Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Question 1526.

La tutelle de celui qui délaisse la prière.


As Salamou ‘alaykoum wa rahmatou Allah wa barakatouh.

Nobles Chouyoukh, j’ai entendu une fatwa de Cheykh Al Outhaymin-rahimahou Allah - qui stipule que si l’homme est de ceux qui délaissent la prière, il ne peut être un tuteur légal pour sa fille au moment de la conclusion du contrat de mariage.

Est-ce que cette fatwa est juste ? Et existe-il une divergence entre les savants à ce sujet comme leur divergence au sujet de celui qui délaisse la prière : a-t-il alors commis une mécréance qui expulse son auteur de la religion ou a-t-il seulement commis une mécréance moindre ? 

Signé : Abou Mourhib Ach-Châmî.


Réponse du comité légal d’Al Minbar : 


Au Nom d’Allah le Miséricordieux, Le Tout Miséricordieux.

Le mécréant ne peut en aucun cas exercer sa tutelle sur une musulmane et sa tutelle ne saurait être valide, ni même l’éventuel contrat de mariage qui en résulterait.

En effet, Ibn Qoudâma, dans Al Moughnî dit : « 
Quant au mécréant, il n’a aucune tutelle sur une musulmane selon le consensus des savants dont Malik, Ach-Châfi’î et Abou ‘Oubayd. Ibn Al Moundhir a dit : « Tous les savants qui nous ont transmis ce que nous connaissons sont unanimes sur cette question ». Ceci en vertu de la parole du Très-Haut : « Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres »».

Quant à la tutelle du pervers sur une musulmane, les savants ont divergé selon deux avis :

Le premier avis : stipule que la droiture (Al ‘adâla) est une condition de validité de sa tutelle. C’est l’opinion d’Ach-Châfi’î et un avis rapporté de la part de l’imam Ahmad en vertu du hadith rapporté par Ibn Abbas en ces termes : « Il n’y pas de mariage sans la présence de deux témoins fiables et d’un tuteur sage » (mentionné par Al-Bayhaqî dans As-Sounan).

Le deuxième avis : soutient que la droiture ne constitue pas une condition que le tuteur légal doit [nécessairement] remplir et le contrat de mariage conclu sous sa tutelle est valide [en dépit de sa perversion].

Ceci représente l’avis de Mâlik et Abou Hanîfa. C’est aussi l’autre avis attribué à l’imam Ach-Châfi’î et à Ahmad, ainsi que la position adoptée par Cheykh Al Islam Ibn Taymiyya et son élève Ibn Al Qayyim. 
Ibn Qoudâma dit dans Al Moughnî : « 
C’est la position de Mâlik, d’Abou Hanîfa, et l’une des deux paroles rapportés de la part d’Ach-Châfi’î. 
[La tutelle du pervers lui est préservée] car elle a lieu suite au propre mariage du tuteur. Il garde ainsi sa tutelle sur autrui au même titre que le musulman droit étant donné que ce qui détermine la tutelle est le lien de parenté et que la condition qui régit la tutelle est la clairvoyance. Ainsi, le musulman pervers reste un proche qui saura être lucide sur (le choix de l’époux), il exercera donc sa tutelle au même titre que le musulman droit.
»

Le deuxième avis : adopté par la majorité des savants à savoir que la perversion n’annule pas la tutelle est plus proche de la vérité car la bienveillance que porte le père à sa fille, même s’il est pervers, le poussera [généralement] à faire preuve de lucidité et à privilégier l’intérêt de sa fille.

Aussi, celui qui délaisse totalement la prière est mécréant d’après l’avis le plus juste des gens de science. La divergence à ce sujet est connue et mentionné dans les différents ouvrages de jurisprudence. 

Par conséquent, Il n’appartient pas à celui dont tel est le statut d’être un tuteur légal pour une musulmane au moment de conclure le contrat de mariage et ce en raison du consensus établi sur la non-validité de la tutelle du mécréant sur une musulmane.

C’est effectivement l’avis adopté par Al Outhaymîn dans Nouroun ‘Al Ad-Darb puisqu’il dit : « S’il ne prie pas, il ne lui est pas licite d’établir le contrat de mariage de l’une de ses filles, et s’il le fait, le contrat qui en découlerait serait invalide, car l’islam du tuteur est une condition sine qua non à l’exercice de sa tutelle. »

Cependant, il convient d’attirer l’attention sur certains points :

1/ La mécréance de celui qui délaisse la prière est une question sujette à divergence entre les gens de science. Ceci est le point le plus important.
2/ La majorité des gens de science ont confirmé la tutelle du pervers et c’est l’avis qui nous parait le plus probant.
3/ Le péché du délaissement de la prière fait partie des choses qui se sont largement propagées à notre époque au point où certaines femmes ont du mal à trouver un père, un grand-père, un frère ou un oncle qui prie. Et c’est à Allah que nous nous plaignons contre cela.
4/ Les méfaits qui découlent du fait de faire annuler la tutelle du père sur sa fille ainsi que la tutelle de celui qui y a droit après lui, sont très nombreux et dangereux. Ces méfaits peuvent détruire une vie entière notamment dans nos sociétés arabes.
5/ La cause qui justifie la tutelle est la clairvoyance et la prise de précautions.
6/ Les tribunaux dans nos pays n’annulent pas la tutelle de celui qui délaisse la prière.

Par conséquent, l’avis qui m’apparaît être le plus probant concernant cette question est que la femme est en droit d’annuler la tutelle de son père s’il délaisse la prière et que la tutelle revient à celui qui est en a droit après lui parmi les hommes de sa famille. Cependant, si elle est satisfaite de lui en tant que tuteur, son contrat de mariage est valide et en découlera toutes les conséquences [habituelles]. 

Aussi, il ne faut pas remettre en cause le mariage des musulmanes, leur honneur ou la filiation de leurs enfants à cause de cela.

Et Allah demeure le Plus Savant.

Cheykh Abou Mohammed Ach-Châmi.

Traduit par Oum-Ishâq


Revu et corrigé par Oum Mou3âwiya

Published by Abou Malik - Fatâwâ Minbar at-Tawhid wal Jihad

Le Minhaj (Voie) de Ahlou Sounna wa-l-Jama'a ce qui veut dire la voie de la Sounna et du Concensus, ou bien le minhaj des Salaf-Sâlih la voie des pieux prédécesseurs, tout cela revient au même c'est la voie à laquelle nous restons ferme, cette voie c'est celle du Prophète sala Allahu alayhi was Salam.

Pages

Hébergé par Overblog