Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

 

Question 3415.

Est-il permis au créancier d'effacer la dette de son débiteur en déduisant cette somme du montant total de la zakât qu'il doit verser ? 


As salâmou ‘alaykoum wa rahmatou Allah wa barakâtouh.

Je possède un commerce pour vendre de la peinture, j’ai livré à l’un de mes clients [revendeurs] une quantité de marchandise et ce client ne peut pas me payer, il a revendu la marchandise et a cumulé pas mal de dettes. Allah Seul sait s’il pourra me rembourser ce qu’il me doit ou pas.

Est-il permis que j’efface sa dette (la somme qu’il me doit) et que je déduise cela du montant de la zakât qui m’est imposable.

Signé Bellavi.


Réponse du comité légal du Minbar


Au Nom d’Allah le Miséricordieux, Le Tout Miséricordieux.
Louanges à Allah, Le Seigneur des mondes.
Prières et salutations sur Son noble Prophète, sa famille, ainsi que tous ses Compagnons.

Al Boukhâri rapporte dans son recueil authentique : « Ismâ’îl nous raconta qu’il entendit Mâlik dire qu’il entendit Zayd Ibn Aslam rapporter que son père lui dit : « J’entendis Omar Ibn Al Khattâb - qu’Allah l’agrée - dire : « J’avais donné un cheval en aumône pour la cause d’Allah, mais celui qui l’avait récupéré, n’en a pas pris soin. J’ai alors voulu l’acheter en croyant qu’il me le vendrait à bas prix. Je rapportai mon intention au Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - qui me dit : ‘Ne l’achète pas, et ne reviens point sur ton aumône même s’il te le vendait pour un dirham car certainement, celui qui revient sur son aumône est comparable au chien qui ravale son vomis’ » » ».

En effet, ce hadîth prouve qu’il est interdit de profiter soi-même de l’aumône qu’on donne, quelque soit la forme de ce profit : que ce soit par [la récupération] de la donation ou par l’achat. On en déduit également par extension, l’illégalité pour le créancier, de déduire [la somme dont il attend le remboursement] du montant de la zakât versée à l’endetté.

Ceci est l’avis de la majorité des savants (al djoumhôur) qui ne considère pas ce procédé comme un acquittement de la zakât en raison de l’absence de l’aspect du : « versement » [qui caractérise cet impôt légal]. Aussi, car il n’est pas légiféré au donneur de la zakât de profiter matériellement de ce qu’il donné quelle que soit la forme de ce profit. De plus, sachant qu’il est interdit de profiter du crédit [accordé à quelqu’un], cela est à plus forte raison valable concernant la zakât.

Le Cheykh Khalîl Ibn Ishâq Al Mâlikî, a abordé cette question dans Al-Moukhtassar et Al Hattab en commentant ses propos dit : « On rapporte dans Al Moudawwana : « Je n’apprécie guère, que le créancier qui a prêté de l’argent à un pauvre [dont il attend le remboursement du prêt], déduise ce montant de lazakât qui lui est imposable ». D’autres savants ont dit : « car cet argent se perd et n’a plus de valeur » ou encore : « car sa valeur diminue ». Dans At-Tawdîh est dit : « Ibn Al Qâssim a déclaré que le payeur de la zakât ne peut s’en contenter, Al Achhab en revanche a dit : « c’est suffisant » mais Abou Al Hassen a dit que sa parole ne lui plaisait pas et qu’il penchait pour l’interdiction ». Fin de citation tirée de Mawâhib Al Djalîl Moukhtassar Al Khalîl.

Dans Al Moughni, Ibn Qoudâma rapporte ceci : « L’imâm Ahmad fut interrogé sur le cas d’un prêteur sur gage qui prête de l’argent à un débiteur rencontrant par la suite des difficultés à rembourser sa dette. En parallèle, le prêteur sur gage doit s’acquitter de la zakât et souhaite la redistribuer aux pauvres. Lui vient alors l’idée de remettre au débiteur le gage qu’il a déposé et effacer sa dette, lui faisant savoir que le montant qu’il lui devait lui appartenait désormais et qu’il faisant partie de la zakât qu’il devait verser.

L’imâm Ahmad répondit : « Non, il ne peut s’en contenter…». On lui dit : « Et si l’endetté emprunte de l’argent ailleurs pour rembourser sa dette envers son premier créancier puis, que ce créancier, une fois ayant récupéré le montant qui lui est du, redonne cette somme à son débiteur sous forme de zakât, qu’en est-il ? L’imam Ahmad dit : « S’il fait cela en espérant faire fructifier son propre argent, ce n’est pas permis. »

L’on déduit de ses propos que le fait de verser la zakât à l’endetté est permis, qu’il la lui verse dès le départ ou que le crédit qu’il a accordé soit remboursé au préalable. Mais dès lors que le créancier ne souhaite, à travers son versement de la zakât à son débiteur, que la fructification de ses biens et l’obtention du remboursement de ce qui lui est dû, alors, cela n’est pas permis. 

En effet, la zakât constitue un droit d’Allah et il n’est pas permis de s’en acquitter afin d’en tirer soi-même un quelconque profit. Aussi, dans le cas où l’endetté/le débiteur s’acquitte du paiement de sa dette au préalable du versement de la zakât, il n’est pas permis au créancier de déduire [directement] le montant de cette dette de la somme qu’il doit verser pour la zakât. Car il lui a été ordonné de débourser dûment le montant de la zakât et de s’en acquitter, alors qu’en effaçant simplement la dette, il se dispense de son versement et Allah demeure le Plus Savant 
». Fin de la citation d’Al Moughni


Cependant, Ach-Châfi’î et ‘Atâ² étaient d’avis que l’effacement de la dette par le créancier en faveur de l’endetté est permis et peut bien servir d’acquittement de la zakât. L’un des principaux objectifs de la zakât étant l’aide au remboursement de dettes, ils estiment que ce procédé permet d’agir en ce sens.

Ceci dit, il m’apparaît, et Allah demeure le Plus Savant, que le premier avis est plus probant en vertu du hadîth précité. Par conséquent, pour sortir de cette divergence, il est possible pour le frère questionneur, de s’acquitter de sa zakât envers la personne qui lui doit de l’argent et d’attendre le remboursement de sa dette [par la suite].

D’ailleurs, Ibn Qoudâma rapporte que l’imâm Ahmad fut interrogé en ces termes : « ‘Si le créancier verse la zakât à son débiteur puis que ce dernier lui rend le montant qu’il a perçu afin de rembourser sa dette, peut-il accepter ?’ L’imâm Ahmad répondit : « Oui ». Dans un autre passage, on lui demanda aussi : « S’il lui donne la zakât et que l’endetté la lui rend ? Ahmad répondit : « S’il le fait par feinte, je n’apprécie guère cela » ». Ce qu’il sous-entend par la feinte et l’accord préalable entre les deux partis à ce que la zakât serve de remboursement de la dette.

Aussi, le Cheikh Khalîl dans Al Moukhtassar dit : « Il y a une hésitation quant à la permission de verser la zakât à une personne qui nous doit de l’argent et la reprendre par la suite ». Al Mawâqi a dit en commentant ce propos mentionné dans Al Moukhtassar : « Al Bâdjî l’a interdit car cela ressemble au cas du créancier qui s’acquitte de l’aumône envers son débiteur afin d’obtenir ce qu’il lui est du. Ibn ‘Arafa quant à lui, dit que cela contredit l’avis d’Ibn Abdessalâm mais que le plus apparent d’après sa parole est que si le créancier reprend ce qu’il a versé à son débiteur avec la satisfaction de ce denier et sans que cela ne soit une condition exigée au préalable, cela est correct ». Fin de citation à partir de At-Tâdj Wal Iklîl Fi Charhi Moukthassari Al khalîl.

Et Allah demeure le Plus Savant.

Louanges à Allah Le Seigneur des mondes.


Abou Al Moundhir Ach-Chanqîtî.


Texte original


Traduit par Oum-Ishâq
Relu et corrigé par Oum_Mou3âwiya

Published by Abou Malik - Fatâwâ Minbar at-Tawhid wal Jihad

Le Minhaj (Voie) de Ahlou Sounna wa-l-Jama'a ce qui veut dire la voie de la Sounna et du Concensus, ou bien le minhaj des Salaf-Sâlih la voie des pieux prédécesseurs, tout cela revient au même c'est la voie à laquelle nous restons ferme, cette voie c'est celle du Prophète sala Allahu alayhi was Salam.

Pages

Hébergé par Overblog