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Articles avec #al ibada (l'adoration)

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Published by Sulaymân Abû Mâlik - al Ibada (L'adoration)

Le sacrifice de l’Aïd 



Les Compagnons du Messager d’Allah  lui demandèrent : 


« Ô Messager d’Allah, que représentent les sacrifices ? » Il leur répondit : « C’est la tradition de votre patriarche Ibrahim, qu’Allah le bénisse et le salue. » « Que nous rapportent-ils ? » Il dit : « Une bonne action pour chaque poil (de la bête). » « Et qu’en est-il de la laine ? » « Vous avez pour chaque fil de laine, une bonne action. » (Rapporté par Ibn Maja et al-Hakim)


Le sacrifice est un acte d'adoration orienté vers Allah, le Seul et l’Unique: « Dis: "Oui, ma prière, mes pratiques religieuses, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, le Maître des mondes; Il n’a pas d'associés ! » (Sourate 2 V 162) 

Donc, il consiste à solliciter la grâce d’Allah qui dit : « Prie ton Seigneur et sacrifie » (S108, V2) et à faire revivre le souvenir de l’acte d’Ibrahim (‘alayhi salam), la sommité du monothéisme, auquel Allah a révélé de sacrifier son fils Isma‘il qui fut par la suite racheté par un bélier céleste sur l’ordre d’Allah Exalté : « Nous rachetâmes l’enfant par un bélier considérable. » (Sourate 37, verset 107) 


Le sacrifice de l’Aïd al-Adha est-il une obligation ? 

L’imam Malik dit : « le sacrifice est une sounna et non une obligation mais je ne soutiens pas celui qui, tout en étant capable de l’accomplir, la néglige. » Car d’après Abou Houraïra (qu’Allah l’agréé), le Messager d’Allah a dit : « Celui qui a la possibilité de faire le sacrifice et ne le fait pas, qu’il n’approche pas nos lieux de prière de l’Aïd » (Rapporté par Ahmad, Ibn Mâja, ad-Darâqoutnî, al-Hâkim). Ainsi pour Mâlik, c’est une sounna mou’akkada[1]. Donc le sacrifice est obligatoire pour quiconque en a les possibilités. 

L’Imâm Ibn Hazm a dit : « Aucun des compagnons du Prophète n’a affirmé que le sacrifice de l’Aid al-adha était obligatoire. » 

Pour Abou Hanîfa, le sacrifice est obligatoire pour le résident et pour celui qui en a la possibilité, mais il n’est pas obligatoire pour le voyageur. 

Pour al Châfi‘i et l’ensemble des savants, c’est une Sounna mou’akkada. 

L’imâm Ahmad ibn Hanbal juge qu’il est déconseillé de délaisser le sacrifice, alors qu’on a la possibilité de le faire. 

L’imâm Tahâwî a dit: « Il n’y a pas dans les sources, une preuve de l’obligation absolue d’accomplir le sacrifice de l’Aïd al-adha. » 

C’est donc un acte qui est hautement recommandé et ce en conformité avec l’exemple du Messager d’Allah (salla Allahou ‘alayhi wa salam) qui ne l’a jamais délaissé, même en cours de voyage. 


Que faut-il sacrifier ? 

La bête à sacrifier doit être soit un chameau ou une vache (à partager entre plusieurs personnes) soit un ovin selon la parole d’Allah : « Pour qu’ils rappellent le nom d’Allah sur ce qu’Il leur a octroyés des bêtes de troupeaux. » (Sourate le Pèlerinage, v. 34) 

a) La santé de la bête 

La condition pour que la bête soit bonne à sacrifier est qu’elle soit exempte de défauts apparents, selon la parole du Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) : « Quatre (défauts) font que le sacrifice n’est pas accepté : la bête borgne de manière apparente, la bête visiblement malade, la bête boiteuse de manière évidente et la bête maigre que l’on ne peut récupérer. » (Rapporté par At-Tirmidhî.)


Certains conclurent qu’à part ces quatre imperfections, il n’en existait pas d’autres et que le sacrifice était donc valable. Mais la majorité des savants estimèrent par analogie à ce hadith que d’autres défauts, de plus ou même importance que ceux précités, rendaient le sacrifice non valide, telle que l’ablation de la queue ou la cécité. Il est dit dans la Risâla (chapitre 29) «...la victime (la bête) ne devra être ni borgne, ni malade, ni nettement boiteuse, ni maigre au point de ne plus avoir de graisse. On devra, en somme, éviter soigneusement de choisir un animal présentant un vice quelconque. C’est ainsi qu'on ne choisira pas celui qui a l'oreille coupée ou la corne cassée. » Et d’après l’Imam ‘Ali : « Le Messager d’Allah nous a ordonné de bien examiner l’œil et l’oreille. » (Rapporté Ibn Maja). Ceci afin de déceler tout défaut, malformation ou anomalie. Mais Ibn Taymiyya a dit : « Que le défaut survenant à la suite d’un accident ne nuise en rien à la validité du sacrifice de cet animal. » 

b) L’âge de la bête 

-Pour les moutons, on exige une bête âgée d’une année environ; 
-Pour l’espèce caprine, une année révolue; 
-Pour les bovins, deux ans révolus; 
-Pour les chameaux, quatre ans révolus. 

Pour ce qui est de l’âge de la bête, il y a accord pour dire qu'on ne peut sacrifier de chameau, vache ou chèvre dont l’âge se situe en dessous de ce qu’on appelle en langue arabe « thaniya », c’est-à-dire cinq ans pour le chameau; deux ans et entrée dans la troisième année pour la vache et la chèvre. 

En ce qui concerne le jeune animal, il y a divergence. La plupart des savants parmi les compagnons du Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) l’ont autorisé pour le sacrifice, toutefois plusieurs définitions précisent l’âge du jeune mouton (l’agneau). Ainsi, ‘Ali ‘Ibâd a dit : « Celui dont les dents sont tombées et qui ont été remplacées comme s’il avait accompli une année, car ceci se produit à sa maturité. » 

Certains ont dit que le jeune mouton (l’agneau) est celui qui est âgé de dix mois; d’autres de sept mois; d’autres encore ont posé comme condition que le jeune mouton (l’agneau) soit « grand et fort » de telle façon que s’il se trouvait parmi les moutons plus âgés, il n’y aurait pratiquement pas de différence. 

Les imâms Aboû Hanifa et Ibn Hanbal (qu’Allah soit satisfait d'eux) ont dit que l’agneau est celui qui est âgé de six mois et plus. Et Tirmidhî d’après Wâki‘a dit : « L’agneau est celui qui est âgé entre six et sept mois. » 


Le moment du sacrifice 

Le sacrifice a lieu le matin de l’Aïd après la prière et non avant. D’après Anas ibn Mâlik: « Un homme procéda au rituel, le jour du sacrifice avant la prière, le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) lui ordonna alors de le recommencer. » Le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) a dit : « Celui qui égorge avant la prière a sacrifié pour lui-même, et celui qui égorge après la prière a parfait son sacrifice et a accompli la Sunna des musulmans. » (Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim et Ibn Maja) 

Al-Barâ’ ibn ‘Azib a rapporté que l’Envoyé d’Allah (salla Allahou ‘alayhi wa salam,) a dit: « En ce jour-ci (la fête du sacrifice), nous irons d’abord accomplir la prière, puis nous reviendrons immoler. Celui qui aura fait cela, aura suivi notre Sounna (acte du Prophète). Celui qui aura immolé avant la prière, sa bête immolée ne sera comptée que comme de la viande pour sa famille (sans aucune rétribution), et il n’aura pas accompli les rites. » 

a) les jours du sacrifice 

Les jours durant lesquels on peut faire le sacrifice sont: le 10 du mois Dhoûl Hidja et les trois jours du tachrîq c’est-à-dire les 11,12 et 13 Dhoûl Hidja. 

D’après Joubayr ibn Mout‘im, le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) a dit: « ... toutes les places de Mina sont lieu de sacrifice et tous les jours de tachrîq sont (valables pour le) sacrifice. » (Rapporté par al Boukhârî) 

D’autres savants disent que les jours du sacrifice sont les 10 Dhoûl Hidja et deux jours après. C’est l’avis de l’Imâm Ahmad, Mâlik et Aboû Hanifa ; et Ahmad a dit: « c’est l’opinion de plus d’un compagnon, notamment d’Ibn ‘Omar et d’Ibn ‘Abbâs (qu’Allah soit satisfait d’eux). » 

Le sacrifice peut se faire jusqu’au coucher du soleil du troisième jour. Selon l’avis de l’imâm Mâlik, le premier jour est le préférable. Le fidèle qui laisse passer jusqu’à l’après-midi du premier jour sans faire son sacrifice fera bien d'attendre le lendemain du second jour, selon l’opinion de certains docteurs. 

Sa‘ïd ibn Joubayr et Ibn Zayd disent que c’est un jour dans les cités (villes) et trois jours à Mina en raison des autres rites du pèlerinage que les pèlerins doivent accomplir, dont sont dispensées ceux qui ne font pas le pèlerinage. 


Comment immoler ? 

Il est Sunna pour qui sait égorger, d’égorger sa bête soi-même en disant : « Bismillah wa Allahou Akbar, ô Seigneur, ceci est de la part d’untel » (et il se nomme lui-même ou la personne qui lui a recommandé d’offrir ce sacrifice) car le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) a égorgé un bélier en disant : « Bismillah wa Allahou Akbar, ô Seigneur, ceci est de ma part et de la part de tous ceux de ma communauté qui n’ont pas sacrifié. » (Rapporté par Abû Dâwoûd et At-Tirmidhî.) 

Il est recommandé à celui qui ne sait pas sacrifier de tout de même assister.


a) La position de l’animal. 

La pratique du sacrifice s’accomplit selon l'enseignement du Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam). Cette pratique est agréée par Allah et elle est moins éprouvante pour la bête. 

Quant à l’orientation de l’animal vers la qibla, certains savants trouvent cela préférable; d’autres l’ont obligé; et d’autres méprisent le fait de délaisser la direction de la qibla. Ibn Qoudâma rapporte dans « al Kâfî » qu’il est souhaitable de placer l’animal en direction de la qibla car Ibn ‘Omar faisait cela. 

Pour le chameau, il convient de l’égorger lorsqu’il est en position debout, la patte gauche attachée : (Nous vous avons désigné les chameaux (et les vaches) pour certains rites établis par Allah. Vous y avez un grand bien. Prononcer sur elles le nom d’Allah (en les immolant) alors qu'elles sont debout.) 

Zayd ibn Joubayr a dit : « J’étais avec Ibn ‘Omar à Mina quand il passa devant un homme, qui avait fait accroupir un chameau pour l’égorger, Ibn ‘Omar dit alors : « Relève-le et attache-le selon la Sounna de Mohammad.»(Rapporté par al-Boukhâri, Mouslim et Aboû Dawoud) 

Pour les autres animaux (moutons, chèvres, etc.), il faut coucher la bête sur le flanc gauche, poser le pied droit sur le flanc droit, tenir la tête de la main gauche et le couteau de la main droite. D’après Mâlik: « Le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) sacrifia deux béliers, à deux cornes, bigarrés de blanc et de noir, en posant son pied sur leur flanc et en les immolant de sa main. » 

Il faut mettre la bête à l’aise, ne pas la brusquer ni la maltraiter, cacher le couteau pour ne pas l’effrayer et ne le montrer qu’au tout dernier moment. Chaddâd ibn Aws a rapporté : « J’ai retenu deux choses de la bouche de l’Envoyé d’Allah. Il a dit : Allah a prescrit l’ihsân (la perfection ou l’excellence) en toute chose: lorsque vous tuez, faîtes-le avec ihsân, lorsque vous égorger, faîtes-le avec ihsân, et que chacun d’entre vous aiguise sa lame, et apaise sa bête (à sacrifier).» (Rapporté par Mouslim) 

Il faut aussi utiliser une lame tranchante, égorger avec force et rapidité. Car, d’après Ibn ‘Abbâs, le Messager d’Allah qui s’était approché d’un homme, qui avait posé son pied sur son mouton étendu par terre, tout en aiguisant son couteau, alors que le mouton le fixait des yeux, lui dit: « Pourquoi ne pas avoir aiguiser ton couteau avant, tu veux donc le tuer deux fois ? » 

b) La manière d’égorger 

En sacrifiant, il faut trancher: 

-Le pharynx: lieu d’inspiration et d'expiration de l’air; 
-L’oesophage: situé sous le pharynx, lieu de passage des aliments; 
-La veine jugulaire : située à la droite du cou; 
-L’artère carotide : située à la gauche du cou. 

C’est en sectionnant à cet endroit précis que l'on fait couler abondamment le sang. Cela accélère le dernier soupir, abrège les souffrances de l’animal et fait évacuer tout le sang; ce qui donne une viande de meilleure qualité. C’est donc en sectionnant ces quatre organes simultanément que l’on sacrifie de façon correcte. 

1) Si l’on a sectionné qu’une partie de ces quatre organes 

Le sacrifice est valide, car le résultat est identique à la section des quatre organes selon l’avis des Imams Mâlik, Aboû Hanifa, al Châfi‘i et Ahmad qui se sont appuyés sur le hadith de Râfi‘ ibn Khadij : « Ce dont on a fait couler abondamment le sang en prononçant le nom d’Allah, mangez-le... » Il suffit donc de faire couler abondamment le sang, ce qui se produit que l’on coupe, ou une partie, ou l’ensemble de ces quatre organes. 

2) Parmi ces quatre organes, quels sont ceux qui doivent absolument être sectionnés ? 

Il faut tenir compte du fait qu’il faut « répandre » le sang en coupant la veine jugulaire et/ou l’artère carotide; il faut « accélérer » le dernier soupir, et ce, en sectionnant le pharynx et/ou l’œsophage. 

L’imâm Mâlik affirme qu’il faut au minimum sectionner trois organes bien précis: le pharynx, la veine jugulaire et l’artère carotide. 
L’imam Aboû Hanîfa affirme qu’il suffit de sectionner trois ou quatre organes, peu importe lesquels. 
Aboû Yousoûf dit qu’il faut au minimum trancher l’œsophage, le pharynx et la veine jugulaire ou l'artère carotide. 
-Les imâms al Châfi‘î et Ibn Hanbal affirment qu’il faut obligatoirement couper l’œsophage et le pharynx. 

3) Si on lève la main pour recommencer la coupe après une pause 

La bête est considérée illicite si l’égorgeur, avant de terminer l’opération, lève sa main pour prolonger la coupe après une pause. Néanmoins, les savants estiment que si la première opération a été déjà suffisante pour provoquer la mort, on peut consommer la chair de la bête.[2] 

4) Si en coupant avec trop de force on atteint la moelle épinière 

Certains savants (parmi eux Ibn ‘Omar) disent que dans ce cas le sacrifice est valide. D’autres n’approuvent pas cet acte, mais le sacrifice reste pour eux valide. C’est la position de l’imam Mâlik qui fait la différence entre celui qui le fait volontairement et celui qui le fait involontairement. C’est dans tous les cas, un acte qui n’est pas souhaitable car il augmente les souffrances de l’animal. 

- L’imâm al Bayhaqî a rapporté que Ibn ‘Omar et Ibn ‘Abbâs ont dit: « Si la tête a été coupée (par inadvertance) le sacrifice est valide. » 
- Ibn Abi Chayba rapporte d’après ‘Oubayd Allah ibn Abi Bakr ibn Anas: « Que le boucher d’Anas voulut égorger un poulet mais que celui-ci s’agita, aussi sa tête fut-elle coupée. Il voulut alors le jeter, mais Anas leur ordonna de le manger. » 

5) L’abattage exécuté par derrière (au niveau de la nuque) 

- les mâlikites considèrent un animal abattu de la sorte illicite à la consommation, car on coupe en premier lieu la moelle épinière, ce qui conduit à la mort de l’animal. 

- La majorité (al-joumhoûr) considèrent cette sorte d'abattage répréhensible. Ils rajoutent que celui qui agit ainsi a désobéi car cette méthode engendre de la souffrance pour l’animal. 

Cependant si cette forme d’abattage sectionne en même temps soit les deux veines jugulaires et la gorge soit les deux veines jugulaires et le pharynx, cela est licite à la consommation mais il y a quand même souffrance. 


Une seule offrande suffit-elle pour toute la famille ? 

D’après Mâlik, d'après ‘Oumara ibn Yassâr, ‘Atâ’ibn Yassâr l’a informé qu’Aboû Ayoûb al-Ansârî a dit : « Nous sacrifiions un seul mouton. L’homme l’égorgeait pour lui et pour sa famille, mais les gens s’en sont enorgueillis, puis c’est devenu glorifiant. » 

Selon une autre version rapportée par Ibn Mâja : « Ils en mangeaient et en faisaient l’aumône, jusqu’à ce que les gens s’en glorifièrent, pour devenir comme tu le vois. » (Hadith rapporté par Mâlik dans le Mouwattâ, chapitre V, hadîth n°10, ainsi que par Tirmidhi et al Bayhaqi.) 

Plusieurs savants se sont appuyés sur ce hadîth pour affirmer que le sacrifice d’un seul mouton est valable pour celui qui l’égorge ainsi que pour tous les membres de sa famille. Parmi ceux-ci figurent : Ahmad ibn Hanbal, Ishaq, al Layth, al Awzâ‘i et Malik (qu’Allah soit satisfait d'eux) qui rapporte dans son Mouwattâ’ : « La meilleure chose que j’ai entendue au sujet d’un chameau, d’une vache et d’un mouton est que l’homme égorge le chameau pour lui et sa famille, qu’il égorge la vache ou le mouton qu’il possède pour lui et sa famille. » 

Ibn al Qayyîm a dit : « D’après l’exemple du Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam), un seul mouton vaut pour l’homme et sa famille même si les membres de la famille sont nombreux. » 

Il faut savoir que ce que le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) a offert comme sacrifice et qui a rejailli sur toute sa communauté lui est spécifique en tant que Messager d’Allah et par conséquent, celui qui n’a pas les moyens de sacrifier une bête, bénéficie du sacrifice de celui dont il est à la charge. En conclusion, une seule offrande suffit pour toute la famille. 


Le sacrifice fait en commun 

Il n’est permis de sacrifier en commun que les grosses bêtes, comme la vache ou le chameau. (pas pour le mouton) 

Jâbir ibn ‘Abdoullah a rapporté: « Nous avons sacrifié des présents avec l’Envoyé d’Allah, l’année de Houdaibiya, à savoir une chamelle au nom de sept personnes, et une vache au nom de sept (personnes.) »(Rapporté par Aboû dawoud et Ibn Maja) 

Ibn ‘Abbâs (Qu’Allah le bénisse) a dit : « Nous étions avec le Prophète (sallal Allahou ‘alayhi wa salam) en voyage lorsque vint le jour du sacrifice, nous nous sommes alors associés à dix pour un chameau et à sept pour une vache.» 

Ibn al Moubârak, Aboû Hanîfa, al Châfi‘î, Ahmad et d’autres savants autorisent une participation de sept personnes et pas plus pour un chameau ou pour une vache à l’occasion du sacrifice de l’Aid al-adha ou autres. 

Toutefois, Ishâq et Ibn Khouzaïma disent que la participation peut aller jusqu’à dix personnes pour un chameau, à l'occasion de l’Aïd al-adha, et ce, d’après le hadith authentique d’Ibn ‘Abbâs, mais à sept personnes seulement pour les autres sacrifices en s’appuyant sur le hadith de Jabir.[3] 


Il est bon de partager la bête sacrifiée en trois parties. 

Nous avons pour preuve ces versets suivants : « …mangez-en, et nourrissez-en le besogneux discret et le mendiant. Ainsi Nous vous les avons assujettis afin que vous soyez reconnaissants. » (Sourate 22, V36) 

« Mangez-en vous-mêmes et faites-en manger le besogneux misérable. » (Sourate 22, V28) 

Ainsi que ce hadith rapporté par Mouslim où le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) a interdit de manger de la viande du sacrifice au-delà de trois jours, pour ensuite dire : « Mangez-en, approvisionnez-vous-en, faites-en l’aumône et conservez-en. » 

L’interdiction de manger de la viande du sacrifice au-delà de trois jours a donc été abrogée. Les savants parmi les compagnons du Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam), ainsi que leurs successeurs, sont d’accord sur le fait que celui qui a sacrifié, mange de ce sacrifice. La preuve en est le hadith rapporté par Mouslim d’après Salama ibn al Akwa’ dans lequel le Prophète (salla Allahou ‘aalayhi wa salam) a dit : 
« Celui qui immole un animal, qu’il ne garde rien de l’animal sacrifié après trois jours.» L’année suivante, on lui demanda : « Ô Envoyé d’Allah! Devons-nous faire ce que nous avons fait l’année passée ?» Il répondit:«Non, l'année passée était une année difficile pour les hommes, et je voulais que tout le monde en mange. » 

En décrivant comment le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) répartissait son sacrifice, Ibn ‘Abbas (qu’Allah l’agrée) dit : « Il gardait un tiers pour sa famille, il offrait un tiers aux pauvres parmi ses voisins, et réservait le tiers restant pour le donner en aumône à quiconque lui demandait la charité » 

Ibn ‘Omar dit : « Les sacrifices et les offrandes sont répartis comme suit : un tiers pour toi, un tiers pour tes proches et un tiers pour les nécessiteux ». 

Il est donc préférable de partager la viande du sacrifice en trois parties : 
-Un tiers pour la famille; 
-Un tiers distribué en aumône; 
-Un tiers à conserver ou à donner selon le besoin. 

Et il n’est pas permis de vendre une quelconque partie de l’animal immolé, car c’est un acte accompli uniquement pour l’amour d’Allah. 


Quant au salaire de celui qui est chargé de l’abattage ? 

Le propriétaire du sacrifice ne doit pas prélever une partie de la bête immolée pour la donner à celui qui l’a immolé à titre de salaire. Cependant, il peut la lui donner à titre d’aumône (si celui-ci est dans le besoin). En effet, ‘Ali ibn Abi Talib (qu’Allah l’agrée) dit : « Le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) m’ordonna de surveiller l’immolation des bêtes qu’il offrait en sacrifice et de superviser la distribution des viandes et des peaux. Il m’a interdit d’en donner à la personne qui immole et dit : « Nous lui donnerons une part de ce que nous réservons à notre consommation » » (Rapporté par al-Boukhari et Mouslim) 


Wa Allahou a‘lam 
_________________________
[1] sounna mou’akkada: acte que le Messager d’Allah (‘alayhi salam) n’a jamais délaissé. 

[2] Si le mouvement est rapide, la majorité déclare que l’animal est licite à la consommation. 

[3] Quant à la vache, une participation de sept personnes est fixée que se soit pour le sacrifice de l’Aïd ou non.

 

http://ansar-alhaqq.net/forum/showpost.php?p=37916&postcount=1

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Published by Abou Malik - al Ibada (L'adoration)

O vous les musulmans ! 

Une grande période d'honneur et de bénédiction est arrivée pour les musulmans ; pendant cette période, Allah  a fait descendre Son Livre et a prescrit le jeûne ; c'est le mois pour augmenter les prières et la lecture du Coran, pour être sauvé de l'enfer, pour avoir le pardon d'Allah et pour donner les aumônes et faire le bien ; le Prophète  a dit :

" Le mois de Ramadan est arrivé ; un mois bénit pendant lequel Allah vous a prescrit le jeûne ; pendant ce mois, les portes du ciel sont ouvertes et les portes de l'enfer sont fermées et les diables sont enchaînés ; et il y a dans ce mois une nuit qui vaut plus que 1.000 nuits (d'adoration), celui qui ne gagnera pas le bien de cette nuit, sera perdant" [ Rapporté par An-Nassaï.]


Allah  a fait que le meilleur des mois soit une période pendant laquelle ses serviteurs rivalisent dans l'accomplissement des bonnes actions ; de même que les coeurs sont purifiés. 



Celui qui commence le jeûne en étant désobéissant à ses parents, ayant rompu les liens de parenté, en étant séparé de ses frères, et qui dit du mal des gens et les calomnie, ne profitera jamais du mois de Ramadan, le Prophète  a dit : 

"Celui qui ne cesse de mentir, Allah n'a pas besoin qu'il s'abstienne de manger et de boire" [ Rapporté par Al-Boukhari.]


Lorsque nos pieux prédécesseurs jeûnaient, ils restaient dans les mosquées et ils disaient : "nous protégeons notre jeûne et ne disons du mal de personne". Pendant ce mois, les gens sérieux font des efforts dans l'obéissance de leur Seigneur, en accomplissant les prières en congrégation dans les mosquéesen priant la nuit avec l'imamen lisant le Coranen donnant l'aumône aux pauvres parmi les gens de leur famille et leurs voisinsen donnant aux jeûneurs de la nourriture pour rompre le jeûne - le Prophète  a dit : 

"Quiconque donne à un jeûneur de la nourriture pour rompre le jeûne, aura la même récompense que le jeûneur sans que cela ne diminue en rien la récompense du jeûneur" [ Rapporté par At-Tirmidhi.]


De même qu'en accomplissant la retraite dans une des maisons d'Allah pendant les dix derniers jours du mois de Ramadan, en accomplissant la Oumrah, selon le hadith 

"une Oumrah accomplie pendant le mois de Ramadan équivaut à un pèlerinage" [ Rapporté par Al-Boukhari et Mouslim ]


et dans une autre version "équivaut à un pèlerinage avec moi" c'est-à-dire avec le Prophète  . Il faut aussi pendant ce mois : augmenter les invocations et demander pardon à Allah, car l'invocation du jeûneur lorsqu'il rompt le jeûne n'est jamais rejetée, ainsi que pendant le dernier tiers de la nuit, Allah  dit : "Qui m'invoque pour que j'exauce ses demandes" ; augmenter les bons comportements envers les parentsêtre plus proche d'eux et être très affectueux avec eux ; avoir un bon comportement avec la femme, les enfants et la famille ; rendre visite aux gens de la famille et aux voisins ; aider les pauvres, les miséreux, les veuves et les orphelins ; voilà les qualités des pieux pendant le mois des bienfaits. 


Et parmi les meilleurs actions après la correction de l'âme, le fait d'appeler les gens vers Allah, faire des efforts pour qu'ils soient bien guidés et corriger leurs comportements qui ont été corrompus : "Et quelle meilleur parole que celle de celui qui a appelé vers Allah, a accompli les bonnes actions et a dit : je suis parmi les musulmans ? "; il faut appeler vers Allah en donnant de bons conseils, en étant sincère dans nos paroles, et en étant un bon exemple à suivre : 

"Quiconque appelle vers une guidée aura la même récompense que ceux qui le suivront sans que cela ne diminue en rien leurs récompenses" [ Rapporté par Mouslim.]


Accueillez le mois de Ramadan en nettoyant votre argent de ce qui est illicite, car l'argent illicite est la cause des malheurs dans ce monde et le jour du jugement, les invocations ne sont pas exaucées et les portes du ciel ne s'ouvrent pas, donc nettoyez-vous et votre maison de tout argent illicite pour que vous puissiez prier devant Allah  avec un coeur rempli de crainte et pour que vos invocations soient exaucées. 

Certaines personnes commettent des choses interdites et font du mois de Ramadan une période pour commettre les péchés ; ils regardent les choses interdites, ils écoutent la musique, ils passent leur temps devant les chaînes de télévision par satellite, ils regardent les musulmanes dans les magasins et les rues, ils restent dans des assemblées de jeu et de distraction ; n'ont-ils pas su qu'il n'y a pas de plaisir en dehors de l'obéissance à Allah " O fils d'Adam ! Tant que tu m'invoqueras et que tu auras de l'espoir en Moi, Je te pardonnerais tous tes péchés ; O fils d'Adam! Si tes péchés atteignaient le ciel et qu'ensuite tu me demandes pardon, Je te pardonnerais ; O fils d'Adam! Si tu venais le jour du jugement en ayant des péchés qui remplissent la terre et que tu ne m'associes rien, Je te pardonnerais " [ Rapporté par At-Tirmidhi.]

Loqmane (que la paix soit sur lui) a dit à son fils : "O mon fils ! Dis toujours : O mon Seigneur pardonne-moi ", car il y a une heure pendant laquelle Allah ne rejette jamais les invocations. Les signes du repentir sont : pleurer sur ce qui est passé, avoir peur de commettre les péchés, s'éloigner des mauvaises personnes, et rester avec les pieux. 

O femme musulmane ! 

Sois pendant ce mois bénis une cause de guidée, recherche l'honneur et éloignes-toi des mauvaises choses, sois fière de ta religion, préserve ta chasteté, n'écoute pas les paroles qui te disent d'enlever le voile et la pudeur ou d'imiter les mécréantes et les débauchées qui ont abandonné les qualités féminines et la pudeur ; fais attention à ne pas sortir sans le voile, éloignes-toi des mauvaises compagnies ; la maison est la demeure de la femme et les endroits qu'Allah :1: déteste le plus sont les marchés ; donc, embellis-toi avec la religion car la vie est courte et la situation le jour du jugement est difficile. 

Je cherche protection auprès d'Allah contre satan le maudit : 

{ Le mois de Ramadan oú a été descendu le Coran comme bonne direction pour les humains et comme preuves évidentes de la bonne direction et du discernement parfait. Que celui d'entre vous qui constate la naissance du mois le jeûne! Celui qui est malade ou en voyage, un nombre équivalent d'autres jours. Allah ne vous veut pas la gêne, mais Il vous veut l'aisance et la facilité. Et afin que vous accomplissiez la totalité des jours convenus et que vous proclamiez la grandeur d'Allah pour vous avoir bien guidés et peut-être remercierez-vous } [ Sourate 2 - Verset 185 ]



O vous les musulmans ! 

Le monde se terminera avec ses joies et ses tristesses, et la vie, qu'elle soit longue ou courte finira, et les gens retourneront vers leur Seigneur ; combien de personnes attendaient le mois de Ramadan avec beaucoup d'espoir, et la mort est arrivée. Donc, augmentez les bonnes actions pendant ce mois de Ramadan qui vous est venu après une longue absence, ouvrez une nouvelle page avec votre Seigneur, abaissez le voile sur un passé que vous avez oublié et qu'Allah :1: a compté, repentissez-vous de tous vos péchés à celui qui accepte le repentir et qui est le Très Miséricordieux ; ainsi, Allah vous pardonnera et vous protégera du châtiment.



De Cheikh Abdel Bari At-Toubeyti

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Question : 
Nous souhaiterions avoir un éclaircissement sur les choses défendues [Mahdhoûrât al-Ihrâm] que la personne doit obligatoirement éviter en état de sacralisation ?


Réponse : 
Les choses défendues en état de sacralisation [Mahdhoûrât al-Ihrâm] sont ce que la personne doit s'interdire lorsqu'elle se retrouve en état de sacralisation et qui se présentent comme suit : 

1] - Le rasage des cheveux de la tête, car Allâh  dit

 
Et ne rasez pas vos têtes avant que l'offrande [l'animal à sacrifier] n'ait atteint son lieu d'immolation.  Coran, 2/196 

Et les savants [al-'Ulémâ] ont appliqué [cette interdiction] du rasage de la tête à l'ensemble des cheveux du corps, et ils ont appliqué cela aussi au fait de couper ou de diminuer les ongles. 

2] - L'utilisation du parfum après avoir accompli l'acte de sacralisation [al-Ihrâm], que cela soit sur les vêtements ou le corps ou la nourriture ou en se lavant ou de quelque façon que ce soit. L'utilisation de parfum est interdit en état de sacralisation, car le prophète  a dit au sujet d'un homme dont la chamelle lui cassa le cou [pendant qu'il était en état de sacralisation] : « Lavez-le avec de l'eau et du « sidr » [feuille de jujubier] et enveloppez-le dans ses deux vêtements sans toutefois lui couvrir la tête ni même lui appliquer du hanoût ». Rapporté par al-Bukhârî - n°1851 

Et « al-Hanoût » est un mélange de parfum qui est habituellement appliqué aux défunts. 

3] - Les rapports sexuels, Allâh  dit :

 
Le pèlerinage a lieu dans des mois connus. Si l'on se décide de l'accomplir, alors point de rapport sexuel, point de perversité, point de dispute pendant le pèlerinage.  Coran, 2/197 

4] - S'approcher de sa femme avec désir, car cela entre dans le sens général de la parole [d'Allâh] : « alors point de rapport sexuel », et parce qu'il n'est pas permis au « Muhrim » [la personne en état de sacralisation] de se marier ou faire une demande de mariage - Ainsi, il ne lui est pas permis d'approcher [son épouse] avec désir. 

5] - La chasse - Car Allâh  dit : 

 
Ô les croyants ! Ne tuez pas de gibier pendant que vous êtes en état d'ihrâm. Quiconque parmi vous en tue délibérément, qu'il compense alors, soit par quelque bête de troupeau, semblable à ce qu'il a tué, d'après le jugement de deux personnes intègres parmi vous, et cela en offrande qu'il fera parvenir à (destination des pauvres de) la Ka`ba, ou bien par une expiation, en nourrissant des pauvres, ou par l'équivalent en jeûne. Cela afin qu'il goûte à la mauvaise conséquence de son acte. Allâh a pardonné ce qui est passé ; mais quiconque récidive, Allâh le punira. Allâh est Puissant et Détenteur du pouvoir de punir.  Coran, 5/95 

Quant au fait de réduire les arbres, ce n'est pas interdit pour le « Muhrim », excepté ce qui entre parmi les arbres de « al-Amyâl » [les frontières du sanctuaire]. C'est le fait de couper [dans cette zone] qui est interdit, qu'on soit en état de sacralisation ou pas. Ceci dit, il est permis de réduire les arbres à `Arafâh même si on est en état sacralisation, mais cela n'est pas permis à « Muzdalifah » et « Mina » quand même nous ne serions pas en état de sacralisation. Certes, la prohibition sur la diminution [en réduisant] des arbres est liée au « Haram » [sanctuaire], pas à l'état de sacralisation [al-Ihrâm]. 

6] - Parmi les interdictions qui s'appliquent exclusivement aux hommes :

Il y a la prohibition du port de chemise [Qamîs], de capuchon, de pantalon, du turban et de bottines, parce que le prophète  a été interrogé sur ce que devrait porter le « Muhrim » - Il  a dit : « [Il ne doit porter] ni tunique, ni pantalon, ni capuchon, ni bottines. » Rapporté par al-Bukhârî - n°5803 

Mais il  a fait une exception pour celui qui ne trouve pas de « izâr », qu'il porte un pantalon, et pour celui qui ne trouve pas de sandales, qu'il porte des bottines. 

Ces cinq choses sont décrites par les savants [al-'Ulémâ] comme étant le port de vêtements cousus, ainsi les gens du commun pensent que les vêtements cousus signifient les vêtements sur lesquels il n'y a pas de couture, mais l'ordre n'est pas de la sorte. Ce que les gens de science [Ahl al-'Ilm] ont voulu dire par cela, c'est le port de vêtements cousus en fonction de l'ajustement du corps ou des parties de la personne, tels que la chemise et le pantalon. C'est ce qu'ils ont signifié par cela. Par conséquent, si une personne porte un « rida » [vêtement supérieur] ou un « izâr » [vêtement inférieur] avec des pièces rapportées là-dessus, il n'y a pas de mal, mais c'est la chemise tissée sans couture, qui est interdite [Harâm]. 

7] - Parmi les interdictions [Mahdhoûrât] liées à l'état de sacralisation [Ihrâm] spécifique aux femmes :

Il y a le « niqâb », qui est un voile qui couvre le visage et laisse les yeux découverts et que l'on peut voir, certes le prophète  a interdit cela. Rapporté par al-Bukhârî - n°1838 

[Une interdiction] semblable à cela s'applique au « burqa' ». Lorsqu'une femme s'applique à l'état de sacralisation [Ihrâm], elle ne doit porter ni « niqâb » ni « burqa' ». Et ce qui est légiféré [Machroû'] pour elle, c'est qu'elle découvre son visage à moins qu'un homme autre que ses « mahrâm », personne qu'elle n'a pas le droit d'épouser, passe devant elle, et qu'elle se doit obligatoirement de couvrir son visage, alors il n'y a pas de mal [pour elle] si cette couverture touche son visage. En ce qui concerne celui qui fait n'importe laquelle d'entre ces choses interdites [al-Mahdhoûrât] par oublie [Nâssiyân] ou par ignorance [Djâhilân] ou par contrainte [Moukrihân], il n'a rien à compenser, certes Allâh  dit : 

 
Nul blâme sur vous pour ce que vous faites par erreur, mais [vous serez blâmés pour] ce que vos cœurs font délibérément. Allâh, cependant, est Pardonneur et Miséricordieux.  Coran, 33/5 

Et Allâh  dit : 

 
Ô les croyants ! Ne tuez pas de gibier pendant que vous êtes en état d'ihrâm. Quiconque parmi vous en tue délibérément, qu'il compense alors, soit par quelque bête de troupeau, semblable à ce qu'il a tué… Coran, 5/95 

Ces textes indiquent donc que celui qui accomplit l'une de ces interdictions [Mahdhoûrât] par oublie ou pas ignorance n'a rien à compenser. 

De même pour ce qui s'applique à celui qui agit par contrainte, certes Allâh  a dit : 

 
Quiconque a renié Allâh après avoir cru... - sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi - mais ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à la mécréance ceux-là ont sur eux une colère d'Allâh et ils ont un châtiment terrible.  Coran, 16/106 

Telle est la chose sur la contrainte pour le « kufr » [mécréance], il est plus probable qu'aucune expiation ne soit exigée sur ce qui est moins grave que cela. Ceci dit, si la personne qui a oublié se rappelle, elle se doit obligatoirement de cesser [de faire] la chose prohibée, et si la personne était ignorante et que par la suite elle sait, elle doit cesser de faire la chose interdite, et si la personne contrainte se voit lever la contrainte sur ce qui est obligatoire, elle doit cesser de faire la chose interdite. Par exemple, si un « Muhrim » couvre sa tête parce qu'il a oublié, et que par la suite il se rappelle, alors il doit ôter la couverture, et s'il se lave la main avec du parfum puis se rappelle [que cela est interdit], il doit alors laver le parfum jusqu'à ce qu'il soit retiré, et ainsi de suite. 


Madjmu' Fatâwa de Sheikh Ibn 'Uthaymîne, vol-22 p.112-115

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Question :
Quel est le temps exact du Hadj ? Et est-ce que la ‘Oumra a un temps précis ?


Réponse :
Le temps du Hadj commence avec le début du mois de Chawwâl et se termine le dix du mois de Dhoul-Hidja, c’est-à-dire le jour de la fête ou le dernier jour de Dhoul-Hidja. Et cela est le plus prépondérant selon le dire d’Allâh  :
 
Le pèlerinage a lieu dans des mois connus. 
[1]

Le terme « mois » est au pluriel, et le fondement dans ce « pluriel » est que cela signifie que le pèlerinage se fait pendant ces trois mois, mais cela ne veut pas dire qu’on doit faire le Hadj à n’importe quel moment de ces trois mois, car le Hadj a des jours bien connus auxquels la personne doit participer à l’exception des rites de 
« Tawâf » et du « Sa’î ». Si on dit que tout le mois de « Dhoul-Hidja » est une période de pèlerinage, il est donc permis à la personne de remettre le rite du dernier « Tawâf » et du « Sa’î » du Hadj au dernier jour de ce mois, mais pas plus tard, à moins qu’il n’ait une excuse valable pour cela. Telle qu’une femme qui accouche avant de faire le dernier « Tawâf » et que la saignée émanant de l’accouchement ne s’arrête qu’après la fin du mois, elle est donc valablement excusée de rapporter ce « Tawâf » au mois suivant. Telle est donc la période prescrite pour le Hadj.

Pour ce qui est de la ‘Oumra, elle n’a pas de période limitée, car le musulman peut accomplir les rites de la ‘Oumra au moment de son choix. Néanmoins, il est toujours préférable de faire la ‘Oumra pendant le mois de Ramadhân, car la récompense de celle-ci est égale à un pèlerinage. Le Prophète  faisait la ‘Oumra pendant les mois du Hadj, la ‘Oumra de 
« al-Houdaybiyyah » il l’a faite pendant le mois de « Dhoul-Qa’da », la ‘Oumra de « al-Qudhâ » il l’a faite pendant « Dhoul-Qa’da », la ‘Oumra de « al-Djou’arânah » pendant « Dhoul-Qa’da », et la ‘Oumra du Hadj ainsi que le Hadj pendant « Dhoul-Qa’da ».

Cette tradition du Prophète  indique donc que la ‘Oumra faite durant les mois du Hadj, est une ‘Oumra qui bénéficie d’un privilège et d’un bienfait particulier. [2]


Notes
[1] Coran, 2/197
[2] Madjmu’ Fatâwa de Sheikh Ibn ‘Uthaymîne, 21/378-379

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Question :
Pour celui qui a des dettes, le Hadj est-il obligatoire ?


Réponse :
Lorsque la personne a des dettes, et que celles-ci englobent l’ensemble de l’argent qu’elle possède, il n’est pas obligatoire pour cette personne de faire le Hadj. Certes Allâh  a commandé le Hadj pour celui qui en a les capacités, Il  a dit :
 
Et c’est un devoir envers Allâh pour les gens qui ont les moyens, d’aller faire le pèlerinage de la Maison. Et quiconque ne croit pas... Allâh Se passe largement des mondes. 
[1]

Ainsi, cette personne doit tout d’abord s’acquitter de ses dettes, puis si après cela, elle trouve la facilité [financière], elle peut partir faire le Hadj. Ceci dit, si les dettes sont inférieures à l’argent qu’elle possède, la personne doit payer ses dettes et faire le pèlerinage [Hadj] par la suite, en dehors du fait que cela soit obligatoire ou surérogatoire. Mais pour ce qui est de l’obligation, la personne se doit de se hâter pour cela. Et pour ce qui est [d’un acte] surérogatoire, cela est bon [si la personne se hâte à le faire], et c’est au bon vouloir de la personne [pour les actes surérogatoires], si elle souhaite ou pas [le faire], et si elle ne le fait pas, il n’y a pas de péché pour elle. [2]


Notes
[1] Coran, 3/97
[2] Madjmu’ Fatâwa de Sheikh Ibn ‘Uthaymîn, 21/81-82

 

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Question :
Quel est le statut du Hadj en Islâm ? Et qu’elles sont les conditions de son obligation ?


Réponse :
BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm... Le Hadj à la Maison sacrée d’Allâh est un des piliers de l’Islâm, et l’un de ses principes fondamentaux les plus importants, car que le Prophète a dit :

« L’Islâm est établi sur cinq (piliers) :

1) La profession de foi : Il n’y a de dieu qu’Allâh et que Muhammad est l’Envoyé d’Allâh.
2) L’accomplissement de la prière
3) L’acquittement de la Zakât
4) Le pèlerinage
5) Le jeûne du mois de Ramadhân. » [1] Et cela est obligatoire selon le Livre d’Allâh, la Sounnah de son Messager , ainsi que le consensus des musulmans. Allâh  a dit :

 
Et c’est un devoir envers Allâh pour les gens qui ont les moyens, d’aller faire le pèlerinage de la Maison. Et quiconque ne croit pas... Allâh se passe largement des mondes. 
[2]

Le prophète a dit : 
« Certes Allâh a rendu obligatoire le Hadj sur toi, fais-le. » [3] Et tous les musulmans sont unanimes sur cela. Et cela est une chose par nécessité bien connue dans la religion. Celui qui nie le caractère obligatoire du Hadj, vivant parmi les musulmans, est un mécréant [Kâfir]. Et celui qui ne le fait pas, en le délaissant par négligence, tombe dans un grave danger, car certains des gens de science [Ahl al-‘Ilm] disent d’un tel individu qu’il est un « kâfir » [mécréant]. Et cela est un dire rapporté de L’imâm Ahmad RahimouAllâh. 
Ceci dit, le dire le plus prépondérant sur la question est que cette personne n’est pas mécréante excepté pour le cas de [l’abandon de] la prière seulement. ‘Abdullâh Ibn Chaqîq RahimouAllâh - étant un parmi les Tâbi’în - a dit : 
« Il n’y a pas une action, dont l’abandon de celle-ci était vu comme une mécréance [kufr] par les Compagnons de l’Envoyé d’Allâh, si ce n’est la prière. » Celui qui néglige l’accomplissement du Hadj jusqu’à ce qu’il meure, n’est pas un mécréant [Kâfir] selon le dire le plus prépondérant, mais il se trouve dans un grave danger.

Le musulman se doit de craindre Allâh et de s’empresser d’exécuter le Hadj une fois qu’il rencontre les conditions rendant cela obligatoire pour lui, car nous devons nous empresser d’accomplir l’ensemble des obligations à moins qu’il n’y ait une preuve l’en empêchant. Comment un musulman peut-il accepter d’abandonner le Hadj à la Maison sacrée d’Allâh alors qu’il en a la capacité ? Comment peut-il le retarder alors il ne sait pas s’il pourra le faire après cette année ? Il se peut qu’il ne puisse pas le faire alors qu’il en avait la capacité, ou il peut devenir pauvre après avoir été riche, il peut mourir alors que le Hadj était obligatoire pour lui, et qu’ensuite ses héritiers négligent de le faire en son nom.

Les conditions rendant obligatoires le Hadj sont aux nombres de cinq :

1ère condition : L’Islâm, et son contraire est la mécréance. Certes, le Hadj n’est pas obligatoire pour le non musulman. Au contraire, si un non musulman fait le Hadj, il ne serait pas accepté de lui.


2ème condition : La maturité. Le Hadj n’est pas obligatoire pour celui qui n’a pas encore atteint l’âge de la maturité. S’il fait le Hadj [sans être mature], il est valide et comptera pour lui comme un Hadj surérogatoire, et lorsqu’il atteint l’âge de la maturité, il doit faire le Hadj obligatoire, car le Hadj fait avant la maturité ne respecte pas [les conditions] obligatoires.


3ème condition : La raison, et son opposé est la folie. Le Hadj n’est pas obligatoire pour celui qui n’a pas la raison, et le Hadj ne peut pas être fait en son nom.


4ème condition : Etre libre. Le Hadj n’est pas obligatoire pour l’esclave d’un supérieur, mais s’il fait le Hadj, il est valide et sera compté comme Hadj surérogatoire. S’il est libre, le Hadj devient obligatoire pour lui, car le Hadj fait avant d’être libre ne respecte pas les conditions obligatoires. Certains parmi les gens de science ont dit : Si un esclave fait le Hadj avec la permission de son maître, celui-ci est valide, et il ne doit pas le refaire. Et cela est le dire le plus prépondérant.


5ème condition : La capacité financière et physique. Dans le cas de la femme, ceci inclut le fait d’avoir un mahrâm [personne qui lui est interdite au mariage]. Si elle n’a pas de mahrâm, alors elle n’est pas obligée de faire le Hadj. [4]


Notes
[1] Rapporté par al-Bukhârî et Muslim
[2] Coran, 3/97
[3] Rapporté par Muslim
[4] Madjmu’ Fatâwa de Sheikh Ibn ‘Uthaymîn, 21/9-11

 

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Al-‘Ibaadah signifie tadhallul (l’humilité) et khudoo’ (la soumission). Les Savants de la Langue Arabe ont aussi expliqué que al ‘ibaadah signifie “at-tariq ul-mu’abbad”, ou la voie droite (stable). (Voir Lisaan ul-‘Arab et al-Qaamous al-Muhit)

Cependant, juridiquement (dans la Shari’ah) le mot a été définit par Sheikh ul-Islam Ibn Taymiyyah (d. 728 AH):

 


العبادة هى اسم جامع لكل ما يحبه الله ويرضاه من الأقوال والاعمال الظاهرة والباطنة

Al-'Ibaadah est un terme qui englobe toutes les choses qu’Allah aime et dont Il est satisfait, parmi les paroles et les actions externes et internes. ” (Al-‘Uboudiyyah)

 

L’unicité d’Allah (Ifraadullahi bil-‘Ibaadah) comporte trois piliers:


- Ifraadullahi bin-Nusk – L’unicité d’Allah dans les actes rituels

 

- Ifraadullahi bil-Hukmi wat-Tashri’ – L’unicité d’Allah en matière de jugement et de législation 

- Ifraadullahi bil-Wilaayah – L’unicité d’Allah dans l’alliance et le soutient

Ainsi, al ‘ibaadah ne consiste pas uniquement en des actes rituels, mais c’est toute parole ou acte (du Cœur et des membres) qu’Allah aime (que l’on fasse) et dont Il est satisfait, comme aimer et détester en Allah, la sincérité, ar-rajaa’ (l’espoir), as sabr (la persévérence), as salaat, as siyaam (le jeûne), al Hajj, adh dhikr (le rappel d’Allah), at tahaakum (le jugement de l’Islam), as sadaqah (l’aumône), ad da’wah (inviter les gens à l’Islam), ordonner le bien et interdire le mal, juger avec l’Islam, al jihad et toutes les autres bonnes actions. Tout ceci fait partie de al ‘ibaadah (l’adoration).

 Après avoir définit le terme ‘ibaadah, Sheikh ul-Islam Ibn Taymiyyah a dit :

 

فالصلاة والزكاة والصيام والحج وصدق الحديث وأداء الامانة وبر الوالدين وصلة الأرحام والوفاء بالعهود والامر بالمعروف والنهى عن المنكر والجهاد للكفار والمنافقين والاحسان الى الجار واليتيم والمسكين وابن السبيل والمملوك من الآدميين والبهائم والدعاء والذكر والقراءة وامثال ذلك من العبادة.
وكذلك حب الله ورسوله وخشية الله والانابة إليه واخلاص الدين له والصبر لحكمه والشكر لنعمه والرضا بقضائه والتوكل عليه والرجاء لرحمته والخوف لعذابه وامثال ذلك هى من العبادة لله

 


La salaat (prière), la zakaat (aumône), le siyaam (jeûne), le Hajj (pèlerinage), la sincérité dans la parole, être digne de confiance, la bonté envers les parents, maintenir les liens avec les proches, remplir les serments, enjoindre le bon et interdire le mal, le jihad contre les Kufaar et les Munafiqin (hypocrites), la bonté envers le voisin, l’orphelin, le pauvre, le voyageur et le possédé que ce soit un homme ou un animal, la du’aa (invocation), le dhikr (rappel d’Allah), la qiraa’ah (récitation du Qur’aan), et tous ce qui est de même font partie de al ‘ibaadah.
De même, aimer Allah et Son Messager (alayhi salat wa salam), l’appréhension auprès d’Allah et retourner repentant à Lui, la sincérité dans le Din pour Lui, la patience avec son Commandement, le remerciement pour Ses Générosités, la satisfaction de Son Decret, être dépendant de Lui, espérer Sa Miséricorde, craindre Son Châtiment et tous ce qui est de même font aussi partie de al ‘ibaadah envers Allah.
” (Al-‘Uboudiyyah)

 


Allah (subhana wa ta’ala) nous a informé dans le Qur’aan qu’Il nous a créé dans l’unique but de l’ibaadah:

 

وَمَا خَلَقْتُالْجِنَّوَالإنْسَإِلالِيَعْبُدُونِ

Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent.

[Adh-Dhaariyaat, 51:56]

 

Ibn ul-Qayyim al-Jawziyyah (d. 751 AH) – un élève de Ibn Taymiyyah – a dit en expliquant le verset ci-dessus:


أخبر سبحانه أنه إنما خلقهم للعبادة، وكذلك إنما أرسل إليهم رسله وأنزل عليهم كتبه ليعبدوه. فالعبادة هي الغاية التي خلقوا لها

Le Tout Puissant nous a informé qu’Il les a créé [les hommes et les jinns] pour al ‘ibaadah, et Il leur a envoyé Ses Messagers et Livres dans le but qu’ils se soumettent à Lui et Lui obéissent. Donc al ‘ibaadah est le seul but pour lequel ils ont été créé. ” (Badaa’i at-Tafsir, volume 4, page 248)

 

Ainsi, Allah ne nous (les humains) a pas créé uniquement pour prier cinq fois par jour, jeûner le Ramadhan ou pour accomplir le Hajj au moins une fois dans sa vie, mais plutôt, Il nous a créé pour al ‘ibaadah - pour dire et faire ce qui Le satisfait. Allah (subhanahu wa ta’ala) dit :

 

قُلْ إِنَّ صَلاتِي وَنُسُكِي وَمَحْيَايَ وَمَمَاتِي لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ
لا شَرِيكَ لَهُ وَبِذَلِكَ أُمِرْتُ وَأَنَا أَوَّلُ الْمُسْلِمِينَ

Dis : En vérité, ma Salat, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, Seigneur de l'Univers.
A Lui nul associé! Et voilà ce qu'il m'a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre.

[al-An’aam, 6:162–163]

 

Cette aayah (verset) dénote que toutes nos actions doivent être faites pour Allah jusqu’à la mort, et même notre mort doit être dans Sa voie, pour Son Din (religion). Abul Faraj Ibn ul-Jawzi (d. 597 AH) a dit en commentant sur le verset ci-dessus :


مقصود الآية أنه أخبرهم أن أفعالي وأحوالي لله وحده، لا لغيره كما تشركون أنتم به

Ce que veut dire cette aayah c’est qu’il [le Musulman] devrait leur dire [aux Mécréants], « En vérité, mes actes et l’état de mes affaires sont exclusivement pour Allah, et pour personne d’autre, et non de la façon dont vous (Ô Mécréants) avez placez des associés avec Lui (le Tout Puissant)! ” (Zaad ul-Masir, volume 3, page 161)

Le terme ‘ibaadah a aussi été mentionné dans la Sourat al-Bayyinah. Allah (subhanahu wa ta’ala) dit :

 

وَمَا أُمِرُوا إِلا لِيَعْبُدُوا اللَّهَ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ حُنَفَاءَ وَيُقِيمُوا الصَّلاةَ وَيُؤْتُوا الزَّكَاةَ وَذَلِكَ دِينُ الْقَيِّمَةِ

Il ne leur a été commandé, cependant, que d'adorer Dieu, Lui vouant un culte exclusif, d'accomplir la Salat et d'acquitter la Zakat. Et voilà la religion de droiture.
[al-Bayyinah, 98:5]

 

L’Ibaadah dans ce verset a un sens vraiment général et une signification très compréhensive, dénotant que l’homme à été ordonné uniquement de servir et d’obéir à Allah, et de faire toutes les actions pour atteindre Sa Satisfaction.

 

De plus, le Messager Muhammad (alayhi salat wa salam) a dit:


الصلاة. وإيتاء الزكاة. وحج البيت. وصوم رمضان‏

L’islam est construit (basé) sur cinq [piliers] : (1) Al ‘Ibaadah d’Allah et rejeter toute chose [adorée] en dehors de Lui, (2) l’accomplissement de la prière, (3) le paiement de la Zakaat, (4) le Pèlerinage à la Maison et (5) le jeûne du Ramadaan. ” (Sahih Muslim, Kitaab ul-Imaan, Chapitre 5, Hadith no. 16)

 

Les termes din, tawhid, ‘ibaadah et taaghout ont été détourné par les laïques et les assistants des tawaaghit (les gouverneurs apostats) parmi les shuyoukh (savants) qui sont payés pour déformer les termes de la Shari’ah et pour justifier la présence du taaghout.


Ce sont ces soi-disant savants qui réduisent al ‘ibaadah (l’adoration) à simplement des actes rituels qui sont faits dans le masjid ou chez sois. Et à cause de cette compréhension incorrecte de al ‘ibaadah qui est propagée par eux, il est devenu courant de voir des gens aujourd’hui qui font de longues prosternations (sujoud) mais qui vont voter pour les lois forgées de l’homme, ou des individus jeûnant régulièrement qui font le ribaa (intérêt). Ceci parce que pour ce genre de personnes, al ‘ibaadah signifie uniquement la salaat, le siyaam, l’accomplissement du Hajj et d’autres actes rituels (seulement), et non gouverner et juger, acheter et vendre, et ainsi de suite.

De nos jours, on dit que si une personne vend de l’alcool ou de la viande non-égorgée, elle restera toujours une bonne personne aussi longtemps qu’elle prie et garde sa barbe ! Pour eux, al ‘ibaadah ne revient pas à une façon de vivre.

‘Ibaadah signifie ittibaa’ et inqiyaad


Ibn Hazm az-Zaahiri (d. 456 AH) a dit: al ‘ibaadah est al ittibaa’, “suivre”, et al inqiyaad, “la soumission”. (Voir al-Ihkaam, volume 1, page 93)


Il semblerait que ceux qui obéissent à Allah en apparence et qui remplissent leurs devoirs font ce qu’on leur a demandé ; cependant, si leur obéissance n’est pas accompagné intérieurement de l’amour, l’enthousiasme et la soumission, ces personnes sont alors des menteurs et des hypocrites. Allah (subhana wa ta’ala) dit dans le Qur’aan :

 

قُلْ إِنْ كُنْتُمْ تُحِبُّونَ اللَّهَ فَاتَّبِعُونِي يُحْبِبْكُمُ اللَّهُ وَيَغْفِرْ لَكُمْ ذُنُوبَكُمْ وَاللَّهُ غَفُورٌ رَحِيمٌ

Dis : "Si vous aimez vraiment Dieu, suivez-moi, Dieu vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Dieu est Pardonneur et Miséricordieux"

[Aal ‘Imraan, 3:31]

 

Concernant cette aayah, Ibn Kathir (d. 774 AH) a dit:


هذه الآية حاكمة على كل من ادعى محبة الله وليس هو على الطريقة المحمدية فإنه كاذب في دعواه في نفس الأمر حتى يتبع الشرع المحمدي والدين النبوي في جميع أقواله وأفعاله

Cette aayah (verset) juge celui qui prétend aimer Allah, alors qu’il ne suit pas la voie de Muhammad (alayhi salat wa salam). Une telle personne est un menteur jusqu’à ce qu’il suive la Shari’ah (loi) de Muhammad et son Din (façon de vivre) dans toutes ses paroles et ses actes. ” (Tafsir Ibn Kathir, volume 1, page 366)

Et sans aucun doute, une personne ne peut aimer réellement Allah à moins qu’elle suive (c à d, qu’elle ait al ittibaa’) et qu’elle obéisse au Prophète (alayhi salat wa salam), et qu’elle remplisse ce qu’il a ordonné : la salaat, la da’wah aux gens, interdire le mal, faire le jihad et toutes les autres obligations.

Dans un autre verset, Allah (subhana wa ta’ala) dit:


وَمِنَ النَّاسِ مَنْ يَتَّخِذُ مِنْ دُونِ اللَّهِ أَنْدَادًا يُحِبُّونَهُمْ كَحُبِّ اللَّهِ وَالَّذِينَ آمَنُوا أَشَدُّ حُبًّا لِلَّهِ

Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors de Dieu, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Dieu. Or les croyants sont les plus ardents en l'amour de Dieu. Quand les injustes verront le châtiment, ils sauront que la force tout entière est à Dieu et que Dieu est dur en châtiment!
 [al-Baqarah, 2:165]

 

Sheikh ul-Islam Ibn Taymiyyah a dit en expliquant ce verset:


فمن جعل غير الرسول تجب طاعته في كل ما يأمر به وينهى عنه، وإن خالف أمر الله ورسوله فقد جعله ندا، وربما صنع به كما تصنع النصارى بالمسيح

Quiconque rend l’obéissance à un autre que Rasoulullah (alayhi salat wa salam) obligatoire, même si elle diffère de l’ordre d’Allah et de son Messager, il l’a pris [c à d, celui à qui il obéit] comme un nad (rival à Allah), ou [il l’a] élevé de la même façon dont les Chrétiens ont exalté al-Masih (Jésus). ” (Al-Fataawaa, volume 10, page 267)

 

‘Ibaadah signifie taa’ah


‘Ibaadah signifie taa’ah (obéissance), et il n’y a personne digne d’être obéit sauf Allah le Tout Puissant. Nous obéissons seulement au Prophète (alayhi salat wa salam), à nos parents (tant qu’ils ne nous ordonnent pas de désobéir à Allah) et aux gouverneurs qui exécutent l’Islam car Allah nous a ordonné de leur obéir. Allah (subhana wa ta’ala) dit :


يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا أَطِيعُوا اللَّهَ وَأَطِيعُوا الرَّسُولَ وَأُولِي الأمْرِ مِنْكُمْ فَإِنْ تَنَازَعْتُمْ فِي شَيْءٍ فَرُدُّوهُ إِلَى اللَّهِ وَالرَّسُولِ إِنْ كُنْتُمْ تُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ ذَلِكَ خَيْرٌ وَأَحْسَنُ تَأْوِيلا

Ô les croyants! Obéissez à Dieu, et obéissez au Messager et à ceux d'entre vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-là à Dieu et au Messager, si vous croyez en Dieu et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleur interprétation (et Aboutissement).
 [an-Nisaa’, 4:59]

 

 Le Messager Muhammad (alayhi salat wa salam) a dit:


لا طَاعَةَ في مَعْصِيَةِ الله، إنّمَا الطّاعَةُ في المَعْرُوف

Il n’y a pas d’obéissance à la création dans la désobéissance à Allah; l’obéissance est seulement dans le ma’rouf [dans ce qu’Allah a ordonné]. ” (Sahih al-Bukhaari and Muslim)

 

Notre obéissance à Allah le Tout Puissant n’est pas limité, alors que notre obéissance à la création (c à d, à l’homme) est conditionnel. Bien qu’il soit obligatoire d’obéir à un amir (dirigeant), il est interdit de lui obéir si il ordonne la désobéissance à Allah. Le Messager d’Allah (alayhi salat wa salam) a dit :

 

طاعة الإمام حق على المرء المسلم، ما لم يأمر بمعصية الله عز وجل، فإذا أمر بمعصية الله فلا طاعة له

L’obéissance à l’Imaam [c à d, le Caliphe] est un devoir pour le Musulman à condition qu’on ne lui a pas ordonné de désobéir à Allah, et si on lui a ordonné de désobéir à Allah, il n’y a pas d’obéissance envers lui [le Imaam].” (Al-Bukhaari and Muslim)


Dans la Sourah Yaasin, Allah (subhana wa ta’ala) nous rappel l’engagement qu’Il a fait avec les enfants de Adam (les homes), disant:


أَلَمْ أَعْهَدْ إِلَيْكُمْ يَا بَنِي آدَمَ أَنْ لا تَعْبُدُوا الشَّيْطَانَ إِنَّهُ لَكُمْ عَدُوٌّ مُبِينٌ

Ne vous ai-Je pas engagés, enfants d'Adam, à ne pas adorer le Diable? Car il est vraiment pour vous un ennemi déclaré.
[Yaasin, 36:60]

 

Il ne faut pas invoquer, se prosterner, s’incliner ou prier le Shaytaan dans le but de l’adorer. Dans ce verset, l’ordre de ne pas adorer le Shaytaan signifie ne pas obéir ou suivre ce qu’il ordonne (c à d, délaisser les obligations d’Allah et faire ce qui est interdit). Et Shaytaan (Satan) est adoré lorsque les gens suivent son chemin et lui obéissent quand il leur dit de désobéir à Allah et de délaisser leurs obligations. (Ce point est expliqué dans le Tafsir ut-Tabari et dans Zaad ul-Masir de Ibn ul-Jawzi).


‘Uday bin Haatim était Chrétien. Un jour il est allé voir le Prophète (alayhi salat wa salam) et il avait autour de son cou une croix (salib) en or. En le voyant, le Prophète le remarqua et dit, « Ô « Uday, débarrasse toi de ce wathan qui est autour de ton cou ! » (le wathan est un objet que les gens adore, non pas une idole, qui est normalement faite pour ressembler à un être humain). Après qu’Uday (radhia llahu anhu) la retira, le Prophète d’Allah (alayhi salat wa salam) récita ce verset :


اتَّخَذُوا أَحْبَارَهُمْ وَرُهْبَانَهُمْ أَرْبَابًا مِنْ دُونِ اللَّهِ

Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors de Dieu…
 [at-Tawbah, 9:31]

 

‘Uday protesta, “Nous ne les avons pas adorés (les rabbins et les moines).” Le Prophète (alayhi salat wa salam) répondit :

 

أليس يحرمون ما أحل الله فتحرمونه, ويحلون ما حرم الله فتستحلونه

N’ont-ils (les rabbins et les moines) pas interdit ce qu’Allah a permis et vous l’avez interdit, et n’ont-ils pas permis ce qu’Allah a interdit et vous l’avez permis ? “

Oui,” répondit ‘Uday. Le Prophète (alayhi salat wa salam) dit ensuite, “C’est comme ca que vous les avez adoré.

En commentaire de ce verset, “Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines comme Seigneurs en dehors de Dieu“, l’Imaam al-Baghawi (d. 509 AH) a dit :


فإن قيل إنهم لم يعبدوا الأحبار والرهبان - بمعنى الركوع والسجود - قلنا : معناه أنهم أطاعوهم في معصية الله واستحلوا ما أحلوا وحرموا ما حرموا، فاتخذوهم كالأرباب

Certains disent : Ils (les Juifs et les Chrétiens) n’adoraient pas leurs rabbins et leurs moines en s’inclinant (rukou’) ou en se prosternant (sujoud) devant eux – en réponse à cela, nous disons : Le sens ici est que les Juifs et les Chrétiens obéissaient à leurs rabbins et leurs moines dans la désobéissance à Allah, et ils (les Juifs et les Chrétiens) ont rendu halaal ce que leurs rabbins et leurs moines ont rendu halaal et ils ont rendu haraam ce que leurs rabbins et leurs moines ont rendu haraam, donc par conséquent ils les ont pris comme seigneurs. ” (Tafsir ul-Baghawi, volume 3, page 285)

Et Abul Bukhturi a dit:


أما إنهم لم يصلوا لهم، ولو أمروهم أن يعبدوهم من دون الله - بمعنى السجود والركوع - ما أطاعوهم، ولكن أمروهم فجعلوا حلال الله حرامه وحرامه حلاله فأطاعوهم، فكانت تلك الربوبية

En vérité, ils (les Juifs et les Chrétiens) ne priaient pas (leurs rabbins et leurs moines), et même s’ils leur auraient demandé d’adorer [quelqu’un] d’autre qu’Allah en s’inclinant et en se prosternant envers lui, ils (les Juifs et les Chrétiens) ne leur auraient pas obéit (à leurs rabbins et moines). Mais ils leur ordonnaient et rendaient haraam ce qu’Allah a fait halaal, et ils permettaient ce qu’Allah a rendu haraam. Et ceci est du ruboubiyyah (adoration). ” (Al-Fataawaa de Ibn Taymiyyah, volume 7, page 76)

Nous apprenons donc de ca que l’obéissance est une adoration, et les Juifs et les Chrétiens n’adoraient pas leurs rabbins et leurs moines en leur vouant des prières. Lorsqu’une personne obéit à une autre personne – que ce soit un savant, un mufti, un sheikh, un président ou un gouverneur (ou autre) – qui permet ce qu’Allah a interdit (ou vice versa), cette personne (celle qui obéit) est en fait en trin de les adorer et de les prendre comme arbaab (seigneurs) en dehors d’Allah – et ce même si elle ne leur voue pas de prière ou si elle ne s’incline pas envers eux.

Les gens disent juste parce qu’ils ne se prosternent pas ou ne s’inclinent pas envers leurs gouverneurs, leurs chefs ou leurs présidents qu’ils ne les adorent pas. Cependant la réalité est toute autre : ils les adorent car ils leur obéissent et suivent leurs lois.

Une personne ne peut pas être Musulmane tant qu’elle n’adore pas Allah et ne Lui obéit pas en toute exclusivité.

 

Transmis par le frère Mehdi Oussama.

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Shaikhul-Islam Ibn Taymiya


Shaikhul-Islam Ibn Taymiya (rahimahullah) a dit dans son fabuleux livre : « Minhaj As-Sunna » ou « La voie de la Sunna » :


« … Et certainement les péchés, dans l’absolu, commis par n’importe quel croyant, sont la cause du châtiment. Mais ce châtiment par le Feu dans l’au-delà, pour ces péchés commis, peut être repoussé par dix moyens :


Le premier moyen : 

Le repentir : La personne qui se repent d’un péché peut être assimilée à une personne qui n’a commis aucun péché, et le repentir est accepté pour tout péché : l’impiété, le libertinage, la désobéissance. Allah le Très-Haut a dit : 

« Dis à ceux qui ont mécru que s’ils cessent, Il leur pardonne ce qu’il ont pu faire » 

Quant aux propos rapportés du prophète (salallahu ‘alayhi wa salam), ils sont très nombreux et connus.


Le deuxième moyen : 

Demander l’absolution qui consiste à implorer le pardon et qui est une forme d’invocation et de requête. En général, elle est toujours associée au repentir et est exigée, bien qu’une personne puisse se repentir sans invoquer et invoquer sans se repentir.


Le troisième moyen : 

Les œuvres pieuses : Allah le Très-Haut dit : 

« Les bonnes œuvres effacent les mauvaises »

Le prophète (salallahu ‘alayhi wa salam) a donné les recommandations suivantes à Mu’adh Ibn Jabal : « Ô Mu’adh ! Où que tu sois, crains Allah, et fais suivre une mauvaise action par une bonne action qui l’effacera. Et traite les gens avec bonté ».


Le quatrième moyen : 

L’invocation faites pour les croyants : La prière mortuaire de musulmans sur un mort et leurs invocations en sa faveur sont un moyen d’obtenir l’absolution, de même que leurs invocations et leurs demandes d’absolution en d’autres circonstances que la prière mortuaire. 


Le cinquième moyen : 

L’invocation faite par le prophète (salallahu ‘alayhi wa salam) et sa demande d’absolution de son vivant ou après sa mort : comme par exemple son intercession (chafa’a) au Jour de la Résurrection.


Le sixième moyen : 

Toute œuvre pieuse accomplie (pour le défunt) après sa mort et qui lui est dédiée : comme de faire l’aumône pour lui ou d’accomplir le pèlerinage ou de jeûner en son nom. Il a été rapporté dans des hadiths authentiques que ces œuvres lui parviennent et lui sont bénéfiques, et ce sans faire référence aux invocations faites par son enfant qui sont considérées comme faisant partie des œuvres du parent. Le prophète (salallahu ‘alayhi wa salam) a dit :

« Lorsque le fils d’Adam décède, ses œuvres sont stoppées à l’exception de trois : une aumône continue, ou une science utile, ou un enfant pieux qui invoque en sa faveur ». Rapporté par Muslim.

Son enfant fait partie de ses biens et les invocations de son enfant lui sont comptées comme si elles étaient de ses œuvres. Contrairement aux invocations d’une personne autre que son enfant, qui ne sont-elles pas comptées comme faisant parties de ses œuvres. Et Allah fait en sorte qu’elles lui soient profitables.


Le septième moyen :

Les épreuves de la vie ici-bas par lesquelles Allah expie les péchés : comme il a été rapporté dans le Sahih , le prophète (salallahu ‘alayhi wa salam) a dit :

« Pour toute maladie, souffrance, chagrin, affliction, tristesse ou préjudice qui atteint un croyant, ne serait-ce qu’une épine qui le pique, Allah lui expie ses péchés ».


Le huitième moyen : 

Les épreuves que subit le croyant dans sa tombe : la compression dans sa tombe et l’épreuve des deux anges.


Le neuvième: 

Les angoisses de la terreur du Jour de la Résurrection qu’il connaîtra dans l’au-delà.


Le dixième moyen : 

Ce qui est attesté dans les deux Sahih : Les croyants, lorsqu’ils passent sur le Sirat, parviennent à un pont entre le Paradis et l’Enfer. Ils se dédommageront mutuellement de leurs offenses. Lorsqu’ils seront épurés et nettoyés, on leur autorisera l’entrée au Paradis.

Ces raisons ne peuvent toutes échapper au croyant excepté un tout petit nombre ». Fin de citation.

Il dit également dans un autre passage :

« Et nous avons dit à plusieurs reprises : qu’un homme pieux, pour lequel on témoigne du Paradis peut avoir commis des péchés pour lesquels il s’est repenti, ou que ses bonnes actions ont effacé, ou qu’ils aient été expiés par les épreuves qu’il a subi ou autre chose encore. Le croyant, s’il commet un péché, bénéficie de dix moyens pour repousser le châtiment du Feu :

Trois viennent de lui, trois autres d’autrui et quatre sont attribuées par Allah :

- Le repentir, demander l’absolution et les bonnes actions qui effacent les péchés.

- Les invocations des croyants en sa faveur, les œuvres pieuses qu’ils lui dédient et l’intercession de notre Prophète.

- Les épreuves d’ici-bas par lesquelles Allah absout les péchés, dans le Barzakh (Le Barzakh est la vie intermédiaire entre les deux mondes : entre la vie d’ici-bas et le Jour de la Résurrection) , dans les différentes étapes du Jour de la Résurrection et l’absolution d’Allah par Sa grâce et Sa miséricorde ». Fin de citation.

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Connaître la vérité ne mène pas à la guidance 

 

SHeikh al-Islam Taqî ad-Dîn Abî al-‘Abbâs Ahmad Ibn ‘Abdel-Halîm Ibn ‘Abdel-Sallam Ibn Taymiyyah al-Harânî


BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm

D’après ‘Alî ou Hudhayfa (radhiallâhu ‘anhumâ), il est dit :

« Les cœurs sont de quatre sortes : Un cœur dénudé éclairé par une lumière, tel est le cœur du croyant ; un cœur couvert, tel est le cœur du mécréant ; un cœur chaviré, tel est le cœur de l’hypocrite et un cœur à deux penchants, l’un le poussant à la foi et l’autre le poussant à l’hypocrisie. Tels sont les gens qui ont mêlé des œuvres bonnes et d’autres mauvaises. »


Lorsque l’on sait cela, on sait que tout adorateur tire profit de ce que rappelle Allâh sur la foi [al-Imân] comme complément des branches de la foi et dénigrement des branches de la mécréance [Kufr].

Une telle chose est comparable à ce que disent certains du verset : « Guide-nous dans le droit chemin » - ils disent : « Le croyant a été guidé dans le droit chemin, quel intérêt y a-t-il donc à demander la guidance ? » D’autres ensuite répliquent que le sens est : « Préserve-nous sur le chemin droit » et comme disent les Arabes à celui qui dort : « Dors jusqu’à ce que je vienne à toi ». D’autres disent : « Maintiens nos cœurs sur la droiture » et d’autres encore disent : « Accorde-moi d’avantage de droiture ».

En fait, ils posent cette question car ils ne conçoivent pas ce qu’est le droit chemin [al-Hidâyah] auquel l’adorateur demande d’être guidé. Son sens exact est d’appliquer ce qu’Allâh a imposé et délaisser ce qu’Allâh a interdit dans toute affaire. Même si la personne reconnaît que Muhammad (sallallahu ‘alayhi wa sallam) est le Messager d’Allâh et que le Qor’ân est vérité [Haqq] dans son ensemble, il n’en reste pas moins qu’il a besoin de savoir ce qui lui est profitable et nuisible, ce qui lui a été imposé et interdit dans le détail des choses et ses sections, choses que la personne ne connaît pas. Et quand celle-ci sait, nombreux sont ceux qui n’appliquent pas ce qu’ils savent. Quand même ils ont connaissance de toutes les obligations et interdictions mentionnées dans le Qor’ân et la Sounnah, le Qor’ân et la Sounnah rappellent les points généraux fondamentaux, et rien d’autre de cela n’est possible car n’y est pas cité ce qui concerne spécifiquement chaque adorateur. C’est pour cela que l’être humain a reçu l’ordre dans ce cas de demander la guidance vers le droit chemin.

La guidance vers le droit chemin réunit tout cela, elle réunit la connaissance de ce qu’a apporté le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) de manière détaillée, réunit la connaissance de ce qui entre dans ses ordres comme points fondamentaux et réunit l’exhortation de mettre en pratique sa connaissance. La connaissance de la vérité ne mène pas à la guidance, et cela ne se fait que si la pratique est basée sur la science [al-‘Ilm] [...] Aussi, les musulmans ont divergé, dans ce qu’Allâh a voulu qu’ils divergent, sur certaines informations, sur des méthodes dogmatiques et pratiques malgré le fait qu’ils soient tous unanimes sur le fait que Muhammad est vérité [Haqq] et que le Qor’ân est vérité [Haqq]. Si chacun d’eux avait été guidé à la vérité dans leurs divergences, et bien ils n’auraient pas divergé. Ensuite, ceux qui connaissent ce qu’Allâh a ordonné, la plupart d’entre eux Lui désobéissent et ne suivent pas Son chemin. S’ils avaient été guidés sur le droit chemin au niveau de ces actes, ils auraient fait ce qui leur a été ordonné et auraient délaissé ce qui leur a été interdit.

Ceux qu’Allâh a guidé parmi cette Communauté au point d’être devenus des alliés pieux d’Allâh [Awliyâ Allâh al-Moutaqîn], la plus grande cause de cela est qu’ils invoquent Allâh par cette invocation dans toutes leur prières tout en se rendant compte du besoin et de la nécessité permanente qu’Allâh les guide dans le droit chemin [Sirât al-Moustaqîm]. En persistant à faire cette invocation et à reconnaître le besoin envers Allâh, ils devinrent les alliés pieux d’Allâh. Sahl Ibn ‘Abdullâh at-Tastarî a dit :

« Il n’y a entre l’adorateur et son Seigneur un chemin le rapprochant de Lui autre que le fait de ressentir le besoin d’Allâh. »

Quiconque a acquis la guidance dans le passé [al-Mâdhî] a besoin d’acquérir celle-ci dans le futur [al-Moustaqbil]. Telle est la réalité de la parole de ce qui déclare : « Affermis-nous et guide-nous afin de rester sur le droit chemin » et de celui qui dit : « Donne-nous d’avantage de droiture » comme ce qui a été vu précédemment. Mais tout cela est une guidance de Sa part dans le droit chemin dans le futur. Aussi, la science dans le futur pourrait ne plus être conservée et disparaître du cœur. Et si elle persiste, c’est l’acte [al-‘Amal] qui pourrait ne pas être fait. Ainsi, les gens sont tous assujettis à faire cette invocation, c’est pour cela qu’Allâh la leur a rendue obligatoire dans chaque prière. Ils n’ont d’invocation qui leur est plus nécessaire que celle-là. En fait, si la guidance au droit chemin [Sirât al-Moustaqîm] est acquise, la victoire est assurément acquise, la subsistance [ar-Rizq] et tout ce que convoite l’âme pour le bonheur [as-Sa’âdah]. Wa Allahu A’Lam [Et Allâh Seul Sait]. [1]


Notes
[1] Madjmu’ al-Fatâwa de Ibn Taymiyyah, vol-5 p.232-234
dimanche 2 juillet 2006, par Ibn Abd Al-Hâdî

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Le Minhaj (Voie) de Ahlou Sounna wa-l-Jama'a ce qui veut dire la voie de la Sounna et du Concensus, ou bien le minhaj des Salaf-Sâlih la voie des pieux prédécesseurs, tout cela revient au même c'est la voie à laquelle nous restons ferme, cette voie c'est celle du Prophète sala Allahu alayhi was Salam.

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