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Certains hommes exigent que leur épouse soit systématiquement à leur disposition sur le plan intime, qu’elle soit fatiguée ou pas. Ils se fondent pour cela sur quelques Hadîths qu’ils ont considérés de façon isolée.


 Ces Hadîths sont entre autres : “Lorsque l’homme invite sa femme pour ce dont il a besoin, qu’elle réponde à son invitation même si elle se trouvait occupée au fourneau”

(rapporté par at-Tirmidhî, n° 1160). Une parole voisine est rapportée par Ibn Mâja (n° 1853).


 Or, ces Hadîths sont authentiques, mais on ne peut isoler leur contenu des principes généraux qui concernent le même sujet.


 On ne peut oublier ainsi le principe édicté par le célèbre Hadîth : “Pas de tort [fait à quelqu'un] et pas de tort [gratuit] [fait à quelqu'un]

 (rapporté par Mâlik, n° 1461).


 C’est bien pourquoi Ibn Taymiyya a écrit que l’épouse a le devoir d’accorder à son mari la satisfaction sur le plan intime :


– a) quand celui-ci en exprime le désir,

mais, a-t-il également précisé, ce devoir prend place :

– b) dans la mesure de ses possibilités (physiques) à elle,

– c) et tant que cela ne l’empêche pas d’effectuer d’autres choses qu’elle a à faire.

 

 (Voici exactement le texte qu’il a écrit : “Wa li-r-rajuli an yatamatta’a bihâ matâ shâ’a, mâ lam yadhurra bihâ aw yushghil’hâ ‘an wâjib“ : As-Siyâssa ash-shar’iyya, p. 133.) (Voir un propos voisin dans Ash-Shar’h ul-kabîr, 9/696.)

 

Ensuite on ne peut oublier que la réciproque existe, puisqu’il y a un autre Hadîth qui dit quelque chose de très voisin au mari : l’épouse de Abdullâh ibn ‘Amr ibn il-’As s’était plainte du fait que son mari enchaînait prières et jeûnes facultatifs et la délaissait sur tous les plans, intime y compris ; mis au courant de ce fait, le Prophète parla donc à Abdullâh ibn Amr ibn il-’As : il lui rappela que son corps et ses yeux avaient des droits sur lui et qu’il devait les ménager ; et il lui rappela aussi ceci : “Et ton épouse a des droits sur toi”

 (rapporté par al-Bukhârî, n° 4765)

(rapporté par al-Bukhârî, n° 1873, Muslim, n° 1159).

 

 D’après les dires des savants, il s’agit du droit de l’épouse à avoir une présence du mari à ses côtés, à la satisfaction intime…


 Ceci fait que Ibn Taymiyya, dans le même chapitre, a également écrit que l’époux aussi a le devoir d’accorder à son épouse la satisfaction sur le plan intime :


– a) dans la mesure des désirs de son épouse,

– b) et de ses possibilités (physiques) à lui.

 

 (Son écrit se lit ainsi : “Inna li-l-mar’ati ‘ala-r-rajul haqqan fî mâlihi : wa huwa-s-sadâq wa-n-nafqatu bi-l-ma’rûf ; wa haqqan fî badanihî : wa huwa-l-’ishra wa-l-mut’a, bihaythu law âlâ minhâ, istahaqqat il-furqata bi ijmâ’ il-muslimîn ; wa kadhâlika law kâna majbûban aw ‘innînan lâ yumkinuhû jimâ’uhâ, fa laha-l-furqa. Wa wat’uhâ : (…) as-swawâbu annahû wâjib, kamâ dalla ‘alayhi-l-kitâbu was-sunna wal-ussûl. Wa qad qâla-n-nabiyyu – sallallâhu ‘alayhi wa sallam – li Abdillâh ibn Amr ibn il-’As – radhiyallâhu ‘anahumâ – lammâ ra’âhu yukthiru-s-sawma was-salât : “Inna li zawjika ‘alayka haqqan”. (…) Wa qîla : yajibu wat’uhâ bi-l-ma’rûf, ‘alâ qad’ri quwwatihî wa hâjatihâ, kamâ tajib un-nafqatu bi-l-ma’rûf kadhâlik. Wa hâdhâ ashbah” : As-Siyâssa ash-shar’iyya, p. 133.)


 S’il y a des Hadîths des deux côtés, pourquoi, alors, les Hadîths cités au tout début ont été formulés de la façon que l’on a vue ? Parce que, répond Cheikh Khâlid Saïfullâh, c’est en général l’homme qui exprime explicitement son désir d’avoir des relations intimes, la femme ne le disant généralement pas de façon explicite

 (d’après Islâm aur jadîd mu’âsharatî massâ’ïl, p. 190).

 

 Et parce que si l’homme est en général plus rationnel que la femme (elle est plus portée sur les sentiments, voire les émotions), par contre pour ce qui est de la résistance à la tentation sexuelle il est moins raisonnable qu’elle ; c’est cet aspect des choses qui a été rappelé à l’épouse quand le Hadîth cité au début l’a exhortée.


 (Ibn Hajar a reproduit ces explications de Ibn Abî Jamra : “Wa fîhi anna sab’r-ar-rajul ‘alâ tark il-jimâ’ adh’afu min sab’r il-mar’a. Qâl : wa fîhi anna aqwa-t-tashwîshât ‘ala-r-rajul : dâ’iyat un-nikâh. Wa li hâdhâ hadhdha-sh-shâri’u-n-nissâ’a ‘alâ mussâ’adat-ir-rijâl fî dhâlik” : Fat’h ul-bârî 9/366).


 Ce n’est pas fini : pour qu’une relation intime soit possible physiquement (ne parlons même pas du plaisir), il faut qu’on en ait envie. Or, sans même parler de ses dispositions physiques, il est impossible à la femme d’avoir envie d’une relation avec son mari si celui-ci ne s’est pas montré tout le temps affectueux et attentionné à son égard. Quant à l’homme, il ne faut pas qu’il oublie que le plaisir dans une relation intime ne se limite pas à son plaisir personnel mais est aussi lié au plaisir qu’il a su offrir à son épouse. Ibn Hajar a écrit : “La relation intime n’est agréable que si l’âme en a envie et si on a le désir de vivre ensemble”


 (“Wa-l-mujâma’a aw il-mudhâja’a innamâ tustahsanu ma’a mayl in-nafs wa-r-raghbati fi-l-’ishra” : Fath’ ul-bârî 9/377).


 Un des mes coreligionaires et amis disait : “L’amour ça se fait à deux, dit-on. Eh bien, justement, ça se fait à deux !” (fin de citation). Ibn Abbâs disait : “J’aime m’embellir pour mon épouse comme j’aime qu’elle s’embellisse pour moi, car Dieu a dit : “Et elles ont des droits comparables à leurs devoirs, dans la bienséance” [Coran 2/228]“


 (Tafsîr ut-Tabarî, cité dans Tahrîr ul-mar’a fî ‘asr ir-rissâla, tome 5 p. 94).


 Le mari doit garder à l’esprit que son épouse n’est pas une machine mais un être encore plus sensible que lui ; à lui d’être intelligent, de se montrer affectueux et attentionné, de faire preuve de justice avec lui-même si son épouse est fatiguée ou a une autre raison (comme nous l’avons vu plus haut), enfin de ne pas être mécontent simplement parce qu’il est arrivé que son épouse a un jour décliné son invitation sans raison apparente


 (“… bi khilâfi mâ idhâ lam yaghdhab min dhâlika : fa innahû yakûnu immâ li annahû ‘adharahâ [li anna lahâ 'udhran, wa hîna'ïdhin yajibu 'alayhi 'udhruhâ] ; wa immâ li annahu [mâ kâna lahâ 'udhran wa lâkinnahû] taraka haqqahû min dhâlik” : Fat’h ul-bârî 9/365, excepté les explications entre crochets, qui sont destinées à expliciter le sens).


 Un des commentaires du passage coranique “Et les hommes ont un degré sur elles [= les femmes]“ (Coran 2/228) n’est-il pas, justement, que ce “degré de l’homme” est qu’il est normalement porté sur le fait de savoir fermer les yeux sur certains de ses droits par rapport à son épouse, tout en veillant à accomplir ses devoirs vis-à-vis d’elle.

 

(Tafsîr ut-Tabarî, cité dans Tahrîr ul-mar’a fî ‘asr ir-rissâla, tome 5 p. 95) ?

 

Wallâhu A’lam (Dieu sait mieux).

 

Published by Abou Malik - La Femme

Le Minhaj (Voie) de Ahlou Sounna wa-l-Jama'a ce qui veut dire la voie de la Sounna et du Concensus, ou bien le minhaj des Salaf-Sâlih la voie des pieux prédécesseurs, tout cela revient au même c'est la voie à laquelle nous restons ferme, cette voie c'est celle du Prophète sala Allahu alayhi was Salam.

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