Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

1 2 > >>

Articles avec #spiritualite

 

Parmi Ses serviteurs, Seuls les savants craignent ALLAH!(Sourate al Fatir; verset 28)


Tafsir de Qurtubi sur ce verset:



"C’est a dire: les savants qui craignent Sa Puissance [absolue]. Quiconque réalise [par la Science] qu’All
āh est Omnipotent est par là même assuré qu’Il peut punir Son serviteur pour ses péchés, comme ‘Alī ibn Abū al’ah l’a rapporté de Ibn ‘Abbas qui disait concernant ce verset: Ceux qui savent qu’Allāh a la Puissance sur toute chose.

Rab
ī’ ibn Anas a dit: Celui qui ne crains pas Allah n’est pas un savant.

Muj
āhid a dit: En vérité, le savant est celui qui craint Allah ‘azza wa jall.

Il a été rapporté de Ibn Mas’
ūd: C’est science suffisante que de craindre Allāh; et ignorance suffisante que d’être complaisant [envers les menaces d’Allāh].

On demanda à Sa’ad ibn Ibr
āhīm: ‘Qui est le plus savant (afqah) parmi les gens de Madīnah?’ Il répondit: ‘ Celui qui craint Allāh le plus.’

On rapporte que Mujāhid a dit: ‘En vérité, un sage, un savant (faqīh), c’est une personne qui craint Allāh.’

On rapporte que ‘Al
ī a dit: ‘Est un vrai savant (faqīh) celui qui ne fait pas désespérer les gens de la miséricorde d’Allāh, sans pour autant faire de concessions pour eux sur la désobéissance à leur Seigneur. Celui qui ne les rassure pas contre le chatiment d’Allāh et qui n’a de penchant que pour le Qur’ān. Certes, il n’y a pas de bien dans une adoration qui n’est pas régie par la science; rien de profitable dans une science sans compréhension; et nulle utilité dans une récitation [du Qur’ān] qui n’est pas accompagnée de méditation [sur le sens de ses versets].’

D
ārimī rapporte d’Abū Muammad selon Mak’ūl: RasūlAllāh salallahu 'alaihi wa salam a dit: ‘La supériorité du savant sur l’adorateur (‘ābid) est comme ma supériorité sur les plus bas d’entre vous.’ Et il récita alors le verset: ‘Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent [véritablement] Allāh C’est un adīth mursal.

D
ārimī a dit: Abu al-Nu’mān nous a rapporté de ammād ibn Zayd selon Yazīd ibn āzim qui a dit: Mon oncle Jarīr ibn Zayd a dit qu’il a entendu Tubai’ rapporter de Ka’ab:

J’ai trouvé la description d’un peuple qui obtiennent la science mais pas pour agir en conséquence, qui atteignent la compréhension (yatafaqqahun) mais pas pour adorer [All
āh]; ils cherchent ce bas monde à travers les actes de l’Au Delà; ils se vêtent de peau de mouton mais leurs coeurs sont plus amères que la patience* ; ils sont insouciants de Moi et ils cherchent à Me tromper, aussi les mettrais-Je dans des épreuves qui rendraient perplexe et perturbé même l’homme le plus patient.’ Tirmidhī rapporte ce hadith selon une chaine marfu’ du adīth d’Abū Dardā’ comme nous l’avons écrit dans l’introduction à ce livre.

Zamakhshar
ī a dit: Si tu demandes quelle est la raison pour laquelle celà a été récité : innamā yakhsha Allāhu [avec raf’] min ‘ibādihi’l ulamā’a [avec nab] par ‘Umar ibn ‘Abdu’l ‘Azīz, et cela a également été attribué à Abū anīfah, je répondrais: ‘khashiyah’ est utilisée ici en guise de métaphore (isti’ārah); et celà signifie dans ce cas: ‘Il fait leurs louanges’ ou ‘les honore”, comme quelqu’un de sublime agit avec ceux qui sont frappés de terreur ou fascinés devant lui. Ainsi Il honore ceux qui ont la crainte parmi les hommes et augmente leur mérite."

Voir les commentaires

Published by Abou Malik - Spiritualité

 

'Umar ibn 'Abd al  Aziz avait coutume de dire: 

"Nul ne peut atteindre l'état ​​de la taqwa jusqu'à ce qu'il ne possède ni actions, ni les paroles qui peuvent être une source d’embarras pour lui, que ce soit dans ce monde ou dans l'au-delà."

Il lui a également demandé: 

«Quand l'adorateur atteint il le sommet de la piété?" 

Il répondit: 

"Si il met toutes ses pensées et ses désirs dans son cœur sur un plateau, puis errait sur ​​le marché, il ne devrait pas avoir honte de quoi que ce soit."

['Min  Akhlaq  as-Salaf p. 56]

Voir les commentaires

Published by Abou Malik - Spiritualité

On ne peut remplir un récipient [d'une substance] qu'à condition de l'avoir préalablement vidé [de toute substance] contraire. C'est le cas pour les personnes physiques et les entités matérielles, mais également pour les croyances et les volontés :

- Si le coeur est rempli de fausses croyances et de faux désirs, il ne restera plus de place pour croire en la vérité et l'aimer. De la même manière que celui qui utilise sa langue pour parler de ce qui n'est d'aucun profit, ne pourra l'utiliser pour parler de ce qui lui est profitable, sauf s'il cesse de parler de ce qui est vain. De même, si les membres sont utilisés dans la désobéissance, ils ne peuvent être utilisés dans l'obéissance qu'en cessant de pratiquer ce qui s'y oppose.

- Ainsi, si le coeur occupé par autre que l'amour d'Allah subhana wa ta'ala, le désir d'aller vers Lui et Sa compagnie, il ne pourra être occupé par l'amour d'Allah, Sa volonté, Son amour et le désir de Le rencontrer qu'en étant vidé de tout attachement à autre que Lui. Parallèlement, la langue ne peut se consacrer à Son évocation et les membres se mettre à Son service, qu'en cessant d'évoquer ou de servir autre que Lui. Si le coeur est totalement occupé par les créatures et les sciences qui ne sont d'aucune utilité, il ne restera plus de place pour l'occuper par Allah subhana wa ta'ala, Sa connaissance, Ses Noms, Ses Attributs et Ses Jugements.

Le secret permettant de saisir pleinement ce concept réside dans le fait que l'ouïe du coeur est semblable à celle de l'oreille. Si le coeur écoute autre chose que la parole d'Allah, il ne restera plus de place pour écouter et comprendre Sa parole. De même s'il penche vers l'amour d'autre qu'Allah subhana wa ta'ala, il ne restera en lui aucun penchant vers l'Amour d'Allah. S'il prononce des paroles autres que l'évocation d'Allah, il ne restera en lui aucune place pour Son évocation, de la même manière que pour la langue.

C'est pourquoi, il est rapporté dans les deux recueils authentiques que le Prophète salallahu alayhi wa salam a dit : 

"Remplir son ventre de pus jusqu'à satiété est meilleur que de le remplir de poésie."

(Al Bukhâri, 6100, Muslim, 2257).


Il a donc montré que le ventre pouvait être rempli de poésie. Il peut donc, de la même manière, être rempli d'ambiguïtés, de doutes, d'illusions, de fausses conceptions, de sciences inutiles, de plaisanteries, de blagues, d'histoires, etc.. Si le coeur est rempli de ces choses, la vérité du Coran et la science par laquelle il atteindra la plénitude et le succès ne trouveront aucune place et ne seront pas acceptées. Ces vérités passeront alors leur chemin et se rendront vers un autre lieu. De la même manière, lorsque l'on conseille un coeur rempli de son contraire, [ces conseils] ne pourront jamais pénétrer. Le coeur ne les acceptera pas et ils ne resteront pas en lui. Ils passeront à côté de lui comme des voyageurs et non des résidents. A ce sujet, les vers suivant sont à méditer :

Purifie ton coeur de tout autre que nous et tu nous trouveras,
Car notre voisinage est ouvert à qui purifie son coeur,
La patience est l'énigme menant au trésor de notre amour,
Celui qui résout cette énigme obtiendra son trésor.
Et c'est Allah qui accorde le succès.

[Ibn Al Qayyim - Partie 10, Al Fawa'id : Les méditations ]

Voir les commentaires

Published by Abou Malik - Spiritualité

Ecrit par le Sheikh martyr, 'Abdullah bin Muhammad ar-Rashud

 

Puisse Allah lui faire Miséricorde

 

RafidaynCenter Publications




Mon Frère Moujahid :

Le Musulman ressent beaucoup de bonheur grâce aux bienfaits qu'Allah envoie afin qu’il l’atteigne, pour le motiver et lui rappeler la grandeur de la générosité d'Allah sur lui. Et bien que chaque bienfait ne soit un bienfait en réalité - car il pourrait être une épreuve pour le serviteur et un attrait pour lui, ou autre que cela - demeure là le bienfait des honneurs qui ne sont de manière indiscutable rien d’autre que de la Grâce que notre Seigneur accorde au meilleur de Sa création, et le plus aimé de Lui parmi eux était notre Prophète Muhammad .

En effet, c’est le bienfait de « rester ferme » et de ne pas être affecté par l’égarement et la tromperie de ceux qui sont égarés, comme Allah le Très-Haut dit,

Et n'eût été la grâce d’Allah sur toi (Muhammad) et Sa miséricorde, une partie d'entre eux t'aurait bien volontiers égaré. Mais ils n'égarent qu'eux-mêmes, et ne peuvent en rien te nuire. Allah a fait descendre sur toi le Livre (le Qu’ran) et la Sagesse (Al-Hikmah), et t'a enseigné ce que tu ne savais pas. Et la grâce d’Allah sur toi est immense. [1]



Et dans le Chapitre qui suit, Allah dit, avertissant Son Prophète au sujet de ces poursuivants de Fitna égarés :

Juge alors parmi eux d'après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu'ils ne tentent de t'éloigner d'une partie de ce qu’Allah t'a révélé. Et puis, s'ils refusent (le jugement révélé) sache qu’Allah veut les affliger [ici-bas] pour une partie de leurs péchés. Beaucoup de gens, certes, sont des pervers. [2]



Et malgré le fait que le croyant, en chaque période, comprend la grandeur de cette vertu, c'est le croyant pendant la période d’éloignement (exil) (al Ghorba) qui [atteint] le degré le plus élevé de concentration et de compréhension de la grandeur de cette bénédiction Divine, particulièrement quand il voit la plénitude de ceux autour de lui qui ont fait des écarts sans atteindre ce qu’ils recherchaient - et il n'y a de Force et de Puissance qu’en Allah. Ainsi ces situations augmentent le croyant dans sa foi et dans sa déférence, et elles le poussent à se tourner vers Allah et augmentent son besoin de Lui, et elles augmentent son mépris et son dédain pour lui-même.

Exactement de la manière dont les Compagnons, puisse Allah être satisfait d’eux, avaient l’habitude d’agir.

Ainsi vous voyez, par exemple, l'Imam guidé et dirigé, le jurisconsulte, [celui] qui a reçu les heureuses nouvelles du Paradis et de la Délivrance – 'Omar Ibn ul-Khattabpleurait énormément sur lui-même et craignait pour lui-même les sources d'hypocrisie, ainsi il dit à Hudhayfah  « Je te demande par Allah, le Messager d'Allah m’a-t-il compté parmi les hypocrites ? »

Et Ibn Abi Mulaykah a dit, « J’ai rencontré trente compagnons du Prophète, et chacun craignait pour lui-même l’hypocrisie. »

Ainsi pour cette raison, ils étaient, puisse Allah être satisfait d’eux, les meilleurs des personnes dans l'action, et ceux qui avaient le plus peur, et les plus stricts lorsqu’ils se jugeaient eux-mêmes grâce à la glorification d'Allah qui fut établie dans leurs cœurs, et leur connaissance de Son existence donnait droit à une centaine de fois l’adoration et la soumission que les serviteurs accomplissent.

Et en raison de cette conscience Divine dans leurs coeurs, puisse Allah être satisfait d’eux, le Messager d'Allah , fit de leur méthodologie la norme à côté de laquelle aucune autre n'est reconnue. Ainsi dans le Hadith : "Et cette Oumma se divisera en 73 branches (sectes), toutes iront en Enfer excepté une." Ainsi ils [les Compagnons] dirent, "Quelle est-elle, Ô Messager d’Allah?" Il dit : "Ce sur quoi nous sommes mes compagnons et moi-même aujourd’hui." [3] Et pour cette raison, celui qui cherche à prendre un exemple devrait les prendre comme exemple, puisse Allah être satisfait d’eux, particulièrement si l'étrangeté de la Religion s’intensifie et les aides et les défenseurs sont peu nombreux.

L’Etrangeté de la Religion :

Oui. « L'Islam a commencé comme quelque chose d'étrange et il redeviendra quelque chose d'étrange, alors annoncez la bonne nouvelle aux étrangers. » [4]

Ibn Taymiyyah :swt: a dit, « Sa [c.-à-d. de l’Islam] Ghorba (éloignement) est plus grand quand ceux qui y sont entrés par le passé l'abandonnent… » jusqu’à ce qu’il dise, « Ainsi en effet aucune partie n'abandonne l’Islam sauf qu'Allah fera venir un peuple qu'Il aime qui combattra en Son nom, et ils sont le Groupe Victorieux jusqu'à ce que l'Heure soit établie. Et cela démontre qu'il a mentionné ceci dans le contexte de l’interdiction d'alliance avec les mécréants. 

Ainsi Il  a dit:

Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d'entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les injustes. [5]



Jusqu’à Sa Déclaration :

Ô les croyants ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion... Allah va faire venir un peuple qu'Il aime et qui L'aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier d’Allah, ne craignant le blâme d'aucun blâmeur. Telle est la grâce d’Allah. Il la donne à qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient. [6]



Ainsi ceux qui ont été visés par l’interdiction de prendre les Juifs et les Chrétiens comme alliés sont les mêmes qui sont visés par le Verset sur l’apostasie »[7]

Oui. En effet c'est l’éloignement étrange, et parmi ses caractéristiques il y a ce qui a été rapporté dans le Hadith, d'Umama, « Et parmi la fin [c.-à-d. les jours de la fin] de cette Religion il y a le fait que la communauté entière sera vidée de la connaissance, jusqu’à ce qu’il n’en reste rien à part un ou deux hommes savants, et ils seront subjugués et doux, et ne trouveront en cela ni aide ni secours. » Et à ce moment l’immense Miséricorde d'Allah descendra sur ces étrangers, et Allah compensera cet éloignement avec une Vertu Divine, et Il multipliera donc leur récompense à la manière dont les récompenses furent multipliées pour les premières générations.

Et dans at-Tabarani al-Kabir de Ibn Mas’ud, puisse Allah être satisfait de lui, que le Messager d'Allah  a dit, « En effet vous laisserez derrière vous une ère dans laquelle la patience de celui qui adhère [à sa Religion] correspond à la récompense de 50 martyrs parmi vous. »

Et cette minorité est le Groupe Victorieux, comme cela a été rapporté dans Muslim par plus d'un des Compagnons : « Cette religion continuera d'exister et un groupe de ma communauté continuera de combattre pour sa protection jusqu'à l'arrivée de l'heure » [8] Ainsi il a fait apparaître leur caractéristique la plus visible : leur combat dans le sentier d'Allah, cette caractéristique qui leur a fait mériter l'Amour d'Allah pour eux :

Allah aime ceux qui combattent dans Son chemin en rang serré pareils à un édifice renforcé. [9]



Ainsi ici, mon frère, tu as ces textes qui soulagent ton état d’éloignement, quand les fainéants utilisent les sombres textes des Tawaghites qui leur promettent la pauvreté et les commandent avec la corruption.

Mais, mon frère Moujahid :

Quelle est ton attitude envers les leçons du temps et les transformations et les changements merveilleux? Oui, on exige de toi de tirer des leçons bénéfiques de ces événements - nous demandons à Allah Conseils et Justesse. Et les avantages sont les suivants :

1) Joie quant au bienfait de la fermeté :

Ibn Taymiyyah :swt: a dit, « Et ceci n'exige pas que s'il devient un étranger ; celui qui se tient à lui [c.-à-d. l’Islam] est dans le mal, non. Il est plutôt le plus heureux, comme il a été dit dans le Hadith complet, « Alors annoncez la bonne nouvelle aux étrangers. » Et "Tuba" fait partie d’at-Tayyib (bien) ).[10] 

Allah  a dit :

Ceux qui croient et font de bonnes œuvres, auront le plus grand bien (Tūbā) et aussi le plus bon retour. [11]



En effet il est de ceux qui l’ont suivi en tout premier lieu [c.-à-d. Islam] quand il était étrange, et ils étaient les plus heureux des gens. Et quant à l’au-Delà, ils ont les plus hauts rangs après les Prophètes, que la Paix d’Allah soit sur eux » Fin de citation. [12]

2) Manque de chagrin et de douleur concernant son éloignement :

Ibn Taymiyyah :swt: a dit, « Et de la même manière qu’Allah interdisait à Son Prophète d’être touché par le chagrin ou la douleur pour ceux qui ne sont pas entrés dans l’Islam au début de l’affaire, il en est de même dans l’au-Delà. Ainsi, il est interdit au croyant de ressentir de la peine pour eux et d’être affligé par leurs intrigues. Et pour beaucoup de gens, s'il voit le mal ou s'il voit une grande partie de la situation de l’Islam changer, il devient angoissé et épuisé et il pleure à la manière dont les gens pleurent des désastres, et tout ceci lui est interdit. Il lui est plutôt ordonné de garder patience et d’avoir confiance en Allah et de rester ferme sur la Religion de l'Islam ». Fin de citation [13]

3) Endurance, patience, et prendre position :

Ô les croyants ! Soyez endurants. Incitez-vous à l'endurance. Luttez constamment (contre l'ennemi) et craignez Allah, afin que vous réussissiez! [14]


Ceux-ci ne fléchirent pas à cause de ce qui les atteignit dans le sentier d’Allah. Ils ne faiblirent pas et ils ne cédèrent point. Et Allah aime les endurants. [15]




4) Se jeter devant la porte d’al-Ghani (le Suffisant à Soi), ar-Rahīm (le Très Miséricordieux) et fondre en larmes devant Lui en le suppliant et en demandant pardon :

En effet la plus grande chose qui humilie le serviteur sont ses péchés. Et dans le Hadith Qudsi, « Ô Mes serviteurs ! Chacun de vous est égaré sauf celui que J'ai guidé, demandez-Moi de vous guider et Je vous guiderai.» Jusqu'à ce qu'Il dise, « Vous péchez nuit et jour et Je pardonne tous les péchés, demandez-Moi le pardon et Je vous pardonnerai. » [16]

Et parmi les invocations puissantes, « Ô Allah, Toi qui détournes les cœurs! Raffermis mon cœur sur Ta Religion. » Et elle fait partie des invocations émouvantes faites le plus par l'infaillible . Et également parmi les invocations émouvantes, « Ô Allah, guide-moi et protège-moi contre le fait de commettre un mal contre moi-même » ; « Ô Vivant, Ô Subsistant, à Toi je demande secours, amende ma situation et ne me laisse pas m'en remettre à moi-même ni à aucune de Tes créatures, même pour un tout petit moment. » ; « Ô Allah je te demande certitude et protection. »

5) Augmentation dans la louange d’Allah pour Ses bienfaits :

Ainsi la constance de Ses bienfaits et leur augmentation dépend de l'importance de ta louange à Allah. Et Lui Seul est Digne de louange du commencement à la fin ; ainsi toutes les louanges sont à Lui, l’apparent et le caché.

Puisse la paix d’Allah être sur notre Prophète Muhammad, sa famille et ses compagnons.

Publié dans Sawt al-Jihad magazine, question #6

 

Shawwal 1424






[1] An-Nisa: 113

[2] Al-Ma’idah :49

[3] Le Hadith de 'Abdullāh Bin 'Amr fut rapporté et classé comme fiable par at-Tirmidhi (#2641). Il a aussi été classé comme fiable par al-'Iraqi dans Ahkam al-Qur’an (3/432), al-'Iraqi dans Takhrij al-Ihya' (3/284) et al-Albani dans Sahih at-Tirmidhi.

[4] Muslim #208; Musnad al-Imam Ahmad #3596; Sunan At-Tirmidhi #2553, et d’autres

[5]Al-Ma’idah :51

[6] Al-Ma’idah :54

[7] Fatawa de Sheikh al-Islam 18/297

[8] Muslim #3546

[9]As-Saff : 4

[10] An-Nawawi a dit, "Tuba fait partie d’At-Tayyib (bien), exposé par Al-Fira'. Et quant à la signification de Tuba, les savants de l’exégèse ne sont pas d’accord sur la signification de Sa () Formulation, "Ceux qui croient et font de bonnes oeuvres, auront le plus grand bien (Tūbā) et aussi le plus bon retour." Ainsi il a été rapporté d’Ibn 'Abbas, puisse Allah lui faire Miséricorde, que sa signification est un bonheur et une joie pour les yeux. Et 'Ikrimah a dit, "Le meilleur de cela est pour eux." Et Ad-Dahhāk a dit "Le bonheur pour eux." Et Qatadah a dit,"La bonté pour eux." Et Ibrahim a dit "Le bien et la générosité sont pour eux." Et Ibn 'Ijlan a dit, "Un bien éternel." Et il a été dit "Le Paradis". Et il a encore été dit "Un Arbre au Paradis". Et toutes ces significations sont appuyées par le Hadith."

[11]Ar-Ra’d :29

[12] Fatawa Sheikh al-Islam 18/292

[13] Fatawa Sheikh al-Islam 18/295

[14]Al-Imran: 200

[15]Al-Imran: 146

[16] Muslim #4674; Musnad Al-Imam Ahmad #20405. Le texte complet du Hadith est le suivant: "Abu Dharr a rapporté : le Messager d’Allah, disant qu’Allah, Exalté soit-il a dit : 

"Ô Mes Serviteurs ! Je Me suis interdit toute injustice et Je l'ai interdite entre vous, ne soyez donc pas injustes les uns envers les autres.
Ô Mes serviteurs ! Chacun de vous est égaré sauf celui que J'ai guidé, demandez-Moi de vous guider et Je vous guiderai.
Ô Mes serviteurs ! Chacun de vous est affamé sauf celui que J'ai nourri, demandez Moi donc de vous nourrir et Je vous nourrirai.
Ô Mes serviteurs ! Chacun de vous est nu sauf ceux que J'ai habillés, demandez-Moi donc de vous habiller et Je vous vêtirai.
Ô Mes serviteurs ! Vous péchez nuit et jour et Je pardonne tous les péchés, demandez-Moi le pardon et Je vous pardonnerai.
Ô Mes serviteurs ! Un tort de vous ne saurait M'atteindre, vous ne pourriez Me nuire. Et vous ne pourriez non plus M'être utiles, ni Me faire profiter de quoi que ce soit.
Ô Mes serviteurs ! Si le premier et le dernier d'entre vous, les êtres humains et les Jinn étaient tous aussi pieux que le cœur de l'homme le plus pieux d'entre vous, cela ne pourra en rien diminuer Mon royaume.
Ô Mes serviteurs ! Si le premier et le dernier d'entre vous, les êtres humains et les Jinn parmi vous, étaient aussi pervers que le plus pervers d'entre vous, cela ne diminuera en rien Mon royaume.
Ô Mes serviteurs ! Si le premier et le dernier d'entre vous, les humains parmi vous et les Jinn parmi vous, se levaient tous sur un seul endroit pour Me faire une demande et si J'accordais à chacun ce qu'il a demandé, cela ne diminuerai en rien ce que Je possède pas plus qu'une aiguille enfoncée dans la mer ne diminue. 
Ô Mes serviteurs ! Ce ne sont que vous œuvres que Je vous compte et pour lesquelles Je vous rétribue, alors celui qui trouve du bien, qu'il remercie Allah, et celui qui trouve autres choses, qu'il ne blâme que lui-même." 

Sa'īd a dit que lorsque Abu Idris al-Khawlani a rapporté ce Hadith, il est tombé à genoux."

Voir les commentaires

Published by Abou Malik - Spiritualité

Si l'on sait d'une personne que, par sa réfutation, elle a pour but le conseil sincère envers Allah et Son Messager, alors elle doit être traitée avec respect, gentillesse et admiration, comme ce fut le cas pour tous les grands savants de l’Islam, dont les exemples ont été cités précédemment, ainsi que ceux qui les ont suivi dans le bien.

Mais si l'on sait que cette personne désire injustement le rabaissement, la calomnie et lé dévoilement des fautes d’une personne, alors elle mérite d'être confrontée à une action disciplinaire afin de le dissuader, lui et ses semblables d'accomplir ces actes abjects et interdits.
Et parfois, l'intention peut être connue par la reconnaissance et l’aveu de celui qui réfute, et parfois par des soupçons soulevés par ses actes et ses paroles.

Donc celui qui est connu pour sa science, sa religion, son respect et son estime pour les savants de l’Islam, il n'effectuera pas la réfutation (radd) et la dénonciation de l'erreur sans que ce soit d'une manière approuvée par les savants.

Quant aux livres et travaux de recherches, il est obligatoire de comprendre les paroles de l'auteur selon son intention originelle ²¹
Et quiconque comprend ses paroles d'une autre manière – alors que sa condition est ce qui a été cité (comme bien) alors il fait partie de ceux qui pensent du mal et soupçonnent ceux qui sont innocents. Et cela fait partie des types de soupçons qu'Allah et Son Messager ont interdits. Il est dont concerné par la parole d'Allah :

« Et quiconque acquiert une faute ou un péché puis en accuse un innocent, se rend coupable alors d'une injustice et d'un péché manifeste. » Sourate an Nissâ – Verset 112. 

Ceci, car soupçonner une personne qui ne manifeste aucun signe de mal, est une chose qu'Allah et Son Messager ont interdite, puisque celui qui a de telles pensées combine une faute et un pêché ainsi que le fait d’accuser une personne innocente de cela.
Il est encore plus concerné par cette menace si apparaissent en lui (celui qui a des pensées soupçonneuses) des signes de mal, comme l'injustice, l'hostilité, le peu de piété, une mauvaise langue, la médisance et la calomnie excessives, l’envie des gens à qui Allah a accordé Sa faveur ²² et Sa miséricorde, et un fort attachement à la compétition pour obtenir une position d'autorité avant un certain temps.
Donc si ces caractéristiques, que n'agréent pas les gens de science et de la foi, sont reconnues chez une personne, alors il ne pense que du mal des savants. Et si l'une de leurs réfutations est basée selon le deuxième cas mentionné ²³, il mérite d'être considéré avec mépris.

Et celui qui ne possède aucun des signes qui montrent un problème particulier, alors c'est une obligation de prendre et d'accepter ses paroles de la meilleure manière, et il n'est pas permis de les prendre d'une manière négative.
'Umar ibn al Khattab رضي الله عنه a dit : « N'aie pas de pensées suspectes à cause d'un mot prononcé par ton frère, mais essaye de n'y trouver que le bien. » ²⁴

Comment conseiller ? ~


Dans ce chapitre nous discuterons de la situation d'un homme face à qui l'on dit une chose qu'il n'aime pas [entendre]. Si cela est fait avec l'intention sincère de le conseiller, alors c'est une bonne chose. Certains Salafs disaient à certains de leurs frères :

« Ne me conseille pas tant que tu ne me diras pas en face ce que je déteste [entendre]. »

Donc lorsqu'une personne informe son frère d'un défaut pour qu'il s'en éloigne, c'est une bonne chose que d'être informé de ses défauts afin de s'en excuser, si excuse il y a. Mais si ce conseil est effectué avec la [seule] intention de le blâmer à cause d'un pêché [qu'il aurait commis], alors cela est répréhensible et condamnable.

Une personne interrogea un des Salafs : « Aimerais-tu que quelqu'un t'informe de tes défauts ? » Il répondit : « S'il fait cela dans l'intention de me blâmer, alors non. »
Blâmer et condamner une personne pour un pêché qu'elle a commis est interdit.

Le Prophète صلى الله عليه و سلم a interdit la condamnation d'une femme fornicatrice, même s'il a ordonné qu'elle soit flagellée ²⁵. Elle est donc fouetté conformément aux peines religieuses (hudûd), mais elle n’est pas condamnée pour son pêché, et elle n’est pas blâmée non plus pour cela.
Il est rapporté par 

At Tirmidhi ²⁶ et d'autres un hadith « marfu’ » [élevé = forme de hadith qui remonte jusqu'au Prophète صلى الله عليه و سلم] : Le hadith fait référence à un pêché dont la personne s'est repentie.
Al Fudayl ibnu 3iyâd (rahimahullah) a dit : « Le croyant cache [le pêché de son frère] et le conseille, alors que le débauché (al Fâjir) le diffame et le condamne. »
C'est ce qu'a mentionné Al Fudayl comme caractéristiques du conseil et de la condamnation ; le conseil étant lié au secret tandis que condamner est lié à la diffamation.

On disait : « Celui qui commande son frère [à faire le bien] au début d'une réunion, alors il l'a condamné. » (Ou une autre parole du même sens). 

Les Salafs n'aimaient pas qu'ordonner le bien et interdire le mal soit fait de cette manière. 
Ils préféraient que cela soit fait en privé entre la personne qui ordonne et celle qui est ordonnée, car c'est une des caractéristiques du conseil sincère. Ceci car celui qui conseillen’a pas pour but de répandre et de rendre publiques les fautes de la personne conseillée, son intention est plutôt de mettre fin au mal dans lequel il est tombé.
Répandre et exposer les fautes d'une personne fait partie de ce qu'Allah et Son Message صلى الله عليه و سلم ont interdit. 

Allah dit : « Ceux qui aiment que la turpitude se propage parmi les croyants auront un châtiment douloureux, ici-bas comme dans l'au-delà. llah sait, et vous, vous ne savez pas. Et n'eussent été la grâce d'Allah sur vous et Sa miséricorde et (n'eût été) qu'Allah est Compatissant et Miséricordieux (…) ». Sourate an Nûr – Versets 19 et 20.

Les hadiths concernant le bien dans le fait de dissimuler les fautes des autres sont nombreux. ²⁷
Certains savants disaient à ceux qui ordonnaient le bien : « Efforce-toi de cacher les fautes des pêcheurs, car les exposer montre une faiblesse en Islam. Ce qui mérite le plus d'être dissimulé sont les fautes d'autrui. »

C'est pour cette raison que répandre les actions indécentes d'une personne est lié à la condamnation. Ces choses font parties des caractéristiques des débauchés [Fujjâr] car le débauché n'a pas l'intention de mettre fin à une faute, ni de faire éviter au croyant une erreur ou un défaut. Mais son seul but est de répandre et de rendre publiques les défauts de son frère croyant, ainsi que de porter atteinte à son honneur. C'est lui qui initie cela et le répète. Et son intention est de rabaisser son frère croyant en montrant ses défauts aux gens, afin qu'il subisse un préjudice dans ce monde.

Mais en ce qui concerne le conseiller sincère [an Nâsih], son but en faisant cela est de retirer les fautes de son frère et de l'aider à les éviter. C'est ce qu'Allah Le Plus Haut, a dit au sujet de Son Messager صلى الله عليه و سلم :

« Certes, un Messager pris parmi vous, est venu à vous, auquel pèsent lourd les difficultés que vous subissez, qui est plein de sollicitude pour vous, qui est compatissant et miséricordieux envers les croyants. » 
Sourate at Tawabah – Verset 128.


Et Il a décrit ses Compagnons en disant :« Muhammad est le Messager d'Allah. Et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux. » Sourate al Fath – Verset 29.

Et Il a décrit les croyants avec les qualités de patience, d’encouragement à la miséricorde [entre eux].²⁸
Mais ce qui conduit le débauché à propager le mal et de rabaisser [son frère] est la force et la dureté, son amour de la méchanceté envers son frère et de lui infliger du mal. Ce sont les caractéristiques de Shaytân, celui qui embellit aux fils d'Adam la mécréance, la débauche et la désobéissance, afin qu'ils fassent partie des habitants de l'Enfer, comme Allah dit :

« Le Diable est pour vous un ennemi. Prenez-le donc pour un ennemi. Il ne fait qu'appeler ses partisans pour qu'ils soient des gens de la Fournaise. » Sourate al Fâtir – Verset 6

Et Il dit, après nous avoir raconté l'histoire de Iblîs lorsqu'il était avec le prophète d'Allah Adam (‘alayhis-salâm), et qu'il l'a trompé au point que cela le fit sortir du Paradis :

« Ô enfants d'Adam! Que le Diable ne vous tente point, comme il a fait sortir du Paradis vos père et mère, leur arrachant leur vêtement pour leur rendre visibles leurs nudités. »

Il y a donc une nette différence entre celui dont l'intention est de conseiller (Nasîha) et celui dont le but est d’humilier (Fadhîha) ! Et personne ne confond ces deux types de personnes, sauf celui dont la raison n’est pas saine.

Par l'Imâm Zayn ud Dîn Ibnu Rajab al Hanbali – Rahimahullah
__________________________________________________ ______________________
Notes :

²¹ C'est-à-dire : qu'il désire la guidée
et le bien.
²² Voir le traité Dhamm ul-Hasad wa Ahilihi de Ibn al Qayyim.
²³ C'est-à-dire qu'il désire injustement afficher les erreurs et rabaisser.
²⁴ Rapporté par Ahmad dans Az Zuhd, comme cité par As Suyûti dans Ad-Durr ul-Mandhoor (6/92)
²⁵ Rapporté par al Bukhâri (4/350) et Muslim (1704) d'après Abu Hurayrah (radhiallahu'anhu). Voir Sharh us-Sunnah (10/298) de l'Imam al Baghawi.
²⁶Au n° 2507 d'après Mu'adh (radhiallahu'anh). Ibn 'Adiyy l'a également rapporté dans al-Kamil (6/2181), al-Khatib dans Tarikhu Baghdad (2/339) et al-Zabidi ajouta qu'on peut aussi le trouver dans as-Samat de Ibn Abid-Duniya et al-Ghibah, et par al-Baghawi. 
Il y a deux défauts dans sa chaîne de transmission. Le premier est que Khalid ibn Ma'dan n'a jamais rencontré Mu'adh et le deuxième est que Muhammad ibn al-Hasan ibn Yazid est très faible. Cela est mentionné par al-Dhahabi dans al-Mizan (3/515), il a cité ce hadith comme exemple. As-Saghani a également mentionné ce hadith dans 
al-Mawdu'at (n.58)
²⁷ Voir Fath ul-Bari (5/97) et Sahih Muslim (4/1996)

²⁸ Comme on peut le lire dans la Parole d'Allah : « Et c'est être, en outre, de ceux qui croient et s'enjoignent mutuellement l'endurance, et s'enjoignent mutuellement la miséricorde. » Sourate al Balad – Verset 17.


Voir les commentaires

Published by Abou Malik - Spiritualité

Ce qui suit est une espèce de synthèse du chapitre sur la solitude et la fréquentation, du concis de la voie des postulants, ouvrage d'Ibn Qudaama . Avec quelques compléments tiré d'autres ouvrages, notamment, "le sentier des intinérant" d'Ibn al qayyim .

Dans un Hadith rapporté par Abu sa3id al Khudri , un homme demanda au Prophète  : « Ô Envoyé d’Allah ! Quel est l’homme le plus méritant ? » Il a répondu : « Un croyant qui combat au service d’Allah en investissant sa personne et ses biens, et un homme qui s’est retiré dans une vallée pour se consacrer à l’adoration de Son Seigneur et qui épargne aux autres son propre mal ». Et dans un autre Hadith, le Prophète  a dit : « Le croyant qui fréquente les gens et supporte leur gêne est meilleur que celui qui ne les fréquente pas et n’endure pas leur nuisance. ». La question qui ce pose donc est la suivante : Comment concilier ces deux paroles qui, à première vue, peuvent paraître contradictoire ?

Ainsi les avis ont divergé sur le meilleur mode de vie à adopter pour l’homme, entre le fait de vivre de façon isolé, à l'écart des gens, ou au contraire, en les fréquentant et en se mélangeant à eux. Shaykh Ibnu 3uthaymin , dans son explication du livre des jardins des vertueux (Riyaadh as-Salihîn) dit : « Ainsi il y a deux positions. La retraite est préférable à la fréquentation s’il y a dans celle-ci un préjudice et une mise à l’épreuve pour la foi. Mais à la base, la fréquentation est meilleure. L’homme côtoie les gens, commande le bien et condamne le blâmable, appel à la vérité, expose la Sunnah au gens, etc… Tout ceci est un bien. Cependant, si il lui est difficile de patienter et qu’il y a abondance des troubles, alors la retraite lui est meilleur, même si il doit adorer Allah sur le sommet d’une montagne ou dans le fin fond d’une vallée » 

Nombre de Compagnons du Prophète  et de prédécesseurs - puisse Allah les agréer - ont préféré vivre en retrait en s’isolant des gens. D’autres par contre, se sont mélangés à eux et les ont fréquenté. Ne cherchant, pour chacun d’eux, que la meilleure façon d’obtenir la satisfaction et l'agrément d’Allah, à travers Son adoration. A noter, que ceux qui préféraient l’isolement, ne délaissaient pas pour autant leurs devoirs en commun. Ibn al-Jawzi  dit dans son livre Talbis Iblis : « Les plus illustres des prédécesseurs avaient une préférence pour le retrait et l’isolement en se mettant à l’écart des gens, préoccupés par la science et l’adoration. Cela ne les empêchait pas pour autant de participer à la prière du vendredi et à la prière en groupe. Cela ne les privait pas non plus de visiter une personne malade ou de participer à un enterrement, ou encore d’accomplir leur devoir à tout moment. Leur isolement consistait à se détourner du mal et des mauvaises personnes. »

Dans son livre Mukhtasar minhaj al-Qasidiin, le savant Ibn Qudama al-Maqdisii  a reprit les arguments des uns et des autres. Il dit : « Les gens ont divergé à propos de la vie en isolement et de la fréquentation, laquelle des deux est meilleur ? Pourtant, chacune d’elle comporte des intérêts et des risques.» Et il dit également : « Sache que les divergences des gens à ce sujet sont semblables à leurs divergences à propos de la vertu du mariage et du célibat. Or, nous avons indiqué que cela dépendait des situations et des personnes. Nous dirons ici la même chose ». Sans statuer formellement entre les deux, il a donc énuméré les avantages et les inconvénients que l’on pouvait trouver dans chacune des deux positions. Nous allons, si Allah nous le permet, essayer d’en reprendre quelques un à travers les lignes qui vont suivre.


Pour ce qui est des avantages et des vertus que l’homme ne trouvera qu’en s’éloignant des gens, l’on citera :


 Se consacrer uniquement à l’adoration d’Allah de manière plus dévoué et avec plus de ferveur. 


En effet, le croyant, en s’isolant chez lui ou à la mosquée, dispose de beaucoup de temps libre, propice à l’entretien de sa foi et de sa pratique. Il pourra ainsi se rapprocher de la parole d’Allah (Al Quraan), en la lisant continuellement, en l’apprenant, et surtout en s'efforçant de l’appliquer. Il pourra méditer sereinement sur les bienfaits d'Allah et réfléchir à Sa création. De façon général, il pourra parfaire sa relation avec Son Seigneur et se rapprocher de Lui. 
Abu Muhalhil rapporte : « Un jour Sufyan al-Thawri m’avait pris par la main pour aller dans un cimetière. Nous nous sommes retirés dans un coin où il se mit à pleurer avant de me dire ceci : « Ô Abu Muhalhil ! Si tu peux éviter à ton époque de fréquenter quiconque, fais-le, et que ton souci majeur soit l’amélioration de ta personne. »


 Se préserver du mal d'autrui 

L'isolement permet de se préserver des méfaits et des péchés qui peuvent se récolter directement a travers la fréquentions des gens, et Allah sait combien ils peuvent êtres nombreux. 

On peut énuméré ceux qui sont rattaché à la langue et à l'oreille, à savoir : la médisance, la calomnie, le mensonge, etc. En effet, lorsqu'on a connaissance de la gravité de ces péchés et du danger qu'ils représentent, pour soi-même et pour autrui, l'on ne peut que comprendre l'attachement que certains peuvent avoir pour la solitude, surtout à notre époque, où ces poisons ont contaminés bon nombre d'entre nous et ont pris place dans nos habitudes. A tel point que si un croyant, qu'Allah a préservé, refuse de parler sur le dos de son frère ou refuse de rester en présence de ceux qui s'adonne à cette distraction, reçoit des brimades. De ce fait, si le croyant participe avec eux par la parole, il commet un péché. S’il participe avec eux par l’écoute tout en gardant le silence, il commet un péché. Et s’il leur reproche cette pratique, il récolte des critiques. 
Sa3id ibn abi Waqqas disait : « J’aurais souhaité qu’il y ait entre les gens et moi une porte en fer, que personne ne puisse me parler ou que je ne puisse parler à personne, jusqu’à ce que je rencontre mon Créateur. »

En s’éloignant des gens, le croyant s’éloigne par la même occasion d’une responsabilité très lourde qui est le commandement du bien et la proscription du mal. Avec toutes les choses répréhensibles et blâmables qui sévissent chez les musulmans, le croyant est continuellement dans l’obligation de s’opposer autant que possible à ces maux. S’il ne le fait pas, il commet un péché, et s’il le fait, il se voit injurier, montré du doigt, emprisonné, etc.

Ensuite, le shaykh Ibn Qudaama  évoque un mal auquel peu de monde prête attention et qui, pourtant, est assez répandu de nos jours. C’est ce qu’il appel la duplicité. En d’autres termes, c’est le fait de faire preuve d’hypocrisie en présence des gens. Par exemple, dire à une personne qu’elle nous manque alors que ce n’est pas le cas, ou alors exagérer la manière de lui en faire part. Le Shaykh dit : « Sache que si l’interrogation de l’homme pour son frère : « Comment vas-tu ce matin ? » n’est pas motivée par l’affection et l’amour, elle devient de l’affectation et de la duplicité ». Certaines personnes peuvent en effet rigoler avec toi en ta présence, et dès que tu tourne le dos, ils rigolent sur toi. Il est rapporté par Isma3il ibn Ahmad al-Muqri que l’Imam ash-Shafi3i a dit : « Délaisse ceux qui, lorsqu’ils ont avec toi sont des dévots, et lorsqu’ils s’en vont, ce sont des loups à l’affût. »

Autre mal qui peut toucher le croyant, c’est le fait de s’imprégner du mauvais comportement et du mauvais caractère que peuvent avoir les personnes qui l’entourent. Et nous le voyons malheureusement que trop souvent. Combien de musulmans issues de familles pieuses, qui ont toujours été assidues dans la prière, dans le jeûne, dans la lecture et l’apprentissage du Quraan, se sont éloignés petit à petit de la religion d’Allah, du fait d’une mauvaise fréquentation ? Combien ont pris goût au libertinage et aux futilités de ce monde au point de transgresser les limites qu’Allaah et Son Prophète ont fixés ? En côtoyant les personnes qui banalisent les péchés, l’individu les banalisera toute autant avec le temps. Ibn Qudama  dit à ce sujet : « Car à force de s’y exposer directement, la corruption devient moins pesante pour la nature humaine et elle perd de sa gravité ». Il dit également : « Il faut savoir que plus l’homme constate qu’autrui commet des péchés, majeurs, plus il méprise les péchés mineurs qu’il commet lui-même. » Et c’est là une vérité indiscutable. Celui qui néglige la prière à l’heure, voyant les gens autour de lui délaisser complètement la prière, se dira : « Il n’est finalement pas si grave de ne pas faire la prière à l’heure, au moins, je la fait ». Alors que ne pas faire la prière à son heure est tout sauf un petit péché. De même, vivre dans un milieu où un péché, quel qu’il soit, est répandue, provoquera petit à petit la minimisation de sa gravité. 

Également, l'individu qui côtoie les milieux aisés ou opulents, convoitera la fortune ou le pouvoir. Il s'efforcera d'aqcuérir autant de bien ou d'influence, si ce n'est plus, que les personnes qui l'entourent. Laissant ainsi place à l'envie, à la jalousie et à la course aux richesses. Allah  dit : «Ne tends pas tes yeux vers les jouissances éphémères que nous avons accordées à plusieurs groupes d'entre-eux; c'est là le décor de la vie de ce monde, destiné à les éprouver » [Suraat Taa-haa v.131]. Il doit constamment se rappeler que cette vie n'est qu'un moyen, une monture qui, pour arriver à déstination, ne doit pas se charger de surplus. Il ne doit donc pas se laisser tenter par les ornements de ce bas monde, mais plutôt, se contenter de ce qu'Allah lui a accordé comme subsitance, tout en se mettant à l'esprit que bon nombre de ses frères et soeurs vivent avec trois fois rien, et c'est vers eux que son regards doit se tourner. En effet, le Prophète  a dit : «Regardez ceux qui vous sont inferieurs et ne regardez pas ceux qui vous sont supérieurs. Tel est l'attitude qui convient pour que vous ne méprisiez pas les bienfaits d'Allah en votre faveur. »

Ainsi, en s’isolant, le croyant se prémunit de tous ces péchés et peut se consacrer a s’améliorer et à travailler d’autres faiblesses. 


 Se préserver des troubles

Parmi les bienfaits de la solitude, il y a le fait de se préserver des problèmes et des tensions que peuvent causer les gens. Que ce soit entre individus, entre familles ou entre groupes de personnes quelconques, les disputes ou les conflits sont des activités que les gens exercent à longueur de temps, et dans la majorité des cas, les raisons invoquées sont d’une futilité étonnante. On peut ainsi voir de nos jours de familles déchirés pour trois fois rien : des histoires de mariages, de commerces, etc. Et parfois, un simple regard peut suffire à allumer la mèche. Lorsqu’un individu souhaite recoller les morceaux en voulant réconcilier les parties qui s’opposent, il se voit prit entre deux feux. Chacun essayant de le tirer vers son côté. Si jamais il parle à l'un d'eux, l'autre le rejette alors et adopte une position hostile à son égard.


 Se préserver des turpitudes 

A l’heure où la pudeur, la décence, la vertu et la chasteté sont devenu des perles rares, en s’isolant, le musulman s’immunise contre la débauche, la dépravation, la turpitude et la dégradation des mœurs qui sont, elles, devenu des plaies abondantes et répandue dans les sociétés. Surtout dans les sociétés occidentales - bien que les grandes villes des pays dit musulman, n’ont plus grand-chose à leur envier -. En effet, pour les musulmans qui vivent en occident, il est difficile de faire 500 mètres sans être confronté à ce qu’on a cité précédemment. A travers des affiches perverses, dite de publicité, où la femme est devenu un objet de marketing, à travers les tenues vestimentaires qui n’ont de vêtement que le nom, pour les femmes comme pour les hommes, à travers le vocabulaire vulgaire, irrespectueux, et pire, blasphématoire. Ainsi, en restant chez lui, le musulman s’éloigne de cette atmosphère fatale pour sa foi. Il est rapporté qu’Abu ad-Darda  a dit : « Le meilleur ermitage pour le musulman, c’est sa maison, où il retient sa langue, sa passion charnelle et son regard. Prenez garde surtout aux retrouvailles des marchés car elles absorbent l’attention et éliminent la concentration. »


 Préserver les autres de son mal 

Enfin, si le retrait est profitable avant tout pour celui qui s’y adonne, il peut l’être également pour les musulmans de qui on s’éloigne. En effet, personne n’est à l’abri de dire mauvaises paroles, de ne pas agir correctement envers son frère, de lui porter préjudice, volontairement ou involontairement, directement ou indirectement. Aussi, à vivre en isolement, il préserve autrui de son mal, et il se préserve lui-même de récolter les conséquences de ce mal.




Voici donc pour ce qui est des avantages du retrait et de l’isolement. Voyons maintenant, si Allah nous le permet, quelles sont les bienfaits que le musulman peut récolter en fréquentant les autres et en se mélangeant à eux, et ce, toujours en s’appuyant, entre-autres, sur les paroles de Shaykh Ibn Qudaama al Maqdisi  à travers son ouvrage Mukhtasar minhaaj al Qaasidiin.


Au-delà des obligations en commun que le musulman est tenu de respecter, tel que la prière à la mosquée, la prière de Jumu3a, la prière mortuaire, la visite de ses frères malades, le combat pour la religion, l’entretien des liens de parenté, etc. Il peut-être indispensable et profitable pour le musulman de côtoyer ses frères pour divers raisons, parmi lesquels :


 L'apprentissage et l'enseignement 

Que ce soit pour acquérir la science, ou pour la partager, le croyant ne pourra y parvenir qu’en fréquentant les gens. 

Concernant l’apprentissage, il est dans l’obligation de faire les efforts pour connaître les fondements dogmatique et pratique de sa religion. En effet, comment une personne peut-il adorer son Seigneur s’il ne sait pas qui Il est ni quelle est Sa Parole (Al Qur'aan) ? Comment peut-il adhérer à la Religion d’Allah s’il ne connait pas Son Envoyé ni ses enseignements ? Comment peut-il se soumettre correctement à son Seigneur s’il ne sait pas comment pratiquer la Salaat ? Etc. Autant de question qui s’accordent toutes pour dire qu’il est impératif pour le croyant de fréquenter les gens de science et de s’imprégner de leurs connaissance, mais également de leur caractère et de leur comportement. S’ils ne les trouvent pas, qu’il aille à leur recherche s’il le faut. Ainsi, celui qui veut s’isoler des gens en pensant adorer Son Créateur en ermitage, sans la moindre connaissance islamique fait fausse route. Il est comparable aux moines chrétiens qui voulaient adorer Allah sans sciences et donc avec passions et égarement. Ibn Qudaama  rapporte : « On a demandé à un savant : « Que dis-tu de la retraite d’un ignorant ? » Il a répondu : « C’est de la folie et c’est un malheur ». Il est à noter que celui qui cherche à étudier doit le faire avec l’unique objectif de se rapprocher de Son Seigneur, et il doit se prémunir de toute mauvaise intention. Dans un hadith rapporté par Ka3b Ibnu Maalik  , et recensé par at-tirmîdhi, le Prophète  a dit : « Celui qui cherche à acquérir une science dans l’objectif de concurrencer les savants, de débattre avec les faibles d’esprits, ou d’attirer l’attention des gens, Allah le fera entrer en enfer. ». Également, certains prédécesseurs ont dit : « Celui qui recherche le savoir pour autre que pour Allah, la science se refusera à lui tant que son intention ne sera pas dirigé vers Son Créateur. » 
De même il doit s’efforcer d’adopter un comportement sain devant son enseignant, en faisant preuve d’humilité et de modestie.

Concernant l’enseignement, si le musulman dispose d’une certaine connaissance ou d’un savoir, et qu’un besoin d’apprentissage autour de lui se fait sentir, il se doit de transmettre ce qu’il a acquis et ne pas le garder pour lui car cela n’est pas permis. Le Prophète  dit dans un hadith : « L’image de celui qui apprend la science sans la transmettre est celle d’une personne qui amasse des biens sans en dépenser en aumône » rapporté par Tabarani. Cela dit, comme c’est le cas pour celui qui étudie, l’enseignant se doit d’observer un certains nombres de règles morale pour éviter de tomber dans les filets de ShayTaan. En premier lieu, veiller à ce que son intention soit pure, exempt d’ostentation ou de recherche de gloire. Aussi, il doit s’assurer de l’authenticité des enseignements qu’il dispense afin de ne pas colporter des mensonges sur Allah et Son Messager, au risque de récolter ce qui pourrait le conduire à sa perte. En outre, il doit tout autant faire preuve de modestie et d’humilité, de gentillesse et d’attention avec ses élèves ou avec les personnes avec qui il partage ses connaissance, de même qu’il doit s’adapter à leur niveau. A titre d’exemple, il n’est pas judicieux de parler à une personne des divergences qu’il peut y avoir entre les gens de science sur une question pointu de jurisprudence, quand cette même personne vient à peine d’embrasser l’Islam. L’imam ash-Shaafi3i  disait : « Celui qui dispense un savoir à des ignorants, ne fait que le perdre et celui qui en prive ceux qui le méritent commet une injustice. »
Donc, que ce soit pour apprendre, ou pour transmettre, et bénéficier ainsi des faveurs qu’Allah accorde à ces deux catégories de personne, le musulman doit nécessairement fréquenter ses frères et vivre à leurs côtés. 
Bien que ce qui a été dit précédemment concerne essentiellement les sciences religieuses, cela peut être valable pour toutes sciences utiles au musulman et à sa communauté, tel que l’ingénierie, la médecine, l’art de la guerre, l’histoire, etc.


 S'entraider 

Dans un célèbre Hadith rapporté par Abu Hurayra  , et que l’on retrouve dans le recueil de Muslim, le Prophète  a dit : « Celui qui dissipe à un musulman l'une des situations affligeante de ce bas-monde Allah lui en dissipe une de celles du jour de la résurrection. Celui qui met dans l'aisance quelqu'un dans la gêne, Allah le met dans l'aisance dans ce monde et dans l'autre. Celui qui couvre un musulman, Allah le couvre dans ce monde et dans l'autre. Allah ne cesse d'être aux côtés de Son esclave tant que Son esclave est aux côtés de son frère.»Ainsi, l’on voit quels sont les mérites de celui qui se trouve aux côtés de ses frères et qui fait preuve de bonté à leur égard. Les musulmans sont en effet liés par une relation qui n’a pas d’égal chez les autres communautés, une relation qui n’est alimenté que par une seule chose : l’amour en Allah . Cette relation est fortifié par des droits et des devoirs mutuels tel que saluer son frère et répondre à son salut, répondre à son invitation, le visiter lorsqu’il se trouve malade, invoquer en sa faveur lorsqu’il éternue, assister à ses funérailles lorsque son heure est arrivée, etc. De même, il se doit de répondre aux besoins de son frère et essayer tant que possible de les satisfaire, et ce, qu’il y est une demande explicite ou pas. Et ce n’est qu’en vivant au milieu des gens que l’on peut s’enquérir de leur situation, de leur état de santé, etc. Toute cette attention permet à celui qui y est sensible de récolter des récompenses inestimables comme nous l’enseigne le Prophète dans le hadith su-cité, et il permettra également à ceux qui sont autour de lui d’en profiter. En effet, si le musulman peut assister son frère, il peut arriver qu'il soit lui-même dans une situation nécessitant l’intervention d’autrui, que ce soit en termes de bien, de nourriture, de soin, de force physique, mais en également en terme de compagnie, puisqu’il peut-être dans un état où il a besoin de sentir la présence de ses proches et de partager avec eux ses émotions, ses joies, et ses peines, bien que Le meilleur des Confidents soit Allah, exalté soit-Il.


 Eduquer et s'éduquer 

Enfin, l’un des bienfaits de côtoyer les gens, réside dans la contribution à l’éducation de la communauté, dans la participation à l’amélioration des mœurs, des pratiques, des caractères et des comportements, et par conséquent, à l’éducation de sa propre âme. Et sans aucun doute, il y a là un grand bien. 
Forcé de constater qu’aujourd’hui, les gens font preuve d’un égoïsme vraiment étonnant dans leur vie de tous les jours. Que ce soit chez les adultes ou chez les plus jeunes, l’on n’assiste plus, ou très peu, à une entraide mutuelle dans les œuvres de bien A la place, s’est développé un certain individualisme affaiblissant l’ensemble de la communauté musulmane et en n'en faisant surement une des causes de sa décadence. 
Sous un prétexte de liberté individuel ou je ne sais quelle autre bêtise, nous voyons aujourd’hui les musulmans délaissés leur devoir en matière de promotion du bien et de proscription du mal, en matière de prédication et d’appel à l’Islam. Pour illustrer ces paroles, un exemple qui est malheureusement monnaie courante de nos jours, c’est lorsque l’on voie dans la rue des gens s’amuser alors que c’est l’heure de la prière, personne ne fera l’effort d’aller les résonner afin qu’ils viennent à la mosquée s’acquitter de leur devoir, plutôt, les gens diront : « C’est sa vie, il fait ce qu’il veut ». Le plus grave étant qu’ils essayent par-dessus tout, de justifier leur insouciance par des pseudos arguments islamique, en disant par exemple : « Oui mais Allah a dit dans le Quraan « Nul contrainte en religion » ». Mais ils ont oublié les paroles d’Allah décrivant le caractère des musulmans, comme Il dit le verset 110 de la surat aal-3imran : « Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes. Vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez en Allah »
De même celui qui a acquis un minimum d’éducation islamique, ne fait plus l’effort de le transmettre aux autres, et surtout aux plus jeunes qui sont censé être la relève de demain. L’implication du croyant qui peut contribuer par ses compétences et ses connaissances au réveil de la Ummah est indispensable. En commençant par l’éducation de sa famille et de ses proches, et en participant à l’entretien de sa mosquée. Entretien des murs, mais aussi et surtout des cœurs.
Ainsi, celui qui s’efforce de remédier à tout ça, en s’impliquant sincèrement, récolte de grandes faveurs auprès de Son Seigneur. Et il contribue par la même occasion à dompter son âme, car ce travail permet de développer bon nombre de qualité tel que la patience, l’endurance, l’humilité, la modestie, etc. 


Voici donc, globalement, quelles sont les bienfaits que le musulman peut récolter selon qu’il se trouve en retrait des gens ou au milieu d’eux. A lui d’examiner sa situation et son profil et voir quelle attitude convient le plus à l’entretien de sa foi. De toute évidence, il n’y a pas de jugement catégorique à émettre sur l’une ou l’autre puisque tout le monde n’a pas la même personnalité, ni les mêmes besoin spirituels. Par contre, il se peut qu’une personne ait le besoin de s’isoler quelques temps, puis de s’entourer de ses frères, puis à nouveau de se retirer, etc. L’imam ash-Shafi3i  a dit: « Se refermer par rapport aux gens rapporte l'hostilité et s'ouvrir à eux rapporte bien des maux. Aussi, place-toi entre le resserrement et la dilatation. Et celui qui soutient autre chose manque de perfection. Ce qu'il dit n'est qu'une information subjective sur son propre état spirituel. Il n'est donc pas permis de s'en servir comme critère pour juger le cas de celui qui a un état spirituel différent. ». Enfin le croyant doit constamment renouveler son intention afin de se prémunir des insufflations de démons parmi les hommes ou parmi les djinns. Il doit craindre Allah dans sa parole et dans son silence, dans son action et dans sa passivité, dans son droit et dans son devoir, dans sa fréquentation et dans son isolement. Il doit veiller à ce que son comportement et ses décisions soit authentiques et en total conformité avec les enseignements du Prophète , la compréhension des compagnons et ceux qui le suivirent, évitant de cette façon de tomber dans un des deux extrêmes. A savoir, d’un côté un ermite qui coupent tout contact avec le reste du monde et qui se perd dans toute sortent d’innovation, délaissant ainsi devoir et obligations, et perdant par la même occasion, toute sa religion, et de l’autre côté, un homme qui passe son temps à surveiller les autres, à les espionner, et à se mêler de ce qui ne le regarde pas. Le croyant doit s’éloigner de ces déviances et rester accrocher fermement au juste milieu, qui est un des critères par lequel se définissent les gens de la Sunnah et du Consensus.


Wa Allahu a3lam. 



ribaat

Voir les commentaires

Published by Abou Malik - Spiritualité

Le démon se joue comme il veut de l'incroyant , il le fourvoie et le pousse à semer la corruption sur terre, mais quand il veut faire la même chose avec le croyant , il est réduit à l'impuissance, il ne lui reste alors que la suggestion -waswasa- sans rien de plus , c'est pour celà que quand l'envoyé d'Allah  fut questionné à propos des suggestions du démon, il a dit : "c'est un signe de la foi pure" (1). 


Des hommes étaient venus, une fois , dire à l'envoyé d'Allah  :
Nous trouvons dans nos âmes des choses que si on les disait , ce serait une monstruosité
L'avez-vous donc trouvé [ en vous-même ] ? leur dit-il 
Oui , dirent-ils 
C'est une preuve de l'authenticité de la foi, affirma-t-il.(2)


An Nawawî qu'Allah lui soit miséricordieux a dit :

c'est un signe de l'authenticité de la foi", "c'est un signe de la pureté de la foi"... 

c'est à dire: le fait de considérer que le fait de le dire est une énormité est une preuve de l'authenticité de la foi, car considérer que ceci est une énormité, avoir une peur scrupuleuse de le dire , moins encore d'y croire, tout celà est propre à quelqu'un dont la foi est parfaite, dénuée de tout scepticisme. (fin de citation) (3)



(1) Hadîth authentique, rapporté par Muslim (n°133)
(2) Hadîth authentique, rapporté par Muslim (n°132)
(3) Exégèse du Sahih de Muslim par An-Nawawî (2/154)

Voir les commentaires

Published by Abou Malik - Spiritualité

C'est l'opposé de l'ostentation.


Institution

On ne leur avait pourtant ordonné que d'adorer Allâh, de Lui consacrer à Lui seul toute dévotion
(98/48)

Al-Fudayl Ibn `Iyâd  a dit : "Allâh ne veut de toi que ton intention et ta volonté".


Les actes ne valent que par les intentions

'Omar  a dit : J'ai entendu le Messager d'Allâh  dire : "Les actions ne valent que par les intentions et chacun n'a pour lui que ce qu'il a eu réellement l'intention de faire. Celui qui s'est exilé par amour pour Allâh et de son Messager, son exile est pour Allâh et son Messager." (Al-Boukhâri, Mouslim)

'Omar  a dit : "Nulle œuvre n'est acceptée si elle n'est motivée par une intention sincère, et nulle récompense n'est prodiguée à une oeuvre dénuée de visée". (Ibn Abî Ad-Dunyâ selon une chaîne de transmission interrompue)

Ibn Mas'oud  a dit : "Une parole ne profite que si elle est accompagnée d'une action. Une parole et une action ne profitent que si elles sont accompagnées d'une intention".

Mutrif Ibn 'Abdoullah ash-Shikhir dit : "La validité de l'acte dépend de la bonté du coeur. La bonté du coeur dépend de celle de l'intention".


Une grande intention peut donner aux petites actions une grande valeur

'Abdoullah Ibn Al-Mubârak (Qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : "Que de petites œuvres sont rendues grandes par l'intention, et que de grandes œuvres sont rendues petites par l'intention".

"En effet, j'aime formuler une intention à tout acte, même pour boire et pour manger", dit Zabîd Al-Yâmî.

Il dit également : "Formule ton intention à tout acte de bien voulu, même lorsque tu passes le balai !"

"J'ai découvert que le bien, tout le bien était réuni dans la bonne intention. Elle te suffira, quand bien même tu ne te fatiguerais pas", dit Dâwûd At-Tâ'î.


Celui qui a eu l'intention de faire une bonne action mais n'a pas pu la faire en reçoit la récompense

Jabir Ibn 'Abdullah Al Ansari  a dit : "Nous étions avec le Prophète  à l'expédition de Tabouk lorsqu'il dit : "Il y a certainement à Médine des hommes qui, dans toute marche que vous faites et dans toute la vallée que vous traversez, sont avec vous : ce sont ceux qui y ont été retenus par la maladie".

Dans une autre version : 
"Ils partagent avec vous le salaire de vos œuvres". (Mouslim)

Selon Anas  qui a dit : "Nous étions avec le Prophète , de retour de l'expédition de Tabouk, quand il dit "Des gens derrière nous à Médine, il n'est pas un sentier de montagne ou de vallée qu'on parcourt sans qu'ils n'y soient avec nous". (Al-Boukhâri)

Abou Yazid Ma'n Ibn yazid Al Akhnas , tous les trois compagnons du Prophète , a dit : "Mon père Yazid avait sorti quelque dinars pour en faire aumône. IL les plaça chez un homme de la mosquée. Je vins alors les prendre et je suis allé avec les dinars vers mon père." Il dit : "Par Allâh, ce n'est pas à toi que je les destinais".

Je me plaignais auprès du Messager d'Allâh  qui dit : "Toi, Yazid, tu as eu le salaire de ce que tu avais l'intention de faire, et toi, Ma'n, tu n'as pris que ce qui te revenait de plein droit." (Al-Boukhâri)


Celui qui a eu l'intention de faire une mauvaise action mais n'a pas pu la faire en reçoit le châtiment

Abou Bakra  a dit : Le Messager d'Allâh  a dit :"Quand deux Musulmans croisent le fer, le tueur et le tué tous deux en Enfer."

Je dis : 

 

"Ô Messager de Dieu ! Nous sommes d'accord pour le tueur, mais comment le tué va-t-il aussi en Enfer ?"


Il dit :

 

"Il aurait tout fait pour tuer son compagnon." (Al-Boukhâri, Mouslim)



Celui qui a eu l'intention de faire un mauvaise action mais s'en abstient volontairement est récompensé

Selon 'Abdullah Ibn 'Abbas , Le Messager d'Allâh  a dit parmi ce qu'il a raconté sur son Seigneur glorifié et exalté : "Allâh a fait mentionner par écrit les bonnes actions et les mauvaises", puis, il a donné cet éclaircissement : "Celui qui a eu l'intention de faire une bonne action mais n'a pu la réaliser, Allâh, glorifié et exalté, la lui inscrit comme une bonne action entière. S'il a eu l'intention de la faire et s'il l'a exécutée, Allâh lui inscrit pour elle une bonne action supérieure de dix à sept cents fois et davantage encore. S'il a eu l'intention de commettre une mauvaise action, et s'il ne la fait pas, Allâh la lui inscrit comme une bonne action entière. S'il a eu l'intention de la faire et s'il la fait, Allâh la lui inscrit comme une seule mauvaise action"". (Al-Boukhâri, Mouslim)


La sincérité doit être contrôlé régulièrement

Sufyân Ath-Thawrî (Qu'Allâh lui fasse miséricorde) a dit : "Rien ne m'a été plus difficile à curer que mon intention : elle se rebelle sans cesse contre moi !".

Ath-Thawrî (Qu'Allâh lui fasse miséricorde) prêcha : "On apprenait à formuler l'intention pour l'œuvre comme vous apprenez à accomplir l'œuvre".

On interrogea un jour Nâfi' Ibn Jubayr : "Ne viens-tu pas assister aux funérailles ?"

"Un instant, dit-il, que je conçoive cela".

Après un instant de réflexion, il dit :

 

"Allons-y !"


"Débarrasser l'intention de ses vices est plus dur aux bienfaiteurs que les efforts assidus", dit Yoûsouf Ibn Asbât.


Les moyens d'obtenir la sincérité


Cacher ses bonnes actions

Allâh  a dit: 
Si vous donnez ouvertement vos aumônes, c'est bien; c'est mieux encore, pour vous, si vous êtes discrets avec elles et vous les donniez aux indigents. (2/271)


Ibn al Mubarak  dit: "J'ai connu Malik et j'ai vu qu'il faisait partie des humbles qui ne cessent de se recueillir en soumission à Allâh d'autant qu'il ne s'affichait jamais et se recueillait en secret. Je l'ai souvent entendu dire que celui qui voudrait que son coeur s'éclaire pour échapper aux affres de la mort et au tourment de l'au-delà, qu'il agisse en bien en secret plus qu'en public". (Tartib al Madarik , 2/51)


Ibn Wahb par ailleurs a dit: "Mâlik accomplissait secrètement la plupart des rites religieux, nuit et jour sans que personne ne l'aperçoive" (Tartib al madarik 2/53)



La demander dans ses invocations


'Omar Ibn Al-Khattab  disait dans ses invocations : "Ô mon Seigneur ! Fais en sorte que toutes mes œuvres soient des œuvres pies accomplies uniquement et avec sincérité pour Toi seul et personne d'autre". (Madjmu' Al-Fatawa de Ibn Taymiya 25/135)

 

 

Voir les commentaires

Published by Abou Malik - Spiritualité

LES VERTUS DE LA PATIENCE



L’imam Ahmed (D. 241 H) a dit : « Allah a cité la patience (sabr) à 90 endroits de Son Livre » [1] . Et elle apparaît dans le hadith authentique :

« La patience est une lumière. » [2]


Le prophète  a également dit :

« Nul n’a reçu de don meilleur et plus abondant que celui de la patience » [3]


Umar  a dit : « Nous avons considéré les meilleurs moments de nos vies, comme étant ceux dans lesquels il y avait la patience (sabr) » [4]

Alî  a dit : « Certes, la patience fait partie de la foi (îmân). Sa place est comme la tête quant au reste du corps » Puis il éleva la voix et dit : « En vérité, Il n’y a de foi (îmân) pour celui qui n’a pas de patience » [5]

[1] Rapporté par Ibn al-Qayyim dans Madârijus-Sâlikîn (2/152)
[2] Rapporté par Muslim (n.223) et Ahmad (5/343) de Abu Mâlik al-Ash’arî .
[3] Rapporté par al-Bukhârî (n.1469) et Muslim (n.1053) d’Abu Sa’îd al-Khudrî
[4] Rapporté par al-Bukhârî (11/303) dans une forme ta’lîq et a été rapporté dans une forme liée, par l’imam Ahmad dans az-Zuhd avec une chaîne de transmission authentique (sahih isnad), tel que le
mentionne al-Hâfidh Ibn Hajar dans Fathul Bârî (11/303).
[5] Rapporté par al-Lâlikâ’î dans Sharh Usoul I’tiqâd Ahlus-Sunnah wal-Jamâ’ah (n.1659), al-Bayhaqî
dans Shu’abul-Îmân et Abî Shaybân dans Kitâbul-Îmân (n.130), avec des termes légèrement
différents.


LA SIGNIFICATION DE LA PATIENCE





Le mot « sabr » (dans la langue arabe) est originaire du mot « sabara » (être patient et persévérer), il indique le fait de se retenir et de se maîtriser. (Sa signification au niveau de la sharî’ah) implique le fait de : maîtriser son âme de l'agitation, d’empêcher la langue de se plaindre et empêcher les mains de se griffer les joues, de déchirer les vêtements et de faire d’autres actes similaires. Ceci fut mentionné par Ibn al-Qayyim  (d.750H) [1]

Et saches que la patience est de trois sortes :

1. la patience lors (de l’exécution) des ordres d’Allah
2. la patience lors (de l’abandon et l’éloignement) des interdits d’Allah
3. La patience face à ce qu’a décrété Allah comme afflictions et malheurs

[1] Madârijus-Sâlikîn (2/156) d’Ibn al Qayyim

 

 

UNE GUIDÉE POUR LES COEURS




Allah  dit :

« Et quiconque croit en Allah, [Allah] guide son coeur. Allah est Omniscient » [1]

Et ce verset commence par :

« Nul malheur n'atteint [l'homme] que par la permission d'Allah»

Concernant ce verset, Ibn Abbâs  [2] a dit : « par le commandement d’Allah – signifie : par Sa volonté et Son Pouvoir ».

La signification de ce verset est que : « nul malheur n’arrive excepté par Sa Volonté (Mashî’ah), Son Désir (Irâdah) et Sa Sagesse (Hikmah) – Allah dit :

« Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l'ayons créé; et cela est certes facile à Allah » [3]

Allah dit :

« Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint : « Certes nous sommes à Allah, et c'est à Lui que nous retournerons ». Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde; et ceux-là sont les biens guidés. » [4]

Sa parole : « Nul malheur n'atteint [l'homme] que par la permission d'Allah» Ibn ‘Abbâs  [5] a dit que la partie – que par la permission d’Allah- signifie « que par le commandement d’Allah c’est-à-dire par Sa volonté et Son Pouvoir.

Et la parole d’Allah « Et quiconque croit en Allah, [Allah] guide son coeur » signifie, « quiconque – lorsqu’il est affligé d’un malheur – sait que c’est le Décret d’Allah, puis il patiente en espérant la récompense et par soumission au décret d’Allah, avec une certitude véridique, alors Allah guide son coeur en échange de ce qu’il a subi dans ce monde. Et il se peut qu’Il remplace tout ce qu’Il lui aura pris.

La parole d’Allah : « Allah est Omniscient » est un avertissement qu’un tel malheur a lieu par Sa Science qui inclut Sa Sagesse, et qui rend obligatoire la patience et le fait d’accepter Son Décret.

Abu Dhibyân  a dit : « nous étions avec Alqamah [5] lorsque ce verset lui fut récité « Et quiconque croit en Allah, [Allah] guide son coeur », il dit alors « Il s’agit de l’homme qui – lorsqu’il est touché par un malheur – sait qu’il provient d’Allah, alors il l’accepte et s’y soumet » [6]

Dans la narration ci-dessus, il y a une preuve quant au fait que les actes font partie de la foi (Îmân).

Sa’îd Ibn Jubayr (d.104H) a dit concernant : « Et quiconque croit en Allah,
[Allah] guide son coeur
 » : « Qu’une personne dit (lors d’une situation de
malheur) : « Certes, à Allah nous appartenons et vers Allah nous retournerons ».

Le verset cité précédemment, est une explication du fait que faire preuve de patience est la cause de la guidée du coeur, ce qui est une récompense pour ceux qui patientent.

[1] Sourate at-Taghâbun (64) verset 11.
[2] Tafsîr Qur’ân al-‘Adhîm (2/164) d’Ibn Kathîr
[3] Sourate al-Hadîd (57) verset 22
[4] Sourate al-Baqara (2) versets 155 à 157
[5] Tafsîr Qur’ân al-‘Adhîm (2/164) d’Ibn Kathîr
[6] Tahdhîbut-Tahdîb (7/276) d’Ibn Hajar al-‘Asqalânî

 

 

SE PLAINDRE DU DÉCRET D’ALLAH




Le prophète  a dit :

« Deux comportements chez les gens sont une forme de mécréance : insulter les origines et se lamenter sur le mort » [1]

Ce qui signifie que ces deux caractéristiques sont des actes de mécréance (kufr), puisqu’ils sont des actes de jâhiliyyah (ignorance pré-islamique) qui ne cesseront d’exister chez les gens. Personne n’en sera préservé, excepté celui qu’Allah protègera, et celui à qui Allah accordera le savoir et la foi (îmân), avec lesquels il sera éclairé.

Cependant – il faut savoir – que celui qui possède une branche de mécréance (kufr), cela ne fait pas de lui un mécréant (kâfir) d’une mécréance absolue (kufr ul-mutlaq), tout comme une personne qui possède une branche de la foi (îmân) n’est pas appelée croyante (mu’min) d’une foi absolue. Certes, il y a une différence entre le mot kufr avec l’article défini (c’est-à-dire al-kufr) et le mot kufr sans l’article défini, tel qu’il apparaît dans la parole du prophète  : 

« Entre l’homme, la mécréance et le polythéisme, il y a l’abandon de la prière » [2]

La parole du prophète « insulter les origines », signifie : trouver des fautes et des défauts. Cela comprend également le fait de dire « il n’est pas le fils d’untel » tout en sachant que cette dénégation est fausse.

Et la parole « se lamenter sur le mort » signifie : élever la voix en se lamentant, en gémissant et en énumérant les vertus du défunt. Tout ceci est une forme de plainte contre le Décret d’Allah, ce qui s’oppose à la patience, comme les paroles d’un plaintif : « Il était mon plus proche ami » ou « il était celui qui m’aidait et me soutenait ».

Dans le hadith précédent il y a la preuve de l’obligation de faire preuve de patience, et que c’est une forme de mécréance (kufr), qui ne fait pas sortir de l’Islam.

[1] Rapporté par Muslim (n. 67) et Ahmad (2/377), d’Abu Hurayra
[2] Rapporté par Muslim (n. 82), Abu Dâwoud (n. 4679) et at-Tirmidhî (n. 2621) de Jâbir Ibn ‘Abdullah

 

TENDRES COEURS ET LARMES DE COMPASSION




Le prophète  a dit :
« N’est pas des nôtres celui qui se frappe les joues, déchire ses habits et se lamentecomme on le faisait au temps de la Jâhilîyyah » [1]

C’est un des textes avertisseurs rapportés dans la révélation.

Il est rapporté de Sufyân ath-Thawrî et de l’imâm Ahmed qu’ils n’appréciaient guère expliquer le sens de ce genre de menace afin que ce soit plus marquant sur les esprits et plus intense dans la menace (c’est-à-dire qu’ils préféraient laisser ces avertissements tels quel car leur formulation est plus marquante). Ce récit est une preuve que les actes mentionnés sont en opposition avec la foi (îmân) complète obligatoire.

Al-Hâfidh Ibn Hajar (D.852H) en expliquant la parole « quiconque se frappe les joues » a dit : « les joues ont été spécifiées parce que c’est l’endroit le plus commun d’être battu. Cependant, frapper d’autres parties du visage est la même chose » [2]

La parole du prophète « déchirer ses habits » implique le fait de : se déchirer les vêtements à partir de la poitrine (de l’endroit où rentre la tête). C’était la pratique des gens de l’ignorance pré-islamique (Jâhilîyyah), leur manière de pleurer sur le mort.

Ibn Taymiyyah (D. 728H) a dit concernant : « comme on le faisait au temps de la Jâhilîyyah » « cela signifie se lamenter sur le mort » [3]

Et d’autres ont dit : « C’est se lamenter avec détresse et désespoir. »

Ibn al-Qayyim a dit : « faire comme au temps de la Jâhilîyyah inclus également le tribalisme, l’esprit d’appartenance, faire preuve de zèle et de sectarisme vis-à-vis d’un madhhab (école de pensée), d’un parti ou d’un savant, préférer l’un à l’autre et appeler à cela, ainsi que de former des alliances et des inimitiés basées sur cela. Tous ces actes sont des formes de lamentations de la Jâhiliyyah. »

Abu ‘Umâmah a rapporté que le Messager d’Allah a maudit la femme qui se frappe le visage, déchire ses habits et se lamente sur le mort [4]

Ainsi c’est une preuve que ces choses font partie des grands péchés. Aussi, celui qui ne se lamente que légèrement sans être impatient face au Décret d’Allah, ni ne s’en plaints et ne dit que le bien, alors ce genre de lamentation est acceptable.

Tout comme les lamentations d’Abou Bakr [5] et de Fâtimah [6] lorsque le Messager d’Allah  décéda. Il y a également un texte de l’imâm Ahmad concernant ce sujet [7]

Cependant, ce n’est pas une preuve pour l’interdiction de pleurer, puisque cela
arriva dans un récit authentique : quand le Messager d’Allah  apprit la mort de son fils Ibrâhîm, il dit :

«L’oeil verse des larmes et le coeur s’afflige mais nous ne disons que ce qui plait à notre Seigneur, nous sommes vraiment tristes pour ton départ, Ô Ibrahim » [8]

Dans les deux Sahîh, Usâmah Ibn Zayd rapporte : que le Messager d’Allah  alla voir l’une de ses filles [il s’agit de Zaynab] dont le fils était agonisant. Elle leva l’enfant et le plaça suffoquant, sur les genoux du prophète  . En le voyant ainsi, des larmes coulèrent des yeux du Prophète  . Sa’d lui dit : « Ô Messager d’Allah ! Qu’est-ce que c’est ? Il répondit :

« C’est une miséricorde qu’Allah a mise dans les coeurs de Ses serviteurs. Allah, certes est Miséricordieux envers les miséricordieux » [9]

[1] Rapporté par al-Bukhâri (n. 1294) et Muslim (n. 103), d’Ibn Mas’ood .
[2] Fathul-Bârî (3/164) d’Ibn Hajar.
[3] Iqtidâ’us-Sirâtil-Mustaqîm (1/204) du sheikh al-Islam Ibn Taymiyya
[4] Sahîh : Rapporté par Ibn Mâjah (n. 1584) et également Ibn Hibbân (n.737). Al-Bawsîrî l’authentifia dans Masâbîhuz-Zajâjah (1/521)
[5] Rapporté par Ahmad (6/31) de Aishah (radiAllahu 3anha)
[6] Rapporté par Al-Bukhârî (n. 4462) et Ibn Mâjah (n. 1629 – 1630), de Anas (radiAllahu 3anhu)
[7] Az-Zarkashî le cita dans Sharh Mukhtasarul-Kharqî (2/356)
[8] Rapporté par al-Bukhârî (n. 1303) et Muslim (n. 2315) de Anas et Asmâ bint Yazîd (radiAllahu
3anhuma)
[9] Rapporté par Al-Bukârî (n.1283) et Muslim (n. 923)

 

 

LES ÉPREUVES QU’AFFRONTENT LES CROYANTS



Le Messager d’Allah  a dit :

« Quand Allah veut du bien à son serviteur, il lui accélère son châtiment dans ce monde. Quand Allah veut du mal à son serviteur, il s’abstient de le châtier pour ses péchés jusqu’à ce qu’il reçoive sa punition le jour de la résurrection. » [1]

Sa parole « Quand Allah veut du bien à son serviteur, il lui accélère son châtiment dans ce monde » signifie : qu’il est puni en étant affligé par des malheurs et des difficultés en raison des nombreux péchés qu’il a commis, grâce à quoi il est purifié de tous ses péchés, et dans l’au-delà n’aura à rendre compte d’aucun.

Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyyah (rahimahullah) a dit : « Les malheurs sont en fait une forme de bienfait (ni’ma), puisqu’ils sont une expiation des péchés commis et appellent la personne à faire preuve de patience – pour laquelle elle est dûment récompensée. De plus, ils poussent la personne à se repentir, en faisant preuve d’humilité et de soumission devant Allah, tandis qu’en même temps il évite d’espérer quoi que ce soit de la création. Il y a – mis à part cela – d’autres importants avantages. Ainsi, ces malheurs qui surviennent à une personne sont, en fait une cause de l’effacement de ses péchés par Allah, et c’est une des plus grandes bénédictions. Les malheurs sont une source de miséricorde et de bonté dans le droit des créatures, sauf si cette personne s’aventure dans une désobéissance plus grande qu’auparavant. Ce malheur deviendra alors la cause d’un grand mal pour sa religion.

En effet, certaines personnes – lorsqu’elles sont éprouvées par la pauvreté, la maladie ou la faim – tombent dans l’hypocrisie, la plainte, et leurs coeurs deviennent malades, ou tombent dans la mécréance, abandonnent certaines obligations ou commettent certains actes interdits – tout ce qui est néfaste pour leur religion. Être protégé de ces malheurs est meilleur pour lui par rapport à ce que le malheur laisse comme traces et non par rapport au malheur en lui-même, comme celui à qui le malheur apporte patience et obéissance, il aura droit à un bienfait dans sa religion (ni’ma diniyyah). Il représente un acte du Seigneur et une miséricorde pour les créatures, pour laquelle Il est loué.

Donc quiconque est affligé d’une calamité et est muni de patience, alors cette
patience est un bienfait dans la religion pour cette personne, puisque de ce fait, ses péchés sont expiés. De plus, son Seigneur lui accorde miséricorde et bénédictions, comme Allah – Le Majestueux – le dit,

« Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde; et ceux-là sont les biens guidés. » [2]

Une telle personne est aussi pardonnée par son Seigneur pour ses péchés, et est élevée a un rang supérieur – tout ceci est pour celui qui fait preuve de patience ». [3]

La parole du prophète  « Quand Allah veut du mal à son serviteur, il s’abstient de le châtier pour ses péchés jusqu’à ce qu’il reçoive sa punition le jour de la résurrection. » signifie : la punition pour ses péchés est retardée « jusqu’à ce qu’il reçoive sa punition le jour de la résurrection. »

Al-‘Azîzî (D. 1070H) a dit : « Cela signifie qu’une telle personne n’est pas punie
dans ce monde, afin que dans l’au-delà, elle soit punie pour ses péchés d’une
manière qu’elle mérite vraiment ». [4]

Le hadith cité plus haut, est une leçon et un rappel pour quiconque espère en Allah, et a une bonne opinion de Lui dans ce qu’Il a écrit pour une personne, tel qu’Allah –  – Le dit :

« Il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose alors qu'elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu'elle vous est mauvaise. C'est Allah qui sait, alors que vous ne savez pas.» [5]

[1] Sahîh : Authentifié par At-Tirmidhi (n. 2398) et al-Hâkim dans al-Mustadrak (1/340), d’Anas. Il a été authentifié par le cheikh Al Albani dans as-Sahîhah (n. 1220)
[2] Sourate al baqara (2) verset 157.
[3] Résumé de Majmou’ al-Fatâwâ (10/48) d’Ibn Taymiyyah
[4] as-Sirâjul-Munîr (1/88) d’al-Azîzî
[5] Sourate al Baqara (2) verset 216

 

 

LES RÉCOMPENSES SONT PROPORTIONNELLES AUX AFFLICTIONS



Le prophète  a dit :

« La grandeur de la récompense va de pair avec la grandeur de l’épreuve. Allah le Très-Haut, quand Il aime un peuple, l’éprouve. Celui qui accepte l’épreuve avec abnégation aura la satisfaction d’Allah, et celui qui lui oppose son mécontentement, Dieu sera mécontent de lui » [1]

De plus, le Prophète  a aussi dit :

« Quand Allah aime un peuple, Il l’éprouve. Quiconque fait preuve de patience, fait partie des patients et quiconque s’en indigne, fait partie des indignés » [2]

La signification du premier hadith est : plus l’affliction est grande et plus la
récompense est importante. Il est dit : En effet, les malheurs sont une source de récompense, ainsi qu’une expiation des péchés. L’avis le plus juste pour Ibn ul-Qayyim est que la récompense est juste l’expiation des péchés, sauf si elle est une cause pour oeuvrer dans le bien, comme la patience, l’acceptation (du malheur), le repentir et la demande de pardon. Il est donc récompensé pour ce qui en aura résulté. En raison de cela, il a été dit que le sens du hadith est : En effet, la récompense est proportionnelle au malheur, à condition qu’il y ait patience et espoir de la récompense.

De même que dans le hadith de Sa’d  , « le prophète  fut questionné : 

« Quels sont ceux qui subissent les épreuves les plus difficiles ? ». Il dit : Ceux qui ont les épreuves les plus difficiles sont les prophètes, puis ceux qui les suivent le mieux, puis ceux qui les suivent ; l’homme est éprouvé selon sa religion ; s’il tient bien à sa religion, son épreuve est plus difficile ; et s’il est souple dans sa religion, il est éprouvé selon sa religion ; et le serviteur ne cesse d’être soumis à l’épreuve jusqu’à ce qu'il marche sur terre sans avoir aucun péché comme les anges » [3]

Ce hadith et ceux qui lui ressemblent, sont des preuves du Tawhid. Puisque si un individu sait que les Prophètes et les awliyya (les alliés d’Allah) ont eux-mêmes été éprouvés de calamités et qu’elles sont en réalité une miséricorde (rahmah) et que nul ne peut ôter ces malheurs excepté Allah, alors ils sauront qu’ils ne peuvent ni provoquer, bénéficier ou éviter le mal pour eux-mêmes – alors comment pourraient-ils éviter le mal pour d’autres ? Ainsi, plutôt que de se tourner vers les Prophètes et les gens pieux pour ôter le mal, ou les soulager de soucis ou d’une peine, l’individu doit se tourner directement vers Allah Seul – Celui qui est capable d’accomplir cela.

[1] Hasan : Rapporté par at-Tirmidhi (n. 2398) et Ibn Mâjah (n. 4021) de Anas . Il a été authentifié par Al Albani dans as-Sahîhah (n. 146)
[2] Sahîh : Rapporté par Ahmad (5/427) de Mahmûd Ibn Lubayd . Il a été authentifié par al-Mundharî dans at-Targhîb wat-Tarhîb (4/283), al-Haythamî Majma’uz-Zawâ’id (2/291) et Ibn Hajar dans Fathul-Bârî (10/108).
[3] Sahîh : Rapporté par Ahmad (1/172), at-Tirmidhi (n. 2398) et Ibn Mâjah (n. 4023). Il a été authentifié par Al-Albani dans As-Sahîhah (n. 143).

 

PARVENIR À UNE TRANQUILLITÉ





Ar-Ridaa (le plaisir d’Allah) – qui apparaît dans la parole du prophète  « Celui qui accepte l’épreuve avec abnégation aura la satisfaction de Dieu » - est un des Attributs avec lequel Allah s’est décrit dans divers endroits de Son Livre, tel que Sa parole :

« Leur récompense auprès d'Allah sera les Jardins de séjour, sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Allah les agrée et ils L'agréent.» [1]

La voie des Salafu-s-Salîh (les pieux prédécesseurs) et ceux qui les ont suivis parmi Ahlus-Sunnah (les gens de la Sunnah) est d’affirmer ces attributs qu’Allah S’est attribués, ou qui ont été affirmés par Son Messager (salla Allahu 3alayhi wa salam) – d’une manière qui convient à Sa Majesté et Sa Grandeur – sans tamthîl (comparaison d’Allah avec Sa création), et sans ta’tîl (démunir Allah de Ses Attributs). Quand Allah est satisfait d’une personne, elle aura acquis tout le bien et sera protégée de tous les maux.

Ar-Ridâ est : le fait pour un serviteur d’abandonner ses affaires à Allah, tout en ayant une bonne opinion de Lui et tout en espérant Sa récompense. Une telle personne éprouvera une tranquillité, une joie et un amour d’Allah et une confiance en Lui.

Ibn Mas’ood a dit : « Certes, Allah – par Sa Justice et Équité – a fait du plaisir
et de la tranquillité le propre du Yaqîne (certitude) et du ridâ. Il a fait de la peine, l’anxiété et du souci le résultat du doute et de l’indignation. » [2]

La signification de l’indignation est d’après Abu as-Sa’âdât : « l’aversion d’une chose, avec absence de son acceptation » [3] . Ou, quiconque s’indigne envers ce qu’Allah a décrété, alors Allah s’indignera de cette personne, et cela est suffisant comme punition d’Allah. Les savants ont aussi déduis du précédent hadith, que le ridâ (avec le Décret d’Allah) est obligatoire – c’est l’avis d’Ibn ‘Aqîl. Cependant, al-Qâdî Abû Ya’lâ ne l’a pas considéré obligatoire, et c’est l’avis le plus juste pour Shaykh al-Islam Ibn Taymiyyah et’Ibn al-Qayyim » [4]

Shaykh al-Islam Ibn Taymiyyah a dit : « Il y a un ordre spécifique lié à la patience, alors qu’il n’y en a pas pour le ridâ. Il y a plutôt des éloges pour ceux qui font preuve de ridâ (avec le Décret d’Allah). » De plus, il a dit « cette narration : « Celui qui ne fait pas preuve de patience lors de Mes afflictions, ni ne fait preuve de ridâ avec Mon Décret, s’est attribué un Seigneur autre que Moi » [5] . Cette narration est l’une des Isrâ’îliyyat (Israélite), elle n’est pas authentiquement rapportée par le Prophète (salla Allahu 3alayhi wa salam) » [6]

Shayk al-Islam Ibn Taymiyyah a également dit « En effet, il existe un rang plus élevé que le ridâ, c’est le fait de faire preuve de gratitude (shukr) envers Allah lors des malheurs, puisque c’est un bienfait d’Allah sur lui. » [7]

[1] Sourate al Bayyinah (98) verset 8.
[2] Rapporté par Ibn Abî Dunyâ dans Kitâbur-Ridâ (n. 94) et aussi al-Bayhaqî dans Shu’abul-Îmân (n.205)
[3] [36] an-Nihâyah fî Gharîbil-Hadîth (2/350) d’ibn al-Athîr
[4] Madârijus-Sâlikîn (2/171, 184) d’Ibn al Qayyim
[5] Da’îf Jiddan : Rapporté par at-Tabarânî dans al-Kabîr (22/320), Ibn Hibban dans al-Majrûhîn (1/324) et al-Khatîb dans at-Talkhîs (39/2), « Son isnâd est faible ». Et al-Manâwî a dit : « Da’îf Jiddan (très faible) » tel qu’il apparaît dans Ad-Da’îfah (n. 505).
[6] Ibn al Qayyim l’a rapporté dans Madârijus-Sâlikîn (2/171)
[7] Majmû’ al-Fatâwâ (11/260) d’Ibn Taymiyyah


Source : Tiré de Fathul-Majeed li Sharh Kitaabit-Tawheed (2/603-615), de Abdur-Rahmân Ibn Hasan Âl sh-Shaykh

 

 

 

Voir les commentaires

Published by Abou Malik - Spiritualité

Manazalat ul ikhbât



L’humilité (al-ikhbât) fait partie des demeures spirituelles du verset : [C’est Toi, Seul, que nous adorons. C’est de Toi, Seul, que nous implorons l’assistance]. 

Dieu –qu’Il soit exalté- a dit [Annonce la bonne nouvelle aux humble] (Coran : 22/34) avant de révéler leurs qualités : [dont les cœurs frémissent lorsque le mon de Dieu est prononcé, à ceux qui endurent patiemment ce qui les atteint ; é ceux qui s’acquittent de la prière ; à ceux qui donnent en aumônes une partie des biens que Nous leurs avons accordées]. Il a dit également : [Ceux qui croient, ceux qui accomplissent des œuvres bonnes et qui sont humbles (akhbatu) devant leur Seigneur : Voilà ceux qui seront les hôtes du Paradis où ils demeureront immortels] (Coran : 19/23). 

L’auteur des Manâzili) indique que l’humilité (al-ikhbât) est la première station spirituelle de la sérénité, comme la quiétude, la certitude, la confiance en Dieu etc. Il ajoute que « c’est l’arrivée à l’assurance contre le retournement et l’hésitation … ». En effet comme l’humilité (al-ikhbât) constitue la première station spirituelle où le cheminant parvient é se débarrasser de l’hésitation qui est une sorte d’insouciance et de détournement et comme ce cheminant est un voyageur vers son Seigneur qui progresse selon l’amplitude de son souffle et dont les cheminement ne s’arrête pas tant qu’il a un souffle, l’auteur des Manâzil compare l’accès à l’humilité à l’arrivée à une source d’eau douce pour un voyageur assoiffé. Cette arrivée lui donne l’assurance de s’abreuver, d’étancher sa soif et d’être à l’abri des hésitations quant à la poursuite du trajet ou des tentations de regagner son pays en raison des difficultés du voyage. 

Donc lorsqu’il accède à cette source d’eau il se débarrasse de l’hésitation et des tentations du retour en arrière. Il en va de même pour l’itinérant lorsqu’il accède à la source de l’humilité (al-ikhbât) : il se débarrasse des hésitations et des tentations du retour en arrière, s’installe dans la première étape de la sérénité dans son voyage et met du sérieux dans sa progression. 

Ibn Al Qayyim, Les Sentiers Des Itinérants, édition UNIVERSEL, pp. 268-269

Voir les commentaires

Published by Abou Malik - Spiritualité

1 2 > >>
Haut

Le Minhaj (Voie) de Ahlou Sounna wa-l-Jama'a ce qui veut dire la voie de la Sounna et du Concensus, ou bien le minhaj des Salaf-Sâlih la voie des pieux prédécesseurs, tout cela revient au même c'est la voie à laquelle nous restons ferme, cette voie c'est celle du Prophète sala Allahu alayhi was Salam.

Pages

Hébergé par Overblog