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Question: 3104

Doit-on entamer le jeûne du Ramadan en fonction de la vision oculaire du croissant lunaire ou sur base du calcul astronomique ? Et qu’en est-il lorsque la nouvelle lune du Ramadan n’est pas aperçue dans le pays où l’on réside ?


Nous nous apprêtons à accueillir le mois de Ramadan.

Quelle est la méthode la plus juste pour déterminer le début du mois de jeûne : est-ce la vision oculaire du croissant lunaire ou le calcul astronomique ?

Et que sommes-nous tenus de faire en Irak ? Devons-nous jeûner sur base de ce qui est retenu comme étant le début du mois de Ramadan dans notre pays ou est-ce que les musulmans sont censés entamer le jeûne ensemble en se basant sur la même vision oculaire du croissant lunaire? 


Aboû ‘Oubayda As-Salafî



Réponse du cheykh Aboû Mohammed Al Maqdissî



Louanges à Allah, prières et salutations sur Son Messager.

La position juste et véridique sur cette question qui se pose à l’avènement de chaque Ramadan, consiste à appliquer le hadîth d’al-Moustafâ (salla Allahou ‘alayhi wa sallam) rapporté dans leSahîh en ces termes : « Entamez le jeûne à la vue [du croissant], et rompez-le à sa vue. Si l’état du ciel ne vous permet pas d’apercevoir la nouvelle lune, achevez les trente jours du mois de Cha’bân ».

En effet, il s’agit d’un moyen par lequel Allah a épargné la gêne à la communauté (Oumma). Le Très-Haut ne nous a pas rendu dépendants d’outils modernes, du calcul astronomique ou du télescope pour observer nos pratiques cultuelles mais nous a facilité les choses. Ainsi, si nous constatons le croissant lunaire, nous jeûnons, et à défaut, nous complétons les trente jours deCha’bân.

L’érudit malikite, Ibn ‘Abdel Bârr a dit à propos du calcul astronomique : « C’est une pratique que les savants ont délaissée dans le passé et de nos jours en raison des ahâdith confirmés du Prophète (salla Allahou 'alayhi wa sallam) à ce sujet, parmi lesquels : « Entamez le jeûne à la vue [du croissant], et rompez-le à sa vue. Si l’état du ciel ne vous permet pas d’apercevoir la nouvelle lune, achevez les trente jours du mois de Cha’bân » ».

D’ailleurs, de nos jours, certains pays ont renoncé à l’utilisation du calcul astronomique à cause des contradictions répétées qui se sont produites entre le calcul astronomique et la vision oculaire de la lune.

As-San’âni a dit : « Si le propos de celui qui procède au calcul astronomique était un repère pour déterminer le début de la période du jeûne et son interruption, le législateur n’aurait pas manqué de le mentionner. Or, ce qui a été indiqué est tout autre car le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « Nous sommes une communauté d’analphabètes, nous ne savons ni écrire ni compter. » Puis il dit : « Le mois lunaire est ainsi … » (hadîth cité partiellement). Il fit ensuite signe avec sa main pour désigner les vingt-neuf et trente jours. »(Hâchiyat As-San’ânî 3/328)

Allah dit : « Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion » (22 : 78).
Il en ressort que dès lors qu’un musulman atteste avoir constaté la nouvelle lune [annonçant le début du Ramadan], nous jeûnons [sur la foi de son témoignage], et s’il nous apparaît à posteriori qu’il s’est trompé, nul grief nous concernant et son erreur n’a aucune incidence sur notre acte d’adoration et ne lui nuit pas le moins du monde.

En outre, un hadîth dit : « Votre jeûne est le jour où vous jeûnez et votre rupture du mois de jeûne (al fitr) est le jour où vous le rompez » (tiré des Sounan).

Al Khatâbî a dit : « Le sens du hadîth est de dire que [la marge] d’erreur a été pardonnée aux musulmans pourvu qu’ils fournissent l’effort exigé (idjtihâd). En effet, si un groupe de personnes s’efforcent de constater la nouvelle lune mais qu’ils ne l’aperçoivent qu’au bout du trentième jour, en conséquence de quoi, ils achèvent les trente jours de jeûne avant de le rompre [le lendemain], puis qu’il s’avère à posteriori que ce mois de Ramadan était composé de vingt-neuf jours seulement, et bien leur jeûne et leur rupture du jeûne du mois de Ramadan sont bel et bien valables. Ils n’auront ainsi commis aucun mal ou péché. Il en est de même lors du pèlerinage (hadjj); si les musulmans se trompent dans la détermination du jour de ‘arafa, ils ne sont pas tenus de le refaire et leurs sacrifices sont acceptés. Tout ceci est une facilité de la part d’Allah et relève de Sa bonté à l’égard de Ses serviteurs. » 
Cheykh al Islam Ibn Taymiyya a également tenu des propos similaires…

Par conséquent, nous conseillons à nos frères de s’enquérir de la vision oculaire du croissant lunaire et de jeûner en fonction de sa constatation. S’ils n’arrivent pas à apercevoir la nouvelle lune mais qu’un pays limitrophe connu pour déléguer la supervision de ce procédé aux savants, annonce l'avoir vue, qu’ils jeûnent alors avec eux. Ceci est notamment le cas dans la péninsule arabique où les savants sont particulièrement scrupuleux pour s’assurer de la vérité à ce sujet sans que l’Etat ne se mêle de l’iftâ² [*] dans ce domaine précis, contrairement aux autres domaines qui touchent à son mode de gouvernance, à sa stabilité et ses intérêts. On ne peut pas en dire autant pour d’autres pays qui ne sont pas regardants sur la question et dont les gouverneurs manipulent [le calendrier lunaire] du jeûne selon la politique de l’Etat. Il en est notamment ainsi en Libye qui déclare officiellement ne pas compter sur la vision oculaire de la lune et où le début du Ramadan dépend du calcul astronomique et des caprices de leur dirigeant.

On ne peut nous reprocher de faire confiance aux savants de la péninsule arabique sur ce point puisque nous les contredisons au sujet de leurs fatâwas du sultan. Car il est permis de prendre la vérité de leur part et de la part d’autres. Il est même légiféré d’accepter la vérité de la part du menteur lorsqu’il est avéré qu’il est véridique sur un point précis. D’ailleurs, le hadîth qui relate la discussion entre Abou Hourayra et le Chaytân et le propos du Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa sallam) suite à cela lorsqu’il dit : « Il t’a dit la vérité alors que c’est un menteur »contient à plus forte raison cette indication-là.

En fait, le musulman peut être amené à se fier à une personne dans un domaine particulier alors qu’il ne lui fait pas confiance au point de vue de sa religion sur plusieurs plans. Il se repose alors sur elle pour ce qui est de ce domaine précis à l’instar du médecin compétent à qui l’on accorde sa confiance parmi les non-musulmans. C’est dans le même ordre d’idée que le Prophète (salla Allahou 'alayhi wa sallam) recourut à l’aide d’un mécréant habile lors de son émigration (hidjra) [vers Médine], et il lui fit confiance pour le guider sur son trajet, et ainsi de suite.

S’il est donc avéré pour nous que les savants précités sont scrupuleux, rigoureux et dignes de confiance sur cette question parce que le régime en place chez eux n’intervient pas et ne manipule pas ce procédé, il n’y a alors aucun mal pour nous à les suivre s’ils annoncent la vue de la nouvelle lune. C’est même ce qui est exigé de notre part dans le cas où nous ne parvenons pas à l’apercevoir alors qu’eux la voient.

Et Allah demeure Plus Savant.


Cheykh Aboû Mohammed Al Maqdissî

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[*]: NDT : al Iftâ² désigne le processus d’émission d’avis religieux.


Texte original

Traduction: Oum-Ishâq
Relecture et correction: Oum_Mou'âwiya

Published by Abou Malik - Fatâwâ Minbar at-Tawhid wal Jihad

Le Minhaj (Voie) de Ahlou Sounna wa-l-Jama'a ce qui veut dire la voie de la Sounna et du Concensus, ou bien le minhaj des Salaf-Sâlih la voie des pieux prédécesseurs, tout cela revient au même c'est la voie à laquelle nous restons ferme, cette voie c'est celle du Prophète sala Allahu alayhi was Salam.

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