Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

1 2 > >>

Articles avec #asma wa sifat (les noms et attributs)

Al-Bayhaqî rapporte avec son isnad que Muqâtil ibn Hayyan a dit:

 

"Nous avons entendu - et Allâh est le plus savant - concernant la parole du Très Haut "Il est al-Awwal et al-Âkhir..." Qu'Il est le premier avant toute chose et qu'Il est le dernier après toute chose, et Il est adh-Dhârir, au dessus de tout, et al-Bâtin, le plus proche de tout, et sa proximité (qurb) est de par Sa science et Il (Lui même) est au dessus du trône."

 

Ce Muqâtil est "thiqah (digne de confiance)", et est un imâm, un contemporain d'al-Awzâ'î et ce n'est pas "Ibn Sulaymân" le mubtadi' (innovateur) qui est indigne de confiance.

 

Source: "Mukhtasar al-Uluww" d'adh-Dhahabî (p. 139).

 

Commentaire: Cela invalide complètement le ta'wîl du nom "al-Bâtin" et du hadith qui voudrait dire selon eux "qu'il n'y a rien en dessous de Lui" dont le sens est en réalité "Il n'y a rien de plus proche que Lui".

 

Wa Allahu a'lam.

 

Voir les commentaires

Published by Sulaymân Abû Mâlik - Asma wa Sifat (Les Noms et Attributs)

L'imam al-Qurtubi dit dans son tafsîr du verset 54 de la sourate al-A'râf :

 

"La plupart des théologiens (mutakalimûn), anciens comme contemporains, ont dit : "Quand il est nécessaire de purifier le Créateur (al-Bârî), Le Sublime, d'avoir une direction (jiha) et une démarcation (tamayyuz), alors, parmi les exigences et conséquences nécessaires à cela, selon l'avis de la généralité des savants du passé et de leur leader contemporain, il faut purifier le Créateur (al-Bârî) d'avoir une direction (jiha). Selon leur avis, Il n'est pas dans la direction de l'élévation. Car pour eux, quand Allâh est assigné à une direction, cela nécessite qu'Il soit restreint à un endroit (makân) et est confiné. Puis, un endroit (...) nécessite (pour Lui) un mouvement et une immobilité qui sont liés à la distinction/démarcation (tamayyuz), une transformation (taghayyur) et des évènements nouveaux (hudûth). Ceci est la parole des théologiens (mutakalimûn, les gens du kalâm).

 

Et les premiers Salafs (qu'Allah soit satisfait d'eux) n'ont jamais parlé ainsi de la négation de la direction (jiha) et ne l'ont pas exprimée non plus (cette négation). Au contraire, ils, et chacun d'eux, ont affirmé son affirmation (de la jiha) pour Allâh, L'Exalté, tout comme Son Livre en a parlé et Son Messager (salla Allâhu 'alayhi was-Salam) nous en a informé. Et pas un seul des vertueux prédécesseurs n'a renié qu'Il s'est élevé au-dessus de Son trône réellement (haqîqatan). Et le trône a été défini (avec l'istiwâ) car c'est la plus grande des créations. Et ils (les Salafs) [ont exprimé leur] ignorance du comment (kayfiyyah) de l'istiwâ, car nul ne connait sa réalité. L'imâm Malik, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : "L'istiwâ est connu..." c'est-à-dire, [son sens] dans la langue"... et son comment est inconnu, et questionner à son sujet est une innovation". Et Umm Salamah, qu'Allah soit satisfait d'elle, a dit la même chose. Et tout ceci est suffisant (à ce sujet) et quiconque veut en savoir plus peut se référer aux endroits traitant du sujet dans les livres des savants".

 

 

L'imam an-Nawawi a dit dans son explication du Sahih Muslim :

 

" Quant à ceux qui ont affirmé la jiha (diretion) de l'élévation sans limitation et sans [entrer dans la] kayfiyya (décrire sa réalité) parmi les savants du hadith et du fiqh et les philosophes, ils ont interprété fi as-samâ' (dans le ciel) comme voulant dire "au-dessus du ciel. Quant à ceux parmi les adeptes de l'observation, des philosophes et des négateurs d'une limitation et d'une direction pour Allâh Le Majestueux, ils ont fait le ta'wîl comme nécessaire pour maintenir leur position/avis".

 


Le Shaykh Abd Al-Qâdir Al-Jilâni dit dans son ouvrage «ghounya li-tâlibî tarîq al-haqq» :

 

"Il (Allah) a dit  « Tout ce qui est sur elle [la Terre] doit disparaître, Seul subsistera Le Visage de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse.» (sourate 55 - versets 26 et 27). Et Il est dans la direction de l'élévation (c'est-à-dire vers le haut, au-dessus), établi sur le Trône, détenant la royauté, et Sa science englobe toute chose. « Vers Lui monte la bonne parole, et Il élève haut la bonne action » (sourate 35 - verset 10). « Du ciel à la terre, Il administre l'affaire, laquelle ensuite monte vers Lui en un jour équivalant à mille ans de votre calcul.» (sourate 32-verset 5)" [fin de citation]

 

Ce passage est cité par Ibn Rajab Al-Hanbali dans son livre «adh-dhayl 'alâ tabaqât al-hanâbila» :

 

 "Shaykh Abd Al-Qâdir -qu'Allah lui fasse miséricorde- tient de bonnes paroles concernant l'unicité d'Allah (tawhîd), les attributs divins (as-sifât) et le destin. Et quant à l'élévation d'Allah (al-'oulouww), son opinion (à ce sujet) converge avec la Sounna. Il a composé un livre (dont le titre est) "al-ghounya li-tâlibî tarîq al-haqq". Celui-ci est bien connu (...). Il a dit dans son livre "al-ghounya" : «Et Il (Allah) est dans la direction de l'élévation, établi sur le Trône, détenant la royauté, et Sa science englobe toute chose ». « Vers Lui monte la bonne parole, et Il élève haut la bonne action » (sourate 35 - verset 10). « Du ciel à la terre, Il administre l'affaire, laquelle ensuite monte vers Lui en un jour équivalant à mille ans de votre calcul.» (sourate 32-verset 5) » «Du ciel à la terre, Il administre l'affaire, laquelle ensuite monte vers Lui en un jour équivalant à mille ans de votre calcul.» (sourate 32 - verset 5). Il est interdit de le décrire par une description stipulant qu'Il est en tout lieu, mais plutôt nous devons dire qu’Il est au-dessus du Ciel (fî samâ'), sur le Trône comme Il l’a dit : «Le Tout-Miséricordieux S'est établi sur le Trône » (sourate 20 - verset 5) "

         

Il est également cité par l'imam Ibn Taymiyya dans « majmoû al-fatâwâ » (3/222) :

 

"Le Shaykh Abd Al-Qâdir dit dans "al-ghounya" : « Et Il (Allah) est dans la direction de l'élévation (du dessus), établi sur le Trône, détenant la royauté, et Sa science englobe toute chose. Il dit : « Il est interdit de le décrire par une description stipulant qu'Il est en tout lieu, mais plutôt nous devons dire qu'Il est au-dessus du ciel (...)."

 

Voir les commentaires

Published by Sulaymân Abû Mâlik - Asma wa Sifat (Les Noms et Attributs)

 

Son sens linguistique.

 

At-ta'wîl vient du verbe âla qui veut dire: est devenu.

 

Al-Azharî a dit: "âla, yu'awwilu, ay: raja' wa-âd... a'lat ash-shay': jami'tahu wa-'aslahtahu", yu'awilu signifie: il en résulte, il mène à.

 

Ibn Fâris a dit: "âla, yu'awwil awwalan: raja', wa âla al-'asl wa-ghayrih... fa-amma at-ta'wîl fa-huwa: intihâ ash-shay' wa-masîrah wa-'âqibatih wa-âkhirah", qui veut dire: "At-ta'wîl est: ce à quoi une chose mène, ou ce à quoi elle résulte..."

 

 Al-Jawharî a dit: "at-ta'wîl: tafsîr mâ yu'awwalu ilayh ash-shay', wa-qad awwaltahu wa-ta'waltahu bi-ma'na...", qui veut dire: "At-ta'wîl est l'explication (ou l'interprétation) de ce à quoi une chose mène/résulte."

 

Al-Râghib al-Isfahânî a dit: "at-ta'wîl.. huwa radd shay' ilâ al-ghâyati al'murâda", ce qui signifie: "revenir à l'objectif du but d'une chose", c'est à dire à sa réalité ou son résultat.

 

Voir Tahdhîb al-Lugha d'al-Azharî 10/458, Mujmal al-Lugha d'Ibn Fâris (1/107) et al-Sihâh d'al-Jawharî (4/1627), al-Mufradât d'al-Râghib p. 31.

 

At-ta'wil signifie donc dans la langue Arabe: son résultat, son aboutissement, son explication, sa réalisation.  Il est mentionné comme tel dans le Qur'ân avec l'exemple de la parole d'al-Khidr à Musa ('alayhi as-Sallam):

 

{Je vais t’apprendre l’interprétation (at-ta'wîl) de ce que tu n’as pu supporter avec patience.} (18:78)

 

Ce qui signifie {Je v'ais t'apprendre le ta'wîl...} c'est à dire ce qui résulte ou sa réalité {.. de ce que tu n'as pu supporter avec patience.}, c'est à dire les choses qu'al-Khidr a faites tel que le meurtre d'un jeune garçon ect. Dans ce contexte, ta'wîl signifie la réalisation ou l'interprétation.

 

De ce qui a précédé, nous en comprenons que selon les linguistes et les lexicographes que le ta'wîl a, à l'origine, deux significations:

 

- La première signification: ce à quoi une chose mène ou résulte, à savoir: dans le sens de référence, ou de réalisation, ou d'aboutissement.

 

- La seconde signification: l'explication ou l'interprétation d'une chose afin de clarifier son sens/sa signification.

 

La différence entre ces deux significations ne dépend pas de leur nature mais plutôt de leur utilisation. Le premier type de compréhension du ta'wîl est celle qui est généralement utilisé; une référence à quelque chose ou la réalisation ou l'aboutissement d'une chose en tout genre  qui peut être accomplit, ça peut être une parole ou autre. En ce qui concerne le second type de compréhension du ta'wîl, c'est à dire l'explication; l'interprétation, la clarification et tout ce qui y ressemble, ils sont utilisés dans un contexte particulier, à savoir la parole uniquement.

 

Afin de clarifier ce qui vient d'être dit, voici quelques exemples:

 

S'il est nécessaire de faire le ta'wîl d'un rêve dont nous désirons la connaissance de sa réalisation et de ce qui en résulte, son interprétation, est bien entendu, ce qui peut être voulu/souhaitable, mais ce que le questionneur veut dire est: quel est sa réalisation? Reportez vous par exemple à la référence d'Ibn al-Qayyim du verset 100 de la Surate Yusuf.

 

S'il y a besoin d'un ta'wîl d'une parole dont nous souhaitons l'explication, l'interprétation, l'élucidation ou la clarification, alors la meilleur traduction du terme ta'wîl ans ce cas particulier est "explication", car la parole - ambigüe pour certains - et celle dont on souhaite qu'elle soit expliqué (ou clarifié).

 

L'imam at-Tabarî explique dans un passage de son tafsîr (6/204) ce double sens que peut renfermer le terme "ta'wîl" de la façon suivante:

 

"Pour ce qui est du sens (ma'na) du ta'wîl dans le language des Arabes, c'est l'explication (al-tafsîr), la résultante, la réalisation."

 

Ici at-Tabarî réunit les deux significations spécifique du ta'wîl en lui donnant le sens que les savants précédemment cités ont indiqué.

 

La signification technique

 

Maintenant que nous avons vu la signification du terme "ta'wîl" selon la langue Arabe, nous pouvons maintenant nous pencher sur la compréhension de ce dernier d'un point de vue technique: c'est à dire sa compréhension selon les différents types de savants.

 

Commençant pas le sens technique le plus ancien, celui des Salafs:

 

Ils ont compris le mot ta'wîl de deux façons, les deux sens linguistique que nous avons précédemment mentionné dans l'article.

 

- la réalisation, la résultante, l'aboutissement ect.. et

- l'explication, l'interprétation ect.

 

Ces significations, étant appuyé d'un point de vue linguistique, sont en même temps des significations techniques. Elles sont d'ordre technique, car elles ont été utilisé par les 'ulama des Salafs dans leurs discours scientifiques. Le discours scientifique qui a particulièrement expérimenté cette utilisation est celui d'Ahl at-tafsîr, c'est à dire les commentateurs du Qur'ân al-Karim.

 

De nombreux exemples dans lesquels le double sens du ta'wîl a était clarifié, en particulier par les commentateurs du Qur'ân, dans un sens technique, peuvent être donné. Citons en deux d'entre eux:

 

Une référence explicite à la compréhension du terme ta'wîl a était donné par Mujahid ibn Jabr qui a dit à propos de la parole d'Allah ta'ala {Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation.(wa-ahsana ta'wilan)}, il a dit: "la meilleur récompense." Et Qatada ibn Di'ama l'a expliqué comme étant: "Le meilleur mérite et le meilleur aboutissement ('aqiba)" De même, as-Suddi et Abdur-Rahman ibn Zayd ont dit à propos de ce verset: "le meilleur aboutissement."

 

Ibn Taymiyyah a commenté ces différentes paroles de tafsîr en disant:

 

"Toutes ces paroles sont correctes et leur sens [de ces différentes paroles et explications] est singulier; et ceci est le tafsîr des Salafs de façon collective."

 

Cette signification du ta'wîl utilisé par les commentateurs du Qur'ân est donc similaire au sens linguistique, c'est à dire, la première des deux définitions.

 

Voir Jami' al-Bayan 4/154 d'at-Tabari, et Tafsîr Surat al-Ikhlas dans Majmu' al-Fatawa al-Kubra 17/366 d'Ibn Taymiyyah.

 

Pour ce qui est de la seconde définition, c'est à dire le ta'wîl dans le sens de l'explication ou de la clarification, elle a aussi était utilisé par les commentateurs du Qur'ân dans leurs paroles.

 

Il y a un bon exemple donné par le Prophète salla Allahu 'alayhi was-Sallam lui même dans sa parole sur Ibn 'Abbâs: "Ô Allah, donne lui la compréhension de la Religion et enseigne lui l'interprétation (at-ta'wîl).". Ibn 'Abbas a dis ç ce propos: "Je suis de ceux qui ont la connaissance de son interprétation (ta'wîlih)".

 

La signification du ta'wîl ici est: le tafsîr (l'explication), le tawdih (la clarification) et le bayan (l'élucidation). L'imam at-Tabari a utilisé cette compréhension du ta'wîl dans beaucoup d'endroit de son tafsîr en disant: "La parole de son ta'wîl est..." ou "Les gens du ta'wîl (ahl at-ta'wîl) ont divergé..." et d'autre paroles similaire, dont son sens ici (au terme ta'wîl ndt) est: l'explication ou l'interprétation.

 

Voir le Musnad de l'imam Ahmad, le Sahih d'ibn Hibban, et d'autres pour ce qui est de la paroles du Prophète 'alayhi as-Salat was-Sallam qui est par ailleurs authentique, voir Fath al-Bari d'ibn Hajar 13/250. Pour la parole d'Ibn 'Abbas, voir al-Jami' d'at-Tabari 3/183.

 

La nouvelle signification technique

 

Les savant du Khalaf (c'est à dire postérieur aux Salafs) ont inventé une nouvelle signification au terme "ta'wîl". Cette nouvelle tendance de la compréhension du terme ta'wîl" à était défini ainsi:

 

 - le ta'wîl est: sarf al-lafz min al-ihtimâl ar-râjih ilâ al-ihtimâl al-marjûh.

 

Qui veut dire: "S'écarter de l'interprétation prépondérante - ou la plus probable - en faveur de l'interprétation la moins probable"

 

Voir par exemple al-Ihkam d'al-Âmidi (3/279)

 

Par la suite, ces savants du Khalaf ont expliqué le terme "ta'wîl" dans le verset {alors que nul n’en connaît l’interprétation (ta'wîl), à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent: «Nous y croyons: tout est de la part de notre Seigneur!»} par cette nouvelle définition et par conséquent ont interprété les Attributs - une partie d'entre eux - mentionnés dans les Textes; et d'autres parmi les innovateurs ont même interprété des choses qui n'ont rien avoir avec le Tawhîd, tel que les règles des 'ibâdat, des mu'amalât, ect.

 

Ce nouveau ta'wîl été utilisé comme une sorte d'interprétation qui implique le détournement (taysir) du sens apparent (dhârir) d'une expression vers une autre signification de cette expression en vertu de certains éléments de preuve.

Ils ont en effet autorisé la possibilité de faire le ta'wîl de n'importe quel texte dhârir  , car seul les dhawâhir (pluriel de dhârir) peuvent être sujet à "la déviation d'une expression de son sens probable vers un sens improbable."

 

Pourtant, nous avons vu que le ta'wîl n'a que deux significations chez les Salafs:

 

- L'aboutissement ou la réalisation (masir ou marju')

- L'explication ou l'interprétation (tafsîr)

 

Pour ce qui est de la troisième signification, que certains Khalaf ont inventé, il est incconu chez les Salafs.

 

Les Salafs avaient l'habitude de lire ce verset (3:7) et d'en discuter, la plupart d'entre eux l'ont compris en s'arrêtant à {alors que nul n’en connaît l’interprétation (ta'wîl), à part Allah}  avec la compréhension que le ta'wîl ici signifie: l'aboutissement ou la réalisation de la vérité (al-haqiqa) qu'Allah a gardé dans Sa seul connaissance, et qu'aucun ne connait sauf Lui.

 

Et un autre groupe minoritaire a dit: c'est plutôt le rasikhûn qui connait son ta'wîl, tel qu'Ibn 'Abbas, Mujahid ect. Mais ce qu'ils visaient est la seconde signification du ta'wîl qui est le tafsir. Par conséquent, il n'y a pas de contradiction entre les deux paroles.

 

Quant à la signification du ta'wîl comme étant "le détournement du sens compris d'une expression vers un sens qui n'est pas compris (dans l'expression)" cette dernière n'est pas le sens du ta'wîl reconnu chez les Salafs. Toutefois, si ils (les Salafs) visaient le sens de quelque chose qui s'oppose au sens apparent alors ils expliquent ce ta'wîl comme étant un tafsîr. Le tafsîr est alors une forme de clarification de l'intention de la parole de l'interlocuteur ou un type de l'autre compréhension correcte du ta'wîl, c'est à dire l'établissement de son aboutissement que seul Allah connait.

 

Les Salafs ont rejeté les ta'wîlat (interprétations) qui ont détourné le discours de l'interlocuteur (dans notre cas Allah ta'ala et Son Messager salla Allahu 'alayhi was-Sallam) de son intention/objectif et cela provoque une forme d'altération (tahrif) de la parole en question. Ils ont rejeté ce ta'wîl erroné qui est un tafsîr erroné (tafsîr al-bâtil), tout comme ils ont rejeté la parole de celui qui a expliqué la parole de l'interlocuteur d'une façon qui s'oppose à son objectif. Il y a de nombreux récits concernant ce fait, et même venant du Prophète salla Allahu 'alayhi was-Sallam.

 

Ainsi, à partir ce cela, nous comprenons que le ta'wîl n'est pas forcément ce qu'indique la langue (mâ yahtamiluhu al-lafz fi'l-lugha), mais plutôt:

 

-Clarifier l'objectif de l'orateur (bayân murâd al-muatakalim).

 

Ceci explique pourquoi nous trouvons dans les tafsîrs des paroles de Salaf qui s'opposent au sens apparent (dhârir), mais c'est plutôt une sorte de clarification ou d'élucidation (bayan) de l'objectif de l'Auteur de cette parole.

 

Wa Allahu a'lam.

 

Par Abu'l-Khattab al-Khalwadani

 

Voir aussi

Voir les commentaires

Published by Sulaymân Abû Mâlik - Asma wa Sifat (Les Noms et Attributs)

L'imam Abu Muhammad Ibn Abil Qasim ad-Dishti (d. 661H) dit dans son livre "Ithbat al Hadd Lillah":


"J'ai vu l'écrit d'al-Qadi Abu Ya'la ...[chaine de transmission] :


"Un homme est venu voir l'imam Ahmad Ibn Hanbal et lui a dit: Est ce que Allah tabaraka wa ta'ala a un hadd(limite)?


Il (l'imam Ahmad) a dit: Oui, et nul ne la connait sauf Allah ta'ala { Et tu verras les Anges faisant cercle autour du Trône, célébrant les louanges de leur Seigneur et Le glorifiant.} (39:75)  (...).


L'imam Ahmad a affirmé le hadd pour Allah et l'a nié dans un récit de Hanbal (son cousin) en visant le hadd que Sa création connait, et le hadd qu'il a mentionné a deux significations:


La première signifie qu'Il est dans une direction spécifique, Il n'est pas dans les 6 directions, Il est plutôt en dehors de l'univers/de la création, distinct de Sa création, séparé d'elle, et Il n'est pas concerné par toutes les directions, et ceci est le sens de la parole de l'imam Ahmad: "Il a un hadd que Lui seul connait."

 

 La seconde signification: Qu'Il a une description qui est différente de tout autre que Lui, c'est pourquoi le gardien de la porte est appelé "haddad" car il empêche tout autre que lui de rentrer, car Allah ta'ala est l'Unique, et nul ne partage avec Lui Ses Attributs spécifiques."

 

Et cela est ce que j'ai trouvé dans le livre d'al-Qadi Abu Ya'la."

 

 

On peut lire dans Tabqat ul-Hanabilah d'Ibn Abu Ya'la vol. 1 page 267:

 

"Muhammad Ibn Ibrahim al-Qaysi a dit: "J'ai dit à l'imam Ahmad Ibn Hanbal: Il est rapporté qu'on a demandé à Ibn al-Mubarak: "Comment connaitre notre Seigneur Le Majestueux? Il a répondu: (Il) est au dessus (fi) du Paradis,  au dessus ('ala) de Son Trône, avec un Hadd (limite/démarcation). " L'imam Ahmad a alors dit: "Ceci est notre position (dans la croyance ndt)".

 

Rapporté aussi par ad-Darimi dans ar-Radd 'alal-Marisi (p. 34), dans ar-Radd 'alal-Jahmiyyah (p. 162), dans as-Sunnah de 'Abdullah  Ibn Ahmad Ibn Hanbal (1/175), dans al-Asma was-Sifat (p. 427) d'al-Bayhaqi, dans al-Uluw (p. 152) d'adh-Dhahabi ou il dit "ceci est Sahih (authentique)", et d'autres...

Voir les commentaires

Published by Sulaymân Abû Mâlik - Asma wa Sifat (Les Noms et Attributs)

L'imam adh-Dhahabi - rahimahullah - dit dans son livre al-Uluw:

 

"Les théologiens spéculateurs (ahl an-nadhar) contemporains ont inventé une nouvelle croyance, je ne connais personne les ayant précédés dans cela (cette croyance ndt). Ils disent; "Ces Attributs sont transmis comme ils sont énoncés et ne sont pas à interprétés (la tu'awwal), tout en croyant que leur sens apparent n'est pas le sens voulu." Ceci suppose que le sens apparent peut avoir deux significations:

 

La première est qu'il ne peut y avoir d'interprétation (ta'wil) si ce n'est le sens du texte, comme le disent les Salafs: "L'élévation (al-Istiwa) est connue", ou comme Sufyan et d'autres ont dit "Sa récitation est en fait son interprétation (tafsir)" - ce qui veut dire qu'il (le sens) est clair et évident dans la langue, de telle sorte qu'une personne ne peut opter pour une interprétation (ta'wil) ou une distorsion (tahrif) [du sens]. Ceci est le madhab des Salafs, et ils sont unanimes sur le fait qu'ils (les Attributs d'Allah ndt) ne ressemblent en rien aux attributs humains de quelque sorte que ce soit. Al-Bari n'a aucun semblable, que ce soit dans Son Essence ou dans Ses Attributs.

 

La seconde est le sens apparent (dhahir) qui est l'imagination de l'Attribut, comme une image qui se forme dans l'esprit semblable à un attribut humain. Ce n'est pas du tout ce qui est visé concernant Allah car Il est l'Unique et Celui Qui Se Suffit à Lui Même et qui n'a nul semblable. Même s’Il a plusieurs Attributs, qui sont réels, mais qui n'ont aucune ressemblance ou similitude (avec quoique ce soit d'autre ndt)."

 

Et al-Hafidh adh-Dhahabi dit aussi dans son livre "Siyar A'lam an-Nubala (19/449):

 

"J'ai dit: Aujourd'hui, le sens dharir comprend deux types de (sens) dhahir:

 

Le premier est haqq (le vrai/le véritable/la vérité) et le second est batil (faux).

 

Le vrai (haqq) est celui qui dit: Il (Allah) est Celui qui entend tout, Celui qui voit tout, Il a une volonté, Il parle, Il est vivant, Il sait tout, tout périra sauf Son Wajh, Il a créé Adam (alayhi as-Sallam) avec Ses deux Mains, Il a parlé à Musa (alayhi as-Sallam), Il a pris Ibrahim (alayhi as-Sallam) comme Khalil, et autres. Nous les transmettons comme ils sont venus, et nous les comprenons dans le sens du Texte d'une façon qui sied à Allah ta'ala, et nous ne disons pas: il y a une interprétation qui contredit cela.

 

Et l'autre dhahir, qui est faux et déviant : il consiste à comparer l'absent au présent et à assimiler Allah (al-Bari) à Sa création, exalté soit Allah de cela; mais Ses Attributs sont Son Essence, qui n'ont pas d'égaux, ni d'opposé, ni de semblable, ni de similitude à Lui, et il n'y a rien qui soit comme Lui, ni dans Son Essence, ni dans Ses Attributs (...)."

Voir les commentaires

Published by Sulaymân Abû Mâlik - Asma wa Sifat (Les Noms et Attributs)

 

Quand nous parlons des textes issus du Coran et de la Sunnah et qui traitent des attributs d'Allah, on voit souvent le terme "dhahir" qui est traduit en français par "littéral".

 

Et cela est en réalité une traduction qui n'est pas tout à fait correcte de ce terme, car "littéral" veut dire "haqiqi" ou "haqiqah" en Arabe, qui est l'opposé de "majaz" ou "majazi" qui veut dire "figuré/métaphorique".

 

Alors que "dhahir" peut être le sens "haqiqi" ou "majazi", cela dépend du contexte dans lequel il se trouve, et cela est l'opposé du ta'wil.

 

Je pense que la raison pour laquelle le terme "littéral" est utilisé pour traduire le terme "dhahir" est qu'il n'y a pas de terme en français qui ait exactement le même sens.

Ou bien celui qui l'a traduit en premier par ce terme, qui des fois est le "dhahir" du texte mais pas toujours, et les gens ont continué à l'utiliser wa Allahu a'lam.

 

Le plus important est de comprendre l'exacte définition de ce que vise le terme "dhahir" chez les savants de l'Islam, indépendamment du sens qu'on lui donne en français.

La question est donc, que signifie le terme "dhahir"?

 

Ibn Qudama dit dans Rawdhat al-adhir (2/25 avec le commentaire d'Ibn Badran):

 

"Le second type: adh-dhahir, c'est le sens/signification qui vient en premier à l'esprit quand il est énoncé, tandis que les autres sens peuvent aussi être possibles. Si tu le souhaites, tu peux dire: qui a deux significations/sens possibles, l'un des deux étant plus évident que l'autre."

 

Ibn Badran ad-Dimashqi al-Hanbali dit dans son Madkhal (p. 187, édition "at-Turki):

 

"Sache, qu'un terme peut n'avoir qu'un seul sens ou plusieurs sens. Le premier type est appelé "an-Nass". Le second type, est (le sens) évident des deux sens, ou plus, possible, et ceci est le dhahir."

 

Pour vous donner un exemple d'un dhahir, si quelqu'un dit:

 

"Il est allé au camp d'entrainement et y a rencontré un lion."

 

Le dhahir de cette phrase est qu'il s'est rendu au camp d'entrainement et y a croisé un homme brave et courageux, car c'est le premier sens qui vient à l'esprit.

 

Le sens le moins plausible est qu'il soit tombé nez à nez avec un fauve quadrupède rugissant et la raison pour laquelle cela est le moins plausible est qu'il est admis que les lions ne se trouvent généralement pas dans des camps d'entrainement, et ces derniers ne sont pas assez domesticables pour les "rencontrer".

 

Il arrive souvent que les gens ne comprennent pas ce concept et pensent donc que le sens "littéral" (dhahir) est le deuxième sens possible (comme dans le cas précédent, certains diront que le sens littéral est que la personne à rencontrer un prédateur à quatre pattes). Ces personnes n'ont pas du tout compris le concept du dharir dans Usul al-Fiqh.

 

Ibn Qudama dit dans Dham at-Ta'wil:

 

"Si on nous dit: « Vous avez interprété des versets et des Hadiths: vous avez dit au sujet de la parole d’Allah ta’ala « Il est avec vous où que vous soyez» [Al Hadid 4] : par sa science. Et d’autres exemples semblables qui impliquent sur vous ce qu’ils impliquent sur nous !

Nous répondons :

Nous n’avons rien interprété. Donner ces significations à ces énoncés n’est pas une interprétation car l’interprétation consiste à détourner un énoncé de son sens immédiat (ou apparent : Dhâhir). Or ces significations constituent le sens immédiat de ces énoncés car ce sont ces significations qui viennent immédiatement à l’esprit.

Le sens immédiat (Dhâhir) d’un énoncé est celui qui vient immédiatement à l’esprit : qu'il soit réel (Haqiqa) ou métaphorique (majâz). C’est pour cela que le sens immédiat des noms propres est métaphorique (majaz), comme par exemple « Arrawiya » (la rapporteuse en arabe) et « adha’ina » et d’autres noms propres dont le sens immédiat est métaphorique et non pas réel (litteral : Haqiqa). Les prendre au sens littéral serait une interprétation qui aurait besoin d’une preuve qui invite à cela. Idem pour le vocabulaire religieux qui possède un sens connu dans la religion et un sens littéral (Haqiqa) différent dans la langue, comme par exemple : Al-Woudhou, la salat, Le Sawm, la Zakat, et Le Hajj. Leur sens immédiat (Dhahir) c’est le sens connu dans le vocabulaire religieux et non le sens littéral de la langue."

 

Par la sœur Um Abdillah.

Voir les commentaires

Published by Sulaymân Abû Mâlik - Asma wa Sifat (Les Noms et Attributs)

Ishaq Ibn Rahawayh (d. 238H) a dit:

 

"Le tashbih est quand une personne dit "une main comme ma main" ou "similaire à ma main" ou "l'ouïe comme mon ouïe" ou "similaire à mon ouïe". Ainsi, si une personne dit une ouïe comme mon ouïe ou similaire à mon ouïe, c'est alors du tashbih. Quant à celui qui dit comme Allah ta'ala dit, la main, l'ouïe, la vue, et ne dit pas "similaire à mon ouïe" ou "comme mon ouïe", alors ceci n'est point du tashbih. C'est tout simplement comme Allah ta'ala a dit: "Il n’y a rien qui Lui ressemble; et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant." [42:11]

L'imam Abu 'Isa at-Tirmidhi (d. 279H) a cité cette parole dans ses sunan quand il a abordé le sujet des sifât (attributs d'Allah).

Source: Sunan at-Tirmidhi, livre 4 (Az-zakat 'an Rasulillah), chapitre " Ce qui concerne les vertus de la charité - l'aumône", second hadith (598).

Voir les commentaires

Published by Sulaymân Abû Mâlik - Asma wa Sifat (Les Noms et Attributs)

Al-Hafidh Ibn Hajar al-Asqalani rahimahullah (d. 852H) a dit dans son livre "Fath al-Bari sharh Sahih al-Bukhari":

 

"..La parole de celui qui dit "la voie des Salafs est plus sure et la voie des Khalafs est plus sage" n'est pas correcte, car il pense que la voie des Salafs est juste la croyance au Lafz (mots/lettres) du Qur'an et des ahadith sans chercher à les comprendre, (et) la voie des Khalafs est de dériver le sens des textes qui sont alors détournés de leur haqiqa (réalité) avec différent type de majaz (sens figuré/métaphorique); donc celui qui dit cela combine le fait d'ignorer la voie des Salafs et sa revendication à la voie des Khalafs, et cela (la réalité) n'est pas comme il pense/suppose. Les Salafs avaient la plus grande connaissance de ce qui sied à Allah, et ils ont eu la plus grande glorification, la plus grande obéissance à Ses ordres et la meilleure soumission à Sa volonté, et celui qui prend la voie des Khalafs ne sera pas sûr du fait que c'est ce qui est voulu (par Allah), et il ne peut être sûr de la justesse de son tawil."

(Fath al-Bari, Livre du Tawhid, chapitre 1, 2ème Hadith - et son explication.)

 

Commentaire:


Selon al-Hafidh Ibn Hajar, le tafwid al-ma’na (du sens), qui est le fait de remettre le sens des termes à Allah et de ne pas chercher à les comprendre, n'est pas la voie des Salafs, et celui qui leur impute cette position ignore de la voie des Salafs.


Wa Allahu ta'ala a'lam.

Voir les commentaires

Published by Sulaymân Abû Mâlik - Asma wa Sifat (Les Noms et Attributs)

Voir les commentaires

Published by Sulaymân Abû Mâlik - Asma wa Sifat (Les Noms et Attributs)

Question : S’il est interdit d’interpréter le mot Yad par Qouwwah, Qoudrah ou autre, alors pourquoi ces compagnons et Tabiîn les ont interprétés de cette manière ?

1. Selon le Hadith noté dans le chapitre du Tafsir, Ibn Abbas a dit que Yad signifie Qouwwah, c’est-à-dire la Puissance et non la Main comme le traduisent les Wahhabites. (Sahih Al-Boukhari, Hadith 4807, page 578)

2. Le Hadith se trouvant également dans le chapitre du Tafsir selon lequel Ibn Djoubayr dit : « Yad signifie Qouwwah », c’est-à-dire la Puissance. (Sahih Al-Boukhari, Hadith 4534, page 531)

3. Le Hadith de Soufyan Ibn Ouyayna selon lequel il dit que le mot Yad signifie Ni’mah. (Sahih Al-Boukhari, Hadith 4697, page 556)

Si tu crois un minimum en Allah et en Son Messager, tu écriras et publieras ces récits.

Réponse : Louange à Allah, que les bénédictions et la paix soient sur Son Messager. Puis : Avant de répondre à ta question, je souhaite indiquer une chose très importante qui est devenue très rare chez ceux qui mènent un débat. Il s’agit de la responsabilité de rapporter la science et les paroles des savants de la même manière qu’ils les ont mentionnées sans la moindre déformation ou changement de leur texte ou sens. C’est pour cela qu’il n’est pas permis de déformer une seule lettre des mots venant des mécréants – au contraire il est obligatoire de les rapporter de la manière qu’ils les ont prononcées ou écrites – alors que dire quand il s’agit des savants partisans de la Sounna parmi les premières générations et ceux qui les ont suivis ?

Je n’ai aucune honte à publier ce que tu as mentionné ci-dessus, mais c’est toi qui devrais avoir honte à cause de ta déformation (in)volontaire des paroles de savants que tu as citées.

Commençons d’abord par le deuxième récit que tu as mentionné d’Ibn Djoubayr qui, selon ce que tu rapportes, dit : « Yad signifie Qouwwah », c’est-à-dire la Puissance. Pourtant, lorsqu’on revient au Sahih Al-Boukhari on voit les choses suivantes :

1. Tu n’as pas été honnête dans la transmission des paroles que tu attribues à Ibn Djoubayr, rahimahoullah. Car il est dit dans le Sahih Al-Boukhari : « Adou wal-Aydou », et non Yad comme tu le prétends.

2. Ces paroles ne sont pas d’Ibn Djoubayr, mais d’Abou Abid, un des Tabiîn, rahimahoullah. Si tu avais un peu parcouru la parole d’Ibn Hadjar sur le récit mentionné à la page suivante, tu l’aurais compris. Tu as pensé que tout ce qu’Al-Boukhari a mentionné dans ce Tafsir étaient les paroles d’Ibn Djubayr, mais ce n’est pas le cas… Regarde Fath Al-Bari, 8/53, récit numéro 4534.

Hafidh Ibn Hadjar dit après cela : « Adou wal Aydou signifie la Puissance – ceci est la parole d’Abou Abid avec laquelle il a expliqué les Paroles du Très-Haut : « …dont la garde ne Lui coûte aucune peine » » (Coran, 2/255). Regarde Fath Al-Bari, 8/53, récit numéro 4534.

Donc, la parole mentionnée n’est pas une parole d’Ibn Djoubayr, rahimahoullah, comme le dit Hafidh Ibn Hadjar. Quant à toi, dans ta volonté de prouver ta prétention que le mot Yad (Main) signifie Qouwwah (Puissance) ou Ni’mah (Bienfait), tu as (in)volontairement menti sur Ibn Djoubayr lui attribuant ces paroles, puis tu as déformé et au lieu de dire Al-Ayd, comme il est rapporté dans Al-Boukhari, tu as écrit Yad.

Il est juste qu’Al-Ayd signifie la puissance, mais le mot Al-Ayd n’est pas ici le pluriel du mot Yad, mais l’infinitif du verbe Ada–Yaîdou, ce qui signifie être fort, solide, lourd. Ce qui indique que le mot Al-Ayd est ici l’infinitif du verbe Ada–Yaîdou, et non le pluriel du mot Yad, sont deux choses :

1. Le fait qu’Abou Abid ait mentionné avant l’infinitif Al-Ayd un autre infinitif ; Al-Ad. Les deux mots représentent l’infinitif du verbe Ada–Yaîdou. Toute personne connaissant la langue arabe sait qu’un verbe dans la langue arabe peut avoir plus d’un infinitif.

2. Ce Tabiîn a dit ces paroles pour commenter les Paroles du Très-Haut : « …dont la garde ne Lui coûte aucune peine » (Coran, 2/255)…

Ensuite, je pose une deuxième question : Où est-ce que le mot Yad (Main) est mentionné ici ? Est-ce que dans ce verset est mentionnée une quelconque main, sans parler de la Main d’Allah ? Est-ce qu’Ibn Djoubayr a dit que la Main d’Allah signifie Puissance ? Apporte un récit authentique d’un compagnon, d’un Tabiîn, d’un Tab-Tabiîn selon lequel quelqu’un parmi eux aurait interprété la Main d’Allah (je dis la Main d’Allah et non le mot main lorsqu’il vient isolé et qui peut à ce moment signifier ce que tu mentionnes) par le Pouvoir d’Allah, la Puissance d’Allah, le Bienfait d’Allah…

Comment se fait-il qu’ils nous n’aient pas expliqués, ainsi que le Prophète, sallallahou alayhi wa sallam, avant eux que lorsqu’Allah dit : « …devant ce que J’ai créé de Mes (deux) Mains… » signifie de Ses deux puissances ? Comment se fait-il qu’ils nous n’aient pas expliqué cela, alors qu’il s’agit chez vous d’une mécréance, car vous dites qu’attribuer la main à Allah est une mécréance ?

Est-ce qu’Allah, Son Messager, sallallahou alayhi wa sallam, les compagnons, les Tabiîn et les Tab-Tabiîn ne nous auraient pas expliqué un sujet si important dans lequel se sont « trompés » même les savants tels qu’Abou Hanifa et d’autres qui ont attribués à Allah l’attribut de la Main, de la manière qui convient au Créateur le Très-Haut ?

C’est à croire que vous ne voyez pas nos paroles : « De la manière qui convient au Créateur le Très-Haut », ce qui indique clairement que nous, ainsi que les savants de la Sounna, attribuons cet Attribut (à Allah, ndt) ainsi que d’autres qui sont mentionnés dans le Livre d’Allah et la Sounna de Son Messager, sans comparer Sa Main avec la main de Ses créatures et sans parler du comment de la Main, car son comment ne nous est pas connu.

Alors, crains Allah, soubhanahou wa ta’ala, et ne déforme pas les paroles des savants et ne les interprète pas de la manière que tu veux les comprendre. Combien sont ceux qui ont pris un avis, puis recherchent n’importe quelles paroles de savants uniquement pour corroborer leurs avis ? Le croyant doit d’abord rechercher les preuves, puis prendre un avis, au lieu de prendre un avis, puis rechercher des preuves déformées afin de corroborer de n’importe quelle manière son avis.

Revenons maintenant au premier récit que tu mentionnes comme étant une preuve ; ce sont les paroles que tu attribues à Abdoullah Ibn Abbas, qu’Allah soit satisfait de lui. Tu dis qu’Ibn Abbas dit que Yad signifie Qouwwah, c’est-à-dire la Puissance.

Tu as de nouveau trahi la responsabilité de la science, car Abdoullah Ibn Abbas ne dit pas Yad, mais Ayd ; et la différence est énorme, car Ayd comme je l’ai mentionné ci-dessus peut être le pluriel du mot Yad (Main), mais peut aussi être l’infinitif du verbe Ada–Yaîdou (être fort, solide)

Regardons ce Tafsir d’Abdoullah Ibn Abbas mentionné par Al-Boukhari dans le livre du Tafsir concernant le commentaire du verset 17 de la Sourate Sad. Le Très-Haut dit : « Endure ce qu’ils disent et rappelle-toi Dawoud, Notre serviteur, doué de force et plein de repentir » (Coran, 38/17)

Le verset, comme tu le vois, ne parle pas du tout de l’Attribut de la Main d’Allah, mais du Messager d’Allah Dawoud, alayhi sallam, et de sa force dans la Religion. Le mot Ayd est ici aussi l’infinitif du verbe Ada–Yaîdou (être solide, fort…)

Nous ne nions pas que le mot yad (main) vienne (puisse venir, ndt) dans la signification de la puissance ; ce n’est pas la peine de nous y convaincre. Mais, nous nions que l’Attribut de la Main que le Très-Haut S’attribue dans Son Livre ou sur la langue de Son Messager se déforme ou s’interprète comme Attribut de la Puissance, du Bienfait ou autre, car les preuves législatives indiquent clairement la fausseté d’une telle interprétation ou pour mieux dire, d’une telle déformation.

Alors, comment comprendre les Paroles du Très-Haut : « Ô Iblis, qui t’a empêché de te prosterner devant ce que j’ai crée de Mes (deux) Mains ? » (Coran, 38/75)

Est-ce que cela signifie qu’Allah a deux puissances ou seulement deux bienfaits… ?!

Il en est de même avec les Paroles du Très-Haut : « Et les juifs disent : « La Main d’Allah est fermée ! » - Que leurs propres mains soient fermées et maudits soient-ils pour l’avoir dit. Au contraire, Ses deux Mains sont largement ouvertes : Il distribue Ses dons comme Il veut » (Coran, 5/64)

Et encore beaucoup d’autres textes légaux que je mentionnerai inshaAllah en grand nombre à une autre occasion.

Ainsi, tu ne trouveras dans aucune version authentique […] qu’Ibn Abbas ou quelqu’un d’autre parmi les compagnons, les Tabiînes ou les Tab-Tabiînes ait dit que Yadoullah (la Main d’Allah) signifie la Puissance d’Allah ou le Bienfait d’Allah ou autre. Ceci indique clairement qu’ils ont accepté les Attributs d’Allah dans leur sens apparent sans la moindre interprétation ; car si c’est comme tu le prétends, alors pourquoi il n’existe aucun récit authentique que quelqu’un parmi ces nobles générations ait interprété cet Attribut et dit que la Main d’Allah signifie puissance, bienfait etc. ?

Lorsque tu – ou n’importe qui d’autre – étudiais la langue arabe, dis-moi : Lorsque tu es arrivé dans le livre de la langue arabe au mot yad (main), est-ce que la première chose que le professeur t’a expliquée était que le mot yad signifie la main, de sorte à te montrer sa main ou le professeur t’a peut-être expliqué que le mot yad signifie la puissance ?! Ce que je veux dire par-là, c’est que la signification principale du mot yad est la main et que toutes les autres significations de ce mot sont métaphoriques […] De ce fait, comment peut-on négliger la signification principale et prendre la signification métaphorique, alors qu’il existe en plus de cela un grand nombre de textes légaux qui indiquent que le mot Yadoullah signifie la Main du Très-Haut qui Lui convient et qui ne ressemble pas à Ses créatures ?

Comment se fait-il que les compagnons, les Tabiînes et les Tab-Tabiînes n’aient pas expliqués aux gens qui acceptaient l’Islam que le mot Yad (Main) mentionné dans le Coran comme Attribut d’Allah ne se comprend pas par sa signification principale, mais par la signification métaphorique ? Comment se fait-il que ces gens n’aient pas expliqués aux étrangers dans la Religion d’Allah la Religion et notamment un des plus importants chapitres, c’est-à-dire le chapitre des Noms et Attributs d’Allah ?

Il reste encore le troisième récit ; le récit de Soufyan Ibn Ouyayna auquel tu attribues aussi que le mot Yad signifie Ni’mah. Il ne reste ici à l’homme plus qu’à dire : « Inna lillahi wa inna ileyhi radjioun ». Si toi qui étudies les sciences islamiques procèdes de cette manière et déformes les paroles des savants, alors que reste-il à ceux qui peut-être t’écoutent ou te suivent ?

Ibn Ouyayna n’a en aucun cas mentionné dans ce récit rapporté par Al-Boukhari que le mot Yad signifie Bienfait. Soufyan, rahimahoullah, a interprété les Paroles du Très-Haut : « Rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous quand Il vous sauva des gens de Pharaon qui vous infligeaient le pire châtiment. Ils massacraient vos fils et laissaient en vie vos filles » (Coran, 14/6). Alors, Soufyan a dit Ni’matoullah, c’est-à-dire Ayadillah (les bienfaits d’Allah).

Je ne répéterai pas les paroles que j’ai mentionné plus haut, car ce que j’ai mentionné auparavant est aussi valable pour ce récit. Personne parmi les trois nobles générations n’a déformé ou interprété l’Attribut de la Main d’Allah comme tu le fais. Le maximum que tu puisses prouver est que le mot yad vienne (puisse venir, ndt) dans la signification de la puissance et du bienfait et nous ne le nions pas, mais nous disons qu’il est impossible et qu’il ne convient pas au Très-haut Créateur de parler de Lui et de Ses Attributs de manière métaphorique.

Allah a rendu la Religion facile et compréhensible, mais les partisans des passions ne veulent que compliquer et rendre les choses difficiles.

Pour terminer, je te conseille de craindre Allah et de ne pas déformer les propos des savants afin de prouver un avis faux que les savants de la Sounna ont rejeté et ont suite à cet avis écrit de nombreux livres.

Je demande à Allah, le Très-Haut, de nous montrer la vérité en tant que telle et qu’Il nous facilite son suivi et de nous montrer le faux en tant que tel et de nous y éloigner.

Wa sallallahou ala Nabiyyina Mouhammad.

Réponse du professeur Abou Oussama Bilibani.



Annexes :

Ndt = Note du traducteur.
Traduit par le frère Abou Ibrahim al Bosnawi.

Voir les commentaires

Published by Abou Malik - Asma wa Sifat (Les Noms et Attributs)

1 2 > >>
Haut

Le Minhaj (Voie) de Ahlou Sounna wa-l-Jama'a ce qui veut dire la voie de la Sounna et du Concensus, ou bien le minhaj des Salaf-Sâlih la voie des pieux prédécesseurs, tout cela revient au même c'est la voie à laquelle nous restons ferme, cette voie c'est celle du Prophète sala Allahu alayhi was Salam.

Pages

Hébergé par Overblog