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Question 4048.

M’est-il permis de dénoncer mon péché au gouvernement apostat ?


As salâmou ‘alaykoum wa rahmatou Allah wa barâkatouh :

Qu’Allah vous protège du mauvais œil des Tawaghît et qu’Il vous accorde le martyr pour Sa cause.

J’aurais besoin d’une réponse au plus vite s’il-vous-plaît : j’ai commis un péché grave qui fait partie des énormités méritant l’application de la peine légale (al hadd). Cela s’est passé il y un an, et entre-temps, je me suis repenti d’un repentir sincère, je regrette amèrement et Allah Seul sait que quand je repense à ce que j’ai fait, je suis à deux doigts de devenir fou.

Alors quoi faire ? Dois-je me rendre aux autorités pour qu’on me punisse ou dois-je au contraire, cacher mon péché sachant que le gouvernement [dans le pays où je vis] est apostat et n’applique pas la législation d’Allah concernant la peine [prévue pour mon péché].

Qu’Allah vous récompense par le bien.

Abou Al Walîd




Réponse du comité légal du Minbar


Wa ‘alaykoum as salâm wa rahmatou Allah wa barakâtouh

Cher frère questionneur, 

En présence d’un gouvernement islamique qui établit les jugements d’Allah et qui applique les peines légales, les savants ont divergé au sujet de la meilleure attitude à adopter pour le musulman : doit-il avouer son péché afin de subir la sentence du hadd ou doit-il au contraire le cacher ? (Voir Al-Mouhallâ 13/28)

Le plus correct à ce sujet est que le musulman est appelé à cacher son péché et à ne pas se dénoncer lui-même alors qu’Allah l’a dissimulé. En effet, Ya’lâ rapporte que le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - a dit : « Certes, Allah ‘azza wa djall est Pudique est discret, il aime la pudeur et la discrétion ». Rapporté par Abou Dâwoûd et An-Nass²î, authentifié par Al-Albânî.

Zayd Ibn Al-Aslam rapporte qu’un homme avoua avoir commis la fornication à l’époque du Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam -, après qu’il fut flagellé, le Prophète dit : «Il est temps pour vous, ô gens, de respecter les limites d’Allah, celui d’entre vous qui aura commis l’une de ces ignominies, qu’il se cache si Allah ne l’a pas dévoilé. En effet, car celui qui nous aura montré cette face cachée, nous appliquerons sur lui [la sentence prévue dans] le Livre d’Allah ». Rapporté par Mâlik dans son Mouwatta².

De même qu’après qu’Al Mâ’iz Ibn Mâlik Al-Aslamî fut lapidé, le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - tint les propos suivants : « Evitez ces actions ignobles qu’Allah a rendu interdites, celui qui en commet une, qu’il se cache si Allah ne l’a pas dévoilé et qu’il se repente vers Allah car celui qui nous aura montré cette face cachée, nous appliquerons sur lui le Livre d’Allah ». Rapporté par Al Bayhaqî et Al Hâkim qui dit : « hadîth conforme à leurs critères [d’authentification] d’après les propos d’Ibn Omar. Egalement authentifié par Ibn As-Sakan et d’autres ». (Charh Az-Zarqânî ‘la Mouwatta²i Al Imâmi Mâlik 4/198)

Ceci est valable dans le cas où le gouvernement serait musulman et appliquerait les lois d’Allah comme nous l’avons précisé au début. Quant à un gouvernement apostat qui n’applique pas les lois d’Allah, comme c’est le cas chez vous et chez nous, il n’est en aucun cas permis à quiconque ayant commis un péché méritant l’application de la peine légale (al hadd), de partir le voir et de se dénoncer soi-même. En effet, leur jugement est celui du Taghoût auquel il est unanimement interdit de recourir pour juger [dans les affaires des musulmans].

Dans le cas où le pêcheur écoperait d’une peine dans le cadre des lois forgées, même si celle-ci est plus sévère que la peine prévue par la législation islamique, elle ne saurait en aucun cas être une expiation pour son péché contrairement au cas où l’on appliquerait sur lui la peine légale (al hadd). En effet, celle-ci constitue pour le pécheur une expiation, à l’exception des crimes du chirk et de la hirâba (brigandage).

‘Oubâda Ibn As-Sâmit a dit : « nous étions avec le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - dans une assemblée où il dit : « Vous prêtez serment de ne rien associer à Allah, de ne pas forniquer, de ne pas voler, de ne pas tuer l’âme qu’Allah a rendu sacrée sauf de plein droit ; celui d’entre vous qui a été fidèle à son serment, sa récompense est auprès d’Allah et celui d’entre vous qui a commis l’une de ces [turpitudes] et qui a subi la peine légale en conséquence, celle-ci est une expiation pour lui. Quant à celui qui a commis une chose et qu’Allah n’a pas dévoilée, son affaire appartient à Allah, S’il veut lui pardonner, Il lui pardonne, et s’Il veut le châtier, Il le châtie. » Hadîth faisant l’objet d’un consensus.

L’imâm Ibn Hazm - rahimahou Allah – a dit : « Toute personne ayant commis un péché passible de la peine légale (hadd), lorsque celle-ci lui est dûment appliquée, son péché est effacé, qu’il se repente ou pas, à l’exception de la hirâba car le péché qu’elle représente perdure même si le hadd est appliqué sur celui qui s’en rend coupable, la seule chose qui l’efface est le repentir vis-à-vis d’Allah » (Al- Mouhalla 13/9).

Ainsi, cher frère, nous te conseillons de te repentir et de regretter ton péché, chose que tu as déjà faite, qu’Allah t’en rétribue et te pardonne. Nous te conseillions aussi de ne pas désespérer de la miséricorde d’Allah, le Très-Haut dit : « Dis : «Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez point de la miséricorde divine ! En vérité, Allah absout tous les péchés, car Il est le Clément et le Compatissant. » (Az-Zoumar : 53)

Abou Bakr As-Siddîq - qu’Allah l’agrée - a dit : « J’entendis le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - dire : « Si un serviteur commet un péché puis, qu’il accomplit correctement ses ablutions, se lève et prie deux unités de prières en implorant le pardon d’Allah, alors, certes, Allah lui pardonnera ». Le Prophète récita ensuite le verset suivant : « à ceux qui, ayant commis un forfait ou une injustice envers eux-mêmes, invoquent Allah pour Lui demander pardon de leurs péchés, car qui peut absoudre un pécheur si ce n’est le Seigneur ? À ceux enfin qui ne persistent pas dans le mal, dès qu’ils s’aperçoivent qu’ils sont dans l’erreur ». Hadîth rapporté par Abou Dâwoûd et authentifié par Al Albâni.

Abou Bakr Ibn ‘Ayyach a dit : « J’entendis Abâ Ishâq As-Sabî’î dire : « Un homme vint voir Omar Ibn Al Khattab - qu’Allah l’agrée - et lui dit : « Ô émir des croyants, j’ai tué quelqu’un. Y a-t-il un repentir [possible] ? ». Omar récita alors : « Hâ - Mîm. [2] La révélation du Coran est l’œuvre d’Allah, le Tout-Puissant, l’Omniscient, [3] qui pardonne les péchés, agrée le repentir, réprime avec sévérité et dont la générosité n’a point de limite. Il n’y a d’autre divinité que Lui et c’est vers Lui que se fera tout retour ». Puis, il dit à cet homme : « Agis et ne désespère point »»». Rapporté par Ibn Abî Hâtim.

Yazîd Ibn Al-Asamm rapporte qu’un homme parmi les notables du Châm se rendait souvent chez Omar Ibn Al Khattab - qu’Allah l’agrée. Lorsque cet homme s’absenta pendant une certaine période, Omar demanda après lui : « Où est Foulan Fils de Foulan ? ». On lui dit : « Ô Emir des croyants, il a suivi le chemin de la boisson ». Omar appela alors son scribe et lui ordonna d’écrire : « De la part d’Omar Ibn Al Khattab à Foulan Fils de Foulan. Je t’invite à louer Allah, il n’y a d’autre divinité en dehors de Lui ; c’est Lui qui pardonne les péchés, agrée le repentir, réprime avec sévérité et dont la générosité n’a point de limite. Il n’y a d’autre divinité en dehors de Lui et c’est vers Lui que se fera tout retour ». Puis il dit à ses Compagnons : « Invoquez en faveur de votre frère pour que son cœur accepte [de délaisser le péché] et qu’Allah lui facilite le repentir ». Lorsque l’écrit de Omar parvint à ce homme, il se met à le lire et à répéter : « C’est Lui qui pardonne les péchés, agrée le repentir, réprime avec sévérité », Il me mit en garde contre Son châtiment et me promit Son pardon » ». 

Ce récit est rapporté par Ibn Abî Hâtim et de la part d’Al Hâfidh Ibn Nou’aym par le biais de Dja’far Ibn Bourqân qui ajouta : « Il ne cessa de répéter ces paroles jusqu’à ce qu’il se mette à pleurer et qu’il délaisse définitivement son péché. Lorsque Omar apprit la nouvelle, il dit à ses Compagnons : « Faites-en de même lorsque vous verrez l’un de vos frères trébucher, redonnez lui force et confiance tout en invoquant Allah pour qu’il le guide vers le repentir, ne soyez en aucun cas les adjoints du diable contre lui » ».

On rapporte également lorsque Qoudâma Ibn Madh’oun – qu’Allah l’agrée - a commis le péché qu’il commit*, il se repentit et s’attrista longtemps à cause de cela. Omar Ibn Al Khattab - qu’Allah l’agrée- lui envoya un écrit pour lui rappeler [la parole d’Allah] : « «Hâ - Mîm. [2] La révélation du Coran est l’œuvre d’Allah, le Tout-Puissant, l’Omniscient, [3] qui pardonne les péchés, agrée le repentir, réprime avec sévérité et dont la générosité n’a point de limite. Il n’y a d’autre divinité que Lui et c’est vers Lui que se fera tout retour ». Puis, il lui dit : « Je ne sais plus lequel de tes péchés est le pire. Le fait que tu aies autorisé l’illicite d’abord, ou le fait que tu aies désespéré de la miséricorde d’Allah ensuite ? ».

Nous te recommandons aussi cher frère, de multiplier les œuvres pieuses ; Allah dit : « Prie aux deux extrémités du jour et à certaines parties de la nuit. Certes, les bonnes actions chassent les mauvaises. C’est là un rappel qui s’adresse à ceux qui savent réfléchir » (Houd : 114).

‘Abdoullah Ibn Mas’oûd rapporte qu’un homme vint voir le Prophète - salla Allah ‘alayhi wa sallam - et lui dit : « Ô Messager d’Allah, je suis tombé sur une femme à l’autre bout de la ville, je l’ai approché sans toutefois avoir de rapport sexuel avec elle, je viens vers toi afin que tu décides de ce qu’il adviendra de moi. Omar qui était alors présent dit : « Allah n’a pas dévoilé ton péché, tu aurais dû en faire de même». Le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - ne répondit point jusqu’à ce que l’homme se leva et partit. Le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - lui envoya alors un homme pour le rattraper et lui réciter le verset : « Prie aux deux extrémités du jour et à certaines parties de la nuit. Certes, les bonnes actions chassent les mauvaises. C’est là un rappel qui s’adresse à ceux qui savent réfléchir ». Un homme assis dans l’assemblée dit ensuite : « Ô Prophète d’Allah, est- ce que cela ne vaut que pour lui spécifiquement ? ». Le Messager d’Allah de répondre : « Non cela vaut pour tout le monde ». Hâdith faisant l’objet d’un consensus.

Abou Dharr - qu’Allah l’agrée - rapporte que le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - lui donna un jour le conseil suivant : « Crains Allah où tu te trouves, fais suivre la péché par une bonne action afin de l’effacer, et adopte un caractère noble vis-à-vis des gens ». Rapporté par At-Tirmidhî et jugé bon par Al Albâni.

En outre, sache mon frère, que j’ai attentivement lu tout ce qui a été dit au sujet des œuvres pieuses, j’en ai pas trouvé une qui est plus à même d’expier les péchés et les fautes que le Djihâd et le martyr pour la cause d’Allah.

En effet, Aboullah Ibn Abî Qatâda rapporte que son père était présent lorsqu’un jour, le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - se leva au milieu d’une assemblée et dit : «Le Djihâd pour la cause d’Allah à coté de la foi en Lui, sont les meilleures actions ». Un homme dans l’assemblée prit la parole et demanda : « Ô Messager d’Allah, si je meurs pour la cause d’Allah, mes péchés seront-ils expiés ? Le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - lui dit : « Oui, si tu combats pour la cause d’Allah en étant patient et en affrontant l’ennemi sans reculer. Alors, qu’en dis-tu ? ». L’homme demanda encore : « Si je meurs pour la cause d’Allah, mes péchés seront-ils expiés ? ». Le Prophète de répondre « Oui, si tu combats pour la cause d’Allah en étant patient et en affrontant l’ennemi sans reculer, tes péchés seront expiés, à l’exception de la dette, Djibrîl m’en informa ». Rapporté par Mouslim.

Abou AbdAllah Ibnou ‘Amroû Ibn Al ‘As - qu’Allah les agrée tous les deux – dit : « Le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - a dit « Allah pardonne au martyr tout péché à l’exception de la dette ». Rapporté par Mouslim.

Al Miqdâm Ibn Ma’di Yakrab a dit : « Le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - a dit : « Le martyr jouit de six caractéristiques [le favorisant] auprès d’Allah : ses péchés lui seront pardonnés du premier coup, il pourra entrevoir sa place au paradis, il sera épargné du châtiment de la tombe et de la grande frayeur [du jour du Jugement], il sera orné d’une couronne de respect ; une seule des pierres précieuses composants cette couronne équivaut à ce bas monde et tout ce qu’il contient, on le mariera à soixante-douze femmes parmi les houris et il intercèdera en faveur de soixante-douze de ses proches ». Rapporté par At-Tirmidhî et Ibn Mâdja et authentifié par Al Albânî.

Le Compagnon ‘Ataba Ibn Abd As-Salamî dit : « Le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - a dit : « Les morts dans la bataille sont de trois sortes : un homme, croyant, qui combat par sa personne et ses biens dans le sentier d’Allah, il rencontre l’ennemi et l’affronte au combat jusqu’à ce qu’il soit tué, celui-là aura le rang du martyr fier qui se retrouve dans une tente d’Allah sous Son trône, les prophètes ne le dépassent en rang qu’à cause de leurs prophéties. Puis, un deuxième homme, croyant, ayant commis des péchés et des fautes à son propre détriment, il combat par sa personne et ses biens dans le sentier d’Allah, rencontre l’ennemi et l’affronte au combat jusqu’à ce qu’il soit tué, ses péchés et ses fautes lui seront alors effacés car certes, le sabre efface les péchés. On lui proposera de rentrer au paradis par la porte qu’il préfère. En effet, le paradis contient huit portes et l’enfer en contient sept, les unes sont meilleures que les autres. Enfin, un homme hypocrite qui combat par ses biens et sa personne, il rencontre l’ennemi et l’affronte au combat jusqu’à ce qu’il soit tué, celui-là est en enfer car certes, le sabre n’efface pas l’hypocrisie ». Rapporté par Ahmad, Ad-Dârimî, Ibn Hibbân, At-Tabarânî et authentifié par Al-Albânî.

Le cheykh Mohammed Ibn Abdel Wahhâb a dit : « Lorsque certaines personnes parmi les Banou Hounayfa réintégrèrent l’islam, qu’ils s’innocentèrent de Mousaylima l’imposteur et désavouèrent ses mensonges, leur péché leur sembla tellement énorme, qu’ils se déplacèrent avec leurs familles aux postes frontières afin d’accomplir le djihâd dans le sentier d’Allah, espérant ainsi que cela effacera toute trace de leur apostasie. En effet Allah dit : « hormis ceux qui se repentent, qui croient sincèrement en Dieu et qui font des œuvres salutaires. Ceux-là Allah transformera leurs mauvaises actions en œuvres méritoires » Allah dit également : « En vérité, Je suis toute indulgence pour celui qui se repent, croit en Moi, pratique le bien et suit le droit chemin » ».

J’implore Allah afin qu’Il t’accorde, ainsi qu’à moi, le martyr pour Sa cause après avoir infligé des pertes à l’ennemi :

Mon objectif tant espéré secrètement et en public
Et ma requête auprès De mon Dieu, l’Unique, le Créateur

Un martyr sincère pour Sa cause
Qui effacera mes péchés et me sauvera du feu.

Certes les péchés sont une souillure qui ne peut être effacée
Que par une attitude de lion courageux face aux mécréants.


Cheykh Abou Houmâm Bakr Ibn ‘Abdel Azîz Al-Atharî.




Texte original.


Traduit par Oum-Ishâq
Relu et corrigé par Oum_Mou3âwiya

Published by Abou Malik - Fatâwâ Minbar at-Tawhid wal Jihad

Le Minhaj (Voie) de Ahlou Sounna wa-l-Jama'a ce qui veut dire la voie de la Sounna et du Concensus, ou bien le minhaj des Salaf-Sâlih la voie des pieux prédécesseurs, tout cela revient au même c'est la voie à laquelle nous restons ferme, cette voie c'est celle du Prophète sala Allahu alayhi was Salam.

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