheykh a cité ce qui était suffisant dans la différenciation entre ces deux significations de l’istihlâl car tout ceci n’est qu’une explication théorique non rattachée aux éléments régulateurs de son application dans des cas précis. Et c’est ce qui démontre l’erreur du frère Al Jahnî qui a reproché au cheykh Ad-Dawsari d’avoir fait exprès de supprimer ce qu’il croyait être une restriction de la signification d’iltizâm al houkm en disant : je ne reconnais pas cela, je n’y adhère pas et je le déteste… »

 

S’il ne dit pas cela, cela voudrait dire pour Al Djahnî, qu’il n’aura pas refusé d’adhérer au houkm d’Allah, même s’il a fait l’iltizâm d’un autre houkm.

 

Et ceci est certainement une erreur dans la compréhension des propos de cheykh Al islâm en pensant que ceci est une condition restrictive et non une description ou que ceci se limite à ce qu’il a dit, ou que le refus (Imtinâ3) ne se manifeste que de cette façon et pas d’une autre. […]

 

Le tabdîl d’un jugement légal ou l’iltizâm d’un autre prouve sans aucun doute le refus d’iltizâm du jugement légal, sa non-satisfaction et non-soumission à lui même si l’on croit à l’interdiction.


Et même si nous supposions que ce qu’a cité Chaykh Al islâm comme explication soit une restriction, on n’est pas obligé de la mentionner pour établir le sens général. Dans un contexte général, on établit le sens général sans citer les conditions et les éléments régulateurs spécifiques à son application à des cas précis.
La preuve de cela est la parole même d’Ibn Taymiyya rahimahou Allah pour celui qui l’observe quand il dit : 


« Et la démonstration de cela est que celui qui commet les interdits en les rendant licite est mécréants selon l’accord (des savants) »

 

Puis, il inclut la forme d’ignorance simple de l’interdiction et appelle cela istihlâl, il dit : « et d’autres fois en ne croyant pas qu’Allah l’a interdite » et il ne fait aucun doute que ceci dans le cas d’une généralité est appelé istihlâl car il consiste à ne pas croire en une chose qu’Allah a interdite.

 

Mais dès qu’il s’agit de spécifier cela, c’est différent, car celui dont c’est la situation est excusé par son ignorance et n’est pas jugé mécréant parce qu’il est ignorant (selon les éléments régulateurs qui régulent cette excuse).


Si l’on parle alors des élements régulateurs dans le cadre du « houkm »,on est obligé de citer les restrictions et descriptions qui en découlent afin de réaliser la forme du houkm telle qu’elle est.

 

En revanche, si l’on parle au sens général, nous n’y sommes pas obligés, et c’est ce qui est arrivé à chaykh Ad-Dawssari lorsqu’il résuma la parole d’Ibn Taymiyya à ce qui reflétait la signification de l’istihlâl chez lui et qui se divisait en deux. Il a donc pris de sa parole ce qui était nécessaire à l'illustration du sujet et Allahou a3lam.

 

Source: site Sayd Al Fawâid, Tawdîh kalâm Al Djahnî hawla kitâb raf3 Al-lâima 3an fatwa al-ladjna ad-dâima, al moulâhadha al akhîra.

 

Par abderrahmân Bâcha

 

Une question d’un frère:

 

Est-ce que celui qui commet en permanence un péché sans le quitter (lâzamahou), est-ce considéré comme un facteur indicatif apparent de sa non-satisfaction, sa non acceptation et sa non soumission et non assujettissement au jugement d’Allah ?

 

La réponse :

 

Il y a une différence entre d’un coté, l’ilitizâm d’une action c'est-à-dire la répéter et insister à la commettre sans se repentir et ceci constitue seulement un péché, sans aucun doute, et de l’autre coté, l’iltizâm du jugement d’Allah dans cette action qui est l’interdiction ou l’obligation par exemple.

 

Le premier cas est l’iltizâm de ce péché par les membres, c’est ce qu’on appelle « al isrâr 3ala al ma3siya » et cela ne fait l’objet d’aucun doute quand au fait de ne pas être une mécréance, excepté selon la doctrine des khawâridj.

 

Le deuxième cas est l’iltizâm intérieur (qalbî) lié à la base même d’al imâne et qui veut dire l’acceptation et la soumission au houkm d’Allah concernant cette action.

Et notre parole akhi porte sur l’istihlâl qui expulse de l’islam quant au jugement de cette action (pas l’action en elle-même, ndt).

 

Observe la prole de Cheykh Al islâm : « D’autres foisil s’agit de savoir qu’Allah a interdit une chose, que le prophète n’interdit que ce qu’Allah a interdit mais de refuser l’iltizâm à cette interdiction et de s’obstiner vis-à-vis de Celui qui a décrété l’interdiction. Le cas de celui là est pire que le premier »

 

Donc les deux formes d’istihlâl s’appliquent sur jugement d’Allah sur cette action soit par le démenti d’un texte, soit pas le refus d’accepter le jugement d’Allah concernant l’action.
Et pour bien te montrer quand cette parole est liée au houkm, quand il dit :


« mais il déteste cela, le porte en aversion et le hait parce que ce n’est pas conforme à sa volonté et ses désirs et il dit : je ne reconnais pas cela, je n’en fais pas l’iltizâm, je déteste cette vérité et je m’en détourne. Le cas de celui là est différent du premier »


Sans aucun doute ici la parole doit porter sur l’interdiction en tant que jugement et législation, il le déteste et s’en détourne, c’est pour cela qu’il dit : « je ne reconnais pas cela et j’en fais pas l’iltizâm», on parle alors de jugement pas du péché en tant qu’action qui se manifeste purement par les membres.
Donc l’iltizâm(qalbî) visé ici est intérieur lié à l’acceptation et la satisfaction du jugement d’Allah. 


A partir de là, apparaîtra la réponse à ta question :

 

Est-ce que celui qui commet en permanence un péché sans le quitter, est-ce considéré comme un facteur indicatif apparent de sa non-satisfaction, sa non acceptation et sa non soumission et assujettissement au jugement d’Allah ?

 

Que mes propos ne portent pas sur le péché comme t’as pu le comprendre mais sur le jugement d’Allah concernant ce péché et la position du responsable d’un point de vie de la conviction dans le jugement d’Allah concernant cetet action et ce qui s’y oppose, à savoir ce qui est appelé istihlâl et démenti.


Et d’un autre côté la position du responsable par rapport à la soumission au jugement d’Allah concernant cette action et ce qui s’y oppose et qui est appelé le refus de l’iltizâm du houkm.
De là, se pose la vraie question :

 

Est-ce que le refus d’iltizâm des jugements légaux se manifeste extérieurement par leur remplacement avec des lois forgées ? Ou d’autres jugements ? Sans l’affirmation du responsable comme l’a compris Al Djahni de la parole de cheykh Al islâm rahimahou Allah ?

 

Et la réponse se trouvecertainement dans ce que j’ai exposé précédemment et dans la parole d’Al Outhaymin rahimahou Allah plus haut….

Même source que plus haut.

 

Pour revenir à quatre cas de figure dont j’ai parlé.

Je vais tenter d’exposer les choses à travers un exemple au sujet du zina, il s’agit juste d’une illustration pas d’un exemple restrictif, je vais essayer de clarifier les choses de cette façon selon le taqssim de cheykh Ali Al Khodayr fakka Allahou asrah qu’on peut retrouver ici http://musulman-du-monde.over-blog.com/article-juger-par-autre-que-ce-qu-allah-a-revele-47555878.html et qui à mon sens, éclaire beaucoup de choses :

 

D’abord il faut savoir distinguer deux choses lorsque nous parlons du le houkm bi ghayri ma anzala Allah de façon générale, le premier est le fait d’abandonner le jugement pas ce qu’Allah a révélé, et le deuxième, est le fait de juger par autre chose que ce qu’Allah a révélé et le verset de sourate Al mâida parle du premier volet. Distinguons:


1- Un juge qui a pour référence le coran et la sounna et à qui l’ont apporte un personne coupable de zina avec les 4 témoins. Ce juge soit parce qu’il a un lien d’amitié ou de parenté avec le coupable, soit parce qu’il a reçu un pot de vin, ne va pas appliquer la sentence sur ce zâni tout en sachant qu’il a réellement commis le zina et que les conditions d’application du verdict sur lui sont réunies. Il se peut qu’il n’ordonne pas l’application du verdict en prétextant n’importe quelle excuse fausse ou exagérée.

 

Ce juge là n’aura pas jugé par ce qu’Allah a révélé dans le sens qu’il n’a pas réalisé Sa justice et Son commandement dans cette affaire.


Ce juge là, a commis une injustice, lam yahkoum bima anzala Allah, mais ce qu’il a fait relève du koufr douna koufr dont ont parlé les savants, du koufr moindre, un koufr mineure qui est pire qu’un grand péché mais qui reste un péché qui n’exclue pas son auteur de l’islam etc.


Maintenant si le juge dit : « Allah m’a permis de ne pas appliquer le jugement d’Allah dans cette affaire » il aura fait l’itishlâl dans son premier sens cité par Ibn Taymiyya, celui qui contredit la parole du cœur car il aura démenti Allah. S’il dit : « j’ai appliqué le jugement d’Allah et c’est ce qu’Allah aime et me demande de faire » il aura attribué son injustice à Allah et aura fait le tabdîl dont on dit qu’il doit être attribué à Allah pour être un prétexte d’exclusion de l’islam, ce tabdîl d’ailleurs contredit également la parole du cœur, car il représente un démenti. Si encore il dit « je sais qu’Allah ne m’a pas permis d’agir de la sorte mais je déteste devoir appliquer son jugement pour ma famille, et je ne reconnais pas cela, et je n’y adhère pas » il aura fait l’istihlâl de son injustice dans le deuxième sens de l’istihlâl cité par Ibn taymiyya, celui qui contredit les actes du cœur (amour, soumission etc). Si encore il dit : « Je pense que mon jugement est meilleur ou égal au jugement d’Allah » il aura fait du ta3n du jugement d’Allah.

 

Aussi, il se peut que ce juge accepte souvent les pots de vins ou qu’il pistonne toujours sa famille et ses amis, peut importe s’il le fait 3 ou 100 fois. 


Du moment où il n’aura pas fait d’istihlâl (dans ces deux variantes), qu’il aura fait l’ilitzâm du houkm d’Allah dans son coeur (ici; au sens d’adhérer intérieurement) et qu’il n’aura pas attribué son jugement à Allah, qu’il n’aura pas fait du Ta3n du jugement d’Allah, il n’aura commis que du koufr moindre.

 

Tayyib, voyons voir maintenant quand est-ce que la répétition de son injustice devient un istihlâl par l’acte sans qu’il ne l’affirme par la langue.

2- Si à chaque fois qu’on présente au juge un cas de zinâ, il trouve un prétexte pour ne pas l’appliquer, sans qu’il s’agisse de piston ou de pot de vin, juste parce qu’il ne veut pas appliquer la sentence sur le zâni ou même s’il lui arrive de le faire, mais très rarement, seulement dans les cas où il déteste la personne qu’on lui présente et qu’il veuille se venger d’elle de cette façon, alors là il l’applique.

 

Il se peut qu’il ait un problème avec l’application de cette peine spécifique seulement mais aussi avec d’autres, peut être toutes celles qui requièrent un châtiment corporel mais pas forcément, celui-là aura fait l’istihlâl par l’acte, pourquoi ? Parce que sa non application de la peine du zâni de façon quasi-permanente est une annulation de la sentence d’Allah, un non-iltizâm (conformité cette fois-ci), un rejet, ce qui est visé par « raddoun-li houkmi Allah».

 

Ce radd li houkmi Allah est le cas de celui qui a fait l’istihlâl 3amali en concluant un mariage illicite avec l’épouse de son père. La passion l’aurait poussé à commettre le zina avec elle une ou 100 fois peu importe, cela n’aurait été qu’un péché. Mais le fait qu’il ait « légalisé » un mariage interdit et répandue dans la djâhiliyya est un « rejet » du houkm d’Allah de l’interdiction d’épouser cette femme illicite.

 

Observons ce qu’Ibn hazm dit dans al Mouhallâ (12/ 204 kitâb al houdoud /hadd ezzina)


« Certains parmi ceux qui divergent (avec nous) sur ce sujet on dit : il est possible que celui qui a célébré les noces avec la femme de son père a commis cela par istihlâl et si c’est ainsi, nous ne vous contredisons pas.

 
Nous leur disons : ce rajout est un pur mensonge vis-à-vis du prophète et vis-à-vis de la narration des compagnons -ridwân Allahi 3alayhim- car si il en était ainsi, le rapporteur aurait dit : le prophète nous envoya chez un homme qui a apostasié en rendant licite la femme de son père et nous l’avons tué pour son apostasie, or le rapporteur ne dit pas cela, c’est donc un pur mensonge et une supposition qui n’est pas dans le récit »

 

Rahimahou Allah réfute clairement ceux qui ont basé l’apostasie de cet individu sur son istihlâl au sens d’affirmer ce qui contredit la parole ou l’acte du cœur par la langue. Il estime que son simple acte fut la cause de son apostasie quelque soit la motivation intérieure et tout le monde dans Al mouhalla 12/204 peut vérifier qu’il était convaincu de son apostasie et que le fait de le tuer n’était pas un simple hadd mais bel et bien une apostasie aggravée ( sans quoi son argent n’aurait pas été licite)

Il dit également par rapport à ce verset :{Le report d'un mois sacré à un autre est un surcroît de mécréance. Par là, les mécréants sont égarés : une année, ils le font profane, et une année, ils le font sacré, afin d'ajuster le nombre de mois qu'Allah a fait sacrés}. Abou Mohammed a dit : et d’après la langue par laquelle le Coran a été révélé, le surcroît (Az-Ziyâda) à une chose ne peut qu’en faire partie, et ne vient pas d’autre chose, il est donc vrai que le report (d’un mois sacré) est une mécréance et c’est un acte parmi les actes, et c’est rendre licite ce qu’Allah le Très Haut a interdit. Donc quiconque rend licite ce qu’Allah a interdit, tout en sachant qu’Allah l’a rendu illicite, il est alors mécréant par cet acte en lui-même » (Al-Fasl li Ibn Hazm, 3/245) »

 

*Pour revenir au premier cas, Dans le cas où ce juge remplace la sentence par une autre, par exemple dans le cas du pot de vin et du piston qu’il dise « il ne sera pas fouetté mais on le met en prison 5 mois quand même parce qu’il ne devait pas se retrouver à cet endroit avec cette femme etc». Là encore son rejet partiel ( raddouhou li houkmi Allah » et son non-iltizâm (seulement extérieur) est accompagné de son remplacement tabdîl mais d’un tabdîl spécifique à un cas particulier pas un tabdîl attribué à Allah ou un tabdîl complet c’est pour cela que dans ce cas, il restera coupable d’un koufr moindre, il se sera référé à ses passions dans certains cas, même si cela se répète plusieurs fois.

Pour le distiguer du deuxième, si à chaque cas de zina, il remplace la sentence par autre chose prétextant toujours des excuses, de façon à ce que cette autre punition inspiré de ses passions devient elle la règle et que le fouettage n’est qu’exceptionnel, à ce moment là, il aura fait le tabdîl (remplacement) complet de la sentence d’Allah et cette nouvelle sentence sera dans les faits un « code », une règle générale appliquée sur tout le monde et ses passions seront une source de législation. Ce tabdil là n’a pas besoin d’être attribué à Allah pour constituer un tabdîl complet qui expulse de l’islam.

 

C’est d’ailleurs exactement ce qu’on fait les juifs qui au début, ont commencé par ne pas appliquer la sentence de la lapidation sur l’adultérin parmi les notables, il s’agissait d’abord d’un cas de pistonnage répétitif sans istihlâl.


Mais ensuite, quand cette injustice devenait trop manifeste et qu’elle faisait l’objet de l’objection de la part des pauvres, ils ont décidé de ne l’appliquer pour personne et de la remplacer par une autre punition générale de façon à abandonner le jugement d’Allah, de le rejeter et de le remplacer par un autre jugement de façon complète.

 

3-Prenons maintenant le cas d’un juge qui a pour référence le Coran et la sounna et qui juge avec justice dans toutes les affaires. Un jour, on lui ramène quelqu’un peut importe que ce soit par passions ou pas (piston, pot de vin), il ouvre le code civil, ou un livre comportant des codes de djhâhiliyya établis par ces ancêtres ou n’importe quel autre base de jugement (ordonnance, circulaire, usage, tradictions, etc) et il s’y réfère pour juger une personne coupable de zina. 


Le zina dans la plupart des codes civils des pays arabes n’est pas incriminé mais l’adultère si …et encore il faut que le conjoint porte plainte car s’il décide d’abandonner les poursuites, l’adultérin n’est pas fautif aux yeux de cette loi.

 

Celui-là est mécréant d’une grande mécréance parce qu’il aura pris une autre base de jugement en dehors du coran et de la sounna, il aura associé à Allah dans son jugement même si ça ne se passe qu’une seule fois.

 

4-Enfin, celui qu légifère des lois contraires aux lois d’Allah ou contraires au maqâssid de la charî3a, des lois où des crimes ne sont plus incriminés, où les punitions sont remplacés par d’autres ,où les choses permises sont incriminés etc. Celui-là est également mécréant par son acte.

 

Ces deux derniers cas comportent le non-iltizâm, le radd, le tabdîl et l’istihlâl mais tout ceci par son acte que ce soit attribué à Allah ou pas, que ce soit accompagné d’un istihlâl traduit par la langue avec ces deux niveaux ou pas, que ce soit accompagné par du ta3n ou pas, c’est du houkm bi ghayri ma anzala Allah sous sa forme chirkiyya qui contredit le tawhid et qui contredit l’imâne à tous les niveaux.

 

Le plus étonnant sont les gens qui demandent l’istihlâl de l’istihlâl.

C'est-à-dire qu’ils lisent clairement les déclarations rédigées par le corps législatif à savoir le parlement, ce dernier est le représentant de la nation à qui le droit de législation absolue est octroyé en dehors d’Allah (ou à coté d’Allah parfois), ils savent qu’il existe un corps judiciaire et des tribunaux pour appliquer ces lois et juger des litiges des gens selon cette référence, un corps exécutif qui veille à leur exécution (et qui partage parfois le pouvoir législatif)… Ces déclarations (articles de loi) stipulent que le zina n’est pas harâm sauf pour le marié et que son auteur n’est poursuivit que si le mari dépose plainte, que la sentence est un emprisonnement et une amande etc mais malgré cela, cet istihlâl écrit n’est pas suffisant, il faut déclarer qu’il le préfère à la législation d’Allah parce qu’il est possible, dans la plus grande invraisemblance du talâzoum entre le dhâhir et le bâtin qu’au fond de lui, il préfère la législation d’Allah, qu’il la prenne pour base de jugement et référence dans son coeur , que son association ne soit qu’apparente, etc.

 

Et afin de bien saisir la différence entre les deux notions, voici une explication claire du Sheikh Abu Mohammed Al-Maqdissi, Hafidhahoullah, dans son ouvrage Tabsîr Al-‘Ouqalâ :

 

« Et pour cela nous lui disons, à lui et à son ‘Anbarî, que celui qui abandonne le jugement par ce qu’Allah a révélé :

 

- Soit il abandonne le jugement d’Allah pour juger par ses passions comme le ferait un gouverneur ou un juge dans un état qui juge par la loi d’Allah, sa religion qu’il professe et sa législation par laquelle il juge est la loi d’Allah, puis lui vient un proche ou un individu lui offrant un pot de vin alors il n’applique pas sur lui le jugement d’Allah du fait qu’il soit proche de lui ou pour le pot de vin. Alors il est injuste et Allah l’a appelé mécréant pour montrer la gravité de son péché et amplifier son acte. Donc nous le nommons Kâfir comme l’a nommé Allah (mais son Koufr est du Koufr douna Koufr) et ceci par regroupement des preuves de la Sharî’a et le retour à ses règles et ses fondements comme c’est la voie des gens de la Sounna.

 

- Soit, il abandonne le jugement d’Allah et il prend le jugement du Taghoût qui est toute législation, ou législateur, autre que la législation d’Allah le Très Haut. Et c’est là le type de jugement qui est un jugement associateur, mécréant, Taghoûtî que l’on trouve aujourd’hui. »

 

Puis il dit plus loin : « Ne faites-vous donc pas la distinction entre le premier et le second ô doués de raison ?!

 

Le premier constitue une grand péché parmi les grands péchés par lequel l’auteur ne mécroit pas tant qu’il professe la religion d’Allah, car l’ordre de juger par le Livre est une obligation parmi les obligations et l’abandonner parfois par passion, cela est une désobéissance par lequel l’auteur ne mécroit pas sauf s’il rend cela licite et tant qu’il applique la religion d’Allah et sa législation.

Quand au second, c’est la recherche du jugement et la législation chez autre qu’Allah, le choix pour religion d’autre que Sa religion, le suivi des seigneurs éparpillés et l’obéissance à des associés (à Allah) qui ont légiféré des lois religieuses qu’Allah n’a jamais permises, et ceci est un cas différent du premier. Allah le Très Haut dit : {Ou bien auraient-ils des associés [à Allah] qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu'Allah n'a jamais permises ?}.

 

Nul ne mélange ces deux notions, comme tu l’as su, hormis un ignorant ou quelqu’un qui maquille et cache la vérité.

 

Et afin que je te clarifie encore plus la situation et te la rende claire comme de l’eau de roche ô Halabî, peut-être es-tu simplement ignorant et non quelqu’un qui cache la vérité …

 

Je dis : ne fais-tu pas la distinction ô Halabî, toi et ceux sur ta voie, entre :- Celui qui abandonne le jeûne un jour du mois de Ramadan, « celui-là est donc pécheur tant qu’il ne renie pas le jeûne » !


- Et celui qui a jeûné le mois de Ramadan mais l’a fait pour un autre qu’Allah ?!! « Celui-là est alors associateur mécréant sans évoquer à son sujet le reniement ou le fait de le rendre licite si ce n’est pour ajouter encore plus à sa mécréance ». » (Source : Tabsîr Al-'Ouqalâ bi Talbisâte Ahl At-Tajahhoum wal Irjâ, p.43-45)

 

A partir de là, tous les termes employés dans le contexte du houkm bi ghayri ma anzala Allah que ce soit le radd, l’imtinâ3, le tawally , l’iltizâm , le ta3n, le djouhôud* , l’istihlâl, le tabdîl tous ces termes sont à comprendre selon leur contexte. Soit celui du jugement injuste pas passions qui relève du grand péché et dans ce cas là, tous ces mots prennent en effet un sens qalbî (intérieur) qui contredit l’i3tiqâd (dans son emploi qui englobe aussi bien les paroles que les cates du cœur). Soit dans le contexte du houkm bi ghayri ma anzala Allah sous sa forme chirkiyya, et là tous ces termes prennent leur sens par l’acte en lui-même, ce sont des descriptions de l’acte qui est la 3illa du houkm en lui-même et des implications rattachées à celui –ci mais en rien des conditions accompagnatrices pour établir le takfir de celui qui s’en rend coupable.

 

Ibn Hazm dans Al Ahkâm dit : « Le koufr dans la religion est l’attribut de celui qui renie ( yadjhadou) une chose de la religion parmi celles qu’Allah nous imposa d’y avoir foi, après l’établissement de la preuve et ce par le cœur sans la langue, ou par la langue sans le cœur ou les deux ensemble ou en commettant un acte dont les textes ont stipulé qu’il expulse son auteur de l’appellation d’ al imâne »1/45

 

Par la soeur Sabr.

Published by Abou Malik - Le Tawhid d'Allah dans le jugement

Le Minhaj (Voie) de Ahlou Sounna wa-l-Jama'a ce qui veut dire la voie de la Sounna et du Concensus, ou bien le minhaj des Salaf-Sâlih la voie des pieux prédécesseurs, tout cela revient au même c'est la voie à laquelle nous restons ferme, cette voie c'est celle du Prophète sala Allahu alayhi was Salam.

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