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FATWÂ: Ambiguïté au sujet du père de famille qui juge par autre que ce qu'Allah a révélé






Question n°3935 :

Le Prophète  a dit : « Vous êtes tous des bergers, et vous êtes tous responsables de votre troupeau. » En ce sens, nous pouvons comprendre que le père est responsable de sa famille et qu’il sera interrogé à son sujet. A partir de là, les mourji²a contemporains utilisent cette ambiguïté contre nous en disant : si l'homme, au sein de son foyer, gouverne par autre que ce qu'Allah a révélé, et juge selon ses passions, cela signifie qu'il est devenu mécréant conformément au statut de celui qui juge par autre que ce qu'Allah a révélé.

Les mourji²a avancent par exemple le fait que nous soutenons que le gouverneur (hâkim) a changé la législation (char’) et remplacé celle-ci par quelque chose d'autre. Et d’après eux, l'homme dans son foyer qui veut partager l'héritage selon ses passions, raser sa barbe, ou commettre d'autres péchés, a également jugé par autre que ce qu'Allah a révélé.En effet, ce chef de famille a changé la législation et y a substitué autre chose, et donc si l’on s’en tient à notre position [sur la question] cela impliquerait qu’il soit lui aussi mécréant.


Le questionneur : lâ 'izata ilâ bil jihâd





Réponse du comité légal du Minbar


Au Nom d'Allah le Miséricordieux, le Tout- Miséricordieux,

Toutes les louanges sont à Allah, Seigneur des Mondes, et que la paix et les bénédictions soient sur Son noble Prophète, ainsi que toute sa famille et l’ensemble de ses Compagnons. Ensuite ;

Parce que ces manipulateurs sont incapables de justifier leur vaine position avec des preuves légales évidentes, ils recourent à cette méthode en tentant de fausser les concepts et de jouer autour des terminologies religieuses. A travers cette fallacieuse ambiguïté, ils essaient de généraliser le concept du houkm [jugement] en y incluant les actes, de telle manière qu'on ne distingue plus le jugement des actes ! A ce moment là, cela signifierait que quiconque commet un péché, deviendrait mécréant parce qu'il n'a pas jugé d’après ce qu'Allah a révélé. Telle est exactement l'idéologie des khawarij !

Les khawarij, que ce soit en raison de leur ignorance ou de leur déviance, ne faisaient pas la différence entre le concept du jugement et celui des actes. Et de là, ils déclaraient toute personne qui commettait un péché, mécréante, en s’appuyant sur la parole d'Allah : « Ceux qui ne juge pas d’après ce qu'Allah a révélé, les voilà les mécréants » [sourate Al Ma²idah]. Étant donné que ces gens [les mourji²a contemporains, [ndt] s’accordent avec les khawarij à ne pas distinguer la notion du jugement de celle de l'action, alors chacun des deux groupes en est arrivé à des conclusions erronées.

La conclusion qu'en ont tiré les khawarij, c'est que toute personne qui commet un péché est mécréante parce qu'elle a jugé par autre que ce qu'Allah a révélé. Ce qu'en ont déduit les autres [les mourji²a contemporains, ndt] en revanche, c’est que celui qui juge par autre que ce qu'Allah a révélé n'est pas mécréant mais seulement pêcheur puisque le credo des gens de la sunnah consiste à dire que personne ne devient mécréant simplement en commettant un péché ! 

Pour clarifier l'ambiguïté de ceux qui suivent les pas des néo-khawârij, nous disons qu'il y a une différence entre le jugement par autre que ce qu'Allah a révélé et les autres péchés au sujet desquels, il n'existe aucune preuve permettant d’affirmer qu'on devient mécréant en les commettant. Concernant le jugement [par autre que ce qu'Allah  a révélé], c'est une mécréance expulsant son auteur de l'islam en raison des preuves qui le confirment. A contrario, les péchés ne constituent pas une mécréance puisqu’il n'y a pas de preuves allant dans ce sens.

En outre, afin d'être en mesure d’opérer la distinction entre le concept de jugement et celui des actes, nous devons définir exactement qu'est ce que le jugement. Le houkm [jugement] est le fait de juger des litiges qui relèvent du domaine du qadâ² [la judicature] et aussi le fait que le dirigeant gère les affaires d’ordre public. Donc, le concept de jugement est limité à ce qui émane -à titre contraignant- de la part d’un juge ou d’un dirigeant dont les directives s’imposent sur l’ensemble des personnes [soumises à leur autorité]. Le « jugement » auquel il est fait référence dans les textes religieux est uniquement dans ce sens-là, sens qui d’ailleurs, a été mentionné à plus de cent reprises dans le Coran. L'obligation de juger d’après ce qu'Allah a révélé est adressée au juge et à l'imam [dirigeant]. Cela n'inclut pas le reste des gens. C’est aussi pour cela que ces derniers ne sont pas inclus dans la parole d’Allah : « Ceux qui ne juge pas d’après ce qu'Allah a révélé, les voilà les mécréants » en ce sens que l'obligation du « juger » ne leur est pas adressée à eux.

Quant à l’argument qui réside dans le hadith : « Vous êtes tous des bergers, et vous êtes responsables de votre troupeau » Cela prouve encore une fois leur façon de manipuler les textes sacrés. Ibn Al Athir a dit dans l'explication de ce hadith : « Vous êtes tous des bergers, et vous êtes responsables de votre troupeau » signifie qu'ils sont des gardiens dignes de confiance, et que le troupeau désigne tous ceux qui tombent sous leur protection et tutelle ». [An Nihâyah fi Gharib Al Athâar,2/581]


An Nawawi a dit : « Les savants ont statué que le berger désignait le gardien digne de confiance qui assure le bien-être de ceux dont il a la charge et qui sont mis sous sa tutelle. Cela signifie aussi que tout responsable est tenu de commander avec justice ceux qui sont sous sa responsabilité et qu'il doit remplir pleinement ses obligations [envers eux] selon le meilleur de leur intérêt pour cette vie ou celle de l'au-delà.» [Sharh An Nawawi ala Muslim 12/213]


Ibn Battal a dit : « Al Moulhib a dit :« Un esclave à qui sont confiés les biens de son maître, est tenu par les mêmes obligations qui incombent à tout autre berger envers ceux dont il a la charge. Il ne doit rien entreprendre concernant la plupart des choses, si ce n’est avec la permission de son maître.» [Sharh sahih Al Boukhari par Ibn Battal 6/531]. 


Ainsi, la signification de ce hadith est que tout le monde, que ce soit l'imam, l'homme, la femme, ou l'esclave, tous ont en commun le devoir de s'occuper de ceux dont Allah les a chargés. C'est la raison pour laquelle ils sont comparés aux bergers. Cependant, chacun a des prérogatives qui lui sont propres et des statuts (ahkâm) spécifiques [à sa fonction].

Ibn Hajar a dit : « Al Khattabi a dit : « L'imam et les autres hommes sont tous concernés par cette expression les décrivant comme des bergers, mais la signification donnée à leur responsabilité est différente. La responsabilité de l'imam est de préserver la législation (charî’a), par laquelle il établit les houdoud (peines légales) et il se doit d'être juste en rendant ses jugements. La responsabilité de l'homme est sa famille, il gère les affaires des membres la composant et remplit ses obligations vis à vis d'eux. La responsabilité de la femme est de s'occuper du foyer, des enfants, de sa servante, et de conseiller son mari dans tout cela. La responsabilité de la servante est de protéger ce qui lui a été confié et de remplir les tâches conférées. » [Fath Al Bari 13/113]

La fonction spécifique de l'imam est de rendre des jugements et de diriger son peuple, et le rôle spécifique de l'homme dans son foyer est de prendre soin de sa famille de même que la tâche spécifique de la femme est de prendre soin du foyer 

Ainsi, nous n’appelons pas l'homme dans son foyer « dirigeant » ou « juge », tout comme nous ne qualifions pas le juge ou le dirigeant de chef de famille. Avec ceci, il apparaît clairement qu’ils sont tous qualifiés de bergers, mais qu’ils se distinguent en fonction de leurs fonctions et statuts respectifs. Et c’est ainsi que se résorbe la problématique soulevée.

Et Allah sait mieux,

Toutes les louanges sont à Allah, le Seigneur de tout ce qui existe.


Cheikh Aboû al Moundhir ach-Chanqîti




Texte anglais

Texte arabe




Traduction : Al _ISLAM
Relecture et correction : Oum Younes

 

Published by Abou Malik - Fatâwâ Minbar at-Tawhid wal Jihad

Le Minhaj (Voie) de Ahlou Sounna wa-l-Jama'a ce qui veut dire la voie de la Sounna et du Concensus, ou bien le minhaj des Salaf-Sâlih la voie des pieux prédécesseurs, tout cela revient au même c'est la voie à laquelle nous restons ferme, cette voie c'est celle du Prophète sala Allahu alayhi was Salam.

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