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Articles avec #fiqh

L'imâm Ibn Mouflih dit dans son ouvrage " Al Adâb Achar3iya " P 25 édition Dârou A Wafâ² :


و تفسيرُ المِراءِ في اللُّغة : اِسْتِخراجُ غَضَب المُجادِل منْ قولِهم : مََرََيْتُ الشَّاةَ إذا اسْتَخَْرجتُ لَبَنَها


La définition linguistique du Mirâ² est : le fait de provoquer la colère de l'opposant dans un débat. En accord avec leur parole ( les arabes, ndlt) Maraytou Acchâta/ la chèvre lorsque je traie son lait.

Traduit par le frère Abû Salmane.

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Published by Sulaymân Abû Mâlik - Fiqh

« Pourquoi les Compagnons ont utilisé le feu pour châtier et exécuter les gens si le Prophète  l'a interdit ? »

La réponse est qu'il y a divergence d'opinion sur l'utilisation du feu au sein même des Compagnons. Ibn Hajar a longuement évoqué cette question et a dit :

«Les Salafs ont divergé quant à l'utilisation du feu. 'Umar et Ibn 'Abbās l'ont qualifié de détestable sans restriction que cela soit pour le kufr, le Qisās ou au combat. Mais c’est autorisé par 'Alī, Khālid Ibn Al-Walīd et d'autres. Ce qui se rapporte au Qisās viendra par la suite. Al-Mulahhab a dit : Cette prohibition n'est pas pour l'interdiction (Tahrīm) en tant que telle mais plutôt c'est la voie de la modestie. Les actes des Compagnons indiquent la permission de brûler.

Le Prophète "saw" la brûlé les yeux d'Uranīs avec du métal chauffé, Abū Bakr a brûlé les Bughāt (rebelles) en présence des Compagnons, Khālid Ibn Al-Walīd a brûlé des apostats avec du feu et la plupart des savants de Médine ont autorisé la mise à feu des forteresses et des bateaux.

C'est ce qui est déclaré par An-Nawawī et Al- Awzā'ī. Ibn Al-Munīr et d'autres ont déclaré : Il n'y a aucune preuve de la permission parce que l'histoire de 'Uranīs était un Qisās ou est abrogée. Et la permission par un Compagnon se confronte à l'interdiction d'un autre Compagnon. Le cas des forteresses et des bateaux est restreint à la nécessité si c'est un moyen de triompher de l'ennemi.

Et parmi ceux qui sont de cet avis il y a ceux qui le limitent au fait qu'il ne doit pas y avoir d'enfants ou de femmes. Quant au Hadīth du chapitre, la présence de la prohibition qu'il contient est pour l'interdiction (Tahrīm).

« Fat’h Al-Bāri », Vol. 6/174.

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Published by Abou Malik - Fiqh


الدلائل في حكم مولاة أهل الإشراك

 

ad-dalâ'îl fî houkm mouwalât ahl al-ichrâk

 

Les preuves au Sujet du Jugement Relatif à l'Alliance avec les Idolâtres

 

Extrait de l'ouvrage «ad-dourar as-saniyya»,  v. 8, p.121-143

 

Par le petit-fils de l'imam Mouhammad Ibn Abd Al-Wahhâb :

Soulaymân Ibn ‘Abdoullâh Al-Cheikh

 

Saches, qu’Allah te fasse miséricorde, que lorsque l’homme fait semblant d’être d’accord avec la religion des idolâtres (mouchrikîn) par peur d’eux, par flatterie ou par courtoisie afin d’écarter leur mal, alors c’est un mécréant comme eux, même si en réalité il déteste leur religion et les déteste, et qu’il aime l’Islam et les musulmans.

 

 

 

Tel est son statut si c’est la seule chose qui survient de sa part, alors que dire de celui qui vit dans un pays puissant, et fais appel à eux, entre dans leur obéissance, leur montre de l’accord sur leur religion fausse, les aide en les secourant et en les finançant, fait alliance avec eux et rompt son alliance avec les musulmans, et devient un soldats des mausolées, de l’idolâtrie et de ses partisans, après avoir été un soldat de la pureté du culte, du monothéisme et de ses adeptes ?

 

 

 

Certes, le musulman ne doute pas qu’une telle personne soit un mécréant parmi les pires des ennemis d’Allah et de Son Messager (salla llahou ‘alayhi wa sallam) et il n’y a aucune exception à cela si ce n’est celui qui y est contraint, c’est à dire celui qui est dominé par les idolâtres qui lui disent « Abjures de ta foi et fais ceci, sinon nous te tuerons » ou qu’ils le torturent jusqu'à ce qu’il soit d’accord. Dans ce cas, il lui est permis de montrer de l’accord par sa langue, mais en restant convaincu de la foi dans son cœur . 

 

 

 

 

Tous les savants sont d’accord pour dire que celui qui tient des propos de mécréance en plaisantant, devient mécréant pour cela. Alors que dire de ceux qui montrent de la mécréance par peur, ou par convoitise mondaine ?! Et je vais énoncer quelques preuves sur cela avec l’aide d’Allah et Son soutien.

 

 

 

 

Première preuve

 

 

Allah dit :

 

 

 

«Les Juifs et les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi, jusqu'à ce que tu suives leur religion.»

(Sourate 2- Verset 120)

 

 

 

 

Allah nous informe que les juifs et les chrétiens, et également les idolâtres ne seront pas satisfaits du Prophète (salla llahou ‘alayhi wa sallam) tant qu’il ne suivra pas leur religion, et qu’il ne témoignera pas qu’ils sont sur une vérité. Ensuite , Allah dit :

 

 

«Dis: "Certes, c'est la direction d'Allah qui est la vraie direction!" Mais si tu suis leurs passions après ce que tu as reçu de science, tu n'auras contre Allah ni protecteur ni secoureur.

( Sourate 2 – Verset 120 )

 

 

 

 

Et dans un autre verset :

 

«Tu seras certes alors parmi les injustes»

( Sourate 2 - Verset 145)

 

 

 

 

Alors lorsqu’on sait que si le Prophète (salla llahou ‘alayhi wa sallam) avait fait semblant d’être d’accord avec leur religion, sans y croire dans son cœur, mais uniquement par peur de leur mal et par flatterie, il aurait été parmi les injustes, que dire alors de ceux qui font passer les adorateurs de tombeaux et de mausolées comme étant dans le vrai et la voie droite ? Car certes, il n’y a que cela qui les satisfait.

 

 

 

 

 

Deuxième preuve

 

 

Allah dit :

 

« Ils ne cesseront de vous combattre jusqu'à, s'ils peuvent, vous faire apostasier de votre Religion. Et ceux parmi vous qui apostasieront de leur Religion et mourront incroyant, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie de ce bas-monde et la vie future. Voilà les gens du Feu, ils y demeureront éternellement. »

(Sourate 2 - Verset 217)

 

 

Allah nous informe que les mécréants ne cessent de combattre les musulmans afin de les faire apostasier de leur religion s’ils y arrivent, et qu’Il ne leur a pas autorisé de faire semblant d’être d’accord avec eux par peur pour leur personne, pour l’argent, ou pour la famille. Au contraire, Il nous annonce que celui qui, après qu’ils l’aient combattu, ferait mine d’être d’accord avec leur religion afin de dissiper leur mal, serait alors un apostat pour cela, et que s’il mourait sur son apostasie après que les idolâtres l’aient combattu, il irait en Enfer pour l’éternité.

 

Alors que dire de celui qui montre de l’accord sur leur religion sans même avoir été combattu ?! Car si celui qui fait semblant d’être d’accord avec eux à cause qu’ils l’ont combattu n’est pas excusé, tu sais alors que ceux qui s’empressent à leur montrer de l’accord sans peur ni combat, sont encore plus certainement non excusés, et qu’ils sont des mécréants apostats.

 

 

 

 

Troisième preuve

 

 

 

Allah dit :

 

« Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des mécréants, au lieu de croyants. Quiconque le fait n’a rien à voir avec Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d'eux. »

( Sourate 3 - Verset 28)

 

 

 

Allah a ici interdit aux croyants de prendre les mécréants pour alliés, amis ou compagnons au lieu des croyants et ce même s’ils ont peur d’eux. Et Allah nous informe que celui qui fait cela n’a rien à voir avec Allah, c’est à dire qu’il n’est pas parmi les alliés d’Allah à qui la sécurité est promise pour l’au-delà, à moins vous cherchiez à vous protéger d’eux, et cela est dans le cas où l’homme serait forcé d’être avec eux et qu’il n’a pas la capacité de manifester son désaccord. Alors, dans ce cas, il fait semblant de les fréquenter, mais il les haït et en n’est pas d’accord avec eux son cœur.

 

Alors que dire de celui qui les prend pour alliés en dépit des croyants sans aucune excuse, mais par préférence de ce monde d’ici bas à l’au-delà, par peur des idolâtres, et sans aucune peur d’Allah Allah n’a pas considéré la peur d’eux comme étant une excuse, mais plutôt Allah dit :

 

«C'est le Diable qui vous fait peur de ses adhérents. Ne les craignez donc pas, mais ayez peur de Moi, si vous êtes croyants.»

(Sourate 3 – Verset 175)

 

 

 

 

Quatrième preuve

 

 

Allah dit :

 

 «Ôles croyants ! Si vous obéissez à ceux qui ne croient pas, ils vous feront retourner en arrière. Et vous reviendrez perdants.» 

(Sourate 3 -Verset 149)

 

Allah nous informe ici que si les croyants obéissent aux mécréants, ceux-ci vont forcément les faire apostasier, et ils ne seront pas satisfaits d’eux sans la mécréance. Allah nous informe que, s’ils font cela, ils seront perdants ici bas et dans l’au-delà, et Allah n’a pas autorisé qu’ils leur obéissent et soient d’accord avec eux par peur d’eux. Et ceci est la réalité ; les mécréants ne sont satisfaits de ceux qui sont d’accord avec eux, qu’après témoignage qu’ils sont dans le vrai, et qu’ils montrent de la haine et désaccord envers les musulmans, et coupent les ponts avec eux.

 

Ensuite, Allah dit :

 

 

 «Mais c'est Allah votre Maître. Il est meilleur des secoureurs.» 

(Sourate 3 - Verset 150)

 

 

Donc Allah nous informe qu’Il est le maître des croyants et leur Sauveur, et qu’Il est le meilleur des sauveurs. Donc, lorsqu’on prend Allah pour maître et qu’on Lui obéit, cela nous suffit et nous n’avons pas besoin d’obéir aux mécréants.

 

Quel désespoir pour ces gens qui connaissent le monothéisme, sont nés dedans et ont cru en lui durant un temps… Comment ont-ils pu quitter l’alliance du Seigneur des mondes, le meilleur des sauveurs, pour s’allier aux mausolées et leurs serviteurs, être satisfait d’eux, échanger cela avec l’alliance de Celui qui possède en Sa Main la royauté de toute chose ?! Quel mauvais échange pour les injustes!  

 

 

 

 

Cinquième preuve

 

 

Allah dit :

 

 

«Est-ce que celui qui se conforme à l'agrément d'Allah ressemble à celui qui encourt le courroux d'Allah? Son refuge sera l'Enfer; et quelle mauvaise destination !»

(Sourate 3- Verset 162)

 

 

Allah nous informe ici que celui qui se conforme à satisfaire Allah n’est pas semblable à celui qui encourt Sa colère, et que le refuge de ce dernier sera l’Enfer au jour du jugement. Il ne fait aucun doute que l’adoration du Très Miséricordieux uniquement, et le secours de cette adoration, ainsi qu’en être partisan, tous ceci satisfait Allah. Quant à l’adoration des mausolées et des morts, secourir cette adoration en être partisan, aucun doute que cela provoque la colère d’Allah.

 

Ne sont donc pas égaux auprès d’Allah celui qui secourt Son unicité et Son adoration pure et qui est avec les croyants, et celui qui défend l’idolâtrie, l’invocation des morts et qui est avec les idolâtres.

 

Et s’ils disent : « Nous avions peur d’eux » , nous leur répondons : « Vous mentez ! »

Et aussi qu’Allah n’a pas considéré la peur comme une excuse pour se conformer à ce qui Le courrouce, et s’écarter de ce qui Le satisfait. Certes, si beaucoup de gens du faux délaissent la vérité, c’est de peur que ne cessent leurs jouissances mondaines, car sans cela ils reconnaissent la vérité et y croient, et malgré cela ils ne sont pas musulmans.

 

 

 

 

 

Sixième preuve

 

 

 

Allah dit  :

 

 

«Ceux qui ont fait du tort à eux-mêmes, les Anges enlèveront leurs âmes en disant: "Où en étiez-vous?" (à propos de votre religion) - "Nous étions impuissants sur terre", dirent-ils. Alors les Anges diront: "La terre d'Allah n'était-elle pas assez vaste pour vous permettre d'émigrer?" Voilà bien ceux dont le refuge est l'Enfer. Et quelle mauvaise destination! »

(Sourate 4 - Verset 97)

 

 

Cela veut dire : Dans quel camp étiez-vous ? Dans le camp des musulmans ? Ou le camp des idolâtres ? Ils prétextèrent alors leur impuissance pour ne pas avoir été dans le camp des musulmans, mais malgré cela les Anges n’acceptèrent pas leur excuse, mais ils leur dirent : ﴾« La terre d'Allah n'était-elle pas assez vaste pour vous permettre d'émigrer ? » Voilà bien ceux dont le refuge est l'Enfer. Et quelle mauvaise destination! ﴿

Une personne raisonnable ne douterait pas que les pays qui se sont séparés des musulmans et se sont mis avec les idolâtres, dans leur camp et leur groupe, sont pire que ceux qui abandonnèrent l’exil par amour pour la patrie, la famille ou l’argent, d'autant plus que ce verset fut révélé sur des gens de la Mecque, qui s’étaient convertis à l’islam mais évitèrent l’exil . Alors, lorsque les idolâtres sortir pour la bataille de Badr, ils les forcèrent à combattre avec eux, ils combattirent alors par peur. Les musulmans les tuèrent le jour de Badr, et lorsqu’ils apprirent les avoir tués, ils s’effondrèrent en disant : « Nous avons tué nos frères !» C’est alors qu’Allah révéla ce verset.

 

Que dire après cela, de ces pays qui furent musulmans et qui dénouèrent de leurs coups le nœud de l’Islam pour montrer aux idolâtres qu’ils sont d’accord avec leur religion, et se mirent à leur obéir, les recueillirent, les secoururent, trahirent les monothéistes, aimèrent une autre voie que la leur, les critiquèrent, montrèrent à leur égard de l’insulte et du mépris, de la moquerie, et prétendirent que leur fermeté sur le monothéisme est une stupidité, ainsi que la lutte pour ce monothéisme. Ils secoururent alors les idolâtres contre les monothéistes non pas sous la contrainte, mais volontairement sans y être forcé, mais par choix ! Ceux là méritent encore plus la mécréance et le Feu que ceux qui abandonnèrent l'exil par amour de leur patrie et par peur des mécréants, et

combattirent dans leurs armées sous la contrainte et la peur.

 

Alors, si quelqu’un disait : La contrainte dont furent victime ceux qui combattirent à la bataille de Badr ne fut pas une excuse pour eux ? Nous répondons : Elle ne fut pas une excuse pour eux, car au début, ils n’étaient pas excusés de vivre avec les mécréants. Le fait qu’après ils furent contraint ne les excusent donc pas, car c’est eux-mêmes qui ont provoqué cela, lorsqu’auparavant ils avaient décidé de ne pas émigrer et de rester avec eux.

 

 

 

 

 

Septième preuve

 

 

Allah dit :

 

 

«Dans le Livre, Il vous a déjà révélé ceci: lorsque vous entendez qu'on renie les versets (le Coran) d'Allah et qu'on s'en raille, ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu'à ce qu'ils entreprennent une autre conversation. Sinon, vous serez comme eux.»

(Sourate 4 - Verset 140)

 

Allah nous dit qu’Il a révélé aux croyants dans le Livre, que s’ils entendent qu’on mécroit aux versets d’Allah ou que l’ont s’en moque, qu’ils ne restent pas avec eux jusqu’à ce qu’ils entreprennent une autre conversation, et que celui qui s’assied avec ceux qui sont en train de mécroire aux versets d’Allah et de s’en moquer, il est comme eux. Et Il ne fit pas de distinction entre celui qui le fait par peur ou autre, sauf celui qui y est contraint. Ceci alors qu’ils étaient dans le même pays au début de l’islam, alors que dire de celui qui est dans l’islam aisément et dans un pays puissant, et qu’il invite ceux qui mécroient aux versets d’Allah qui s’en moquent dans son pays, les prend comme alliés, amis et compagnons, entend leur mécréance et moqueries et les accepte, et expulse les monothéistes et les éloigne?

 

 

 

 

Huitième preuve

 

 

 

Allah dit :

 

«Ô croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d'entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes.»

(Sourate 5- Verset 51)

 

 

Allah interdit aux croyants de prendre les juifs et les chrétiens pour alliés, et informa que celui qui parmi les croyants les prend pour alliés devient alors l’un des leurs. Il en est de même pour le statut de celui qui prend pour allié les mécréants parmi les mazdéens et les adorateurs d’idoles : il est comme eux. Et si l’un d’eux venait à polémiquer sur l’adoration des mausolées et l’invocation des morts avec Allah, et de dire qu’il ne s’agit pas là d’idolâtrie et que ses adeptes ne sont pas des idolâtres, alors son cas sera clair, et son entêtement et sa mécréance seront alors flagrants.

 

Et Allah ne fit pas de distinction entre celui qui a peur et un autre, mais au contraire Il informa que ceux qui ont le cœur malade8 font cela par peur des conséquences. C’est la même chose pour ces apostats, ils craignent les conséquences, ce qui fit disparaitre la foi qu’il y avait dans leurs cœurs, en la promesse véridique d’Allah de secourir les adeptes du monothéisme. Ils ont accouru alors au secours des idolâtres, de peur de subir de mauvaises conséquences.

 

Allah dit :

 

«Mais peut-être qu'Allah fera venir la victoire ou un ordre émanant de Lui. Alors ceux-là regretteront leurs pensées secrètes.»

(Sourate 5 -Verset 52)

 

 

 

 

 

Neuvième preuve

 

Allah dit :

 

«Tu vois beaucoup d'entre eux s'allier aux mécréants. Comme est mauvais, certes, ce que leurs âmes ont préparé, pour eux-mêmes, de sorte qu'ils ont encouru le courroux d'Allah, et c'est dans le supplice qu'ils s'éterniseront. »

(Sourate 5 - Verset 80)

 

 

Allah annonce ici que l’alliance aux mécréants implique Sa Colère et l’éternité dans le châtiment, pour ce seul fait, et même si l’homme le fait par peur, excepté celui qui y est contraint avec sa condition. Alors que dire de celui qui joint à cela la mécréance claire et évidente qu’est de manifester de l’opposition aux monothéistes et ceux qui y adhèrent, et de s’entraider avec les mécréants pour faire cesser l’invocation exclusive d’Allah, et établir l’invocation d’autre que Lui ?!

 

 

 

 

Dixième preuve

 

 

 

 

Allah dit :

 

«S'ils croyaient en Allah, au Prophète et à ce qui lui a été descendu, ils ne prendraient pas ces mécréants pour alliés. Mais beaucoup d'entre eux sont pervers.»

( Sourate 5 -Verset 81)

 

 

Allah annonça ici que l’alliance aux mécréants invalide la foi en Allah et en Son prophète, et en ce qui lui fut révélé. Puis Il informa que la cause de cette alliance est que beaucoup d’entre eux furent des pervers, et Il ne fit aucune distinction entre celui qui le fit par peur des conséquences et entre celui qui n’eut pas peur. Et c’est ainsi que nous constatons le cas de beaucoup de ces apostats : avant leur apostasie, ils étaient pervers. Cette perversité les a poussés à s’allier aux mécréants, et à abjurer l’Islam, qu’Allah nous en protège.

 

 

 

 

 

Onzième preuve

 

 

Allah dit :

 

 

 

«Les diables inspirent à leurs alliés de disputer avec vous. Mais si vous leur obéissez, vous serez assurément des idolâtres.»

(Sourate 6 - Verset 121)

 

Ce verset fut révélé lorsque les idolâtres dirent : « Vous mangez ce que vous tuez, mais vous ne mangez pas ce qu’Allah tue ?! » Alors Allah révéla ce verset.

 

Donc, si la personne qui obéit aux idolâtres dans la légalisation de la consommation du cadavre d’animaux devient alors lui-même idolâtre, et ceci sans distinction entre celui qui le fait par peur et autre que lui, à part celui qui est contraint ; que dire alors de celui qui leur obéit dans la légalisation de l’alliance avec eux, d’être de leur coté et de les secourir, d’attester qu’ils sont sur la vérité, et légaliser le sang des musulmans ainsi que leurs biens, de sortir du groupe des musulmans pour rejoindre celui des idolâtres ?! Ceux-là méritent encore bien plus d’être mécréants et idolâtres que ceux qui s’accordèrent à légaliser la consommation de la viande des cadavres d’animaux

 

 

 

 

 

 

Douzième preuve

 

Allah dit :

 

«Et raconte-leur l'histoire de celui à qui Nous avions donné Nos signes et qui s'en écarta. Le Diable, donc, l'entraîna dans sa suite et il devint ainsi du nombre des égarés.»

(Sourate 7 - Verset 175)

 

Ce verset fut révélé sur un érudit adorateur à l’époque des fils d’Isrâ’îl, on dit qu’il s’appelait «Bal‘âm » Il connaissait le plus grand des nom.

 

Ibn Abî Talhâ rapporte d’Ibn ‘Abbâs, qu’Allah l’agrée :

 

« Lorsque Moïse (que sur lui soit la paix) descendit avec les géants, les fils de son oncle et son peuple vinrent à lui (à Bal‘âm) en disant : « Vraiment, Moïse est un homme fort qui a avec lui une grande armée, et s’il venait à nous combattre, il nous anéantirait assurément, alors invoque Allah qu’Il écarte Moïse et ceux qui sont avec lui . » Il répondit : « Si je demandais cela, je perdrais alors ce bas monde et l’au-delà. » Mais ils ne cessèrent jusqu’à ce qu’il invoqua, Allah le dépouilla de ce qu’il avait, d’où Sa parole : « Le Diable, donc, l'entraîna dans sa suite et il devint ainsi du nombre des égarés. »

 

 

 

Ibn Zayd commenta : « Sa tentation pencha pour son peuple » c'est-à-dire ceux qui se rebellèrent contre Moïse et son peuple.

 

Allah relata le cas de cet homme, dépouillé de Ses miracles, après qu’Allah les lui ait donné à lui seul, qu’il les ait connu et y adhéra, puis il en fut dépouillé, c'est-à-dire qu’il abandonna la pratique de ces choses. Ce dépouillement signifie que c’était un soutien des idolâtres, et une aide envers eux en penchant de leur avis et en invoquant contre Moïse (que sur lui soit la paix) et ceux qui étaient de son coté, pour qu’Allah les écarte de son peuple. Il le fit par peur de son peuple, et par gentillesse envers eux, tout en reconnaissant fermement la vérité et en témoignant d’elle et en adorant, mais il s’écarta de cette pratique en suivant son peuple, sa tribu, sa passion et pour demeurer sur la terre, ceci fut un dépouillement des miracles d’Allah.

 

Ceci est le cas de ces apostats, voir même pire, en effet, Allah leur a donné Ses versets où se trouve le commandement du monothéisme, de L’invoquer Lui seul sans associés, et l’interdiction de lui associer quelque chose dans Son invocation, le commandement de l’alliance avec les croyants, de les aimer et les secourir, et de se cramponner au câble d’Allah tous ensemble, d’être du coté des croyants, et le commandement d’être l’ennemi des idolâtres, de les haïr et de les combattre, de se séparer d’eux et le commandement de détruire les idoles, de faire cesser la prostitution, la sodomie et les choses blâmables… Ils ont reconnu cela et l’ont avoué, puis ils se sont dépouillés de tout cela. Ils méritent donc plus encore que Bal'am d’être dépouillé des miracles d’Allah, et d’êtres mécréants et apostats, ou au minimum le méritent autant que lui.

 

 

 

 

 

 

Treizième preuve

 

 

Allah dit :

 

«Et ne vous penchez pas vers les injustes: sinon le Feu vous atteindrait. Vous n'avez pas d'alliés en dehors d'Allah. Et vous ne serez pas secourus.»

(Sourate 11 - Verset 113)

 

 

Allah annonça ici que le fait de pencher vers les mécréants injustes implique d’atteindre le Feu, et Il ne fit aucune distinction entre celui qui le fait par peur ou autre que cela si le contraint. Alors que dire de ceux qui considèrent le fait de pencher vers eux comme une religion et un bonne avis, les aident tant qu’ils peuvent moralement et économiquement, et aiment la disparition du monothéisme et ses adeptes, et que les idolâtres les dominent ? Ceci est la pire des mécréance et la pire façon de pencher vers eux.

 

 

 

 

Quatorzième preuve

 

 

 

Allah dit :

 

«Quiconque a mécru Allah après avoir cru... - sauf celui qui y a été contraint alors que son coeur demeure plein de la sérénité de la foi - mais ceux qui ouvrent délibérément leur coeur à la mécréance ceux-là ont sur eux une colère d'Allah et ils ont un châtiment terrible. Il en est ainsi, parce qu'ils ont aimé la vie présente plus que l'au-delà. Et Allah, vraiment, ne guide pas les gens mécréants.»

( Sourate 16 - Versets 106 et 107 )

 

Allah a en effet juger d’un jugement irrévocable que quiconque revient de sa religion à la mécréance est un mécréant, et ceci qu’il le fasse par peur pour lui-même, pour l’argent ou la famille ou sans aucune peur. Qu’il ait mécru dans son cœur, ou extérieurement uniquement sans mécroire dans son coeur, qu’il ait mécru par ses actes et ses paroles, ou par un seul des deux, qu’il l’ait fait par envie d’une chose mondaine qu’il obtiendrait des idolâtres ou autres, quoi qu’il en soit c’est un mécréant sauf celui qui est contraint. Le contraint signifie dans notre langue : Celui qui est forcé. Lorsqu’on contraint un homme a faire de la mécréance en lui disant : « Abjures, sinon nous te tuerons, ou nous te frapperons. » Ou alors que les idolâtres s’emparent de lui et le frappent, et qu’il ne lui est pas possible de se libérer d’eux sans faire semblant d’accepter la mécréance, dans ce cas il lui sera permis de leur montrer de l’accord en l’apparence, mais à condition que son cœur soit serin sur la foi, c'est-à-dire : affirmé sur la foi, convaincu d’elle.

 

Mais s’il leur montrait de l’accord même dans son cœur, c’est alors un mécréant, qu’il ait été contraint ou non. Apparemment, l’avis de l’Imam Ahmad –qu’Allah lui fasse miséricorde- est que dans le premier cas de figure , il n’est pas contraint tant que les idolâtres ne le torturent pas, en effet, lorsque Yahyâ Ibn Ma‘în   vint le visiter alors qu’il était malade, il lui donna le salam et Ahmad ne lui rendit aucun salam.

 

Alors il ne fit que prétexter le hadîth de ‘Ammâr et la parole d’Allah ﴾sauf celui qui y a été contraint alors que son coeur demeure plein de la sérénité de la foi ﴿Alors Ahmad détourna son visage de l’autre coté. Yahyâ dit : « Il n’accepte pas d’excuse. » Et lorsque Yahyâ s’en alla, Ahmad dit « Il prétexte le hadîth de ‘Ammar : « Je les ai croisé et ils se sont mit à m’insulter. Je le leur interdit et ils se mirent à me frapper… » Alors que ce qu’on vous a dit à vous c’est « Nous voulons vous frapper » Yahyâ dit : « Par Allah, je n’ai jamais vu quelqu’un qui ait plus de compréhension de la religion d’Allah que toi sous ce ciel. »

Ensuite Allah ta‘âlâ nous informa que ces apostats qui ouvrent délibérément leur cœur à la mécréance bien qu’ils croient fermement en la vérité disent : « C’est uniquement par peur que nous avons fait cela. » Ils ont alors sur eux la colère d’Allah et un grand châtiment.

Puis Allah nous informa que la cause de cette mécréance et de ce châtiment ne sont pas le fait qu’ils aient été convaincus par l’idolâtrie, ou qu’ils aient ignoré le monothéisme, ou qu’ils aient détesté la religion ou aimé la mécréance… Mais la cause de cela est qu’ils ont eu dans cela une jouissance mondaine et qu’ils l’ont préféré à la religion et à la satisfaction du Seigneur des mondes.

 

Alors Allah dit : Il en est ainsi, parce qu'ils ont aimé la vie présente plus que l'au-delà. Et Allah, vraiment, ne guide pas les gens mécréants. ﴿ Allah les jugea alors mécréants, et annonça qu’Il ne les guidera pas mêmes’ils prétendent l’avoir faire par amour pour ce bas monde. Ensuite, Allah nous informa que ces apostats sont ceux de qui Il scella le cœur, les oreilles et les yeux, pour cause de leur préférence de ce bas monde à l’au-delà, et que ce sont les insouciants. Ensuite, Allah informa, afin d’appuyer l’information précédente, que ceux là seront les perdants dans l’au-delà.

 

 

 

 

 

 

 

Quinzième preuve

 

 

 

Allah dit :

 

 

«Si jamais ils vous attrapent, ils vous lapideront ou vous feront retourner à leur religion, et vous ne réussirez alors plus jamais»

(Sourate18- Verset 20)

 

 

Allah énonce ici l’histoire des gens de la caverne, lorsque ceux-ci parlaient des idolâtres en disant que s’ils venaient à les vaincre et à les dominer, ils seront alors entre deux choix : Soit ils seront lapidés, c'est-à-dire qu’ils tués de la plus atroce mort qu’est la lapidation, soit ils les feront revenir à leur religion « et vous ne réussirez alors plus jamais… » C'est-à-dire : Si vous devenez d’accord avec leur religion après qu’ils vous aient vaincu, vous ne réussirez alors plus jamais. Tel est le cas de celui qui leur montre de l’accord après qu’ils les aient vaincu, alors que dire de ceux qui leur montrent de l’accord et tiennent des correspondances avec eux, répondent à leurs demandes sans même avoir été vaincus ni contraints ?! Et en plus de ça, ils pensent être biens guidés !

 

 

 

 

 

Seizième preuve

 

 

Allah dit :

 

«Il en est parmi les gens qui adorent Allah marginalement. S'il leur arrive un bien, ils s'en tranquillisent, et s'il leur arrive une épreuve, ils détournent leur visage, perdant ainsi (le bien) de l'ici-bas et de l'au-delà. Telle est la perte évidente! »

(Sourate 22 - Verset 11)

 

 

Allah nous annonce qu’il en est parmi les gens qui adorent Allah marginalement. S'il leur arrive un bien, comme par exemple un secours, une force, une sécurité, une protection ou autre, il s’en tranquillise, c'est-à-dire : Il se sent bien et dit : « ceci est une bonne religion, nous n’y trouvons que de bonnes choses… » ,  et s'il leur arrive une épreuve ﴿ comme la peur, maladie ou pauvreté  ils détournent leur visage ﴿ c'est-à-dire qu’ils apostasient de leur religion et reviennent aux idolâtres.

 

Et ce verset correspond au cas de ceux qui, dans ce trouble, se détournent de leur religion ; ils adorent Allah marginalement. Ils ne sont pas de ceux qui adorent Allah avec certitude et détermination. Alors, lorsqu’ils sont atteint par ce malheurs, ils se détournent de leur religion et se montre d’accord envers les idolâtres, leur vouent obéissance, quittent le rang des musulmans pour rejoindre celui des idolâtres, ils seront alors avec eux dans l’au-delà comme ils le furent dans ce bas monde.  Ils ont perdu leur vie mondaine et leur vie future, et ceci est la perte évidente.﴿

 

Et ceci se passe alors que beaucoup d’entre eux sont en sécurité : il ne leur est pas venu d’ennemis. C’est plutôt qu’ils eurent mauvaise opinion d’Allah, ils crurent qu’Il donnera la victoire au mensonge et ses adeptes sur la vérité et ses adeptes. Leur mauvaise opinion d’Allah causa leur perte, comme le dit Allah au sujet de celui qui a mauvaise opinion de lui :

 

«Et c'est cette pensée que vous avez eue de votre Seigneur, qui vous a ruinés, de sorte que vous êtes devenus du nombre des perdants.»

(Sourate 41- Verset 23)

 

 

Ô toi, à qui Allah fit grâce de la fermeté sur l’islam ! Prend bien garde d’avoir un soupçon de doute dans ton cœur, ou d’avoir bonne opinion de ces apostats, ou de croire que leur accord avec les idolâtre en leur montrant de l’obéissance, par peur pour soit même, les biens et la famille soit une bonne chose, car ces ambiguïtés sont assurément celles qui firent tomber beaucoup de gens des temps anciens et modernes dans l’association à Allah, mais Allah ne les excusa pas pour cela. En dehors de cela, beaucoup d’entre eux connaissent la vérité, y croient fermement en leurs forts intérieurs, mais ils prirent l’idolâtrie pour obéissance à cause des huit raisons qu’Allah a énoncé dans Son livre, et Il ne les excusa pas pour une seule d’entre elles ni une partie d’entre elles, Il dit :

 

 

«Dis: "Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables, vous sont plus chers qu'Allah, Son messager et la lutte dans le sentier d'Allah, alors attendez qu'Allah fasse venir Son ordre. Et Allah ne guide pas les gens pervers.»

(Sourate 9 - Verset 24)

 

 

 

 

 

 

 

Dix-septième preuve

 

 

Allah dit :

 

 

«Ceux qui sont revenus sur leurs pas après que le,droit chemin leur a été clairement exposé, le Diable les a séduits et trompés. • C'est parce qu'ils ont dit à ceux qui ont de la répulsion pour la révélation d'Allah: "Nous allons vous obéir dans certaines choses". Allah cependant connaît ce qu'ils cachent. • Qu'adviendra-t-il d'eux quand les Anges les achèveront, frappant leurs faces et leurs dos? • Cela parce qu'ils ont suivi ce qui courrouce Allah, et qu'ils ont de la répulsion pour (ce qui attire) Son agrément. Il a donc rendu vaines leurs œuvres.»

( Sourate 47- Versets 25, 26, 27 et 28 )

 

 

 

Allah rappelle que ces apostats qui retournèrent sur leurs pas le firent après que la guidée leur fut évidente, ils ont donc apostasié en connaissance de cause, mais leur connaissance de la vérité ne leur fut d’aucun intérêt lors de leur apostasie. Satan les a donc trompé par sa séduction, et leur a embellit ce qu’ils commettaient comme blasphèmes. Et ceci est le cas de ces apostats en ce temps de trouble : Satan les a trompé, et leur fit s’imaginer que la peur est une excuse pour apostasier, et que leur connaissance et leur amour de la vérité et l’attestation de la foi font que leurs actes ne leur nuisent aucunement. Ils oublièrent alors que beaucoup d’idolâtres reconnaissent la vérité, l’aiment et en témoignent, mais ils en délaissent le suivit et la pratique par amour pour les choses mondaines, par peur pour eux même ou pour leur argent, leur nourriture ou leur fonction.

 

Puis Allah dit : C'est parce qu'ils ont dit à ceux qui ont de la répulsion pour la révélation d'Allah: "Nous allons vous obéir dans certaines choses"﴿ Allah nous informe alors que la cause de ce qui leur arriva comme apostasie, cette séduction de Satan et sa tromperie envers eux, est qu’ils dirent à ceux qui détestent ce qu’Allah a révélé :  Nous allons vous obéir dans certaines choses …﴿

 

Alors, si lorsqu’une personne promet d’obéir dans certaines choses aux idolâtres qui détestent ce qu’Allah a révélé est un mécréant, même s’il ne tien pas sa promesse, que dire alors de ceux qui rejoignent les idolâtres qui détestent ce qu’Allah a révélé - de n’adorer que Lui sans associés, et l’abandon de l’adoration de quiconque d’autre que Lui comme les rivaux, les Tawâghît  et les morts- et les font passer pour des gens biens guidés, et prétendent que ce sont les monothéisme qui sont en tort de les combattre, mais que la solution correcte est de faire la paix avec eux, et de se convertir à leur religion fausse ?! Ceux-là méritent plus d’être des apostats que ceux qui firent la promesse aux idolâtres de leur obéir dans certaines choses seulement.

 

 

 

Puis Allah nous informe de l’atrocité de leur situation une foi mort, puis Il dit : Cela parce﴿ C'est-à-dire : l’atrocité de leur situation dans la mort est causée parce  qu'ils ont suivi ce qui courrouce Allah, et qu'ils ont de la répulsion pour [ce qui attire] Son agrément. Il a donc rendu vaines leurs œuvres. ﴿

 

Un musulman n’a aucune hésitation : Suivre les idolâtres, entrer dans leurs rangs, attester qu’ils sont sur la vérité, les aider dans l’anéantissement du monothéisme et de ses pratiquants, les soutenir dans leurs mausolées et tombeaux, la sodomie, et le suivit de ce qui courrouce Allah, et la répulsion de ce qui Le satisfait, même s’ils prétendent faire cela a cause de la peur, et bien Allah ne donne pas d’excuse aux apostats a cause de leur peur des idolâtres. Au contraire, Il a interdit d’avoir peur d’eux, alors où est celui qui prétend : «Nous n’avons rien fait, nous sommes sur notre religion ! »

 

 

 

 

 

 

 

Dix-huitième preuve

 

 

 

Allah dit :

 

«N'as-tu pas vu les hypocrites disant à leurs confrères qui ont mécru parmi les gens du Livre: "Si vous êtes chassés, nous partirons certes avec vous et nous n'obéirons jamais à personne contre vous; et si vous êtes attaqués, nous vous secourrons certes". Et Allah atteste qu'en vérité ils sont des menteurs. »

( Sourate 59 – Verset 11 )

 

 

Allah a lié de fraternité les mécréants et les hypocrites. Il nous informe que ces derniers disent en secret aux mécréants : Si vous êtes chassés, nous partirons certes avec vous﴿ c'est-à-dire, si Mouhammad (salla llahou ‘alayhi wa sallam) vous vainc et vous chasse de vos terres, nous partirons certes avec vous et nous n'obéirons jamais à personne contre vous﴿ c'est-à-dire, nous n’écouterons personne parler contre vous et n’obéiront à personne contre vous ; et si vous êtes attaqués, nous vous secourrons certes﴿ si Mouhammad vous combat, nous serons avec vous. Mais Allah témoigne ensuite qu’ils ont mentit en prétendant cela. Alors si le simple fait de promettre aux mécréants de s’allier avec eux, leur porter secours et s’exiler avec eux au cas où ils se feraient expulser, est de l’hypocrisie et de la mécréance, même si cela n’est que mensonge et dit secrètement, qu’en est-il de celui qui manifeste cela ouvertement, sincèrement et apporte réellement une aide aux mécréants, en se joignant dans leurs rangs, sous leur obéissance, et invitant les gens à leur obéir tout en apportant une aide tant matériel que morale ? Ceci alors que les hypocrites n’ont agit ainsi que par peur des conséquences, comme Allah le dit :

 

 

 Tu verras, d'ailleurs, que ceux qui ont la maladie au coeur se précipitent vers eux et disent: "Nous craignons qu'un revers de fortune ne nous frappe. 

(Sourate 5 – Verset 52)

 

 

Telle est la situation de nombreux apostats face à ce fléau, ils ont la même excuse que

ceux qu’Allah a décrits comme ayant une maladie au cœur, et Il n’a pas accepté cette excuse, Allah a dit :

 

 

 «Mais peut-être qu'Allah fera venir la victoire ou un ordre émanant de Lui. Alors ceux-là regretteront leurs pensées secrètes. » Et aussi : « Et les croyants diront: "Est-ce là ceux qui juraient par Allah de toute leur force qu'ils étaient avec vous?" Mais leurs actions sont devenues vaines et ils sont devenus perdants.»

(Sourate 5 - Verset 53)

 

 

Puis Allah a dit :

 

 «Ô les croyants ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion, Allah va faire venir un peuple qu'Il aime et qui L'aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants…»

(Sourate 5 - Verset 54)

 

 

Allah nous informe qu’en présence d’apostats, il y aura toujours des bien aimés moujâhidîn qu’Il a décrits comme étant humbles et modestes avec les croyants, fiers, sévère et durs envers les mécréants, contrairement à ceux qui font preuve d’humilité et de tendresse envers les adorateurs  des tombeaux, les prostituées et sodomites, et sont rudes et sévères envers les gens sincères du monothéisme et de la pureté du culte… Cela suffit pour prouver la mécréance de quiconque se conforme aux idolâtres, et ce même s’il prétend agir sous la peur, Allah a dit : ne craignant le blâme d'aucun blâmeur ﴿(sourate 5 - verset 54) Contrairement à celui qui délaisse la franchise et la lutte par peur des idolâtres.

 

Puis Allah a dit : qui lutte dans le sentier d'Allah ﴿ ils luttent pour le monothéisme avec endurance, recherchant la face de leur Seigneur afin que la parole d’Allah soit la plus haute, ne craignant le blâme de personne, c'est-à-dire qu’ils font fi de ceux qui les critiquent ou leur cause du tort dans leur religion, et restent constant dans le combat sans se soucier du blâme ou de la colère de quiconque, leur seul but est la satisfaction de leur Seigneur adoré, et de se préserver de Sa colère, contrairement à ceux dont le but ultime est la satisfaction des adorateurs de tombeaux, des prostituées et des sodomites, qui placent en eux leur confiance et redoutent leur colère, c’est le summum de l’égarement et de l’humiliation, Allah a dit : Telle est la grâce d'Allah. Il la donne à qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient ﴿

 

 

Allah informe que ce grand bien et ces hautes qualités sont les caractéristiques des croyants qui sont constant dans leur religion face aux troubles, ceci n’est point du à leurs forces ou puissances mais ce n’est qu’une Grâce d'Allah qu'Il donne à qui Il veut. Et Allah est le Détenteur de l'énorme grâce﴿(sourate 5, verset 54)

 

Puis Il dit :

 

« Vous n'avez d'autres alliés qu'Allah, Son messager, et les croyants qui accomplissent la prière, s'acquittent de la Zakât, et s'inclinent (devant Allah).» 

(Sourate 5 - Verset 55)

 

 

Cette proclamation d’Allah est un ordre de Le prendre pour allié ainsi que Son Messager (salla llahou 'alayhi wa sallam) et les croyants. Et cela sous-entend l’interdiction de s’allier aux ennemis d’Allah, de Son messager et des croyants. Et il n’est pas difficile de savoir qui d’entre ces groupes est le plus proche d’Allah et de Son messager, de la pratique de la prière et le dont de la zakât. S’allier contre eux revient à placer l’alliance où il ne faut pas, troquant l’alliance d’Allah, de Son messager et des croyants qui font la prière et donnent la zakât pour l’alliance avec les idolâtres et des adorateurs de tombeaux, puis Allah promet que le succès sera pour ses alliés :

 

 

«Et quiconque prend pour alliés Dieu, Son messager et les croyants, [réussira] car c'est le parti de Dieu qui sera victorieux.»

( Sourate 5 - Verset 56)

 

 

 

 

 

Dix-neuvième preuve

 

 

 

Allah dit :

 

 

Tu n'en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour amis ceux qui s'opposent à Allah et à Son Messager, fussent-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu…»

(Sourate 58 - Verset 22)

 

 

Allah annonce que tu ne trouveras jamais quelqu’un qui croit en Lui et au jour dernier, qui prend pour amis ceux qui s’opposent à Allah et à Son messager, même s’ils sont ses proches, car cela contredit et annule la foi. L’alliance avec les mécréants et la foi en Allah sont deux choses qui ne peuvent se réunir chez une même personne, de même que l’eau ne se réunit pas avec le feu.

 

Allah a répété dans de nombreux endroits du Coran :

 

 

«Ô vous qui croyez! Ne prenez pas pour alliés, vos pères et vos frères s'ils préfèrent la mécréance à la foi. Et quiconque parmi vous les prend pour alliés... ceux-là sont les injustes.»

(Sourate 9 - Verset 23)

 

 

 

Ces versets exposent clairement qu’Allah n’accepte pas l’excuse de ceux qui se conforment aux mécréants sous prétexte qu’ils aient eu peur de perdre leurs biens ou familles ou quelque chose comme ça que beaucoup de gens prétextent. S’Il n’a pas permis de prendre les mécréants proches comme amis ou alliés simplement pour obtenir leur satisfaction et par crainte à leur égard, que dire de celui qui prend pour alliés et amis des mécréants venus de loin, et fait semblant d’être en accord avec leur religion, tout ça par peur de perdre ses biens ou sa famille ou pour obtenir de leur faveur ? Et plus étonnant encore, est que ceux qui agissent de la sorte voient cela comme une bonne chose et considèrent un tel agissement comme licite, ainsi en plus de leur apostasie, ils se permettent l’illicite.

 

 

 

 

 

 

Vingtième preuve

 

 

Allah dit :

 

 Ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas pour alliés Mon ennemi et le vôtre, leur offrant l'amitié, alors qu'ils ont nié ce qui vous est parvenu de la vérité. Ils expulsent le Messager et vous-mêmes parce que vous croyez en Allah, votre Seigneur. Si vous êtes sortis pour lutter dans Mon chemin et pour rechercher Mon agrément, leur témoignerez-vous secrètement de l'amitié, alors que Je connais parfaitement ce que vous cachez et ce que vous divulguez? Et quiconque d'entre vous le fait s'égare de la droiture du sentier.»

(Sourate 60 - Verset 1)

 

 

Allah informe que celui qui s’allie à Ses ennemis, fussent-ils des proches, s’est égaré du droit chemin, l’a quitté et est tombé dans l’égarement. Comment donc celui qui agit ainsi peut-il prétendre être sur le droit chemin ? Sa prétention est un démenti à l’encontre d’Allah, or quiconque dément Allah est un mécréant. C’est aussi une autorisation de ce qu’Il a interdit, en rendant licite l’alliance avec les mécréants, et celui qui rend licite un interdit est aussi un mécréant.

 

Puis Allah dévoile l’ambiguïté de celui qui prétexte cela au nom de sa famille et ses enfants, Il dit :

 

 

«Ni vos proches parents ni vos enfants ne vous seront d'aucune utilité le Jour de la Résurrection, Il (Allah) décidera entre vous, et Allah est Clairvoyant sur ce que vous faites. »

(Sourate 60 - Verset 3)

 

 

 

Allah n’accepte pas l’excuse de ceux qui disent avoir fait cela pour protéger leurs proches et enfants, et la peine qu’ils avaient de s’en séparer, mais plutôt il avertit que cela ne sera d’aucune utilité le jour de la résurrection contre Son châtiment, comme Il a dit dans un autre verset :

 

 

«Puis quand on soufflera dans la Trompe, il n'y aura plus de parenté entre eux ce jour là, et ils ne se poseront pas de questions.»

(Sourate 23 - Verset 101)

 

 

 

 

 

 

Vingt et unième preuve

 

 

D’après Samourat Ibn Joundoub, le Prophète (salla llahou ‘alayhi wa sallam) a dit :

 

« Celui qui se réunit avec un idolâtre et vit avec lui, devient comme lui »

(Rapporté par Abou Dawoûd et d’autres)

 

 

Dans ce hadith il est mentionné celui qui se réunit avec les idolâtres, c'est à dire se rassemble avec, les côtoie et vit avec eux, alors il devient comme eux. Que dire alors de celui qui fait mine d’approuver leur religion, leur procure un refuge et les aide ?! S’ils disent : « Nous avons peur d’eux » nous leur disons : Vous êtes des menteurs, et votre peur n’est pas une excuse, comme a dit Allah :

 

 

 

«Parmi les gens il en est qui disent: "Nous croyons en Allah"; puis, si on les fait souffrir pour la cause d'Allah, ils considèrent l'épreuve de la part des hommes comme un châtiment d'Allah.

 

 

Allah ne pardonne pas à celui qui délaisse sa religion par la peur ou face à la nuisance des opposants, que dire alors de ceux qui n’ont rien subit de cela, mais agissent ainsi par amour pour le faux et par crainte des conséquences ?! Les preuves de leur mécréance sont nombreuses, mais ce que j’ai ramenés est suffit à celui qu’Allah veut guider. Quant à celui qu’Il veut égarer ou éprouver, il en sera comme Il a dit :

 

«Ceux contre qui la parole (la menace) de ton Seigneur se réalisera ne croiront pas, même si les signes leur parvenaient, jusqu'à ce qu'ils voient le châtiment douloureux.»

(Sourate 10 - Versets 96 et 97)

 

 

 

Nous demandons à Allah, Le Très Bon, Le Généreux, qu’Il nous fasse vivre et mourir musulmans, et nous fasse rejoindre les pieux, sans humiliation ni épreuve, par sa miséricorde car il est le plus miséricordieux des miséricordieux. Que la paix et le salue soient sur Mouhammad, sa famille et ses Compagnons. 

 

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Les musulmans sont obligés d’envoyer la Prière d'Allah [1] et le Salut [2] sur Muhammad (sallallahu 'alayhi wa sallam) quand son nom est mentionné. Allah nous l’a ordonné en disant [3] :

 

« Certes, Allah est Ses Anges prient sur le Prophète; ô vous qui croyez priez sur lui et adresses [lui] vos salutations. »

 

Et le messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam) a dit :

 

« Chaque fois que quelqu'un prie sur moi, Allah écrit pour lui dix récompenses à cause de cela. » [4]

 

Et le prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) a décrit celui qui ne prie pas sur lui quand il est mentionné comme « le plus radin des gens. » [5] Et il a dit « Amin! » A l’invocation de Jibril ('alayhi sallam) : « Qu’ Allah repousse celui qui entend qu’on te mentionne et ne prie pas sur toi ! » [6]

 

Ainsi, voici la question qui doit être clarifiée : De nombreuses personnes emploient l'abréviation « SAW » ou « PBDSL » pour accomplir cette obligation dans leurs écrits. Est-ce quelque chose qui remplit l'obligation d'envoi de la prière et du salut sur le messager ? Voyons certaines paroles de savants quant à cette pratique.

 

'Abdul-Qadir Al-Maghribi a dit : « Quant à SAD-LAM-'AYN-MIM, il semble que cela a été inventé au 9ème siècle de l’hégire. Dans l'explication de Alfiyyah d'Al-'Iraqi, un livre des sciences de Hadith, l'auteur dit : « Les abréviations doivent être évitées, aussi bien que la négligence de cela. » Cela signifie qu'il faut rester loin de symboles et ne pas l'abréger en enlevant certaines de ses lettres, plutôt il doit employer sallallahu 'alayhi wa sallam entièrement dans son discours et ses écrits.

 

L'auteur, shaykh Zakariya Al-Ansari, a ensuite mentionné que l’imam An-Nawawi a rapporté qu'il y a un consensus sur l’obligation d’envoyer les prières sur le prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) dans le discours aussi bien qu’à l'écrit. Donc, il ne fait pas partie de la Sunna d’employer des symboles ou abréviations à la place.

 

Puis, shaykh Al-Ansari a mentionné que le premier à avoir employé un symbole pour cela, sa main a été coupée et le Refuge est cherché auprès d'Allah … » [7]

 

Ibn Hajar Al-Haythami dit : « Le mot « SAD-LAM-'AYN-MIM » n'est pas permis. Plutôt il nous est demandé d’envoyer la prière et le salut. » [8]

 

Al-Fayruza-Abadi a dit : « Il n'est pas approprié d'employer des symboles ou des abréviations pour désigner la prière et le salut, comme certains paresseux le font, de même que certains ignorants et certains étudiants en science - ils écrivent 'SAD-LAM-'AYN-MIM' au lieu de sallallahu 'alayhi wa sallam »  [9]

 

Ahmad Shakir a dit : « C'est la tradition absurde de certaines des générations postérieures d’abréger l'écriture de sallallahu 'alayhi wa sallam. » [10]

 

Et Allah est plus savant. Et que la prière et le salut d’Allah soient sur notre messager, sur sa famille et ses compagnons.

 

 

Notes de bas de page

 

[1] Prier sur le prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) signifie que l'on invoque Allah de le louer et de mentionner son haut rang aux anges. Voir Jalal Al-Afham (p.253) d'Ibn Al-Qayyim, Fathul-Bari (11/179-197) d'Ibn Hajr, ou tafsir d'Ibn Kathir du verset 33:56.

[2] Salut : sécurité

[3] Sens de sourate Al-Ahzab  :56

[4] Hadith authentique rapporté par Ibn Hibban dans son Sahih (*906, 3/187) sur l'autorité d'Abû Hurayra (radiallahu ‘anhu). Shaykh Al-Albani l’a déclaré sahih dans Silsilatul-Ahadith As-Sahiha (*3359, 7/1080).

[5] hadith hassan rapporté par Ibn Abi Ad-Dunya dans As-Salah ‘Ala-Nabi (p.30-31) sur l'autorité d'Abû Dharr (radiallahu ‘anhu). Hamdi As-Salafi l’a déclaré hassan dans sa vérification du livre.

[6] hadith authentique rapporté par At-Tabarani dans Al-Mu'jam Al-Kabir sur l'autorité de Jabir ibn Samura (radiallahu ‘anhu). Shaykh Al-Albani l’a authentifié dans sa vérification At-Targhib wat-Tarhib d'Al-Munthiri (*1677,2/298).

[7] Mu'jam Al-Manahi Al-Lafdhiya (p.188-189)

[8] Al-Fatawa Al-Hadithiya (p.168)

[9] De son livre As-Salatu wal-Bushr, comme il est cité dans Mu'jam Al-Manahi Al-Lafdhiya (p.351)

[10] Musnad de l’imam Ahmad (*5088, 9/105)

 

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Texte écrit par Cheikh Soulaymane Ibn Nasir al-'Alwane (http://al-alwan.org). 

Traduit par Assabyle.coM

 

Toute la louange est à Allah, Seigneur des mondes. Ama Ba'ad,


Certains frères ont posé la question: 

Quelle est le jugement concernant deux personnes qui diverge dans un problème de fiqh (jurisprudence) ? Est-ce que chaque individu a le droit de prendre l'avis de l'imam de son madhhab (école de jurisprudence), ou doit-il faire des recherches sur le problème et enquêter sur les preuves ? 

Informez nous de la décision à prendre et puisse Allah vous récompenser largement.


Ainsi je leur ai répondu :


S'il n'y a pas de preuves évidentes sur un problème et que la décision concernant ce problème est basée sur l'ijtihaad (le processus de raisonnement par lequel les lois islamiques sont déduites après des recherches approfondies), alors c'est au musulman de suivre celui qu'il pense être le plus savant et le plus pieux des gens, et il n'y a aucun blâme s'il fait ça. Concernant un problème où il y a des daliles (preuves légales provenant du Coran ou de la Sounnah), alors il n'est pas permis à un musulman de prendre l'avis de son imam si cet avis va à l'encontre des preuves. Au contraire, c'est à lui de laisser tomber l'avis de son imam, qui qu'il soit, s'il a reçu la preuve, et ceci est obligatoire pour la création toute entière. Les avis des érudits nous apportent des preuves et non l'inverse. En effet, les avis des érudits nous aide à comprendre les textes et à expliquer les problèmes et ainsi de suite.


Quant au fait que les paroles des savants prévale sur les paroles d'Allah et de Son messager , et bien aucun savant n'a jamais déclaré cela. Au contraire ceci va à l'encontre du Coran, de la Sunnah et du consensus des musulmans, puisqu'Allah nous a ordonné de suivre Son Livre et d'obéir à Son Messager , dans de nombreux passages du Coran. 


Allah  dit : 
Et obéissez à Allah et au Messager afin qu'il vous soit fait miséricorde ! [Sourate Al-Imran 3:132]


Et Il  dit :
 Obéissez à Allah et obéissez au Messager [Sourate An-Nur 24:54]


Et Allah  dit :
 Que ceux, donc, qui s'oppose à son commandement prennent garde qu'une épreuve ne les atteigne, ou que ne les atteigne un châtiment douloureux [Sourate An-Nur 24 :63]


Il  dit aussi :
 Ô vous qui croyez ! Obéissez à Allah et à Son Messager et ne vous détournez pas de lui quand vous l'entendez (parler). Et ne soyez pas comme ceux qui disent : « Nous avons entendu », alors qu'ils n'entendent pas.
Les pires des bêtes auprès d'Allah, sont, [en vérité], les sourds-muets qui ne raisonnent pas
 [Sourate Al-Anfal 8:20-22]


En vérité les savants (que la miséricorde d'Allah soit sur eux), avaient l'habitude de conseiller à leurs élèves de ne pas suivre aveuglément . En effet, ils leur imposaient de prendre les preuves puisque ceci est obligatoire et indispensable pour tous les musulmans. Ainsi si quelqu'un reçoit la preuve alors il doit suivre cette preuve et laisser tout ce qui s'y oppose. 


Allah  dit : 
Suivez ce qui vous a été descendu venant de votre Seigneur et ne suivez pas d'autres alliés que Lui. Mais vous vous souvenez peu. [Sourate Al-Araf 7:3]


Et Allah  témoigne même de la guidance de celui qui obéit à Son messager, comme ceci est mentionné dans la sourate An-Nour : 
Et si vous lui obéissez, vous serez bien guidés [Sourate An-Nour 24:54]


Ainsi celui qui délaisse les preuves pour les paroles de Abu Hanifah, Malik, Ash-Shaafi'i ou Ahmad est allé contre un principe à propos duquel les musulmans se sont tous réunis. 


L'imam Asg-Shafi'i (Rahimahullah) a déclaré : 
"Les musulmans se sont tous accordés sur le fait que si quelqu'un a reçu une sunnah du Prophète, il ne convient pas qu'il la délaisse pour les dires de qui que ce soit". 

Et l'imam Malik (rahimahullah) a dit : 
"Il n'y a personne après le Prophète, si ce n'est que ses paroles soient acceptées ou rejetées".

Ainsi, ceux qui suivent fanatiquement l'imam d'un mazhab (école de jurisprudence) particulier vont contre les conseils des prédécesseurs et sont en opposition avec ce sur quoi les imams de ces mêmes écoles de pensée étaient d'accord. En effet ils étaient tous d'accord sur le blâme des adeptes aveugles et du fanatisme. En vérité, il est obligatoire pour les musulmans d'aller de pair avec les preuves, que ce soit pour l'école malikite, hanafite, Shafi'ite, Hanbalite, Dhahirite (fondée par Daoud ibn 'Ali, qui a pris un chemin indépendant dans le raisonnement, basé sur la signification évidente et littérale - Dhaahir - des textes du Coran et de la Sunnah) ou toute autre école. En effet Allah n'a pas confiné la vérité dans une seule de ces écoles, puisque les savants de ces écoles étaient des hommes qui étaient capables d'être correct mais aussi de se tromper. Ils n'étaient pas infaillibles par rapport aux fautes et erreurs.


L'imam Ash-Shafi'i (Rahimahullah) a dit : 
"il n'y a personne parmi nous qui n'ait oublié ou auquel n'ait échappé une quelconque sunnah du messager d'Allah; donc quels que soient les directives que j'ai prises ou les principes fondamentaux que j'ai proposés, il y aura dans ceux-ci des choses contraires aux directives du messager d'Allah. C'est pourquoi la directive correcte est celle qui est selon ce que le messager d'Allah a dit, et ceci est ma directive."

En vérité les savants (qu'Allah leur fasse miséricorde) ont divergé sur beaucoup de points dans la religion : sur les règles concernant la purification, la prière, la zakat, le jeune, le pèlerinage, la vente, le divorce, le dhihaar (la parole d'un mari à sa femme, "tu es, pour moi, comme le bas de ma mère", c'est-à-dire illégale d'approche) et d'autres choses. Et aucun de ces savants, qui étaient solides dans le savoir, n'a jamais dit qu'il était permis à chaque individu de prendre ce qui lui plaisait dans les différentes écoles sans examiner les preuves, exception faite du fidèle inconscient qui n'est pas capable de rechercher les preuves.


S'il était permit à chaque musulman de suivre ses désirs et de piocher et choisir parmi tous ces opinions et dires différents, alors la religion serait constituée de ses différentes écoles de pensées, et le Livre et la Sunnah seraient peu profitables. Et nous cherchons le refuge auprès d'Allah contre ceci !


Donc je dis que tous les musulmans sont tombés d'accord sur ce fait qu'il est obligatoire de ramener tous les problèmes de divergence au Livre et à la Sunnah, selon la compréhension des savants de la première génération; et ceci en examinant leurs paroles et les raisonnements qu'ils ont suivis après avoir étudié les preuves, concernant certaines décisions sur des problèmes.


Par exemple les savants ont divergé sur les choses qui annulent l'ablution, comme manger de la viande de chameaux, toucher une femme sans contact sexuel, ou les choses - autres que celles issues des deux parties intimes - qui sortent du corps. Certains ont dit que ces choses qui annulent l'ablution sont en même temps impures. En vérité, chaque imam a un avis sur ces problèmes.


Concernant le fait de manger de la viande de chameaux, Malik, Abu Hanifah, et Ash-Shafi'i avaient comme opinion que cela n'annulait pas l'ablution. Mais, d'un autre côté, l'imam Ahmad (rahimahullah) avait comme opinion que cela annulait les ablutions. Et c'était aussi ce que Ibn Hazm défendait.


L'opinion correcte sur ce sujet est celle du mazhab de l'imam Ahmad, puisqu'il y a deux hadiths authentiques du Prophète qui prouvent que le fait de manger de la viande de chameaux annule les ablutions. Un des deux est le hadith de Jabir ibnou Samurah dans le sahih de Muslim, et l'autre est le hadith de Al-Baraa collecté par Abu Daoud, At-Tirmidhy et d'autres.


Quant au fait de toucher une femme, de l'embrasser ou de quoi que ce soit de semblable à ça, et bien l'imam Ash-Shafi'i avait comme opinion que ce contact avec une femme annule la purification, que ce soit fait avec passion ou non. Abu Hanifa avait comme opinion qu'au contraire le contact inconditionnel n'annule pas les ablutions. Malik et Ahmad, dans certains récits, avaient comme opinion que cela n'annule pas la purification, sauf en cas de contact passionnel.


Ainsi, celui qui examine les différentes preuves sur ce sujet trouvera que l'école Hanafite est la plus proche de l'opinion correcte. Et dans certains récits, cette opinion est aussi accréditée par l'imam Ahmad et constitue aussi la préférence de Shaikh el-Islam Ibn Taymiyyah. En fait nous n'avons pas reçu de preuves qui fassent autorité sur le fait de déterminer que le contact annule la purification, que ce soit avec passion ou sans. 


Donc, en l'absence de preuves, nous retournons à l'origine qui est que la purification n'est pas annulée. Et la mazhab de Abu Hanifah est plus claire sur ce problème que les autres écoles, puisqu'il nous a été récité que le Prophète embrassait ses femmes, partait pour la prière, et ne faisait pas le wudu (l'ablution rituelle). Alors qu'en même temps, il ne nous a pas été récité dans le hadith que c'était avec ou sans passion. 


Même s'il y a des problèmes d'authenticité dans ce hadith. En vérité ce hadith nous a été récité par Abu Daoud, At-Tirmihdhy, et Ibn Majah, par l'intermédiaire de Waki', d'après Aa'mash, d'après Hubayb ibn Abi Thabit, d'après Urwah, d'après Aaisha, et il y a des déficiences dans cette chaîne. Comme le fait que Hubayb ne l'a pas entendu de Urwah. Mais il y a d'autres hadiths authentiques sur le sujet. 


Et Allah est le plus savant.


Quant aux choses qui sortent du corps comme le sang ou autre, alors la mazhab de l'Imâm Abou Hanîfah dit que ces choses annulent l'ablution. Mais l'école de l'imam Ash-Shafi'i dit qu'aucune de ces choses annulent l'ablution. Et c'est l'opinion correcte, qui est aussi soutenue par l'imam Malik et dans un récit par l'imam Ahmad. Et c'est la conclusion à laquelle sont venus Ibn Taymiyyah et beaucoup d'autres. En effet il n'y a pas de preuves que ce qui sort du corps, autre que des parties intimes, annule votre purification.


Ainsi ces exemples que j'ai donnés doivent montrer que la vérité n'est pas limité à un savant, groupe ou école de jurisprudence particulier. En vérité le musulman n'est pas tenu de suivre et coller à une école de jurisprudence spécifique. Au contraire, il doit chercher la vérité car chaque école de pensée est correcte dans certains points, et se trompe sur d'autres.


L'école des hanbalites est correcte dans de nombreuses décisions concernant les problèmes de cette religion, de même que les Shaféites, Malékites et Hanafites (qui ont aussi raisons sur de nombreuses décisions). Mais en même temps, l'imam ibn Hazm était seul dans certaines de ses opinions qui sont effectivement correctes. Beaucoup de savants diffèrent à cause de la disponibilité des preuves, distinguant entre les authentiques et les faibles, entre les choses qui abrogent et celles qui sont abrogées, et entre l'inconditionnel (mutlaq) et le qualifié (muqayyad). Ainsi celui qui est dans le juste suit celui qui a la vérité sans être partial. De la même manière il s'oppose à l'erreur sans calomnier ou diffamer personne, et sans le rabaisser. Puisque ces savants faisaient beaucoup d'efforts pour atteindre l'opinion correcte (mujtahidoun), il seront récompensés que leur avis soient correct ou incorrect.


Donc, après ceci, il n'est obligatoire pour personne de suivre un de ces savants particulier. Et qui que ce soit qui pense ceci (càd qu'il ne faut suivre qu'un seul savant) s'est égaré très loin du droit chemin. En vérité, il n'est obligatoire de suivre personne sauf le Messager d'Allah , puisque ses paroles sont toute la vérité et qu'il ne parle pas par passion (de son propre désir).


Quant à tous les autres savants et imams des différentes écoles de pensée, nous ne prenons pas leurs paroles sauf ce qui concorde avec la vérité. Et ceci est un problème sérieux que personne n'estime important sauf celui qui espère être guidé et qui espère sauver son âme de l'enfer. Combien y a t-il de gens qui prétendent avoir le savoir et qui écrivent beaucoup, mais qui sont des fanatiques dirigés vers la destruction et sont des adeptes aveugles. Ils sont en colère par ceux qui vont à l'encontre de leur Imam particulier mais ne sont pas en colère par ceux qui vont à l'encontre du Livre d'Allah et de la Sunnah du Messager d'Allah.


Donc la personne correcte est celle qui fait du Livre d'Allah et de la Sunnah de Son Messager la décision sur toutes les directives. Même si ceux qui ne sont pas d'accord s'oppose à lui et l'accuse d'hérésie. En effet, il est devenu une pratique courante de ceux qui suivent aveuglément et sont fanatiques, d'étiqueter ceux diffèrent d'eux d'hérétiques et d'égarés. Et ceci est le statut de chaque menteur, et de celui qui dévie de la vérité et du droit chemin puisque lorsqu'il est incapable de fournir la preuve et le témoignage il a recours à ce genre de tactiques. En vérité il y a des preuves dans le Livre d'Allah et la Sunnah du Prophète et la vérité aura beaucoup d'ennemis qui la combattrons, et essaieront de l'empêcher d'être manifeste. Ils viennent sous différentes formes qui soutiennent leurs intellects et satisfont leur désirs. Pour la personne qui est dans le vrai, elle devrait mettre tous ses efforts dans cette vérité afin de ne pas être agitée loin de cette vérité qu'il a. Il devrait appeler les autres à cette vérité et Allah lui fournira de l'aide et du soutien. Et il restera victorieux aussi longtemps qu'il essaie de donner la victoire à la religion et la vérité, avec plein de sincérité envers Allah et il ne cessera d'être aidé par Allah aussi longtemps qu'il reste sur cette voie.


Allah  dit : 
Et quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers. Allah est en vérité avec les bienfaisants [Sourate Al-Ankabut 29:69]


Allah  aussi dit : 
Ô vous qui croyez ! Si vous faites triompher (la cause d') Allah, Il vous fera triompher et raffermira vos pas [Sourate Muhammad 47: 7]


Et celui qu'Allah aide alors cela est en effet suffisant contre le mal de Ses ennemis. Mais l'aide ne viendra pas tant qu'il n'y aura d'abord deux choses : la sincérité envers Allah dans à la fois les paroles et les actions en concordance avec la guidance du Prophète Muhammad. Donc si ces deux conditions sont remplies alors rien ne peut s'opposer à lui, même s'il venaient tous ensemble de l'est et de l'ouest. 


Allah a dit :
 Si Allah vous donne Son secours, nul ne peut vous vaincre. S'Il vous abandonne, qui donc après Lui vous donnera secours ? C'est en Allah que les croyants doivent faire confiance[Sourate Al-Imran 3:160]


Et toute la louange est à Allah. W'al hamdu lillah rabbil 'alamine...

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Cheikh Ahmad Al-Hâzimî  dit :


الخوف توقع مكروه عن أمارةٍ مظنونة أو معلومة بمعنى أنه لا بد من سببٍ ظاهر وإما إذا لم يكن سببٌ ظاهرٌ فحينئذٍ لا يُسمى خوفًا بل يُسمى جبنًا


"La peur ( naturelle) désigne la crainte d'une chose que l'on répugne, crainte qui est motivée par une cause qui se produit majoritairement ou en permanence. Au sens ou ce sentiment ne peut être qualifié de peur que s'il est du à une cause apparente. Mais si cette peur n'est pas apparente, on ne le qualifiera pas de peur/ khawf mais il sera qualifié de " Joubn / lâcheté " ."

 

Puis le Cheikh donne un mesure pour distinguer les causes qui entre dans le cadre de la peur naturelle de celle qui sont de la lacheté, il dit :

سببٌ ضعيف يعني لم يترتب عليه عادةً
"Lorsqu'on parle de faible cause( celle qui s'apparente à la lacheté et non à la peur naturelle, ndlt) on vise par là celle qui ne produisent pas leurs effets en générale."
Réf : Charh Kitâb Attawhîd
Traduit par le frère Abou Salmane.

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Traduction française : Abu Ibrahim al-Kurdy

Télécharger la fatwâ en arabe : حكم الترحم والإستغفار على الميت المبتدع


[Question :] Honorable shaykh Sulaymân ibn Nâsir al-’Ulwân ― puisse Allah le préserver ! ―, quel est le statut d’implorer la miséricorde et le pardon pour le défunt innovateur ?

[Réponse :] Le défunt innovateur dont l’innovation ne le fait pas sortir de l’Islam prend le statut du commun des musulmans. Il est légitime de prier sur lui, et l’accomplissement de cette prière n’est pas un devoir qui incombe à tout le monde. On implore également le pardon, la miséricorde et l’agrément [d'Allah] pour lui.

Je ne connais personne parmi les adeptes de la Sunna affirmant qu’il est interdit d’implorer la miséricorde et le pardon pour le défunt innovateur de manière absolue. Cette parole est celle des Khârijites qui s’excommunient (al-Khawârij al-mâriqûn) et des gens de l’égarement qui dévient de la vérité.

Le fondement universel (al-asl al-jâmi’) dans cette question consiste à croire que, quiconque a affirmé qu’ « il n’y a de divinité [en droit d'être adoré] qu’Allah et que Muhammad est l’Envoyé d’Allah » (lâ ilâha illAllah, Muhammad rasûl Allah) et qu’il n’est pas tombé, à notre connaissance, dans une mécréance évidente, on prie sur lui et on implore le pardon pour lui. Lorsqu’Allah le Très-Haut a interdit d’implorer le pardon pour les associateurs dans Sa parole Il n’appartient pas au Prophète et aux croyants d’implorer le pardon en faveur des associateurs, même comptant parmi leurs proches [1] , ce [verset] fut une preuve sur la permission d’implorer le pardon pour les gens de l’innovation, les pécheurs et ceux qui comptent parmi les gens de la Qibla [2].

D’aucuns ont pensé que l’interdiction qui émana de certains Prédécesseurs (salaf) quant au fait de prier sur ces gens constitue une preuve sur l’interdiction d’implorer la miséricorde pour eux. Ceci relève de la fausse conjecture qui contredit le Livre, la Sunna et le consensus.

Les musulmans, en orient comme en occident, ont toujours prié sur tout individu ayant manifesté l’Islam et n’étant pas tombé, de ce que l’on sait, dans une hypocrisie [majeure] ou n’ayant pas apostasié, auquel cas la prière sur lui serait interdite. Il est donc interdit de considérer le délaissement de cette prière sur un individu n’étant, à notre connaissance, ni tombé dans une hypocrisie [majeure] ni commis une mécréance comme un acte nous rapprochant d’Allah, s’il ne réside pas dans ledit renoncement un intérêt manifeste. Certains imams du salaf empêchaient de prier sur les gens de la passion et ceux qui se livraient ouvertement aux péchés, afin que les adeptes de l’innovation cessent leurs innovations et que les pécheurs s’abstiennent de se livrer à leurs convoitises. Mais cela fut en vue de réprimander ce qui est blâmable et de parvenir à ce qui relève de l’intérêt général des musulmans ; agir ainsi est permis pour ce qui relève d’un intérêt, et il existe, de même, d’autres manières d’agir que celle-ci dans la Législation (shar’).

Le Messager ― qu’Allah prie sur lui et le salue ! ― a délaissé la prière sur celui qui s’est suicidé. Ceci est rapporté par Muslim dans son Sahîh, 978. Il a également délaissé la prière sur celui qui avait une dette et qui ne s’en est pas acquitté, puis il dit aux musulman : « Priez sur votre compagnon. » Ce hadîth est rapporté par al-Bukhârî, 2298, et Muslim, 1619. Il délaissa aussi la prière sur le ghâl [3]. Cette Tradition est rapportée par Ahmad t. 4, p.286, Abû Dâwud, 2710, Al-Nasâ`ï t. 4, p. 64, et Ibn Mâjah, 2848, et il y a une divergence vis-à-vis de la chaîne de transmission de ce hadîth [4].

Le shaykh al-Islam Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde ! — a dit dans [Majmû'] al-fatâwâ t. 23, p. 286 : « Il est permis d’implorer le pardon et de prier sur toute personne musulmane n’étant pas tombé, à notre connaissance, dans l’hypocrisie [majeure]. Bien plus, ceci est légiféré et ordonné. Ainsi dit le Très-Haut : Sache donc qu’en vérité, il n’y a point de divinité à part Allah, et implore le pardon pour ton péché, ainsi que pour les croyants et les croyantes. [5] » Il dit également dans [son livre] Minhâj al-Sunna t. 5, p. 235 : « Tout musulman qui n’est pas connu comme étant un hypocrite, il est autorisé d’implorer le pardon pour lui et de prier sur lui, quand bien même il serait détenteur d’une innovation ou que se trouverait en lui une perversion. Cependant, le fait de prier sur lui est un devoir qui n’incombe pas à tout le monde. En effet, s’il réside dans le renoncement à la prière sur le propagateur de l’innovation ou la personne qui se livre ouvertement à la perversité un intérêt qui consiste en la dissuasion des gens de l’imiter, il est tout à fait légitime [pour certaines personnes influentes] de ne pas prier sur lui. [Il faut entendre par personnes influentes] des personnes qui, par leur renoncement à célébrer une telle prière, contribuent efficacement à dissuader les gens de commettre des péchés de ce genre. [6] »

En somme, l’imploration du pardon pour les associateurs et les mécréants est légalement interdite, les preuves qui vont en ce sens sont nombreuses et cela fait l’objet d’un consensus. Mais l’imploration du pardon pour les autres catégories de personnes qui comptent parmi les gens de la Qibla est légitime et, à part les Khârijites et les Mu’tazilites, personne ne va à l’encontre de ce principe. Les Khârijites sont la première [secte] à avoir rendu mécréants les gens de la Qibla par les péchés ; ils croient que tel acte est un péché alors qu’il n’en est pas un et jugent licite le sang des musulmans. Le Messager — qu’Allah prie sur lui et le salue ! — les a décrit en disant qu’ « Ils tuent les gens de l’Islam et laissent là les idolâtres. » Cette Tradition est rapportée par al-Bukhârî, 3344, et Muslim, 1064, selon Abû Sa’îd. Les Mu’tazilites sont d’accord avec les Khârijites sur le fait que les auteurs de grands péchés s’éterniseront au Feu et qu’il est interdit d’implorer le pardon et la miséricorde [d'Allah] pour eux. Cependant, ils divergent avec eux sur le statut de ces pécheurs ici-bas. [Pour eux], ils sont dans une position intermédiaire (manzila bayna manzilatayn), ils ne les considèrent ni comme des croyants pour lesquels il est légitime de demander le pardon ni comme des mécréants damnés. Cette profession est vaine/erronée (bâtil), et beaucoup d’arguments le prouvent. Le Très-Haut a dit : […] et Il vous a fait détester la mécréance, la perversité et la désobéissance. [7]

[Dans ce verset], Allah a fait une distinction entre la mécréance, la perversion et la désobéissance, en les hiérarchisant en trois classes : — la mécréance ; — la perversion qui n’est pas de la mécréance ; — la désobéissance qui est une classe en deçà de la perversion, et elle concerne le pécheur qui n’est pas un pervers. Les Khârijites ne comprennent pas cette réalité et font de la perversion une mécréance.

Le Très-Haut a dit : Et si deux groupes de croyants se combattent, faites la conciliation entre eux. Si l’un d’eux se rebelle contre l’autre, combattez le groupe qui se rebelle, jusqu’à ce qu’il se conforme à l’ordre d’Allah. Puis, s’il s’y conforme, réconciliez-les avec justice et soyez équitables car Allah aime les équitables. Les croyants ne sont que des frères. Établissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu’on vous fasse miséricorde. [8]

[Ici], Allah a décrit les deux groupes qui se combattent comme étant des croyants et des frères et ordonna de faire la conciliation entre eux. Ce verset fait parti des meilleurs arguments utilisés contre les Kharijites et ceux qui rendent mécréant par les péchés.

Au Très-Haut de dire également : « Allah ne pardonne pas qu’on Lui associe personne, mais Il remettra un crime moins grave à qui Il veut. [9] » Allah a certainement remis ce qui est un crime moins grave que l’association à sa Volonté, [s'Il veut, Il lui pardonne, et s'Il veut, Il le châtie], et une telle personne n’est pas mécréante comme le disent les Khârijites. Les ahâdîth de l’intercession et de la sortie du Feu des pécheurs monothéistes sont rapportés selon des chaînes multiples de transmetteurs et sont des arguments décisifs (qâdiya) contre la doctrine des Khârijites et des adeptes de l’Irjâ` [10].

Il est rapporté dans le Sahîh de Muslim, 116, par la voie Hammâd ibn Zayd, selon Hajjâj al-Sawwâf, selon Abû al-Zubayr, selon Jâbir, qu’Al-Tufayl ibn ‘Amr al-Dawsî est venu auprès du Messager — qu’Allah prie sur lui et le salue ! — et lui dit : « Ô Envoyé d’Allah ! Pourquoi n’as-tu pas une forteresse et des gardes qui te protègeront de tes ennemis (comme la forteresse qu’avaient les Daws durant la période anté-islamique) ? » Le Messager — qu’Allah prie sur lui et le salue ! — refusa alors cela à celui qu’Allah épargna pour les Auxiliaires.

Lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue ! — émigra à Médine, al-Tufayl ibn ‘Amr et avec lui un homme de son peuple y émigrèrent aussi. Toutefois, ils supportèrent mal le climat de Médine. L’homme tomba donc malade. Supportant alors mal les affres de la maladie, il prit des flèches aux pointes larges et coupantes et s’ouvrit les jointures des doigts, ce qui lui causa une hémorragie à laquelle il succomba. Par la suite, al-Tufayl ibn ‘Amr le vit en rêve et vit qu’il avait une apparence agréable mais qu’il avait les mains bandées. Il lui dit : “ Qu’est-ce qu’Allah a décidé à ton sujet ? ” Il lui répondit : “ Il m’a pardonné dû au fait que j’avais émigré vers Son Messager — qu’Allah prie sur lui et le salue ! — ” [Al-Tufayl] lui demanda : “ Comment se fait-il que je voie tes mains bandées ? ” Il répondit : “ Il m’a été dit : “ Nous n’allons pas restaurer chez toi ce que toi-même tu as gâché. ” Al-Tufayl vint ensuite raconter ce rêve à l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue ! —. L’envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue ! — fit alors l’invocation suivante : “ Ô Allah ! Pardonne aussi à ses mains. ” »

Ce hadîth authentique est l’un des meilleurs arguments utilisés contre le Khârijites qui rendent mécréant par les grands péchés, et contre les Murjia qui affirment que les péchés ne nuisent pas. Et Allah est plus Savant.

Sulaymân b. Nâsir al-’Ulwân.
Le 11/06/1421 de l’Hégire

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[1] N.d.t : Coran, al-Tawba – IX, 113.

[2] N.d.t : on entend par les gens de la Qibla tous ceux qui se dirigent dans leurs prières vers la Qibla, à la Mecque. Les savants ont employé ce terme par référence au hadîth du Prophète ― qu’Allah prie sur lui et le salue ! ― que rapporte al-Bukhârî dans son Sahîh : « Quiconque prie comme nous prions, se tourne vers notre Qibla et mange de la bête que nous égorgeons est un Musulman ayant droit à la protection (dhimma) d’Allah et de Son Messager, ne trahissez donc pas Allah dans la protection qu’Il vous accorde. »

[3] N.d.t : « Le ghâl, dit l’imam Ibn Qudâma, c’est celui qui cache son butin ou une partie de celui-ci pour sa propre personne exclusivement. », Al-mughni.

[4] N.d.t : Le sens apparent de cette expression « […] et il y a une divergence vis-à-vis de la chaine de transmission de ce hadîth. » (wa fî isnâdih ikhtilâf) ne signifie pas qu’il y a une divergence entre les savants sur le statut de ce hadîth, c’est-à-dire sur son autorité canonique, auquel cas le shaykh — qu’Allah le préserve ! — aurait dit : « concernant l’autorité canonique de ce hadîth, il y a une divergence », ou bien : « concernant son authentification, il y a une divergence », ou d’autres formes d’expression semblables. Ici, le plus patent est que cette divergence concerne plutôt la description de la chaîne de transmission du hadîth en question, à savoir, par exemple, si cette chaîne remonte jusqu’au Prophète — qu’Allah prie sur lui ou le salue ! — (marfû’) ou bien s’il s’arrête à un de ses compagnon (mawqûf), etc. Et Allah demeure le plus Savant.

[5] N.d.t : Coran, Muhammad – XLVII, 19.

[6] N.d.t : Le terme sous-entendu par (man kân yuaththiru tarku salâtih) est « personnes influentes ». Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde ! — fait allusion aux détenteurs de l’autorité, aux imams des mosquées, aux grands savants et aux gens influents en général. Si ces gens-là renoncent à pratiquer la prière mortuaire sur le pervers ou l’innovateur, leur attitude se fait sentir au sein de la communauté.

[7] N.d.t : Coran, al-Hujurât – XLIX, 7.

[8] N.d.t : Coran, al-Hujurât – XLIX, 9, 10.

[9] N.d.t : Coran, al-Nisâ` – IV, 48, Traduction Jacques Berque. L’essai de traduction le plus approprié que j’ai pu lire, à ce jour, de ce noble verset est celui de Jacques Berque, cité plus haut. La traduction revenant habituellement de ce verset et celle du Royaume d’Arabie Saoudite : Certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne quelqu’associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Cependant, cette translation ne rend pas tout à fait le sens du présent verset et fait même ressortir une connotation négative de son sens, puisque l’on pourrait croire, à sa lecture, qu’à part l’association, Allah — Gloire et Pureté à Lui ! — pardonnera au serviteur tout péché. Ce qui est foncièrement faux. J’en veux pour preuve qu’Allah le Très-Haut ne pardonnera également pas la mécréance qui ne relève pas de l’association. Pour épauler mes dires, je donnerais ces deux versets en exemple. Le Très-Haut dit : Ceux qui ont mécru et obstrué le chemin d’Allah puis sont morts tout en étant mécréants, Allah ne leur pardonnera jamais. (Muhammad, 34.) Au Très-Haut de dire également : Ceux qui ne croient pas et qui meurent mécréants, il ne sera jamais accepté d’aucun d’eux de se racheter même si pour cela il (donnait) le contenu, en or, de la terre. Ils auront un châtiment douloureux, et ils n’auront point de secoureurs. (Âl ‘Imrân, 91.) Ces exemples sont bien sûr non exhaustifs et les versets allant en ce sens sont nombreux. C’est d’ailleurs cela qui fut explicité par l’imam al-Tabarî — qu’Allah lui fasse miséricorde ! — dans le commentaire de ce verset de la Sourate al-Nisâ` lorsqu’il dit : « Allah ne pardonne certainement pas qu’on lui associe personne et que l’on mécroit en Lui. »

[10] N.d.t Les Murjia sont ceux qui font sortir l’acte de la foi (al-îmân) et n’en font qu’une condition de perfection (shart kamâl) et non de validité (shart sihha) de celui-ci. Pour eux, le foi ne se limite qu’à une reconnaissance/adhésion du cœur (tasdîq) et une parole de la langue, notamment les deux attestations du monothéisme. Les actes, pour eux, ne sont pas inclus dans la foi, mais ils ne sont là que pour la parfaire. Leur parole emblématique est célèbre : « L’abandon de l’acte ne nuit pas à l’authenticité de la foi. » À l’instar donc de certains soufis qui ont divisé la Religion en une réalité intérieure et une réalité extérieure, exotérique et ésotérique (bâtin wa dhâhir), à l’instar également de ceux qui ont divisé le Livre et la Tradition en un sens propre (haqîqa) et en un sens métaphorique (majâz), tout comme certains qui ont divisé la Religion en un jus et en épluchures, et d’autres qui ont divisé la Tradition (sunna) du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue ! — en ce qui est rapporté par une seule chaîne de rapporteur (hadîth âhâd) et en ce qui est rapporté par des chaînes multiples de rapporteurs (hadîth mutawâtir), cette secte, à l’instar des précédentes, est venu séparer entre la foi et l’acte. Cette doctrine est contraire à celle que professent les adeptes de la Sunna et de la communion (ahl al-Sunna wa-l-jamâ’a) qui eux définissent la foi comme étant parole et acte, sans séparer l’un de l’autre. En revanche, ce n’est pas tout acte qui est considéré comme étant comme une condition de validité de la foi (shart sihha) chez les adeptes de la Sunna, mais uniquement tout acte dont l’abandon conduit la personne à l’association (shirk) ou à la mécréance (kufr), son accomplissement devient alors une condition de validité de la foi. Il en va de même pour tout acte défini par le Livre et la Tradition comme étant du shirk ou du kufr, l’abandonner devient alors une condition de validité de la foi.

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Mardin, ville située au sud est de la Turquie actuelle, était sous domination Mongol à l’époque d’Ibn Taymiyya, il fut interrogé sur le statut de cette ville, c'était donc un Etat en terre d'islam, peuplé majoritairement de musulmans, qui passa sous domination des Mongols impies.

Question:

Mardin, est-ce une terre de guerre ou de paix ?

Est-il obligatoire au musulman qui y vit d’émigrer vers une terre d’islam ou pas ?


Si la hijra lui est obligatoire mais qu’il ne le fait pas et aide les ennemis des musulmans, physiquement et par ses biens, commet-il un péché ? Celui qui l’insulte et le taxe d’hypocrisie pour ça, pèche t-il en agissant ainsi ?

 

Sheikh al Islam Ibn Taymiyya a répondu:


«Louange à Allah


 Le sang et les biens des musulmans sont sacrés où qu’ils se trouvent, à Mardin où ailleurs.


Il est interdit aux habitants de Mardin ou d’ailleurs, d’aider ceux qui s’opposent à la Shari’a de l’islam, celui qui y réside et ne peut pratiquer sa religion alors la hijra lui est obligatoire, sinon elle est préférable.

Il ne leur est pas permis d’aider l’ennemi des musulmans, de leurs personnes ou leurs biens, ils doivent s’interdire de faire cela et ce par n’importe quel moyen possible, en se cachant, par la captation ou en usant de flatterie, si rien de cela n’est possible, alors la hijra devient obligatoire.


Il n’est pas autorisé ni de les insulter tous en bloc ni de les considérer tous comme hypocrites, l’insulte ou l’hypocrisie doivent s’appliquer à celui qui en a les caractéristiques mentionnées dans le Coran et la Sunna, certains habitants de Mardin le sont comme d’autres personnes ailleurs.


Quant à savoir si c’est une terre de guerre ou de paix, elle a un statut composite renfermant les deux aspects.

Elle n’a ni le statut de la terre de paix régie par les lois de l’islam en vertu de son armée qui est musulmane, ni même celui de la terre de guerre dont la population est mécréante, elle est d’une troisième catégorie où l’on doit agir envers le musulman comme il le mérite, et combattre celui qui sort de la Shari’a. »

Majmoû’ Fatawa 28/240-241.

 

 

Les habitants de Mardin, malgré que la ville soit tombé aux mains des kuffar, et soit devenu un dar al kuffr (selon la définition lié au lois d’Allah qui ne sont pas appliqué), le sheikh de l’Islam ibn Taymyia -rahimahullah- les a quand même jugé musulman et a interdit « de les insulter tous en bloc ni de les considérer tous comme hypocrites » alors que dire du fait de les rendre mécréant. On peut aussi noter que ce type de terre qui était des dar al Islam et qui devienne des dar al kuffr à cause de la prise de pouvoir des mécréants, font partie d’une « troisième catégorie où l’on doit agir envers le musulman comme il le mérite, et combattre celui qui sort de la Shari’a », ceci réfute d’une part les exagérateur dans le takfir qui considèrent les habitants de ces pays comme des mécréants jusqu’à preuve du contraire, et d’un autre côté il réfute les néo mourjia qui disent que combattre ceux qui sortent de la Shari’a est une fitna.

Et Allah est le pus savant.

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Aimez-vous le fromage ? 
25/11/2008
Par l’imâm Anwar Al Awlaqî – Puisse Allah le préserver.




Le fromage c’est excellent. Si vous en êtes fans, vous pourriez vous demander si le fromage fabriqué par des non-musulmans est licite ou non ? Et bien s’il s’agit d’un fromage préparé à partir de présure végétale la question ne se pose pas, le problème concernant les fromages faits à partir de présure naturelle [*]. La présure est extraite de l’estomac des veaux et contient des enzymes qui sont utilisées dans le processus de fabrication du fromage. 


Ce qui suit sont des citations de savants des quatre écoles :

- Al Mabsoût, une référence de l’école hanafite, déclare : « Le fromage est halâl (autorisé) même s’il a été préparé par des zoroastriens car il est rapporté que le serviteur de Salmân al Farisî, du temps où ce dernier était gouverneur d’Al Mada’in, apporta à [son maître] un panier rempli de fromage avec du pain et un couteau. Salmân (ra) aurait coupé des morceaux de fromage et les aurait distribués à ses compagnons puis leur aurait expliqué comment ce fromage avait été fabriqué ».

- Dans le livre malékite Manh al Jalîl il est dit que : « L’imâm Mâlik réprouvait (karaha) [la consommation de] fromage car fait à partir de présure d’animaux non-abattus selon le rituel islamique». L’auteur cite un autre savant malékite, Abou Ishâq At-Tounisî qui dit que « le fromage des zoroastriens est très certainement harâm alors que le fromage des Gens du Livre est halâl ». 

- Dans le Charh al Bahdja, une référence de l’école châfi’ite, il est dit que le fromage est autorisé tant que la présure [utilisée lors de sa fabrication] a été prélevée sur un animal halâl, convenablement égorgé, qui se nourrit exclusivement de lait ; autrement, le contenu de son estomac est impur (nâjis)

- En ce qui concerne le fiqh hanbalite, Kachâf al Qinâ’ déclare que [la consommation de] fromage [fabriqué par] les zoroastriens [**] et autres polythéistes est permise même s’il a été fait avec de la présure d’animaux qu’ils ont égorgés. Ce qui signifie que [la consommation de] fromage fabriqué par les Gens du Livre est aussi autorisée.


Ibn Taymiyya est de loin celui qui a traité cette question le plus en détail. Il en parle dans les avis concernant [la consommation de] fromage [fait à partir de présure issue d’] un animal non-égorgé selon les règles de la chari’a.

Selon l’imâm Aboû Hanîfa et une narration de l’imâm Ahmed, elle est autorisée (en gardant bien à l’esprit que nous parlons de l’utilisation de présure et non de [la consommation de la] viande de cet animal).

L’autre opinion [qui consiste à dire] que cela est nâjis (impur), est soutenue par l’imâm Mâlik, Ach-Châfi’î et d’autres narrations de l’imâm Ahmed. L’opinion la plus juste est que cela est halâlparce que les Compagnons [ra], lorsqu’ils ont conquis l’Iraq, ont mangé du fromage des zoroastriens, et cela était une chose répandue chez eux.

Ibn Taymiyya a en outre été questionné au sujet du fromage importé par les Ifranj. Les Ifranj désignent les Francs en arabe et c’est aussi le nom donné aux peuples d’Europe de l’ouest. Lors des premières croisades, les armées croisées étaient majoritairement composées de Francs. Depuis, les Arabes ont appelé tous les peuples d’Europe occidentale Ifranj.

Pour résumer la réponse d’Ibn Taymiyya [ra] : [d’une part] la raison pour laquelle certains affirment que [la consommation de leurs] fromages est harâm est le fait que lorsque leurs navires étaient en mer, ils enduisaient leurs fromages avec du saindoux [***], d’autre part, ils n’égorgeaient pas leurs vaches mais les tuaient en les frappant à la tête.

Il répond à la première interrogation en disant que le fait d’étanchéiser le fromage avec du saindoux ne rend pas tout le fromage impur mais seulement les parties en contact direct avec le saindoux. Une fois ces parties enlevées, le reste [du fromage] est halâlRasoûluLlah [saws] fut questionné au sujet d’un rat qui tomba sur du beurre et y mourut. Il [saws] répondit : « Enlevez le rat et le beurre qui est autour et mangez le reste ». Si le rat ne contamine pas le beurre dans lequel il est tombé, comment pourrions-nous prétendre que tous les fromages deviennent impurs alors que le saindoux n’en recouvre que la surface ?

A la deuxième interrogation, il répond qu’il est rapporté qu’ils ne tuent pas tous leurs animaux en les frappant à la tête mais uniquement leurs vaches et malgré cela, ils abattent tout de même leur vache après qu’elle soit assommée et cela ne rend pas l’animal harâm. Et même si nous considérions cet animal harâm, il existe deux avis concernant la présure issue de cet animal.

En conclusion, l’opinion d’Ibn Taymiyya est que le fromage est halâl lorsqu’il est fait par les Gens du Livre mais aussi lorsqu’il est fait par les polythéistes. Bien entendu, ces citations de savants concernent le fromage en soi et ne tiennent pas compte du fait que les musulmans peuvent boycotter économiquement certaines nations.

Certains de nos historiens rapportent que des peuples barbares polythéistes auraient attaqué Al Andalus à plusieurs reprises. [Ces peuples] étaient originaires des pays scandinaves : ils étaient danois, suédois ou encore norvégiens. Ils étaient des hommes de la mer qui attaquaient le littoral musulman de la péninsule ibérique et qui tuaient et pillaient avant de disparaître à nouveau dans les mers. Ils ont une fois atteint la hauteur de Séville mais ont été refoulés vers la mer après une occupation totale d’environ quarante jours. Certains d’entre eux sont restés à Al Andalus, dans un endroit appelé Shuraish où ils devinrent musulmans et vécurent de l’élevage de bovins. Comme ils étaient des experts en produits laitiers, le fromage de Shuraish devint célèbre et ils en auraient fait une pâtisserie appelée Mujabinât. Il semblerait que cette douceur était tellement bonne qu’il y avait un dicton andalou célèbre disant « Quiconque visite Shuraish et n’a pas goûté à la Mujabinât en a été privé. » Il existe même quelques vers de poésie parlant de la Mujabinât. Parlez-en aux fans de fromage.


[*] NDT : Présure d'origine animale.
[**] Les zoroastriens sont des perses qui idolâtrent le feu.
[***] Pour les rendre hermétiques.



Traduit par Oum_Mou3âwiya
Relu et corrigé par umhamza

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