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Question 3948.

Médire d’un musulman en présence d’un mécréant, cela consiste-t-il une alliance [avec les mécréants contre les musulmans] ?


Au Nom d’Allah le Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.
As salâmou ‘alaykoum wa rahmatou Allah wa barakâtouh,

Avant tout, qu’Allah vous récompense par le bien, j’implore Allah afin qu’Il vous préserve, qu’Il vous facilite et qu’Il vous guide ainsi que nous vers le succès dans notre religion et la vie d’ici-bas.

Noble cheykh, ma question est la suivante :

Je travaille dans une entreprise où il y a des chrétiens…
En même temps, j’ai affaire à un frère musulman responsable dans cette entreprise qui fait retarder certaines transactions comme des papiers…
Et parfois, je me mets à médire de lui avec un collègue chrétien, au point où j’insulte ce musulman, qu’Allah me pardonne mon péché.

Cela fait-il partie de l’alliance avec les mécréants contre les musulmans ?

Qu’Allah vous récompense grandement, 

Abou Mohammed Al Wahb.


Réponse du comité légal du minbar 


Au Nom d’Allah le Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.
Louanges à Allah Seigneur des mondes.
Prières et salutations sur son noble Prophète ainsi que sur sa famille et ses Compagnons.

L’ensemble des gens de science est d’avis qu’il est légitime que la victime d’une injustice médise de l’auteur de cette injustice et cite les choses qu’il déteste de lui.

A ce propos, certains [savants] ont rédigé les vers suivants :

La parole offensante n’est pas médisance dans six cas :
Se plaindre d’une injustice, décrire celui qui est connu (pour avoir tel ou tel handicap) ou celui qui fait l’objet d’une mise en garde.
Dénoncer celui qui fait apparaître une perversion, pour demander une fatwa ou demander de l’aide dans l’éradication
 d’un mounkar (chose blâmable)


Parmi les preuves de la légalité pour la victime d’une injustice, de médire de celui qui l’a commise à son encontre, ce qu’a rapporté An-Nassâ²î dans As-Sounan Al Koubra

Amrou Ibn Ach-Charîd rapporte que son père a dit : « Le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - a dit : « Il est licite de s’en prendre à l’honneur* et de punir le riche qui se dérobe du remboursement/diffère le paiement d’une dette » », As-Sounan Al Koubrâ 4/59.

Il y a également la parole du Très-Haut : « Allah a horreur des propos méchants émis à haute voix, à moins que l’on ne soit victime d’une injustice. Allah est Audient et Omniscient ».

Al Qourtoubî dit : « Un groupe a dit : « Le sens de ce verset est qu’Allah n’aime pas que l’on profère de mauvaises paroles sauf lorsque l’on est victime d’une injustice, il n’est pas détestable dans ce cas-là de s’en plaindre ouvertement. Ensuite, ils divergèrent au sujet de la façon dont il fallait dire du mal à haute voix sur l’auteur d’une injustice et quels étaient les propos permis. Al Hassan a dit : « lorsque l’homme est victime de l’injustice d’un autre, qu’il n’invoque pas Allah contre lui mais qu’il dise plutôt : « Allah aide-moi contre lui, aide-moi à récupérer mon droit, entremets-Toi entre moi et l’injustice qu’il veut m’infliger ». Ceci est l’invocation pour se prémunir contre son injustice et c’est l’invocation de moindre mal. Ibn ‘Abbâs et d’autres ont dit : « Il est permis à la victime d’une injustice d’invoquer contre son oppresseur même s’il est préférable pour elle de patienter ». Ce type d’invocation contre l’oppresseur a un caractère absolu. Ibn Abbâs et As-Siddî ont également dit : « Il n’y a pas de mal pour la victime d’une injustice de s’en prendre à son oppresseur de façon proportionnelle à l’injustice qu’il a subie et qu’il s’en plaigne ouvertement ». 

Ibn Djarîr rapporte d’après Moudjâhid qu’il ait dit : « Ce verset fut révélé à propos d’un homme qui n’avait rien à manger et qui demanda à un autre son hospitalité mais celui-ci refusa. Allah a alors révélé : « à moins que l’on ne soit victime d’une injustice ». Ibn Abî Nadjîh rapporte aussi de la part de Moudjâhid qu’il ait dit : « Le verset : « Allah a horreur des propos méchants émis à haute voix, à moins que l’on ne soit victime d’une injustice », concerne l’homme qui passe voir un autre et que ce dernier ne se montre pas hospitalier envers lui, il est alors permis au premier de dire qu’il ne l’a pas bien accueilli 
», Tafsîr Al Qourtoubî.


Ce sont là les limites de la parole désagréable. L’insulte et l’injure en revanche, ne font pas partie du caractère et du comportement du musulman lors d’un différend. L’interdiction et l’avertissement contre cela ont été cités dans les ahadîth suivant :

‘Abdoullah Ibn Mas’oûd rapporte que le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam - a dit : « L’insulte proférée à l’encontre du musulman est une perversion et le tuer est une mécréance » (Hadîth faisant l’objet d’un accord entre les spécialistes).

Anas Ibn Mâlik rapporte : « Le Prophète - salla Allahou ‘alayhi wa sallam – n’était pas insultant, ni vulgaire, ni il maudissait [les musulmans]. Lorsqu’il avait un reproche à faire à l’un d’autre nous il disait : « Qu’est ce qu’il lui prend ? Puisse son front effleurer la terre » ». Rapporté par Al Boukhârî.
Quant au fait de médire d’un musulman en présence d’un mécréant, cela ne fait pas partie de l’alliance à laquelle sont rattachés les statuts légaux relatifs à l’alliance légale.

L’alliance qui est une mécréance est celle qui consiste à secourir les mécréants et les aider dans leur guerre contre les musulmans, quelque soit la forme de cette aide.

Quant à ce qui est en deçà de cela comme le fait de fréquenter les mécréants, d’entretenir des relations avec eux et d’être bienveillant envers eux, si cela concerne les dhimmî [**], c’est licite mais si cela concerne les mécréants ayant le statut de mouhâribîn [***], alors c’est illicite et interdit en vertu de la parole du Très-Haut : « Allah ne vous défend pas d’être bons et équitables envers ceux qui ne vous attaquent pas à cause de votre religion et qui ne vous expulsent pas de vos foyers. Allah aime ceux qui sont équitables. Mais Il vous interdit toute liaison avec ceux qui vous combattent à cause de votre religion, qui vous chassent de vos foyers, ou qui contribuent à le faire. Une telle alliance constituerait une véritable injustice ». (S.60 ; V. 8-9)

Quoi qu’il en soit, l’amour que le musulman porte aux autres musulmans quelque soit la faiblesse de leur foi, doit être beaucoup plus important que son rapprochement envers les mécréants car le rang du musulman même désobéissant est incomparable avec celui du mécréant associateur.

Allah demeure le Plus Savant. 
Louanges à Allah Seigneur des Mondes.

Cheykh Abou Al Moundhir Ach-Chanqîtî 



Texte original


[*] NDT : Il est rapporté dans Al Fath que s’en prendre à son honneur signifie se plaindre de son injustice.

[**] NDT : Non-musulman vivant sous l’autorité d’un Etat islamique ayant conclu un traité de reddition appelé dhimma lui garantissant une certaine protection contre le paiement de la djizya.

[***] NDT : Mécréant ayant le statut de guerrier : non-lié à un pacte avec les musulmans.



Traduit par Oum-Ishâq
Relecture et correction Oum_Mou3âwiya

Published by Abou Malik - Fatâwâ Minbar at-Tawhid wal Jihad

Le Minhaj (Voie) de Ahlou Sounna wa-l-Jama'a ce qui veut dire la voie de la Sounna et du Concensus, ou bien le minhaj des Salaf-Sâlih la voie des pieux prédécesseurs, tout cela revient au même c'est la voie à laquelle nous restons ferme, cette voie c'est celle du Prophète sala Allahu alayhi was Salam.

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