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Articles avec #oussoul al fiqh

 

Quand on consulte nos références premières et les ouvrages de jurisprudence islamique, on constate que, souvent, des actions ou des attitudes sont condamnées, non pas parce qu'elle sont forcément répréhensibles en soi, mais plutôt parce qu'elles conduisent à la réalisation d'un interdit. Les juristes musulmans désignent le principe animant cette approche préventive par l'expression de "sadd oudh dharâï" (qui pourrait être traduit par "faire obstruction aux prétextes (conduisant à l'illicite)"). 



Les arguments du Qour'aane et de la Sounnah témoignant de la force probante de ce principe sont très nombreux. Ibn Qayyim r.a. en a cité près d'une centaine dans deux de ses ouvrages ("I'lâm oul mouwaqqi'în" - Volume 3 / Pages 122 à 143, et "Ighâthat oul lahfân" - Volume 1 / Pages 361 à 369) - parmi lesquels il en a repris pas mal de son Cheikh et illustre professeur, Ibn Taymiyah r.a. : Voir "Al Fatâwa Al Koubrâ" - "Kitâb iqâmatoud dalîl 'alâ ibtâlil hiyal"). 

Voici, à titre d'exemple, quelques uns des éléments qui ont été énumérés, et dont le caractère illicite s'explique essentiellement par le fait qu'ils constituent des moyens conduisant vers un interdit:

Dans le Qour'aane, Allah a interdit aux musulmans d'interpeller le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) en faisant usage de l'expression arabe "râ'inâ" ("accorde nous ton attention", "favorise nous"). Il leur a ordonné d'utiliser plutôt la formule "oundhournâ": Pourtant, le sens des deux expressions est pratiquement le même... Cette interdiction visait à éloigner les musulmans des propos et de l'attitude des juifs, qui eux, employaient le terme "râ'inâ" pour insulter le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam), en le prononçant de sorte à lui donner un mauvais sens. ("Ô vous qui croyez ! Ne dites pas : "Raina", mais dites : "Oundhournâ" (regarde-nous); et écoutez ! Un châtiment douloureux sera pour les infidèles." - Verset 104 / Sourate 2) 
Dans le Qour'aane toujours, Allah interdit aux musulmans d'insulter les fausses divinités adorées par les polythéistes, et ce, afin d'éviter qu'à leur tour, ces derniers ne se mettent à proférer des injures à l'encontre d'Allah. ("N'injuriez pas ceux qu'ils invoquent, en dehors d'Allah, car par agressivité, ils injurieraient Allah, dans leur ignorance." - Sourate 6 / Verset 108) 

Durant toute la période mecquoise, Allah a interdit aux musulmans de répondre par la force aux violences physiques et aux persécutions dont ils étaient victimes. Il leur a ordonné de faire plutôt preuve de patience et de pardon, afin d'éviter que la situation ne s'empire et que les païens ne s'en prennent à eux encore plus, étant donné que l'intérêt lié à la protection par les musulmans de leur personne, de leurs proches et de leur foi était de loin plus importante que celui d'une vengeance éventuelle ou d'une opposition physique ferme. 

Toujours durant la période mecquoise, Allah avait empêché au Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) de réciter le Qour'aane à haute voix (de telle sorte que les païens qui lui étaient hostiles pourraient l'entendre), afin d'éviter qu'ils ne prononcent des propos injurieux à l'encontre du Qour'aane, de Celui qui l'a révélé, de l'ange qui l'a transmis ou de son dépositaire (sallallâhou alayhi wa sallam). 

Allah a interdit aux musulmans de conclure des transactions commerciales lorsque l'appel de la prière du vendredi est lancé, afin d'éviter que celles-ci ne constituent un obstacle empêchant la présence à cette prière. ("Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la Salat du jour du Vendredi, accourez à l'invocation d'Allah et laissez tout négoce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez !" - Sourate 62 / Verset 9) 

Abdoullâh Ibn Amr (radhia Allâhou anhou) rapporte que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: "Parmi les plus grand péchés, il y a le fait qu'une personne insulte (ou "maudisse", selon une autre version) ses parents." Les compagnons (radhia Allâhou anhoum) dirent: "Ô Messager d'Allah ! Un homme peut-il insulter (ou "maudire") ses parents ?" Il répondit: "Oui. Il insulte le père de quelqu'un d'autre, et ce dernier (en retour) insulte son père. Et il insulte la mère d'autrui, qui, en retour, insulte sa mère." (Boukhâri, Mouslim) Ici, le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a qualifié de péché très grave et d'insulte de ses propres parents l'attitude qui a pour conséquence, indirectement, de conduire à cela, même si l'intention d'origine n'était pas d'en arriver là. 

Allah a strictement interdit la consommation du vin en raison du nombre de méfaits que cela entraîne. Mais ce n'est pas seulement la consommation en quantité qui a été prohibée: La prise d'une seule goutte l'a également été, même si elle ne rend pas ivre, et ce, en raison du risque que cette simple goutte puisse conduire à une consommation plus importante. 

Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a ordonné à celui qui est pris par le sommeil (alors qu'il prie la nuit) de délaisser sa Salâh pour aller se coucher (Boukhâri, Mouslim,…), afin d'éviter qu'il ne se mette à prononcer des insultes et autres propos non appropriés (dans sa somnolence), au lieu de réciter le Qour'aane ou de faire des invocations. 

Le Messager d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a interdit que l'on emporte avec soi le "Moushaf" (copie écrite du Qour'aane) lorsqu'on voyage en terre ennemie, pour éviter que celui-ci ne tombe entre des mains hostiles. 

Afin de mettre le musulman et la musulmane à l'abri du "Zinâ" (fornication), des limites ont été imposées au niveau du regard (ces limites diffèrent selon qu'il s'agisse du regard vers des personnes étrangères ("non mahram") de sexe opposé, vers des personnes du même sexe, vers des proches et des parents…), de la tenue vestimentaire (voir notamment le verset 31 de la Sourate 24), de la façon de parler (voir notamment le verset 32 de la Sourate 33), etc… 

Toujours dans le même ordre d'idée: Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a interdit la situation d'isolement entre un homme et une femme qui lui est étrangère ("non mahram"), même dans le cadre d'une action louable (comme par exemple l'enseignement de la récitation du Qour'aane…), pour éloigner le risque de tentations illicites et d'actes prohibées. 
Le talion pour punir celui qui est reconnu coupable d'un meurtre avec préméditation (s'il n'est pas pardonné par les proches de la victime) a été prescrit (notamment) par mesure de dissuasion, pour protéger ainsi la vie humaine et éviter que l'on y porte atteinte. 

Allah dit dans le Qour'aane: "C'est dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous doués d'intelligence, ainsi atteindrez-vous la piété. " (Sourate 2 / Verset 179) 

Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a interdit que l'on accomplisse la prière en se dirigeant vers une tombe: Il s'agit par là d'éviter que celle-ci ne devienne progressivement un objet de culte et d'adoration. 

Il est à noter cependant que, si les savants s'accordent pratiquement tous pour prendre en considération le principe même de la condamnation de ce qui conduit au mal et au répréhensible, il y a cependant des divergences entre eux pour ce qui est de la détermination de la force probante du "sadd oudh dharaï", et sa prise en compte dans certaines situations spécifiques: 

En effet, si l'Imâm Mâlik r.a. et l'Imâm Ahmad r.a. reconnaissent à ce principe le statut de source de législation à part entière, on considère que l'Imâm Châféi r.a. et l'Imâm Abou Hanîfah r.a., tout en admettant dans pas mal de règles dérivées (fourou'ât) sa validité, ne le comptent pas pour autant parmi les sources fondamentales (ousoûl) de la législation musulmane. 

Dans les lignes suivantes, je vous propose de passer en revue les différents cas de figure qui ont été évoquées dans les références juridiques les plus connues traitant de la question, et ce, afin de cerner précisément le cadre de la divergence sus-citée.


1) Si un acte est de nature telle qu'elle conduit de façon certaine et inévitable à la réalisation d'un mal, les savants s'accordent pour considérer qu'il est lui même prohibé. Exemples: 

- Creuser un fossé derrière la porte d'entrée d'une maison, dans l'obscurité. 

- Verser du poison dans une nourriture qui va être consommée.



2) Si un acte licite conduit la plupart du temps (ghâliban) à la réalisation d'un mal, il est également prohibé, et ce, même si l'intention qui le motive n'est pas malsaine. Exemples: 

- Insulter les fausses divinités des polythéistes dans une de leurs assemblées (étant donné qu'en général, en retour, ces derniers insulteront Allah). 

- Vendre des armes à un état qui est hostile aux musulmans.

- Vendre du raisin à celui dont on est sûr qu'il va l'utiliser pour faire du vin. 



3) Si un acte est, de nature, licite; néanmoins, il contribue souvent (kathîran, lâ ghaliban) à la réalisation d'un mal ou d'un interdit, les avis des savants divergent quant à son statut (dans le cas, évidemment, où l'acte en question n'est pas déjà explicitement interdit ou condamné dans le Qour'aane ou la Sounnah): 

Selon les mâlékites et les hambalites, ce genre d'actes est interdit. 
Selon les châféites (selon certains savants, l'avis des hanafites irait également dans ce sens …), il n'est pas interdit, tant qu'il n'est pas établi que celui qui l'accomplit vise la réalisation de ce qui est illicite. 
Cette divergence résulte en fait de l'opposition de deux aspects dans ce cas de figure précis: D'un côté, l'acte n'a pas été explicitement interdit par les références premières; il est donc concerné par le principe de la permission originelle (al ibâhah al asliyah). D'un autre côté, il conduit souvent à un mal… 

Les châféites (et les hanafites) ont donc pris en considération le premier aspect, étant donné qu'en l'absence de certitude ou de quasi-certitude de la concrétisation du mal (contrairement aux cas n°1 et n°2 - ce qui, notons le à nouveau, exclut d'office les cas où il existe des textes (nousoûs) de condamnation clairs et explicites), un jugement d'interdiction ne peut être énoncé sur la seule base d'une possibilité (importante, il est vrai) d'occasionner le mal. 

Les mâlékites et les hambalites ont, pour leur part, pris en considération le second aspect: Le fait que l'acte conduise souvent à un mal suffit pour le faire sortir du cadre de la permission originelle, comme en témoignent bon nombre d'interdictions qui ont été énoncées dans le Qour'aane et la Sounnah. 

- L'exemple le plus connu de ce cas de figure faisant l'objet de divergences entre les savants est celui des "bay oul 'înah", qui consiste par exemple à ce que Zayd vende à Bakr une marchandise pour la somme de 2000 €, payable à crédit sur une année; immédiatement après, ce dernier lui revend ladite marchandise (affirmant regretter la transaction qu'il a faite) au prix de 1500 € payables comptant… Ce genre de transaction sert souvent de prétexte pour dissimuler un prêt à intérêt: En effet, dans le cas de figure évoqué, Bakr reçoit une somme de 1500 € de Zayd, et il a également une dette de 2000 € payable sur une année envers lui… C'est exactement comme s'il a bénéficié d'un prêt de 1500 €, qu'il va rembourser sur une année avec des intérêts (2000 €). Ce genre de ventes est considéré comme étant invalide par les mâlékites et les hambalites (ainsi que par les hanafites, mais en raison d'un principe autre que celui du "sadd oudh dharaï"…). Les châféites pour leur part valident cette transaction (tant que l'intention de réaliser un prêt à intérêt par ce moyen n'apparaît pas ou n'est pas exprimée…).



4) Si un acte licite est accompli afin de parvenir à un but illicite, les savants s'accordent pour le condamner. Exemple: 

- Contracter un "Nikâh" (mariage religieux) avec une femme qui a reçu un triple divorce irrévocable dans l'intention de rendre celle-ci licite à nouveau pour son premier époux. Allah dit"S'il divorce avec elle (la troisième fois) alors elle ne lui sera plus licite tant qu'elle n'aura pas épousé un autre. Et si ce (dernier) la répudie alors les deux ne commettent aucun péché en reprenant la vie commune, pourvu qu'ils pensent pouvoir tous deux se conformer aux ordres d'Allah. Voilà les ordres d'Allah, qu'Il expose aux gens qui comprennent" - Sourate 2 / Verset 230) 




5) Si un acte, de nature, vise à parvenir à un objectif licite, mais peut contribuer rarement à la réalisation d'un mal (ses avantages dominant cependant les inconvénients qu'il peut entraîner), il reste tout à fait licite. Exemples: 

- Regarder une femme que l'on désire demander en mariage.

- Cultiver la vigne dans un "cadre" où la production du vin n'est pas courante (en sachant qu'il y a quand même un risque que, par la suite, les raisins obtenus soient utilisés par quelqu'un pour faire du vin). 

Wa Allâhou A'lam !

Et Dieu est Plus Savant !



Références: Ousoûl oul fiqh il islâmiy - Volume 2 / Pages 873 à 911; Irchâd oul Fohoûl; I'lâm oul mouwaqqi'îne - Volume 3 / Pages 122 à 143; Ighâthat oul lahfân - Volume 1 / Pages 361 à 369; Al Fatâwa Al Koubrâ - "Kitâb iqâmatoud dalîl 'alâ ibtâlil hiyal"; Al Mouwâfaqât - Volume 4 / Pages 198 et suivantes; Mawsoûat oul fiqh il islâmiy; Halâl wa harâm, Pages 40 à 43; Anwâr oul Bouroûq fî anwâïr fouroûq - "al farq oul râbi' wat tis'oûn wal miah"

Transmit par le frère Juunayd.

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Published by Sulaymân Abû Mâlik - Oussoul al Fiqh

Ces 5 principes sont : la religion, la vie, la raison, les biens, l’honneur. Pour chacune de ces choses, l’Islam a apporté des lois et des règles pour éviter que les hommes ne s’égarent. En effet, ces 5 choses sont essentielles pour que les êtres humains vivent en harmonie.

 

 

1 – Préserver la religion :


Ceci, car la religion (la ‘aquida) est la chose la plus importante dans la vie d’un musulman et c’est la raison pour laquelle l’Islam a établi des règles en ce qui concerne l’apostasie.
La peine (punition) de l’apostasie est donc une protection pour la religion, pour éviter que n’importe quelle personne ne se permette de jouer avec la religion, en niant des choses faisant partie de l’Islam, ou en en ajoutant ce qui n’en fait pas partie, etc.
Il y a des textes clairs qui montrent que celui qui quitte l’Islam ou qui fait des choses annulant son Islam, il quitte la religion. Selon ‘Abdoullah Ibnou ‘Abbas (رضي الله عنه) rapporte que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : 
« Celui qui quitte sa religion alors tuez-le. » (Hadith authentique rapporté par Al Boukhari, An-Nassa-i, At-Tirmidhi et l’Imam Ahamed)

Il y a également un autre hadith du Prophète (صلى الله عليه و سلم), rapporté par ‘Abdallah Ibn Mas’oud (رضي الله عنه) qui soutient le hadith précédent, qui est : « Il n’est pas permis de verser le sang d’un musulman, sauf dans 3 cas : celui de l’homme marié qui commet l’adultère, celui de l’assassin qui légalement mérite la mort, et celui de l’homme qui renie sa religion et se sépare de la communauté. »(rapporté par Al Boukhari et Mouslim)

 

 

2 – Préserver la vie :


C’est pour cette raison qu’Allah (تعالى) a donné comme peine pour la personne qui a tué, l’exécution. C’est la loi du Talion qui s’applique : œil pour œil, dent pour dent, et vie pour vie. Cette loi fait d’ailleurs partie des lois reçues par tous les Prophètes avant l’Islam, et elle constitue la loi de la justice absolue.
Allah (تعالى) a dit : 
« Ô les croyants ! On vous a prescrit le talion au sujet des tués : homme libre pour homme libre, esclave pour esclave, femme pour femme. »(Sourate Al Baqara, verset 178)

Et Il (تعالى) dit également : « C’est dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous doués d’intelligence, ainsi atteindrez-vous la piété. » (Sourate Al Baqara, verset 179)

Allah a donc ordonné cela afin de préserver la vie des croyants contre les agressions. En effet, la peine de mort empêche le coupable de récidiver et empêche les autres personnes malintentionnées d’agir ainsi.

 

 

3 – Préserver la raison :


Allah (عز وجل) a créé l’homme et l’a distingué de toutes les autres créatures en lui donnant la raison. Ceci, afin qu’il soit capable de différencier entre ce qui est bénéfique de ce qui est nuisible, entre ce qui est bon et ce qui mauvais, et entre la foi et la mécréance. Et Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Certes, Nous avons honoré les fils d’Adam. Nous les avons transportés sur terre et sur mer, leur avons attribué de bonnes choses comme nourriture, et Nous les avons nettement préférés à plusieurs de Nos créatures. » (Sourate Al Isra, verset 70)
Et Il (تعالى) a dit : 
« Nous avons certes créé l’homme dans la forme la plus parfaite. » (Sourate At-Tin, verset 3)

Ainsi, celui qui consomme des drogues ou boit de l’alcool au point d’en perdre la raison, il aura commis un crime contre lui-même et mérite la peine qu’Allah a établi pour ces choses. Cette peine est donc faite pour protéger la raison de l’homme.

 

4 – Préserver les biens :


Les gens ont toujours besoin de leurs biens et de leurs richesses, ainsi que de tout ce qui peut leur être bénéfique dans leur vie. Allah (سبحانه وتعالى) dit : « Et ne confiez pas aux incapables vos biens dont Allah a fait votre subsistance. »(Sourate An-Nissa, verset 5) C’est-à-dire qu’il ne faut pas laisser les biens à ceux qui ne savent pas gérer l’argent, car ils pourraient le gaspiller.

Et celui qui transgresse en volant les biens des autres, une punition a été établie en Islam dans le but de préserver les biens des personnes. En effet Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu’ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’Allah. » (Sourate Al Ma-idah, verset 38)

 

 

5 – Préserver l’honneur et les liens de parenté :


Allah (سبحانه وتعالى) a préservé l’honneur des personnes en interdisant la fornication et l’adultère. Le terme « zina » en arabe s’applique aussi bien à la fornication qu’à l’adultère, mais on distingue celui qui est marié de celui qui ne l’est pas, et chacun des 2 aura une peine différente. La peine de celui qui n’est pas marié est de 100 coups de fouet. Quant à celui qui est marié, il doit être lapidé avec des pierres jusqu’à la mort.

L’application de ces peines permet donc également de préserver également les liens de parenté. En effet, en l’absence de peine et d’interdiction, certaines personnes ne savent même pas qui est leur père ou d’autre ne savent pas qui est leur fils, etc.

De même, en ce qui concerne la préservation de l’honneur, il y a l’application des peines en cas d’accusation non fondée. Celui qui accuse une personne de zina ou d’homosexualité doit apporter 4 témoins, et s’il ne le fait pas il sera puni et son témoignage ne sera plus accepté. En effet, Allah (تعالى) a dit : « Et ceux qui lancent des accusations contre des femmes chastes sans produire par la suite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups de fouet, et n’acceptez plus jamais leur témoignage. Et ceux-là sont les pervers, à l’exception de ceux qui, après cela, se repentent et se réforment, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Sourate An-Nour, verset 4 et 5)

 

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Published by Abou Malik - Oussoul al Fiqh

 

 

 

Pour ce qui est que l'Imam Ahmed -qu’Allah lui fasse Miséricorde- refuse l'Ijma’, à ce propos dans le livre Massail, l’Imam Ahmed d'après son fils Abi Al Fadhl Salih, qui posa la question à son père sur le cas d'un homme qui doit lire la Basmala et ainsi partager sourate Al Anfal de Sourate Al Tawba !

L’Imam Ahmed -qu’Allah lui fasse Miséricorde- dit à son fils:



« Il s'arrête dans le Coran sur ce qui a été mis en accord (ijma’) entre les savants du prophète, sans rajout ni diminution. » Fin de citation.



Sur ce point on remarque que l’Imam Ahmed -qu’Allah lui fasse Miséricorde- cite l'Ijma’ des compagnons du prophète.

Dans une autre version, d'après Abou Y'ala dans son livre Al Ida sur le fait que l'Imam Ahmed a dit qu'il fait le Takbir le jour de Arafat jusqu'à la fin des jours des Tachriq1. On lui demanda quel est son Dalil (preuve) ! L’Imam Ahmed répondit:



« l’Ijma’ (consensus). ». Fin de citation.

D'après Abi ‘AbdAllah li fils de L’Imam Ahmed -qu’Allah leur fasse Miséricorde- qui demanda à son père:



« Si on ne trouve pas un dalil sur un point que faire?

L’Imam Ahmed lui dit: Voir l'avis des compagnons du Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam-. Mais s'ils divergent, voir l'avis qui est le plus proche des paroles du Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam-» Fin de citation.

Pour ce qui est des paroles de l’Imam Ahmed -qu’Allah lui fasse Miséricorde- :



« Celui qui a prétendu qu'il y a consensus est menteur ».



Sur ce point Imam Ahmed répond à Bishr Al Mourissi et A'sam. L’Imam Ahmed -qu’Allah lui fasse Miséricorde- refuse l'Ijma venant des gens comme Al Mourissi et A'sam.

Que Bishr Al Mourissi est un innovateur déviant comme le rapporte Imam Ibn Hajar -qu’Allah lui fasse Miséricorde-. Il a été même rendu mécréant par la cause de certains paroles qu'il a prononcé. Abou Zar’a Al Razi a dit que Al Mourissi est un Zindiq. Que ce Bishr disait que le Coran est créé. 

On rapporte même qu'il rejetait le châtiment de la tombe, les questions des deux anges dans la tombe, le pont (Sirat) et la balance qui pèsera les actes des gens le jour de la résurrection. Pour ce qui est de A'sam c'est un Mou'tazilite.

Imam Ibn Rajab -qu’Allah lui fasse Miséricorde- dans Sharh Al Tirmidhi écrit:

« Pour ce qui est rapporté de Imam Ahmed qu'il rejette l'Ijma’, en fait il répond au savants Mou'tazilites qui prétendent qu'il y a Ijma sur ce qu'ils disent. »

1 Les jours du tachrîq sont le onzième, le douzième et le treizième jour de Dhoul-hijja.

 

http://bibliotheque-islamique-coran-sunna.over-blog.com/article-telecharger-pdf-word-71071238.html

 

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Il existe une règle grammaticale connue chez les savants de ahl Sounna wa al-djama‘a  que nous allons développer. La règle est celle ci :

 

Quand un mot du Coran et de la Sounna telle que "mécréance" est précédé par les lettres alif lam (ال     ) cela signifie que c’est la grande mécréance qui expulse son auteur de l’islam, et si dans un autre endroit on retrouve ce même mot, qui cette fois ci n’est pas précédé par alif lam (ال   ) c’est alors la petite mécréance.

A partir de cette règle, regardons de plus près les trois versets de la sourate al Ma’idah :

 

Allah dit :

وَمَنْ لَمْ يَحْكُمْ بِمَا أَنزَلَ اللَّهُ فَأُوْلَائِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ

 

« Et ceux qui  ne jugent pas d'après ce qu’Allah  a fait descendre, les voilà les mécréants. » (Sourate 5 verset 44).

 

Devant le mot "kafiroun" ( كَافِرُونَ   ) il y a les lettres alif et lam ( الْكَافِرُونَ   )

 

Allah dit :

وَمَنْ لَمْ يَحْكُمْ بِمَا أَنزَلَ اللَّهُ فَأُوْلَائِكَ هُمُ الظَّالِمُونَ

 

« Et ceux qui ne jugent  pas d'après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont des injustes. » (Sourate 5 verset 45).

 

Devant le mot "dhalimoun" ( ظَّالِمُونَ   ) il y a les lettres alif et lam (الظَّالِمُونَ   )

 

Allah dit :

وَمَنْ لَمْ يَحْكُمْ بِمَا أَنزَلَ اللَّهُ فَأُوْلَائِكَ هُمُ الْفَاسِقُونَ

 

« Ceux qui ne jugent pas d'après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont les pervers. »(Sourate 5 verset 47).

 

Devant le mot "fasiqoun" ( فَاسِقُونَ   ) il y a les lettres alif et lam ( الْفَاسِقُونَ   )

 

 

Explication sur le fait que le mot "al kafiroun" (الْكَافِرُونَ  ) n’a qu’un seul sens quand il est précédé des lettres "alif" ( ا   ) et "lam" (ل   )

 

 

Le Cheikh ‘Abd al-Latif ibn ‘abd ar-Rahman Âl ach-Cheikh a dit : 

 

قال الشيخ عبد اللطيف بن عبد الرحمن آل الشيخ: « ولفظ الظلم والمعصية والفسوق والفجور والموالاة والمعاداة والركون والشرك ونحو ذلك من الألفاظ الواردة في الكتاب والسنة قد يُراد بها مُسَمَّاها المطلق وحقيقتها المطلقة، وقد يُراد بها مطلق الحقيقة، والأول هو الأصل عند الأصوليين، والثاني لا يُحمـل عليه إلا بقرينـة لفظيـة أو معنويـة، وإنما يُعـرف ذلك بالبيـان النبـوي وتفسـير السنة، قال تعالى : {وما أرسلنا من رسول إلا بلسان قومه ليبيّن لهم} (إبراهيم 4) » أهـ (الرسائل المفيدة) للشيخ عبداللطيف، جمع سليمان بن سحمان، صـ 21 ــ 22

 

 « Dans le Coran et la Sounna lorsque sont énoncés ces mots : l’injustice, la désobéissance, la débauche, la luxure, l’alliance, l’hostilité, le fait de trouver refuge, l’association, et autres dans le même registre d’expressions, ils peuvent indiquer leur pleine signification et vérité absolue, et ils peuvent aussi indiquer l’absolu de la vérité. Mais la première signification est certainement la base (al-asl) chez les oussouliyin (‘Oulama des oussoul) et la deuxième signification n’est établie qu’en fonction d’une preuve littérale ou linguistique [=en rapport avec la signification, le concept]. Cela ne saurait être connu et établi qu’en fonction de ce que la prophétie met en évidence et du commentaire (tafsir) de la Sounna. Allah, qu’Il soit exalté, a dit : « Et Nous n’avons envoyé de Messager qu’avec la langue de son peuple, afin de les éclairer. […] » »  (Sourate 14, verset 4) »

 

[Extrait de « Les épîtres édifiantes » (« Al-Rasa’il al-Moufîda ») par le Cheikh ‘Abd al-Latif ibn Âl ach-Cheikh, compilées par Soulayman ibn Sahman, pages 21-22.]

 

La signification de ce qu’a dit le Cheikh ‘Abd al-Latif ibn Âl ach-Cheikh, c’est qu’il convient d’attribuer à toute mécréance apparaissant dans le Coran et la Sounna sa vérité absolue, c’est-à-dire pleine et entière, ce qui induit la grande mécréance, jusqu’à ce que se manifeste, dans ce qu’a exposé le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) la preuve de son amendement, établissant qu’elle ne doit pas être comprise selon sa signification absolue. Dans ce cas, elle doit être comprise selon sa signification “minimum“, qui correspond à la petite mécréance.

 

 

Voici la preuve de la véridicité de ce qu’a dit le Cheikh ‘Abd al-Latif ibn Âl ach-Cheikh :

 

Celle-ci réside dans le hadith sur l’ingratitude envers l’époux, dans le sermon fait aux femmes par le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) dans lequel il dit :

 

هو حـديـث كفــران العشــير، وفيـه قـال رسـول اللــه صلى الله عليه وسلم ــ فـي موعظتــه للنسـاء : « أُرِيتُ النَّارَ فَإِذَا أَكْثَرُ أَهْلِهَا النِّسَاءُ يَكْفُرْنَ »  قِيلَ: « أَيَكْفُرْنَ بِاللَّهِ؟ » قَالَ: « يَكْفُرْنَ الْعَشِيرَ وَيَكْفُرْنَ الْإِحْسَانَ ُ ».

الحديث رواه البخاري في باب (كفر دون كفر) بكتاب الإيمان من صحيحه.

 

« Le feu (de l’enfer) m’est apparu en songe et j’ai constaté qu’il était surtout peuplé de femmes qui s’étaient montrées ingrates (yakfourna) ». « Est-ce envers Allah qu’elles avaient été ingrates (kufr) ? » lui demanda-t-on.  « C’est envers leurs maris qu’elles avaient fait preuve d’ingratitude. » répondit-il ; « Elles avaient méconnu les bienfaits qu’elles en avaient reçu. »  [Rapporté par al-Boukhari, dans le chapitre (kufr douna kufr), dans le volume de son recueil de hadith (Sahih) qui concerne la foi.]

 

 En voici donc la preuve explicite. Ainsi, lorsque le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) a dit : « Elles s’étaient montrées ingrates. », les Compagnons ont déduit qu’il s’agissait de grande mécréance, conformément à ce qu’ils connaissaient de l’emploi, institué par Le législateur, de l’expression “l’ingratitude (kufr)”, dans sa signification complète et absolue, jusqu’à ce que le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) expose que l’expression “l’ingratitude (kufr)” dans ce cas, n’était pas à comprendre dans son sens absolu en disant : « C’est envers leurs maris qu’elles avaient fait preuve d’ingratitude. », c’est-à-dire qu’ elles n’ont pas accompli leur devoir à l’égard de leurs époux.

 

Outre ce qu’a pu en dire le Cheikh ‘Abd al-Latif ibn Âl ach-Cheikh, les propos d’Ibn Hajar, qu’Allah lui accorde Sa miséricorde, entérinent aussi cette règle :

 

قال ابن حجر رحمه الله : « عُرف الشارع إذا أطلق الشرك إنما يريد به ما يقابل التوحيد، وقد تكرر هذا اللفظ في الكتاب والأحاديث حيث لايُراد به إلا ذلك ». (فتح الباري) 1/ 65.

 

« L’usage du législateur, lorsqu’Il parle de la mécréance, est de désigner ce qui s’oppose au dogme de l’unicité. Cette expression est répétée dans le Coran et les hadith dans cette seule signification. » [Fath al-Bari vol. 1, page 65]

 

Abû Hayan al-Andaloussi a dit dans son commentaire Al-Bahr al-Mouhit, volume 3, page 493 :

 

وقال أبو حيـان الأندلـسي في تفسيـره (البحـر المحيـط) : « الكفر إذا أطلق انصرف إلى الكفر في الدين. » (البحر المحيط) 3/ 493.

 

« Lorsque l’expression “la mécréance” est employée, cela désigne la mécréance dans la religion. »

 

Sachez que toutes les formes dérivées de la racine Kaf, Fa’, Ra’ dans le Coran, que ce soit un nom, un verbe ou un substantif, désignent la mécréance dans son sens absolu, c’est à dire la grande mécréance…

 

Il y a une différence selon qu’on parle de “mécréance” sans article défini alif-lam (comme dans : mécréance, mécréant, mécréants), ou précédé de l’article défini alif-lam (comme dans : la mécréance, le mécréant, les mécréants).

 

A ce sujet, Ibn Taymiya a dit :

 

وفي هذا قال ابن تيمية : « وفَرْقٌ بين الكفر المعرف باللام كما في قوله صلى الله عليه وسلم: « ليس بين العبد وبين الكفر أو الشرك إلا ترك الصلاة » وبين كُفر مُنكَر في الاثبات. » (اقتضاء الصراط المستقيم) ط المدني، صـ 69.

 

« Dans une déclaration, il y a une différence entre “la mécréance”, c’est-à-dire le mot précédé de l’article défini alif-lam, comme dans cette parole du Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) :« seul l’abandon de la prière sépare le serviteur de la mécréance et de l’association. », et “mécréance”,  c’est-à-dire indéterminé et non précédé de l’article défini alif-lam»

 

[Source : Iqtida’a as-Sirate al-Moustaqim  « Les exigences de la voie droite »,  éditions al-Madani, page 69.]

 

Al-Khatib al-Qazwini a dit :

 

فإذا جـاء الكفر بصيغة النكرة احتمل أن يُراد به الكفر الأكبر أو الأصغر، وهذا في السنة فقط، أما في القرآن فسواء جاء بصيغة النكرة أو المعرفة فالمراد به الكفر الأكبر كما سأذكره في المقدمة التالية   .

أمـا إذا جـاء الكفـر بصيغـة المعرفـة، فإنـه لايـُراد بـه إلا الكفـر الأكبر، وذلك لتصدير الاسم بالألف واللام المؤدية لحصول كمال المسمى، وهذا لاخلاف عليه بين أهل العلم بلغة العرب. فإنك إذا قلت « عمرو الشجاع » أفدت أنه الكامل في الشجاعة، فتخرج الكلام في صورة توهم أن الشجاعة لم توجد إلا فيه لعدم الاعتداد بشجاعة غيره لقصورها عن رتبة الكمال، وهذا بخلاف قولك « عمرو شجاع »، فظهر بذلك الفرق بين الاسم النكرة والمعرفة في إفادة كمال المعنى. انظر (الإيضاح في علوم البلاغة) للخطيب القزويني، ط دار الكتب العلمية 1405هـ، صـ 101، وانظر (الصلاة) لابن القيم، ط دار الكتب العلمية، صـ 18  .

 

« Si le mot “mécréance” n’est pas précédé de l’article défini alif-lam, on supposera qu’il peut s’agir soit de grande mécréance, soit de petite mécréance, mais cela seulement dans un texte de la Sounna. Quant au Coran, qu’il soit ou pas précédé de l’article défini alif-lam, la signification en est la grande mécréance, ainsi que je l’exposerai dans la présentation qui suit. Si le mot “mécréance” est précédé de l’article défini alif-lâm, cela ne peut désigner que la grande mécréance, car l’ajout de l’article indique que le mot doit être compris de façon absolue, sans restriction. Il n’y a pas de divergence à ce sujet entre les savants experts de la langue arabe. Ainsi, lorsqu’on dit : « ‘Amrou le courageux », on doit comprendre qu’il est entièrement courageux. Le mot laisse imaginer que le courage n’existe pas hors de lui, qu’on ne peut pas trouver de courage à part chez lui, car il est formulé selon son acception complète. Cela est différent du fait de dire « ‘Amrou est courageux ». Voici qui met en évidence la différence dans la façon dont le mot doit être compris, absolue ou pas, selon qu’il est ou n’est pas déterminé par l’article défini alif-lam. »

 

[Extrait de « L’éclaircissement sur les sciences de la rhétorique » par al-Khatîb al-Qazwînî, éditions Dar al-Koutoub al-‘Ilmiya, an 1405 de l’Hégire, page 101. Voir aussi : « La prière » par Ibn al-Qayyim, éditions Dar al-Koutoub al-‘Ilmiya, page 18.]

 

Donc, lorsqu’on dit : « Untel le mécréant », c’est une façon de dire à son sujet qu’il est mécréant coupable de grande mécréance, car la mécréance qui le désigne est précédée de l’article défini alif-lam, et donc sous-entendue dans la pleine acception du mot, prouvant qu’il a atteint l’extrémité de la mécréance. Ainsi, lorsqu’Il dit Allah le Très-Haut, qu’Il soit exalté : « […] les voilà les mécréants. » (Sourate 5, verset 44), Il désigne ceux qui ont atteint le summum de la mécréance, ce qui est la grande mécréance.

 

Et Allah est Le plus savant.

 


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"Le principe quant aux actes d'adoration est celui de l'interdiction, sauf si la shari'a rapporte une prescription pour cela. Et le principe quant au comportement usuel est la permissivité, sauf quand la shari`a rapporte une interdiction pour cela."( Al-aslu fil-`ibadat al-hadhru ilâ ma waradah `anish-shar`i tashri`ahu. Wal-aslu fil-`adat al-ibahah ila ma waradah `anish-shar`i tahrimahu). 

[Minhaj ul-Qasidin Mukhtasar fi Usoulil-Fiqh (p. 27) du sheikh `Abdur Rahman as-Sa`di] 


Le susdit principe est un principe important que l'Islam enseigne. Ainsi, en ce qui concerne
les matières de 3adat (d'actes quotidiens), comme manger, boire et porter des vêtements, alors on permet tout à cet égard, sauf s'il y a une preuve claire et authentique limitant ou interdisant sa permissivité. Cependant, quand cela concerne les actes d'adoration ('ibadat), alors c'est le cas contraire. Ici, rien ne peut être établi comme un acte d'adoration, sauf s'il y a un texte clair et authentique pour le permettre. Donc le principe de base pour les 'adat est l'ibahah (la permissivité), tandis que le principe de base pour les 'ibadat est le tahrîm (l'interdiction). 

Sheikh al-Islam Ibn Taymiyah (mort en.728H) - rahimahullah - a dit :

"les paroles et actions des gens sont de deux sortes : ` ibadat (les actes d'adoration) par lesquels leur religion est établie et les `adat (les pratiques usuelles) qui sont requis dans la vie quotidienne. D'après les principes de la shari'a nous savons que les actes d'adoration sont ces actes qui ont été prescrits par Allah ou approuvés par Lui; rien ne doit être affirmé ici, excepté par la shari'ah. Cependant, en ce qui concerne les activités mondaines des gens, ils sont nécessaires pour la vie quotidienne. C'est là, le principe de liberté d'action; rien ne peut être limité à cet égard excepté ce qu'Allah - la Plus Parfait - a limité. Ceci est le cas parce que le commandement et l'interdiction sont tous deux dans les Mains d'Allah (Le commandement et l'interdiction Lui appartiennent). En ce qui concerne l'adoration, il doit y avoir un ordre venant de Lui concernant cela. Ainsi, quand cela requiert un ordre d'Allah pour établir quelque chose, comment pouvons-nous dire que quelque chose est limité sans Son ordre ? C'est pourquoi Ahmad ibn Hanbal (mort. 241H) et d'autres juristes qui basent leurs jugements sur les ahadith disent : Par rapport aux actes d'adoration, alors le principe est le tawqif (la limitation); c'est-à-dire rien ne peut être légiféré à cet égard excepté ce qu'Allah légifère. En faisant autrement on encoure le risque d'être inclus dans la signification du verset : 

"
Ou bien auraient-ils des associés [à Allah] qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu'Allah n'a jamais permises? " [Sourate Achoura 42:21] 

Cependant, pour ce qui est du mode de vie, le principe ici est la liberté, parce que rien ne peut être limité à cet égard sauf ce qu'Allah a interdit. En faisant autrement nous sommes inclus dans la signification de Sa parole :

"
Que dites-vous de ce qu'Allah a fait descendre pour vous comme subsistance et dont vous avez alors fait des choses licites et des choses interdites?" [Sourate Younus 10:59] 

C'est un principe grand et avantageux, sur la base où nous pouvons dire que l'achat, la vente, le bail, l'octroi de cadeaux et d'autres matières identique sont des activités nécessaires pour les gens, comme manger, boire et porter des vêtements. Ainsi, si la shari'ah dit quelque chose à propos de ces faits quotidiens, cela est pour enseigner le bon comportement. En conséquence, il a interdit ce qui mène à la corruption; a rendu obligatoire ce qui est essentiel; a désapprouvé ce qui est superflu et a approuvé ce qui est avantageux. Tout ceci doit être fait après mûre réflexion de l'ampleur et des propriétés des divers types d'activités impliquées. Puisque c'est la position de la shari'a, les gens sont libres d'acheter, vendre et louer comme ils le souhaitent, de même qu'ils sont libres de manger et boire ce qu'ils aiment - tant que ce n'est pas illicite. Bien que certaines de ces choses puissent être désapprouvées, ils (les gens) sont toujours libres à cet égard, puisque la shari`a ne va pas jusqu'à la mesure de leurs interdiction - et ainsi le principe originel (de permissivité) demeure. "

[Al-Qawa ` idun-Nouraniyah Al-Fiqhiya (p.112-113)]


'Abdur-Rahmân ibn Nâsir as-Sa'dî



Traduction approximative du frère AbduLLAH.

 

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Quand on consulte nos références premières et les ouvrages de jurisprudence islamique, on constate que, souvent, des actions ou des attitudes sont condamnées, non pas parce qu'elle sont forcément répréhensibles en soi, mais plutôt parce qu'elles conduisent à la réalisation d'un interdit. Les juristes musulmans désignent le principe animant cette approche préventive par l'expression de "sadd oudh dharâï" (qui pourrait être traduit par "faire obstruction aux prétextes (conduisant à l'illicite)"). 



Les arguments du Qour'aane et de la Sounnah témoignant de la force probante de ce principe sont très nombreux. Ibn Qayyim r.a. en a cité près d'une centaine dans deux de ses ouvrages ("I'lâm oul mouwaqqi'în" - Volume 3 / Pages 122 à 143, et "Ighâthat oul lahfân" - Volume 1 / Pages 361 à 369) - parmi lesquels il en a repris pas mal de son Cheikh et illustre professeur, Ibn Taymiyah r.a. : Voir "Al Fatâwa Al Koubrâ" - "Kitâb iqâmatoud dalîl 'alâ ibtâlil hiyal"). 

Voici, à titre d'exemple, quelques uns des éléments qui ont été énumérés, et dont le caractère illicite s'explique essentiellement par le fait qu'ils constituent des moyens conduisant vers un interdit:

Dans le Qour'aane, Allah a interdit aux musulmans d'interpeller le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) en faisant usage de l'expression arabe "râ'inâ" ("accorde nous ton attention", "favorise nous"). Il leur a ordonné d'utiliser plutôt la formule "oundhournâ": Pourtant, le sens des deux expressions est pratiquement le même... Cette interdiction visait à éloigner les musulmans des propos et de l'attitude des juifs, qui eux, employaient le terme "râ'inâ" pour insulter le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam), en le prononçant de sorte à lui donner un mauvais sens. ("Ô vous qui croyez ! Ne dites pas : "Raina", mais dites : "Oundhournâ" (regarde-nous); et écoutez ! Un châtiment douloureux sera pour les infidèles." - Verset 104 / Sourate 2) 
Dans le Qour'aane toujours, Allah interdit aux musulmans d'insulter les fausses divinités adorées par les polythéistes, et ce, afin d'éviter qu'à leur tour, ces derniers ne se mettent à proférer des injures à l'encontre d'Allah. ("N'injuriez pas ceux qu'ils invoquent, en dehors d'Allah, car par agressivité, ils injurieraient Allah, dans leur ignorance." - Sourate 6 / Verset 108) 

Durant toute la période mecquoise, Allah a interdit aux musulmans de répondre par la force aux violences physiques et aux persécutions dont ils étaient victimes. Il leur a ordonné de faire plutôt preuve de patience et de pardon, afin d'éviter que la situation ne s'empire et que les païens ne s'en prennent à eux encore plus, étant donné que l'intérêt lié à la protection par les musulmans de leur personne, de leurs proches et de leur foi était de loin plus importante que celui d'une vengeance éventuelle ou d'une opposition physique ferme. 

Toujours durant la période mecquoise, Allah avait empêché au Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) de réciter le Qour'aane à haute voix (de telle sorte que les païens qui lui étaient hostiles pourraient l'entendre), afin d'éviter qu'ils ne prononcent des propos injurieux à l'encontre du Qour'aane, de Celui qui l'a révélé, de l'ange qui l'a transmis ou de son dépositaire (sallallâhou alayhi wa sallam). 

Allah a interdit aux musulmans de conclure des transactions commerciales lorsque l'appel de la prière du vendredi est lancé, afin d'éviter que celles-ci ne constituent un obstacle empêchant la présence à cette prière. ("Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la Salat du jour du Vendredi, accourez à l'invocation d'Allah et laissez tout négoce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez !" - Sourate 62 / Verset 9) 

Abdoullâh Ibn Amr (radhia Allâhou anhou) rapporte que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: "Parmi les plus grand péchés, il y a le fait qu'une personne insulte (ou "maudisse", selon une autre version) ses parents." Les compagnons (radhia Allâhou anhoum) dirent: "Ô Messager d'Allah ! Un homme peut-il insulter (ou "maudire") ses parents ?" Il répondit: "Oui. Il insulte le père de quelqu'un d'autre, et ce dernier (en retour) insulte son père. Et il insulte la mère d'autrui, qui, en retour, insulte sa mère." (Boukhâri, Mouslim) Ici, le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a qualifié de péché très grave et d'insulte de ses propres parents l'attitude qui a pour conséquence, indirectement, de conduire à cela, même si l'intention d'origine n'était pas d'en arriver là. 

Allah a strictement interdit la consommation du vin en raison du nombre de méfaits que cela entraîne. Mais ce n'est pas seulement la consommation en quantité qui a été prohibée: La prise d'une seule goutte l'a également été, même si elle ne rend pas ivre, et ce, en raison du risque que cette simple goutte puisse conduire à une consommation plus importante. 

Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a ordonné à celui qui est pris par le sommeil (alors qu'il prie la nuit) de délaisser sa Salâh pour aller se coucher (Boukhâri, Mouslim,…), afin d'éviter qu'il ne se mette à prononcer des insultes et autres propos non appropriés (dans sa somnolence), au lieu de réciter le Qour'aane ou de faire des invocations. 

Le Messager d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a interdit que l'on emporte avec soi le "Moushaf" (copie écrite du Qour'aane) lorsqu'on voyage en terre ennemie, pour éviter que celui-ci ne tombe entre des mains hostiles. 

Afin de mettre le musulman et la musulmane à l'abri du "Zinâ" (fornication), des limites ont été imposées au niveau du regard (ces limites diffèrent selon qu'il s'agisse du regard vers des personnes étrangères ("non mahram") de sexe opposé, vers des personnes du même sexe, vers des proches et des parents…), de la tenue vestimentaire (voir notamment le verset 31 de la Sourate 24), de la façon de parler (voir notamment le verset 32 de la Sourate 33), etc… 

Toujours dans le même ordre d'idée: Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a interdit la situation d'isolement entre un homme et une femme qui lui est étrangère ("non mahram"), même dans le cadre d'une action louable (comme par exemple l'enseignement de la récitation du Qour'aane…), pour éloigner le risque de tentations illicites et d'actes prohibées. 
Le talion pour punir celui qui est reconnu coupable d'un meurtre avec préméditation (s'il n'est pas pardonné par les proches de la victime) a été prescrit (notamment) par mesure de dissuasion, pour protéger ainsi la vie humaine et éviter que l'on y porte atteinte. 

Allah dit dans le Qour'aane: "C'est dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous doués d'intelligence, ainsi atteindrez-vous la piété. " (Sourate 2 / Verset 179) 

Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a interdit que l'on accomplisse la prière en se dirigeant vers une tombe: Il s'agit par là d'éviter que celle-ci ne devienne progressivement un objet de culte et d'adoration. 

Il est à noter cependant que, si les savants s'accordent pratiquement tous pour prendre en considération le principe même de la condamnation de ce qui conduit au mal et au répréhensible, il y a cependant des divergences entre eux pour ce qui est de la détermination de la force probante du "sadd oudh dharaï", et sa prise en compte dans certaines situations spécifiques: 

En effet, si l'Imâm Mâlik r.a. et l'Imâm Ahmad r.a. reconnaissent à ce principe le statut de source de législation à part entière, on considère que l'Imâm Châféi r.a. et l'Imâm Abou Hanîfah r.a., tout en admettant dans pas mal de règles dérivées (fourou'ât) sa validité, ne le comptent pas pour autant parmi les sources fondamentales (ousoûl) de la législation musulmane. 

Dans les lignes suivantes, je vous propose de passer en revue les différents cas de figure qui ont été évoquées dans les références juridiques les plus connues traitant de la question, et ce, afin de cerner précisément le cadre de la divergence sus-citée.


1) Si un acte est de nature telle qu'elle conduit de façon certaine et inévitable à la réalisation d'un mal, les savants s'accordent pour considérer qu'il est lui même prohibé. Exemples: 

- Creuser un fossé derrière la porte d'entrée d'une maison, dans l'obscurité. 

- Verser du poison dans une nourriture qui va être consommée.



2) Si un acte licite conduit la plupart du temps (ghâliban) à la réalisation d'un mal, il est également prohibé, et ce, même si l'intention qui le motive n'est pas malsaine. Exemples: 

- Insulter les fausses divinités des polythéistes dans une de leurs assemblées (étant donné qu'en général, en retour, ces derniers insulteront Allah). 

- Vendre des armes à un état qui est hostile aux musulmans.

- Vendre du raisin à celui dont on est sûr qu'il va l'utiliser pour faire du vin. 



3) Si un acte est, de nature, licite; néanmoins, il contribue souvent (kathîran, lâ ghaliban) à la réalisation d'un mal ou d'un interdit, les avis des savants divergent quant à son statut (dans le cas, évidemment, où l'acte en question n'est pas déjà explicitement interdit ou condamné dans le Qour'aane ou la Sounnah): 

Selon les mâlékites et les hambalites, ce genre d'actes est interdit. 
Selon les châféites (selon certains savants, l'avis des hanafites irait également dans ce sens …), il n'est pas interdit, tant qu'il n'est pas établi que celui qui l'accomplit vise la réalisation de ce qui est illicite. 
Cette divergence résulte en fait de l'opposition de deux aspects dans ce cas de figure précis: D'un côté, l'acte n'a pas été explicitement interdit par les références premières; il est donc concerné par le principe de la permission originelle (al ibâhah al asliyah). D'un autre côté, il conduit souvent à un mal… 

Les châféites (et les hanafites) ont donc pris en considération le premier aspect, étant donné qu'en l'absence de certitude ou de quasi-certitude de la concrétisation du mal (contrairement aux cas n°1 et n°2 - ce qui, notons le à nouveau, exclut d'office les cas où il existe des textes (nousoûs) de condamnation clairs et explicites), un jugement d'interdiction ne peut être énoncé sur la seule base d'une possibilité (importante, il est vrai) d'occasionner le mal. 

Les mâlékites et les hambalites ont, pour leur part, pris en considération le second aspect: Le fait que l'acte conduise souvent à un mal suffit pour le faire sortir du cadre de la permission originelle, comme en témoignent bon nombre d'interdictions qui ont été énoncées dans le Qour'aane et la Sounnah. 

- L'exemple le plus connu de ce cas de figure faisant l'objet de divergences entre les savants est celui des "bay oul 'înah", qui consiste par exemple à ce que Zayd vende à Bakr une marchandise pour la somme de 2000 €, payable à crédit sur une année; immédiatement après, ce dernier lui revend ladite marchandise (affirmant regretter la transaction qu'il a faite) au prix de 1500 € payables comptant… Ce genre de transaction sert souvent de prétexte pour dissimuler un prêt à intérêt: En effet, dans le cas de figure évoqué, Bakr reçoit une somme de 1500 € de Zayd, et il a également une dette de 2000 € payable sur une année envers lui… C'est exactement comme s'il a bénéficié d'un prêt de 1500 €, qu'il va rembourser sur une année avec des intérêts (2000 €). Ce genre de ventes est considéré comme étant invalide par les mâlékites et les hambalites (ainsi que par les hanafites, mais en raison d'un principe autre que celui du "sadd oudh dharaï"…). Les châféites pour leur part valident cette transaction (tant que l'intention de réaliser un prêt à intérêt par ce moyen n'apparaît pas ou n'est pas exprimée…).



4) Si un acte licite est accompli afin de parvenir à un but illicite, les savants s'accordent pour le condamner. Exemple: 

- Contracter un "Nikâh" (mariage religieux) avec une femme qui a reçu un triple divorce irrévocable dans l'intention de rendre celle-ci licite à nouveau pour son premier époux. Allah dit"S'il divorce avec elle (la troisième fois) alors elle ne lui sera plus licite tant qu'elle n'aura pas épousé un autre. Et si ce (dernier) la répudie alors les deux ne commettent aucun péché en reprenant la vie commune, pourvu qu'ils pensent pouvoir tous deux se conformer aux ordres d'Allah. Voilà les ordres d'Allah, qu'Il expose aux gens qui comprennent" - Sourate 2 / Verset 230) 




5) Si un acte, de nature, vise à parvenir à un objectif licite, mais peut contribuer rarement à la réalisation d'un mal (ses avantages dominant cependant les inconvénients qu'il peut entraîner), il reste tout à fait licite. Exemples: 

- Regarder une femme que l'on désire demander en mariage.

- Cultiver la vigne dans un "cadre" où la production du vin n'est pas courante (en sachant qu'il y a quand même un risque que, par la suite, les raisins obtenus soient utilisés par quelqu'un pour faire du vin). 

Wa Allâhou A'lam !

Et Dieu est Plus Savant !



Références: Ousoûl oul fiqh il islâmiy - Volume 2 / Pages 873 à 911; Irchâd oul Fohoûl; I'lâm oul mouwaqqi'îne - Volume 3 / Pages 122 à 143; Ighâthat oul lahfân - Volume 1 / Pages 361 à 369; Al Fatâwa Al Koubrâ - "Kitâb iqâmatoud dalîl 'alâ ibtâlil hiyal"; Al Mouwâfaqât - Volume 4 / Pages 198 et suivantes; Mawsoûat oul fiqh il islâmiy; Halâl wa harâm, Pages 40 à 43; Anwâr oul Bouroûq fî anwâïr fouroûq - "al farq oul râbi' wat tis'oûn wal miah"

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Cette règle est l'une des 5 grandes règles du Fiqh, son sens en résumé est le suivant :

Aussi longtemps qu'un usage ou une coutume ne s'oppose pas à la Shari3a, elle sera prise en compte. Ainsi ce qui est bien dans une coutume sera bien dans la loi si les conditions suivantes sont respectées:

1. Que cette coutume soit générale et non spécifique à une partie de la population
2. Que cette coutume ne s'oppose pas à la Shari3a
3. Qu'il y 'ait un intéret à pratiquer cet usage et qu'il n'y ait pas de méfait.

Cette règle se base sur le Hadith rapporté par l'Imâm Muslim et Ahmad  selon Anas Ibn mâlik  , le Prophète a dit 

Ce qui concerne vos affaires mondaines, vous êtes les plus à même de savoir ( ce qui vous est utile ou non , ndt) quand à vos affiares Religieuses je suis le seul vers lequel vous devez retourner et vous référer " tradution approximative.

Les références de ce qui a précédé 

1. Atta'sîs fi Ousoûl Al Fiqh fi Daw'i Al Kitâb Wa Assounna de Cheikh Moustafa Abou islâm Salâmâ 
2. L'introduction du Charh de bouloûgh Al marâm de Cheikh Abdallah Bassâm 

Et Allah Demeure Le Plus Savant

 

Par le frère Abou Salmane.

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Le texte explicite et celui qui n'admet qu'une seule interprétation, contrairement au probant où les savants divergent quant à son indication, chacun pensant que son avis est le plus juste, le plus probant.

Texte explicite:

Allah a dit: " Donc quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne !" [ S2, V 184]

Texte probant: ( la partie en bleu)

"Ô les croyants ! Lorsque vous vous levez pour la Salat, lavez vos visages et vos mains jusqu'aux coudes; passez les mains mouillées sur vos têtes; et lavez-vous les pieds jusqu'aux chevilles. Et si vous êtes pollués "junub", alors purifiez-vous (par un bain); mais si vous êtes malades, ou en voyage, ou si l'un de vous revient du lieu ou' il a fait ses besoins ou si vous avez touché aux femmes" [ S5, V6]

 

Par le frère Qeyss.

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Al istiqrâ' est un procédé qui consiste à faire une analyse complète de tous les textes et références qui traitent d'une question donnée afin de sortir et de déduire une règle exhaustive. C'est-à-dire une règle qui n'a aucune exception. par exemple les 5 grandes règles du Fiqh islamique furent déduit par ce procédé, bien que certaines se basent sur des textes individuels, tel que " La Darara wa la Dirâr , mais leur portée et leur poids est lui tirée d'une analyse profonde des textes légaux et références juridiques. Ainsi, ces règles déduites à travers ce procédé ont un poid juridique qui est au delà d'un simple texte qui traite d'une question donné, car cette règle n'est pas le fruit de l'indication d'un seul texte mais d'un ensemble de textes.

Et Allah Demeure Le Plus Savant

 

Par le frère Abou Salmane.

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Al-Imâm Abî Bakr Ahmed Ibn ’Alî Ibn Thâbit al-Khatîb al-Baghdâdî [392-462 H]




Le « Qiyâs » [raisonnement par analogie] est de deux catégories : 

1] Une catégorie qui s’applique à l’unicité d’Allâh [at-Tawhîd] 

2] Une catégorie qui s’applique aux dispositions de la Charî’ah [Loi Islamique] 

La première catégorie se divise en deux formes : 

a) La première forme est le raisonnement par analogie authentique [Qiyâs us-Sahîh] qui sert d’argument dans la connaissance d’Allâh , de Son Unicité, dans la Foi liée au monde de l’invisible [al-Ghayb], aux livres révélés, dans la véracité des Envoyés. Et ce « Qiyâs » est approuvée pour celui qui le pratique alors que celui qui le délaisse est blâmé. 

b) La deuxième forme blâmable de « Qiyâs » s’appliquant à l’Unicité d’Allâh [at-Tawhîd] est le mauvais « Qiyâs » qui mène à l’innovation [Bida’] et l’athéisme [al-Ihâd] comme le fait d’établir une ressemblance entre le Créateur et ses créatures, entre la ressemblance de ses Attributs et les attributs des ses créatures, de rejeter les préséances qu’Allâh a établies pour Lui-même, et dont Il est qualifié par Ses Envoyés, et que le raisonnement par analogie [Qiyâs] annule. 

La deuxième catégorie s’applique aux dispositions de la Charî’ah, elle se divise aussi en deux formes : 

a) La première consiste à ramener la règle au situation identique et semblable, celle-ci est recommandée. 

b) La deuxième à ramener la règle à une situation différente et dissemblable, celle-là est blâmable. [1] 

Notes 
[1] Kitâb « al-Faqih wal-Mutafaqih » de L’Imâm al-Baghdâdî, vol-1 p.511

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Le Minhaj (Voie) de Ahlou Sounna wa-l-Jama'a ce qui veut dire la voie de la Sounna et du Concensus, ou bien le minhaj des Salaf-Sâlih la voie des pieux prédécesseurs, tout cela revient au même c'est la voie à laquelle nous restons ferme, cette voie c'est celle du Prophète sala Allahu alayhi was Salam.

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